Louis de Monfrabeuf (ou de Montfrabeuf), né à Thénorgues (aujourd'hui dans le département des Ardennes) le et mort au Chesne (Ardennes) le , est un militaire puis écrivain français.
Biographie
Louis de Monfrabeuf naquit à Thénorgues le de Charles de Monfrabeuf, baron de Thenorgues (1675-1735) et de Marie Catherine Zélie de Romance d'Attenove (?-1737)Marie-Catherine-Zélie de Romance, née à Sery, mariée à l'église de Saint-Loup-aux-Bois, le 26 juillet 1723, et par contrat reçu au château de Terrier, à Charles de Monfrabeuf, chevalier, lieutenant au régiment de la Reine-Dragons, de la paroisse de Templeux-la-Fosse, à qui elle apporta les seigneuries de Thénorgues et de La Malmaison (fief situé sur le ban de Harricourt, aux limites de Thenorgues). (cf: La famille des Portes, dans Revue historique ardennaise, Paris : Alphonse Picard & fils, t.13, 1906, p.31).
Il avait les titres de noblesse de comte de Thénorgues, sieur de La Motte-Guéry, des Petites-Armoises, Ham, Vervins...
Militaire, il fut officier dans le régiment de Barbançois, puis garde du corps dans les Garde du corps du roi de la compagnie de Villeroy. Il assista à la bataille de Fontenoy. Il prit sa retraite militaire vers 1760 et devint auteur. Il avait épousé Marie Françoise Louise Thiboust de Berry des Aulnois Ernest Henry, dans sa liste des prisonniers du Mont-Dieu, pendant la Révolution, insérée dans la Revue d'Ardenne et d'Argonne, édition de la Société d'études ardennaises à Sedan, , 1906-1907, p.171 , indique : « THIBOUST de BERRY des AULNOIS (Marie-Françoise-Louise), née à Fontenay-Bossery (Aube), veuve de Monfrabeuf, morte aux Petites-Armoises le 1 messidor an VII, âgée de 72 ans. Incarcérée le 14 frimaire (an II) avec ses filles. Occupait la cellule n° 30. » du diocèse de Sens. Ils eurent plusieurs enfants, mais à la mort soudaine de ses trois fils, il quittait Thénorgues pour s’installer au château des Petites-Armoises. Il y fit de nombreux travaux, canaux pour assainir les parties marécageuses qui devinrent prairies.
Avant la Révolution française, il était seigneur des Petites Armoises. . Il avait la réputation d'être
Aux États généraux de 1789, il apparait dans la liste des députés de la noblesse pour l'élection de Reims Travaux de l'Académie impériale de Reims, Reims : P. Dubois & Cie et Paul Giret, vol.43, 1865-1866, n° 1 & 2, pp. 334 :
Il prenait le titre singulier de représentant du Roi des Juifs en tant qu'homme et les initiales de ce titre (R.D.R.D.J.) se trouvent sur son portrait qu'il avait fait graver pour le mettre à la tête de ses ouvrages.
Le , il achète la terre de la Motte-Guéry, domaine situé aux limites du ban du Chesne-PopuleuxCe domaine, nommé localement ferme de la Motte, se situe, à présent, au bord de l'enceinte du domaine de Maison-Rouge, commune des Alleux) ) et qui sera plus tard érigée en baronnie d'empire pour son gendre, Philippe Christophe de Lamotte-Guéry. Il y mourut le .
L'écrivain Jean-Baptiste L'Écuy a la dent dure concernant ses talents : . Et ajoute perfidement qu'ils Ce qui n'est pas certain : certains de ses ouvrages eurent plusieurs éditions et, en 1912, Albert Louis Caillet, dans son Manuel bibliographique des sciences psychiques ou occultes, se préoccupe encore de lui.
Et Jean-Baptiste-Joseph Boulliot rajoute : .
Albert Louis Caillet, dans son Manuel bibliographique …, en fait le maître de François-Guillaume Coëssin, ce qui semble douteux, ce dernier étant né en 1780 en Normandie, le premier étant mort en 1792 dans les Ardennes Peut-être tout au plus un inspirateur, et ce n'est pas avéré, même si Coëssin se montra un mystique précoce..
Famille et postérité Outre ses trois fils morts jeunes, pour des motifs que la bibliographie ne donne pas, on lui connait 3 filles par la liste des prisonniers de la Chartreuse du Mont-Dieu pendant la TerreurJules Poirier, Les Prisonniers de la Chartreuse du Mont-Dieu pendant la Terreur : documents pour servir à l'histoire de la Terreur, Paris : chez G. Kleiner, 1903, p. 84 → sur Gallica: —Louise-Félicité-Anne, des Petites-Armoises, âgée de 22 ans le 18 frimaire an II ; elle épousa Philippe Christophe de Lamotte-Guéry le 10 pluviôse an III —Marie-Louise, des Petites-Armoises, âgée de 30 ans le 18 frimaire an II ; mariée le mardi avec Jean Nicolas Charles de Parisot (1758-1848) ; décédée le samedi à Faux-Lucquy, à l'âge de 54 ans ; sans postérité. —Louise-Charlotte-Alexisse, des Petites-Armoises, âgée de 23 ans le 18 frimaire an II ; elle épousa le général Antoine Giraud le 20 germinal an III —Charlotte-Aimée-Suzanne, de Thénorgues, née en 1757, épouse divorcée de FougèresIl s'agit de Alexandre Louis de Fougères, seigneur d'Aure, qu'elle épouse le 13 septembre 1778, de Châlons, emprisonnée le 18 frimaire an II avec ses trois enfants (un garçon âgé de 14 ans, deux filles de 11 et 12 ans). De cette union « (de) Fougères en Champagne », sur le site Anciennes familles de Provence, , non daté, consulté le 20-07-2025: —Charles de Fougères, né le à Aure, décédé en 1812. —Françoise Florence de Fougères née le à Reims, demoiselle de Saint-Cyr, entrée le , sortie le , emprisonnée sous la Terreur, décédée le au Chesne (Ardennes), âgée de 76 ans; épouse le aux Petites-Armoises, Louis de Larivière maréchal des logis chef au régiment de chasseurs à cheval, puis adjoint au commissaire des Guerres, et enfin sous-intendant militaire adjoint (1822), chevalier de Saint-Louis et de la Légion d’Honneur (1822), né le à Maubert-Fontaine (Ardennes), fils de Jean-Ponce, capitaine de cavalerie, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, brigadier des gendarmes de la reine, et de Marie Louise Garot. Il meurt le en son domicile à Amiens (Somme), âgé de 55 ans. —Julie de Fougères née le à Aure, décédée le à Verrières, âgée de 32 ans ; épouse le (29 fructidor an XIII) à Verrières (Ardennes), Alexandre de Surirey de Saint-Remy, propriétaire, maire de Verrières, né le à Mettet en Pays liégeois, fils de Pierre Louis (1733-1790), lieutenant-colonel, chevalier de l’ordre de Saint-Louis, et de Marie-Antoine de Cœur (1739-1803), les témoins des mariés sont Alexandre de Moy, Pierre Jean Finse, Joseph Antoine Giraud, général de brigade, oncle maternel par alliance de l’épouse, et Nicolas Jean Charles de Parisot, officier retraité, l’épouse signe Julie de Fougères. Veuf, il se remariera le à Marie-Louise de Colnet, et meurt le à Montcornet (Aisne), âgé de 67 ans.
Publications Premier catéchisme chrétien, puisé dans la métaphisique, La Haye, chez Neaume, 1783, LXVIII & 536 p. Les lois du sage, par celui qui n'adore que lui, avec le catéchisme, Bouillon : Brasseur, 1783, in 8° Les Loix du sage, seconde partie, revue, corrigé et augmenté, suivi de L'Explication métaphisique de la nature, première partie, s.d., 93 p. L'homme réintégré dans le bon esprit, Bouillon : Brasseur, 1784, in 12° Dialogue entre Pierre Lenoir et Marie Leblanc, Bouillon : Brasseur, 1785, in 12° Réponse à la critique d'une lettre anonyme, La Haye : Neaume, 1784 & Bouillon : Foissy, 1786, in 12°, 190 p. Les phases de la nature, Bouillon : Brasseur, 1786, in 12° Catéchisme historique, Bouillon : Foissy, 1787, in 12° Coup d'œil de mes ouvrages bien clair, en voyant les trois conversations suivantes, Bouillon : Foissy, 1788, in 12°, pour la troisième édition Le chemin du Ciel par la fortune, Bouillon : Foissy, 1788, in 12° Le Réformateur de la patrie, : 1788 Remontrance d'un père à ses enfans, Bouillon : Foissy, vers 1789, in 12°, 32 pages Archives nationales, France, cote : AD/XXIb/111 L'anti-nouveau philosophe, 1790, 69 p. Réflexion sur l'opinion de Mr. HervierIl s'agit de Charles Hervier (1743-1820), théoricien du mesmérisme et auteur du Discours sur la constitution françoise, prononcé le 25 septembre 1791, dans l'église métropolitaine et paroissiale de Paris, avant le Te Deum, en actions de grâces de l'heureuse conclusion des travaux de l'Assemblée Nationale, et de l'acceptation faite par le Roi de l'Acte Constitutionnel, Paris: impr. Didot l'aîné, 1791. (concernant la Constitution de 1791), 1791 Réflexion sur la liberté, où trouver la vraie liberté, 1792 L'Encloueure du canon du Vatican, par le vrai chrétien, éditeur non identifié, , s.d., 4 p. Réflexions sur les égaremens de la nouvelle philosophie, que la vraie liberté peut seule réprimer, éditeur non identifié, s.d., 18 p. Éducation des Ordres splendides, s.d.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Charles-Joseph Delahaut, Annales civiles et religieuses d'Yvois-Carignan et de Mouzon, complétées & publiées par L'Ecuy, Paris, 1822, p. 450 . Jean-Baptiste-Joseph Boulliot, Biographie Ardennaise ou histoire des Ardennais, Paris, 1830, vol.2, p. 223 . Biographie universelle ancienne et moderne, supplément , Paris : chez L.-G. Michaud, 1843, vol. 74, pp. 191–192 Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIX siècle : français, historique, géographique, mythologique, bibliographique, Paris, 1874, vol.11, p. 439 Philomneste Junior, Les fous littéraires : essai bibliographique sur la littérature excentrique, les illuminées, visionnaires, etc., Bruxelles : Gay et Doucé, 1880, p. 147-148. Albert Louis Caillet, Manuel bibliographique des sciences psychiques ou occultes, t.3 (M-Z), Paris : Lucien Dorbon, 1912, réédition Cambridge University Press, 2012 p. 122. Un oublié : Louis de Monfraboeuf, Almanach Matot-Braine, Reims, 1912, pp. 406–409 Simon Brugal, Excentriques disparus, Paris : chez Albert Savine & Toulouse : chez Édouard Privat, 1890, p. 82 (lire en ligne)
Liens internes Philippe Christophe de Lamotte-Guéry, son gendre, par sa fille Louise-Félicité-Anne. Antoine Giraud, son gendre, par sa fille Louise-Charlotte-Alexis, en premières noces de celle-ci.
Liens externes
Notice VIAF : Monfrabeuf, Louis de 1724-1792 Notice WorldCat : MONFRABEUF, Louis de Louis de MONFRABEUF, sur Geneanet .
Catégorie:Naissance en avril 1724 Catégorie:Naissance dans la province de Champagne Catégorie:Décès en juillet 1792 Catégorie:Décès dans les Ardennes Catégorie:Écrivain français du XVIIIe siècle Catégorie:Décès à 68 ans