Hervé Gaymard, né le à Bourg-Saint-Maurice (Savoie), est un homme politique français. Il est membre des Républicains jusqu'en 2017.

Ancien député de la Savoie, il est président du conseil général puis départemental de la Savoie depuis 2008, fonction qu'il occupe auparavant de 1999 à 2002. Au niveau national, il est secrétaire d'État par deux fois dans les gouvernements d'Alain Juppé, puis ministre de l'Agriculture, de l'Alimentation, de la Pêche et des Affaires rurales de à . Il devient alors ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, mais est contraint à la démission pour concussion en (voir Affaire Gaymard).

Biographie Origines, études et famille Son père, Aristide Gaymard, commerçant, fut conseiller municipal et chef de corps des sapeurs-pompiers de Bourg-Saint-Maurice. Affirmant que sa conscience politique est née à l'âge de 10 ans, le jour de la mort de Charles de Gaulle, il se considère comme gaulliste. Il adhère à l'UDR en 1975, puis au RPR lors de sa création en 1976 : militant en Savoie, il est également président de la section RPR de l'Institut d'études politiques de Paris au cours de ses études (1979-1981). Il a étudié le droit à l'université Panthéon-Sorbonne, il est également diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris et ancien élève de l'École nationale d'administration, promotion Diderot (1986).

Outre son admiration pour le Général de Gaulle, Hervé Gaymard est par ailleurs un grand amateur de littérature, d'histoire et de bande dessinée. Il est l'auteur de plusieurs livres, dont un sur l'œuvre d'Alexandre Vialatte.

Marié à Clara Lejeune, présidente de GE France de 2006 à 2016 et vice-présidente de GE International, fille du professeur Jérôme Lejeune, il est père de neuf enfants : Philothée, Bérénice, Thaïs, Marie-Lou, Amédée, Eulalie, Faustine, Jérôme-Aristide, Angélico..

Carrière professionnelle et politique À sa sortie de l'ENA, il est affecté au ministère du Budget, comme administrateur civil successivement chargé des secteurs de la Défense, des PTT, de l'environnement et de l'aménagement du territoire. De 1990 à 1992, il est attaché financier pour le Proche et le Moyen-Orient auprès de l'ambassade de France du Caire en Égypte. Puis, de 1992 à 1993, il revient au ministère du Budget, comme chef du Bureau du financement des retraites.

Suppléant de Michel Barnier en 1993, il devient député quand celui-ci est nommé Ministre de l'environnement dans le gouvernement d'Édouard Balladur. En , Jacques Chirac lui demande de coordonner les équipes chargées de l'élaboration de son projet présidentiel. Lors de cette élection (1995), Michel Barnier soutiendra Édouard Balladur et Hervé Gaymard Jacques Chirac, sans que leurs relations n'en pâtissent.

Secrétaire d'État dans le (1995-1997), ministre de l'Agriculture (2002-2004), il est nommé ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie (2004-2005) dans le gouvernement Raffarin III, mais est contraint de démissionner à la suite de ce qu'il est convenu d'appeler l'« affaire Gaymard ».

Il est président (UMP, LR, puis DVD) du conseil général puis départemental de la Savoie depuis 2008.

Il a été président du conseil d'administration de l'Office national des forêts entre et .

En , il intègre l'équipe de campagne d'Alain Juppé, candidat à la primaire présidentielle Les Républicains de 2016. Il est notamment chargé de coordonner l'élaboration de son projetLudovic Vigogne, « Chaque mercredi, à 8h30, la task force Juppé se réunit... », opinion.fr, 2 mars 2015..

Pour respecter la loi sur le cumul des mandats, il renonce à se présenter aux élections législatives de 2017« Ces barons locaux qui renoncent au Palais-Bourbon », lexpress.fr, 28 avril 2017..

Il préside la Fondation Charles de Gaulle depuis 2018.

Le Parisien relève en 2019 que Hervé Gaymard préside le conseil départemental de Savoie, une activité normalement exercée à plein temps, tout en étant rémunéré pour plus de nets mensuels par Bercy comme haut fonctionnaire.

Il est membre de l'Académie des sciences morales et politiques depuis 2022.

Fonctions au sein de partis politiques Membre du Bureau politique du Rassemblement pour la République (RPR) (1995-2002) Secrétaire national du RPR (1998-1999) Membre du Comité politique du RPR (1998-2002) : en 1999, il soutient la candidature de Jean-Paul Delevoye à la présidence du mouvement. Membre du Bureau politique de l’UMP (2002-2005) Printemps 2006 : président de la fédération départementale de l'UMP depuis sa création en 2002, Hervé Gaymard renonce à briguer un second mandat. C'est Dominique Dord, député-maire d'Aix-les-Bains qui lui succédera. Hervé Gaymard expliquera à l'occasion de cette élection interne, dans un courrier à l'ensemble des militants UMP de Savoie, qu'il avait été « lâché » au cours de l'affaire de son appartement par un grand nombre de responsables et ministres du mouvement UMP, faisant localement une allusion à peine voilée à Michel Bouvard, vice-président du conseil général de la Savoie et député. Il précisait aussi dans ce courrier que l'affaire avait été rendue publique par des membres de son propre parti (UMP).

En , dans le cadre de la "direction partagée" entre Jean-François Copé et François Fillon (dont il a été un soutien), il devient l'un des vice-présidents de l’UMP, lors d'une seconde vague de nominations, après celle de janvier, en plus du vice-président délégué Luc Chatel, en poste depuis .

Aux élections municipales de 2014, il est présent en dernière position (place inéligible) sur la liste UMP menée par Martine Berthet à Albertville ; il s'agit du premier scrutin municipal où il est candidat« Une première pour Gaymard à Albertville », Le Figaro, vendredi 7 mars 2014, page 6.. Celle-ci gagne l'élection.

Fonctions électives Pays de Tarentaise : élu le président de l'Assemblée du Pays de Tarentaise Vanoise (regroupant 43 communes)

Conseil général puis départemental : élu conseiller général du canton de Moûtiers en Savoie, réélu en 2001 et 2008. À la suite de la réforme territoriale et du redécoupage des cantons en 2014, il change de canton et se présente lors des élections départementales de 2015 dans le Canton d'Albertville-1 en binôme avec la maire d'Albertville, Martine Berthet. Ils sont élus au second tour avec 60,68% des voix. : élu président du conseil général de la Savoie. Il cesse d'occuper ce poste en à la suite de sa nomination au gouvernement. Le sénateur Jean-Pierre Vial est désigné pour lui succéder. Il demeure cependant vice-président du conseil général et reprend son fauteuil de président du conseil de la Savoie en 2008. Il est réélu à cette fonction en 2011 au bénéfice de l'âge. : réélu président du conseil départemental de la Savoie (par 30 voix et 8 abstentions).

Conseil régional : élu conseiller régional de Rhône-Alpes, il prend la présidence du groupe UMP. À ce titre, il cosigne un communiqué commun aux autres groupes politiques de la région Rhône-Alpes dénonçant les propos de Bruno Gollnisch sur la Shoah. Ce qui lui a valu, à l'instar des autres signataires, d'être mis en examen, puis renvoyé devant le tribunal correctionnel de Lyon pour diffamation. Il sera relaxé en première instance le suivant. Réélu député de la Savoie le , il démissionne de son mandat régional en pour se conformer aux dispositions relatives au cumul des mandats.

Assemblée nationale : accède à l'Assemblée nationale en tant que député (RPR) de la deuxième circonscription de la Savoie, après la nomination, au gouvernement, de Michel Barnier, dont il était le suppléant, : élu député (RPR) de la de la Savoie, - : membre de la Commission des finances, de l'économie générale et du Plan, - : nommé parlementaire en mission par le Premier ministre Édouard Balladur, il rédige un rapport sur le droit à la « pluriactivité », - : membre de la Commission spéciale chargée d'examiner deux projets de loi sur la bioéthique, - : membre de la Commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi d'orientation relatif à la lutte contre l'exclusion, - : membre de la Commission d'enquête sur la transparence et la sécurité sanitaire de la filière alimentaire en France, - : membre de la Commission spéciale chargée d'examiner la proposition de loi organique relative aux lois de finances, Vice-président du groupe d'études sur la Protection sociale, Président du Groupe d'amitié France-Somalie, Président du Groupe d'études France-Érythrée. : réélu député (RPR) de la de la Savoie, son suppléant Vincent Rolland le remplace après sa nomination comme ministre de l'Agriculture. : réélu député (UMP) de la de la Savoie au de scrutin. : réélu député (UMP) de la 2e circonscription de la Savoie dès le 1er tour de scrutin.

Autres fonctions - : vice-président de l'UMP : élu membre de l'Académie des sciences morales et politiquesDécret du 29 mars 2022 portant approbation d'une élection à l'Académie des sciences morales et politiques - M. GAYMARD (Hervé). JORF du 30 mars 2022. Lire en ligne

Action Spécialiste des questions liées au monde de l'édition, il est l'un des artisans de la loi sur les livres indisponibles et propose de taxer la revente des livres d'occasion. Il est révélé en qu'il est administrateur de Dargaud depuis 2008, ce que certains observateurs considèrent comme un conflit d'intérêtsFrançois Krug, Gaymard, fan de l’édition à l’Assemblée...et administrateur de Dargaud, Rue89, nouvelobs.com, 6 mai 2013.

Fonctions ministérielles Parcours - : secrétaire d'État chargé des Finances (gouvernement Juppé I) - : secrétaire d'État chargé de la Santé et de la Sécurité sociale (gouvernement Juppé II) - : ministre de l'Agriculture, de l'Alimentation, de la Pêche et des Affaires rurales (gouvernement Raffarin I, gouvernement Raffarin II, gouvernement Raffarin III) - : ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie (gouvernement Raffarin III)

L'affaire Gaymard

Le , une polémique éclate à la suite d'un article du Canard enchaîné, suivi par de nouvelles révélations de Libération et du Parisien, sur le coût et l'importance de la surface de l'appartement de fonction de M. Gaymard. Le journal révèle qu'Hervé Gaymard, son épouse Clara et leurs huit enfants sont logés dans un duplex privé de près de l'avenue Montaigne, loué par l'État au prix de par mois. À la suite de ce qui est devenu l'affaire Gaymard, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin instaure des règles précises sur la surface des logements de fonction des membres du gouvernement pris en charge par le budget de l'État et le ministre annonce son départ de l'appartement.

Mais la polémique continuant, le Hervé Gaymard démissionne de son poste de ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie. Il est remplacé par Thierry Breton. Il a précisé par la suite son patrimoine personnel, étant propriétaire d'un appartement de à Paris, d'une maison familiale de deux appartements à Bourg-Saint-Maurice en Savoie ainsi que de sa permanence parlementaire dans ce même département.

Le , il retrouve son poste d'administrateur civil hors classe au ministère des Finances. Il est alors chargé par le Premier ministre, Dominique de Villepin, d'une mission sur la politique française vis-à-vis des pays émergents.

En septembre de la même année, pour respecter l'engagement pris publiquement au moment de sa démission, il remboursera la somme de correspondant aux dépenses engagées lors de son installation dans l'appartement de fonction de la rue Jean-Goujon et aux loyers versés par l'État.

Travail législatif et controverses sur un conflit d'intérêts