La résistance en Mayenne concerne la résistance intérieure à l'Allemagne nazie dans le département de la Mayenne lors de la Seconde Guerre mondiale.
Prisonniers des Allemands Des soldats français croient la guerre finie et pensent qu'ils seront renvoyés dans leurs foyers. Ils sont faits prisonniersPour Francis Robin, Tous, en effet, n’ont pu bénéficier de l’aide que la population civile s’efforçait de leur apporter afin que la captivité leur fût épargnée (cachette en lieu sûr, vêtements civils).. Ils sont emmenés vers des camps provisoires que les Allemands installent hâtivement à Lassay, Ernée, Laval, et plus particulièrement à Châteaubriant, en attendant d'être transféré massivement en Allemagne600 officiers français seront rassemblés au grand séminaire de Laval, tandis qu’un millier d’hommes de troupe seront parqués place de Hercé, d’autres à la caserne Corbineau. À Mayenne, de nombreux prisonniers français sont regroupés à la caserne Meyran ; à Évron 1 500 hommes le sont dans un camp qui avait été installé pour les réfugiés. Les malheureux manquent de vivres.. Les populations civiles les ravitaillent de leur mieux, et chaque fois qu’ils le peuvent, leur fournissent des costumes civils pour favoriser les évasions.
Plusieurs officiers français reconnus malades sont admis à l’hôpital Saint-Julien de Laval où les mêmes médecins, le personnel hospitalier leur font recouvrer la libertéPlusieurs prisonniers croyant fermement à une libération toute prochaine renonceront aux possibilités d’évasion qui leur sont offertes..
Premiers faits de résistance Des instituteurs-secrétaires de Mairie, André Le Personnic aux Chapelles, et Albert Ravé à La Baroche-Gondouin apportent dès de l'aide aux prisonniers français de la caserne Meyran de Mayenne, favorisent leur évasion, leur fournissent des faux-papiers. Plus tard, ils aideront les réfractaires au STO. Ils sont à l'origine du groupe FTPF des Chapelles et de la Baroche-Gondouin.
thumb|left|alt=Carte de la France avec ligne de démarcation durant l'occupation|La ligne de démarcation durant l'occupation. L'occupation de la France par l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale entraîne la découpe du territoire français en deux parties soumises à deux législations différentes. Entre les mois de et , le département de la Mayenne est inclus dans la zone occupée. Des lois sont mises en place dès le pour placer les « étrangers de race juive » dans des camps d'internement français.
Les premières actions consistent à réveiller les consciences au moyen de tracts, et l'aide aux prisonniers français : * Marcel Thibault, monteur en lignes téléphoniques aux PTT est plusieurs fois arrêté à Laval en 1941, puis déporté, pour distribution de tracts communistes et anti-allemands ; Dès 1941, un groupe de jeunes se constitue à Évron pour refuser l'occupation nazie. Les premières actions de ce groupe sont des tracts ou des inscriptions sur les murs. Ils agissent dans la nuit du 13 au , pour remplacer le drapeau nazi placé sur la place de l'Hôtel de Ville d'Évron devant la Kommandantur par un drapeau français à la Croix de Lorraine, et un drapeau anglais. Cet acte symbolique est relayé par la BBC. Pierre Huault indique en 2013 : En 1941, les gens avaient surtout conscience qu'il fallait survivre, peu se souciaient de la résistance. En 1944, ils étaient réveillés. Cela nous agaçait de voir la croix gammée flotter à Évron.. L'activité clandestine du groupe Bussinger continue jusqu'au . En , un prisonnier français, évadé d'un train est abattu par les gardiens allemands, ses obsèques à Voutré donnent lieu à une cérémonie avec des drapeaux tricolores.
Les persécutions s'intensifiant vers la fin de l'année 1942, une partie de la population décide d'assister les victimes de ces persécutions et forme les premiers groupes de résistance civile. Les premiers éléments de résistance se mettent en place à la démobilisation, et au retour de certains officiers, anciens de la Première Guerre mondiale, prisonniers en Allemagne, comme à Château-Gontier avec André Counord, Pierre Chabrun et Robert Lemonnier, ou encore Bernard Le Pecq à Laval. Ils ont en commun de refuser la défaite française, et se joignent clandestinement à la résistance intérieure à partir de 1942.
Dans un même temps, l'occupant met en place la Relève, dont le but est d'envoyer des travailleurs français en Allemagne participer à l'effort de guerre du Reich, en échange de la promesse de libérations de prisonniers de guerre. Cette main d’œuvre est constituée de volontaires, auxquels on a promis un bon salaire et une bonne nourriture. À partir de la fin de l'année 1943, cette participation volontaire est remplacée par un «service du travail obligatoire», couramment abrégé . Pour y échapper, de nombreux réfractaires décident de se cacher. Les événements de la guerre (bombardements et STO) s'accompagne d'une expansion des effectifs résistants : on passe dans le département de 4 parachutages réussis en 1943, à 25 en 1944.
L'approche du débarquement Peu à peu, vers la fin , les groupes Armée secrète, OCM et FTPF se retrouvent pour constituer des groupes FFI avec des maquis d'une assez grande importance : Maquis de la Forêt-Noire, à Larchamp, attaqué le René Bourcier est le chef du groupe. Il est membre du Groupe de Résistance d'Ernée dirigé par Pierre Le Donné et René Justin. Sous l'autorité de Louis Pétri, il se porte lors de l'attque du maquis à se porter devant la milice pour protéger ses camarades, et est massacré par les miliciens avant d'être abattu après le combat. Marcel Boulanger, François Lambert, Michel Huguet, Roger Launay sont faits prisonniers et emmené à la prison de Rennes où ils sont fusillés. ; Maquis de Lignières-la-Doucelle, à La Gérarderie, constitué le , et attaqué le ; Maquis de RenazéAu cours de l'été 1943, un groupe se constitue avec de nombreux carriers de Renazé, et des communes voisines, des réfractaires au STO, des FTPF venant de Bretagne. 70 hommes., à La Claveurière, faisant partie de Libération-Nord, sous l'autorité de Joseph CourcierSon fils Joseph Courcier est né à Cossé-le-Vivien, et entré à 15 ans dans la Résistance. Il était agent de liaison dans un groupe de résistants de Renazé. Il a participé à des actions de sabotage, a détruit des véhicules de l'ennemi et a fait lui-même prisonnier trois allemands en août 1944. Il est chevalier de la Légion d'Honneur en 2015. ; Maquis de Saint-Pierre-des-Nids, à La Monnerie, sous l'autorité de Paul JanvierCe maquis reçoit les rescapés du Maquis de Courtemiche à Champfrémont.
Les maquisards échappant à l'attaque de Lignières-la-Doucelle se rassemble sous des commandements différents, sous l'autorité de Louis Pétri : Maquis de Saint-Mars-du-Désert (Jean Séailles), à La BretellièreAujourd'hui L'Oisonnière. ; Chevaigné-du-Maine ; Maquis de La Baroche-Gondouin-les Chapelles, dirigé par Albert Ravé et André Le Personnic ;
L'après-débarquement Maurice Mallet et de Jacques Hochin, membre du Maquis de Courtemiche sont abattus à Champfrémont le par Bernard Jardin, auxiliaire français de la Gestapo. Bernard Dufrou parvient à s'enfuir. Les neuf rescapés du groupe rejoignent le maquis de la Monnerie en forêt de Pail, dirigé par Paul Janvier. Le , un bataillon d'éléments SS de la SS Das Reich, conduit par les miliciens Fernandez et Albert Lenourry, cerne le village de Fougerolles-du-Plessis. Les hommes de 16 à 50 ans sont rassemblés sur la place de l'Église. Des recherches sont effectuées en campagne. Quatorze hommes du groupe de Fougerolles-du-Plessis sont faits prisonniers et emmenés par les Allemands. Quatre d'entre eux seront exécutés le au château de Bourberouge à Saint-Jean-du-Corail (Manche). Dans les derniers jours de juillet et d'août, le groupe de Saint-Sulpice est l'objet d'une dénonciation ; son dépôt d'armes est découvert ; ses membres arrêtés et massacrés.
Le , trois camions allemands sont détruits sur la routé d'Izé à Bais ainsi que deux voitures d'officiers allemands. D'autres attaques se répètent en soirée.
Principaux mouvements de résistance Défense de la France Le mouvement Défense de la France prend naissance en Mayenne à l'initiative du docteur Paul MerSon neveu est Francis Mer, chirurgien, qui présidera à la Libération le Comité départemental de Libération (CDL).
Franco-anglais Le groupe franco-anglais prend naissance en Mayenne à l'initiative de Joseph BrochardIl est né à Mayenne le 16 mars 1896. Horticulteur-paysagiste à Mayenne, il est chef de la fanfare d'Ambrières puis directeur, de 1955 à 1977, de la Musique municipale de Mayenne. Ancien combattant 1914-18, il est à l'origine de la résistance dans l'arrondissement de Mayenne ; dès juillet 1940, à Mayenne et Aron, il s'emploie avec d'autres patriotes à faciliter l'évasion des prisonniers français internés à la caserne de Mayran à Mayenne et dans les environs (commandos de travail), puis à accueillir et camoufler les aviateurs alliées abattus, les personnes poursuivies et recherchées par la police allemande. Il travaille en liaison avec les groupes Foccart à Ambrières, André Rougeyron de Domfront, Marcel Guerrier d'Evron. Son groupe effectue des cambriolages de mairie pour obtenir des tickets et des carnets. Ces groupes qu'il appellera groupes franco-anglais opèrent à Mayenne, Ambrières, Gorron, Lassay, Martigné, Sacé (Jean Bordeaux, Jacques Bordier). Il participe ensuite avec André Mille à la création de petits groupes semblables dans la région d'Evron..
Front national Le Front national prend naissance en Mayenne à l'initiative d'André Le PersonnicIl devient par la suite responsable départemental des FTPF et par la suite inspecteur départemental de la Jeunesse et des Sports de la Manche., instituteur aux Chapelles à la suite de contact qu'il a avec des amis bretons lors des vacances scolaires de 1941. Ce dernier, sans appartenance politique est à l'origine du mouvement en Mayenne qui rassemble des patriotes de différents horizons : certains chefs de groupe sont communistes, d'autre non. Le chef départemental est André Le Personnic, qui n'a pas d'appartenance politique.
Libération-Nord Pierre Coste prend contact avec Elisée MautaintDirecteur de l'école de Fromentières. au mois de pour le charger de rechercher et de prospecter le sud de la Mayenne pour monter des groupes de résistance intérieure. Il participe début 1942 à la naissance du groupe de résistance Indépendants de la MayenneAvec Robert Hardy, Guérin, le docteur Queinnec., qui fusionne au printemps 1943 avec Libération-Nord.
Le mouvement Libération-Nord voit le jour à Laval, au printemps de 1943, à la suite d'une réunion clandestine à la Maison du Peuple, 14, rue Noémie-Hamard, où se retrouvent d'une part, venant de Paris, François Tanguy-Prigent et Pierre Neumeyer, d'autre part des Mayennais parmi lesquels Pierre Boursicot, Auguste Beuneux, Coste.
Libération-Nord était le plus important des mouvements de Résistance en Mayenne. Son commandement était assuré par André Counord, dont les adjoints étaient les commandants Pierre Busquet de Caumont et Étienne de Raulin, Pierre Coste, René Guérin et le docteur Bernard Quiennec. 138 membres du mouvement furent déportés, dont 78 ne revinrent pas.
Organisation civile et militaire L'Organisation civile et militaire prend naissance en 1941 à l'initiative de Paul Janvier, à la suite de contacts avec Robert Le Balle. Janvier est à l'origine du Réseau Navarre dans le Nord-Est de la Mayenne. Son groupe est aussi composé de Pompiers de Paris.
On y trouve : Lignières, Pré-en-Pail, Gesvres, Saint-Pierre-des-Nids, dirigé par André Catois
Noyautage des Administrations Publiques