Le jubilé du Puy-en-Velay, également connu sous le nom de Grand Pardon, est une fête religieuse et traditionnelle célébrée dans cette ville les vendredis saints lorsque ces derniers coïncident avec la fête de l'Annonciation. Attesté dès le et probablement plus ancien, ce jubilé présidé par l'évêque du Puy-en-Velay est principalement marqué par l'indulgence plénière accordée par le pape aux fidèles qui assistent à la messe à la cathédrale, s'y confessent et y communient.
Origine En 992, Bernhard, un moine allemand, avait prédit la fin du monde pour le de cette année-là, ce jour de l'Annonciation (fête de la conception du Christ) étant également celui du Vendredi saint (jour de sa mort).
Selon la légende, le premier jubilé connu de Notre-Dame du Puy aurait eu lieu en 1065 alors que celui de 1407 demeure le premier dans les documents sûrs.
Au regard de l'indulgence attribuée à la cathédrale du Puy, elle fut octroyée, par le nouveau pape Clément IV en 1265. Ce dernier avait été, en effet, ancien évêque du Puy. En admettant que les privilèges de pardon fussent effectivement accordés à cette cathédrale, il ne s'agissait pas encore de jubilé. De plus, l'indulgence restait partielle. Cette indulgence non plénière dura un an et 40 jours, lors des octaves des fêtes de la Nativité, de l'Annonciation, de l'Assomption, de la Purification de la Vierge, de l'Ascension ainsi que les trois jours des Rogations. Puis, Nicolas IV et Grégoire XI suivirent respectivement le renouvellement de cet événement, en 1291 pour un an et 40 jours ainsi qu'en 1373 deux ans et 80 jours. En dépit de cette prorogation, l'indulgence demeurait toujours partielle. Si l'indulgence est la fonction la plus importante du jubilé du Puy, il n'est pas certain que l'autorisation de Clément IV fût la première.
Le système de calendrier, issu d'une coïncidence de deux grandes fêtes, demeurait unique en France, en tant qu'événement pontifical, jusqu'à ce que le Grand Pardon de la primatiale Saint-Jean de Lyon obtienne son propre droit en 1451, le jour de saint Jean Le Baptiste et de la Fête-DieuVoir Grand Pardon de Rocamadour, paragraphe Liste du Grand Pardon.
Au contraire de ces indulgences, le jubilé ne durait que 24 heures jusqu'au . D'où, dès l'année 1407, celui-ci provoquait parfois des morts de pèlerins, en raison de l'abondance de fidèles dans le bourg de cette petite ville. En conséquence, la durée était de plus en plus prorogée par les autorisations de certains papes, afin d'éviter cet inconvénient. Donc, l'histoire du jubilé du Puy est également celle de sa prorogation jusqu'ici.
Le jubilé était effectivement protégé par deux séries de privilèges importants, d'une part des décisions de rois de France, d'autre part, des privilèges accordés par des papes. Cependant, les brefs de papes en faveur des premiers jubilés auraient été perdus, à cause d'un incendie au Puy au ainsi que celui du Cela serait la raison pour laquelle les papes autorisèrent leur prorogation provisoire, et non à perpétuité, à l'exception du bref du pape Grégoire XV daté du 24 décembre 1621. Et, ce dernier aussi employait l'expression « nos prédécesseurs » sans préciser ceux qui concernaient. Certes, avant le jubilé de 1712, de vastes recherches furent effectuées dans les archives vaticanes. Nonobstant, avec seuls deux nouveaux documents, la difficulté ne fut pas résolue. Encore faut-il retrouver, surtout, des actes de Martin V, perdus ou introuvables. Mais, ce souverain pontife autorisait certainement, avec sa bulle de 1427, la première Grand Pardon de Rocamadourhttps://www.ladepeche.fr/article/2000/08/12/109024-rocamadour-celebre-le-grand-pardon.html ainsi que selon une plaque dans la chapelle de Rocamadour, visitée et vérifiée le 5 février 2016. Il est donc peu probable que Martin V ait octroyé le droit de l'indulgence, uniquement à l'établissement de Rocamadour, et sans attribuer au Puy. Quoi qu'il en soit, Pierre Cubizolles, prêtre du diocèse du Puy-en-Velay qui avait profondément étudié ce sujet - 259, conclut que le jubilé du Puy repose sur des bases incontestables.
Commencement de l'indulgence upright=1.1|thumb|Traditionnellement, le jubilé du Puy débutait aux vêpres du , en respectant le sens théologique de l'Annonciation : la grâce de Dieu fit commencer un grand projet de l'indulgence avec l'Immaculée Conception de Vierge Marie. On chante donc solennellement le Magnificat. (L'une des dernières œuvres de Nicolas Poussin.) L'ouverture du jubilé du Puy varie, selon les documents, soit au Jeudi saint , soit au Vendredi saint . Mais il ne s'agit autre que du même jour. La tradition ancienne explique la raison. Toutes les célébrations solennelles de l'Église catholique sont exécutées en tant que vigile, telles la vigile pascale, celle de Noël. L'origine se trouve dans la célébration des premiers siècles, issue de la tradition du Judaïsme.. La journée très sacrée, Annonciation ainsi que Vendredi saint, arrive dans ce contexte liturgique un Jeudi saint au soir. De fait, dans son bref daté du , le pape Benoît XIII définissait que ce jubilé débute lors des premières vêpres de la fête de l'Annonciation, à savoir Jeudi saint au soir, et se termine avec le couche du soleil du Vendredi saint, soit 24 heures environ. La durée plus longue n'est autre que sa prorogation. Il faut remarquer que la célébration des vêpres dont le sommet se distingue du Magnificat de Sainte Vierge est l'un des offices les plus importants, étant donné qu'il s'agit d'un cantique consacré à l'Annonciation. La procession de l'ouverture au jeudi peut être considérée en tant que remplacement de l'office solennel des vêpres.
Par ailleurs, cette durée de 24 heures était certainement respectée jusqu'au . Lorsque le nouvel évêque Antoine de Chabannes arriva à la cathédrale du Puy le , celui-ci avait obtenu une autorisation du pape Léon X en faveur d'un jubilé particulier. Après être entré dans la ville, l'évêque dorénavant en fonction célébra solennellement ses premières vêpres, comme veille de la fête de saint Martin. Le lendemain, , lors du coucher du soleil, l'indulgence se termina.
D'ailleurs, en 1622, le jubilé du Puy obtint une autre solennité absolue, dans le contexte théologique. En effet, le pape Grégoire XV attribua l'octave à ce jubilé, à savoir une grande manière de la célébration amplifiant la gravité, depuis de grandes fêtes des Israélites. Selon cette tradition ecclésiastique, le huitième et dernière jour se distingue surtout de la solennité suprême de la clôture de la sainte assemblée..
Procession solennelle Origine et caractéristiques Le jubilé du Puy-en-Velay se distingue notamment par sa procession solennelle de la Vierge noire, traditionnellement effectuée dans la ville.
En 1255 déjà, il y aurait été une procession portant une image de Notre Dame du Puy, mentionnée malheureusement dans un document non critique. Il s'agissait de la procession annuelle des jours des Rogations - 189.
Plus tard, cette procession fut certainement effectuée en 1407, en tant qu'ouverture du jubilé, le Vendredi saint au matin.
La procession actuelle remonte au . En effet, dans les années 1560, 1570 et même 1580, la ville du Puy subissait les attaques de l'armée des huguenots. Toutefois, soutenue par les défenseurs du roi de France et du Saint-Siège, la ville réussit à repousser cette menace.
Normalement, la procession générale de clôture était précédée de nombreuses processions, y compris celles des paroisses. Celle du dimanche de la Passion était la première, car il fallait que les célébrants obtiennent de Dieu la grâce du jubilé avec cette procession générale. Celle-ci était suivie de deux processions principales, celle de l'ouverture du jubilé au Jeudi saint et celle de clôture. La célébration du jubilé du Puy et son calendrier étaient donc structurés de ces trois processions.
Au , une autre obligation importante existait. Le jour de l'Ascension dans l'année précédente du jubilé, par exemple en 1784, il fallait que tout le clergé de la cathédrale assiste à une procession vers le crucifix du cimetière de l'église Saint-Georges ; cette église fut profanée et détruite lors de la Révolution.. La célébration en latin y était accompagnée d'un certain nombre de trompettes. Puis, la procession retournait jusqu'à la cathédrale, en chantant le Te Deum en grégorien, à savoir solennellement. La procession est indispensable pour le jubilé du Puy ; par ailleurs, le chanoine Jean-Antoine Pouderoux précisait en détail, dans cet article V, tous les préparatifs requis dont ceux de l'administratif, débutés le mois de mars de l'année précédente..
Le jubilé de 1785 se distinguait surtout des processions particulières. Les fidèles effectuèrent, malgré un très mauvais temps, leur procession à partir de leur paroisse jusqu'à la cathédrale du Puy, quelle que soit la distance.
Parcours et composition de la procession solennelle jusqu'au
Juste avant l'interruption, d'anciennes façons de la procession générale furent imprimées en détail lors du jubilé de 1785, par le chanoine de la cathédrale du Puy, Jean-Antoine Pouderoux. Voilà la procession traditionnelle pour l'ouverture du jubilé, réservée au Jeudi saint .
Parcours en 1864
Dans ses chroniques du jubilé, publiées en 1864, Jules Chaussende précisait la procession solennelle, exécutée le lundi - 102 :
L'itinéraire de la procession avait rigoureusement été fixé par l'évêque :
Participants en 1864
Grâce à ces chroniques, encore peut-on connaître ceux qui assistèrent à la procession de la clôture, effectuée le - 169 : l'Hôpital général, les orphelins de Saint-Jean-François-Régis, du Saint-Chœur de Marie ainsi que les orphelines de la Miséricorde et de Saint-Vincent-de-PaulAu regard des ordres et des associations caritatives, voir , les Sourdes-Muettes, la congrégation des Servants, la congrégation des Ouvrières, la congrégation dite des Angéliques, les pensionnats de Saint-Dominique, de l'Instruction, de Saint-Joseph, les religieuses de Saint-Charles, l'Instruction, l'école normale de l'Instruction, St-Joseph, les religieuses de Saint-Pierre, de Saint-François, de Saint-Dominique et de Sainte-Claire, les congrégations des Demoiselles et des Dames de la ville, les dames de la Miséricorde, de l'Instruction, de Saint-Joseph, les dames Trinitaires, les dames du Puy, les pénitents du Puy, les pensionnats de Notre-Dame de France, les religieux de Notre-Dame de l'Assomption, de Saint-François-Régis, de Paradis, des écoles chrétiennes, les professeurs ainsi qu'élèves du petit séminaire de la Chartreuse, les choristes suisses, les choristes des paroisses urbaines, les élèves du grand séminaire, les frères scholastiques, les prêtres de la Compagnie de Jésus, les prêtres habitues, les vicaires, les aumôniers, les curés, « Vierge noire », le chapitre de la cathédrale, l'évêque du Puy, les sapeurs-pompiers, le maire du Puy, les membres de la municipalité ; entre eux, les chœurs de jeunes filles et de jeunes hommes ainsi que cinq corps de musique, disséminés
thumb|upright=1.3|Procession solennelle consacrée à la Vierge du Puy, lors de l'Assomption en 1977. Celle de 2016 se distinguera en tant que clôture du jubilé.
Procession mariale à l'Assomption, dorénavant clôture du jubilé En dehors du jubilé, chaque année se déroule le jour du une grande fête de l'Assomption de la Vierge, au cours de laquelle la Vierge noire est portée en procession à travers les rues de la ville, en présence des plus hautes autorités civiles et religieuses et d'une multitude de participants. Il s'agit d'une autre tradition, remontant le , mais interrompue depuis 1882. Une fois rétablie en 1933 par l'évêque Norbert-Georges-Pierre Rousseau, cette procession solennelle, devenue la célébration religieuse la plus importante dans la région, se continue jusqu'ici, à l'exception de l'année 1944.
Sa liturgie Rite romain