Frédéric Lichtenberger, né le à Strasbourg et mort le à Versailles, est un pasteur et théologien protestant alsacien. Il est professeur à la faculté de théologie protestante de Strasbourg et l'un des fondateurs de la faculté de théologie protestante de Paris en 1877.
Biographie Frédéric Auguste Lichtenberger est le fils de Frédéric-Daniel Lichtenberger, coutelier, et de Louise Émilie BurckhardtThéodore Rieger, « Lichtenberger Frédéric Auguste », dans Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie d'Alsace, Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, Vol.V, Kie-Mar, 1997, .. Après des études au gymnase Jean-Sturm, il obtient son baccalauréat de théologie à la faculté de théologie protestante de Strasbourg en 1854 avec un mémoire intitulé La théologie de Gotthold Ephraïm LessingThèse de baccalauréat, notice du Sudoc. Il est ordonné pasteur le . Il obtient ensuite sa licence de théologie en soutenant une thèse en latin sur la Rédemption et d'un travail sur le protestantisme d'après la théologie allemande contemporaine, en 1857Thèse de licence, notice du Sudoc 1957. Sa thèse de doctorat qu'il soutient le analyse quant à elle Les éléments constitutifs de la science dogmatiqueThèse de doctorat, 1960, notice du Sudoc.
En 1858, Lichtenberger devient prédicateur-adjoint au Temple Neuf et professeur de religion au Gymnase protestant. Grâce à sa thèse, il est nommé professeur de morale à la faculté de théologie et au Séminaire protestant de Strasbourg en 1864Nomination par décret impérial du 13 août 1864, base Léonore, consultée en ligne le 27 juillet 2015.. Il est alors plutôt un disciple d'Alexandre Vinet, étant opposé à tout formalisme liturgique ou doctrinalFranck Storne, « Lichtenberger Frédéric Auguste », dans A. Encrevé (dir.), Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine, 5. Les protestants, Paris, Beauchesne, ..
En , lorsque est signé le traité de Francfort, il proteste du haut de sa chaire contre le rattachement de l'Alsace à l'Allemagne dans son sermon Nos devoirs envers la France. Après avoir refusé d'enseigner la morale en allemand et de coopérer avec la nouvelle administration, il prononce le de la même année à l'église Saint-Nicolas de Strasbourg un autre sermon demeuré célèbre, L'Alsace en deuil, dans lequel il oppose la conscience chrétienne à l'abus de la force. Ce sermon en était déjà à sa dixième édition en 1873. Expulsé d'Alsace, il s'installe à Paris, en conservant son statut de professeur d'université d'État.
À Paris, il est temporairement chargé par le consistoire luthérien des prédications à l'église de la Rédemption, rue Chauchat. Puis, répondant à l'appel d'Edmond de Pressensé, il devint pasteur à la chapelle TaitboutNotice sur la chapelle Taibout. Cette chapelle est située originellement rue Taitbout, puis lors du percement de la rue des Italiens, est installée 42 rue de Provence, tout en gardant son nom. Photos ici. Dès 1873, il fonda l'« École libre des sciences religieuses ». Grâce à son action et à celle d'Auguste Sabatier, Gambetta honore ses engagements et transfère par le décret du la faculté de théologie protestante de Strasbourg à Paris. Lichtenberger est nommé professeur de la nouvelle facultéArrêté ministériel du 30 avril 1877, base Léonore. dont il devient doyen le . Fort de ce statut qu'il conserve pendant dix-sept ans, il l'utilise pour organiser et consolider la place de la jeune faculté.
C'est également à cette époque qu'il se lance dans la publication de lEncyclopédie des sciences religieuses en treize volumes, pour laquelle il obtient la collaboration des principaux théologiens francophones, Paul Lobstein, Gabriel Monod, Auguste Barth, Joseph Derenbourg, Eugène Arnaud ou Albert Matter, le fils de Jacques Matter), réussissant ainsi à réunir les diverses tendances dogmatiques et ecclésiastiques. Il a élaboré cette grande entreprise dans le but de donner naissance, en français, à une œuvre comparable à celle de l'Encyclopédie de Franck Storne, « Lichtenberger Frédéric Auguste », dans A. Encrevé (dir.), Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine, 5. Les protestants, Paris, Beauchesne, ..
En 1895, son état de santé le contraint à abandonner ses fonctions.
Il est membre du Conseil général des facultés, du Conseil supérieur de l'instruction publique et du Comité de la Société de l'histoire du protestantisme français. Il collabore également à la Revue chrétienne, au Bulletin et à la Revue théologique. Il est président du comité de direction du Journal du protestantisme français, organe crée dans le but de concilier les différentes tendances du protestantisme.
Son frère, Charles-Ernest Lichtenberger (1847-1913), est un germaniste réputé, notamment pour ses traductions de Faust. Henri Lichtenberger et André Lichtenberger sont les fils de Charles-Ernest.
Distinctions Il est chevalier de la Légion d'honneur, sur contingent du ministère de l'instruction publique et des beaux-artsDécret du 9 février 1880, base Léonore, consultée en ligne le 27.07.15. Œuvres (sélection) La théologie de Gotthold Ephraim Lessing, Strasbourg, G. Silbermann, 1854 - mémoire de baccalauréat Étude sur le principe du protestantisme d'après la théologie allemande contemporaine, Strasbourg, G. Silbermann, 1857 - thèse de licence Apostolorum praeceptis redemptoriam Christi mortem spectantibus, Strasbourg, G. Silbermann, 1857 - thèse de licence Les éléments constitutifs de la science dogmatique, Strasbourg, Treuttel et Wurtz, 1860 - thèse de doctorat Étude sur le livre de M. Renan la vie de Jésus, Strasbourg, O. Berger-Levrault, 1864 Sermons, Strasbourg, Treuttel et Wurtz, 1867 « Le protestantisme et la guerre », dans Revue chrétienne, Strasbourg, Treuttel et Würtz, 1871 Nos devoirs envers la France, Strasbourg, O. Berger-Levrault, 1871 L'Alsace en deuil, Strasbourg, Treuttel et Wurtz, 1871 La rançon de l'Alsace, Paris, Sandoz et Fischbacher, 1872 L'Alsace pendant et après la guerre, Paris, Sandoz et Fischbacher, 1873 Histoire des idées religieuses en Allemagne, depuis le milieu du siècle jusqu'à nos jours, Paris, 1873, 3 vol. - tome 1 / tome 2 / tome 3 La Faculté de théologie de Strasbourg, Paris, Ch. Meyrueis, 1875 Encyclopédie des Sciences religieuses, Paris, Sandoz et Fischbacher, 1877-1882, 13 vol. - il en assura la publication et il y a lui-même écrit une vingtaine de notices - tome 1 / tome 2 / tome 3 / tome 4 / tome 5 / tome 6 / tome 7 / tome 8 / tome 9 / tome 10 / tome 11 / tome 12 / tome 13 Méditations pour chaque jour de l'année, Paris, 1881 L'éducation morale dans les écoles primaires, Paris, Impr. nationale, 1889 Mon journal (fragments), Versailles, 1897 - autobiographie
Notes et références
Annexes Bibliographie Théodore Rieger, « Frédéric Auguste Lichtenberger », in Nouveau Dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 24, p. 2357
Articles connexes Protestantisme en Alsace Faculté de théologie protestante de Paris
Liens externes
« Frédéric Lichtenberger (1832-1899) », notice biographique sur le site du Musée protestant.
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