Joseph Claude Starot de Saint-Germain, seigneur de Villeplat, de Montvendre et de Montmeyran, né à Valence le et guillotiné à Paris le , est un fermier général français.

Biographie Origines Son grand-père, dénommé Jean-Baptiste Starot de Saint-Germain (1672-1730) et fils de gardes suisses et tanneurs suisses-allemands, était maître écrivain, arithméticien, précepteur et bourgeois de Romans puis de Valence.

Le père de Joseph Starot de Saint-Germain est Louis Starot de Saint-Germain (1701-1793), seigneur de Villeplat, conseiller du roi et receveur des impositions de l'élection de Valence, et sa mère Isabeau Foriel (fille d'Abel Foriel et d'Isabeau Durand).

Un de ses frères, Aimé Starot de Saint-Germain, sera curé-prieur de Saint-Saturnin de Nogent. Un autre, Louis-Antoine Starot de Saint-Germain de LoberieLauberie, l'Oberie, s'embarquera sur la Boudeuse comme explorateur aux côtés de BougainvilleVoyage autour du monde, Presses Paris Sorbonne, 2001. Une de ses sœurs épousera le général Charles-Victor de Bachasson de Montalivet et une autre François Sandecœur La Croix Saint-Pierre (arrière-grands-parents d'Albert Lacroix-Saint-Pierre).

Rapide ascension Brillant, il devient avocat au parlement du Dauphiné, docteur-agrégé ainsi que recteur de l'Université de ValenceL'Intermédiaire des Chercheurs et Curieux, Volume 19, 1969. Il occupe ensuite la charge de receveur des gabelles de Valence en 1764.

Sa carrière prend un essor rapide . Deux ans après son mariage, il devient ainsi en 1770 inspecteur général des postes. En 1780, il achète pour la somme de , la terre et baronnie de Montmeyran. Puis, en 1786, il devient fermier général du Dauphiné, considérable charge qui lui permit d'amasser une immense fortune, devenant ainsi l'un des hommes les plus riches de Valence, y possédant un hôtel particulier (21 côte des Chapeliers), ainsi qu'un autre à ParisRevue drômoise, Volumes 89 à 90, 1991.

La Révolution Dès le 20 floréal, Joseph Starot de Saint-Germain, 66 ans, demeurant à Fontainebleau, se présente au tribunal pour demander l'examen et l'apurement de sa conduite. Il est arrêté sur-le-champ et déféré au tribunal révolutionnaire le 22 du même mois. Pour sa défense, il se désolidarise de ses collègues fermiers. Il prétend que, de tout temps, il leur avait reproché leur conduite peu scrupuleuse et spécialement le mouillage du tabac. Il précise qu'il n'a été fermier qu'à partir de 1787 et n'a donc pas participé aux faits reprochés sous les baux David et Salzard. Que s'agissant des rémunérations perçues, il ne pouvait à lui seul changer les pratiques de toute une corporation. Enfin, il souligne que, si sa conscience lui avait fait le moindre reproche, il ne se serait pas présenté spontanément au tribunal, après les exécutions du , mais aurait fui, au contraire, son domicile de Fontainebleau pour se soustraire aux poursuites.

Sans doute était-il convaincu que cette démarche ne pouvait qu'aboutir positivement. Sa défense fut balayée par l'accusateur public. La condamnation est prononcée en faisant référence aux chefs d'accusation du précédent procès, y compris ceux relatifs au seul bail David auquel l'intéressé n'avait pas participé. Il est exécuté le jour de sa condamnation à mort.

Il est guillotiné à Paris le comme ancien fermier général à la barrière du Trône.

Mariage et descendance

Le , Joseph Starot de Saint-Germain épouse à Nogent-sur-Marne Catherine Éléonore Bénard (1740-1769), femme de chambre d'Adélaïde de France. Catherine meurt 11 mois plus tard, des suites de la naissance de leur fille Adélaïde, future comtesse de Montalivet. La rumeur tardive faisant de Catherine une maîtresse de Louis XV et attribuant au roi la paternité d'AdélaïdeArnaud Chaffanjon, Napoléon et l'univers impérial, 1969Jean Bothorel, Un si jeune président…, éditions Grasset, 1995Michel de Decker, Napoléon, les plus belles conquêtes de l'Empereur, Belfond, 2004 L'Intermediaire des Chercheurs et Curieux, volume 19, page 1057Jean-Claude Banc, Montalivet l'homme de confiance de Napoléon, Nouveau Monde Éditions, 2011, page 25Henri Vrignault, Les enfants de Louis XV : descendance illégitime, Perrin, 1954, page 123 et 124L'intermédiaire des chercheurs et curieux, 1898, page 557 Geoffroy d'Astier de La Vigerie, Emmanuel d'Astier de La Vigerie, combattant de la Résistance et de la liberté : 1940-1944, France-Empire, 2010, page 17 n'est étayée par aucune documentation contemporaine connue et est considérée comme douteuseJoseph Valynseele, Christophe Brun, Les bâtards de Louis XV et leur descendance, éditions Perrin, 1992Jean Saint-Loup, Secrets de famille, Secrets de généalogie, Amazon, 2022..

Notes et références

Sources Adolphe de Coston, Histoire de Montélimar et des familles principales qui ont habité cette ville, Volume 3, 1973 Jean-Claude Banc, Montalivet, l'homme de confiance de Napoléon, Nouveau Monde éditions / Fondation Napoléon, Paris 2011 Gaston Sirjean, Encyclopédie généalogique des maisons souveraines du monde… : Les illégitimes Henri Vrignault, Les enfants de Louis XV: descendance illégitime, Perrin, 1954 Bulletin, Numéro 382, Société d'archéologie et de statistique de la Drôme, 1971 Bulletin d'archéologie et de statistique de la Drôme, Volume 77, 1977

Voir aussi Articles connexes Catherine Éléonore Bénard Adélaïde de Saint-Germain Jean-Pierre de Montalivet Ferme générale Fermiers généraux pendant la Terreur

Liens externes

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