Cet article présente la géographie de Wallis-et-Futuna, collectivité d'outre-mer française du Pacifique. L'appellation « archipel » appliqué à Wallis-et-Futuna est impropre car les deux îles sont distantes d'environ , sans unité géographique ou historique avant l'arrivée des missionnaires catholiques puis de l'administration française. Néanmoins, tant par la population que par la géographie, ces îles possèdent des points communs : ce sont des îles volcaniques au climat tropical, marquées par l'insularité.
Localisation vignette|Wallis-et-Futuna au sein de l'Océanie (les zones colorées marquent les eaux territoriales de chaque État ou territoire). Wallis-et-Futuna est situé dans l'océan Pacifique et fait partie de l'Océanie. Cette collectivité est constituée de Wallis (île principale entourée d'un lagon et de plusieurs îlots) et des îles Horn (Futuna et Alofi). Leur superficie totale est de ..
Wallis-et-Futuna se trouve dans l'aire culturelle de la Polynésie, dans l'Océanie lointaine. Ces îles sont entourées de plusieurs pays ou territoires : au nord-est, les Tokelau, à l'est les Samoa, au sud les Tonga, au sud-est les Fidji, et au nord-est les Tuvalu. Avant les contacts européens et la christianisation, les Wallisiens et les Futuniens maintenaient des contacts importants avec ces différentes îles (voir histoire de Wallis-et-Futuna). Après l'intégration dans la République française (protectorat de 1888 à 1961 puis territoire d'outre-mer en 1961 et collectivité d'outre-mer en 2003), Wallis-et-Futuna fait partie des trois territoires français de l'océan Pacifique, situé à mi-chemin entre la Nouvelle-Calédonie (avec qui elle entretient d'intenses liens) au sud-est et la Polynésie française au sud-ouest.
Géologie
thumb|Wallis possède un grand lagon, dans lequel se trouvent treize îlots. Vue aérienne du lagon de Wallis en 1943 prise par la marine américaine.thumb|left|upright=1.3|Carte de Wallis-et-FutunaWallis-et-Futuna sont des îles au relief volcanique et aux côtes très découpées. Protégées par une ceinture de récif, elles sont difficiles d'accès. Wallis-et-Futuna possèdent de côtes au totalIGN magazine, 54, juillet-août 2009, . Lire en ligne ..
Wallis Les îles Wallis ()., au nord-est, sont composées d'une île principale, Uvéa, et de plusieurs îlots coralliens. C'est un ancien volcan, situé dans le point chaud des Samoa, qui a commencé à s'enfoncer, laissant ainsi apparaître un récif corallien et un lagon ouvert sur l'océan par quatre passes dont seule une est navigable pour les navires de gros tonnage (passe Honikulu, au sud).. Son point culminant, le mont Lulu, est peu élevé (). Bien que dépourvue de ruisseaux, l'île est ponctuée de lacs de cratère dont le plus grand est le lac Lalolalo, et qui constituent de précieuses réserves d'eau douce pour l'île. Le lac Lanutavake et le lac Lano sont également importants.
Futuna et Alofi vignette|Futuna et Alofi vues depuis l'espace. Les îles Horn (), au sud-ouest, sont composées de deux îles principales : l'île de Futuna et sa voisine immédiate, l'île d'Alofi (plus petite, au relief plus accidenté, plus élevé et ne comportant pas de récif corallien). Elles sont ouvertes sur l'océan Pacifique. En effet, leur existence est liée à un volcanisme plus récent. Leur point culminant, le mont Puke sur Futuna, est à environ. Elles sont traversées de ruisseaux apportant de l'eau douce et qui ont creusé des vallées. Futuna est ceinturée de récifs frangeants, mais dépourvue de lagon. Les montagnes de Futuna sont sujets aux glissements de terrain, et bordées par une étroite bande littorale.
Un bras de mer de et de de profondeur, le , sépare Futuna de Alofi. Cette dernière île est composée de plateaux étagés au versant nord, culminant avec le mont Kolofau (), tandis que son versant sud est constitué de falaises surplombant des plages.
Volcanisme sous-marin En 2010, un large volcan sous-marin, dénommé Kulo lasi, a été découvert par l'Ifremer au sud-est de Futuna. Cette zone (qui fait partie de la zone économique exclusive de la France) ainsi que plusieurs autres sites explorés contiennent des métaux rares et constituent un intérêt stratégique pour la France..
Climat Le climat de l'archipel est du type tropical maritime, avec une très importante humidité se situant la plupart du temps au-dessus des 80 %, et d'assez fortes températures, toujours comprises au-dessus des , ne variant pas tellement entre le jour et la nuit..
Le climat de l'archipel peut se décliner en deux principales saisons.. La première, qui s'étale approximativement de mai à septembre, est généralement fortement balayée par les alizés, qui participent au rafraîchissement des températures. La seconde, qui comprend les mois d'octobre à avril est, quant à elle, surtout caractérisée par de hautes températures et de très fortes précipitations pouvant parfois être accompagnées par des cyclones.
Utilisation de l'espace à Wallis
Différents espaces
Côte fertile vignette|Photo satellite du centre et du nord de Wallis. Les villages sont concentrés sur la côte est, tandis que les zones cultivées se situent à l'ouest. Historiquement, les Wallisiens ont toujours habité sur la côte., en particulier sur la côte est et le sud. En effet, . constituée de terrains argileux. On trouve en bord de mer de nombreuses sources d'eau douce, ce qui permet l'horticulture. D'autre part, la présence des alizés en juillet et août rend la température plus clémente, et l'habitat côtier permet un accès facile au lagon.. Des tarodières se trouvent à proximité de la mer, tandis que les jardins des habitants et les plantations (ignames…) se situent plus à l'intérieur des terres. Les rivages sont constitués de mangroves, en particulier sur la côte ouest..
Le taro est cultivé sur la côte est et nord-est, tandis qu'au sud l'agriculture est centrée autour de l'igname, le kape, le bananier et l'arbre à pain.
gauche|vignette|Carte du (d'après les données de Géoportail de l'Université de Nouvelle-Calédonie.) À l'inverse, le centre et le plateau nord de l'île, dénommé (« désert » en wallisien.), est un maquis peu propice aux cultures.. Constitué de fougères, pandanus, Hibiscus tiliaceus et Casuarina equisetifolia, il n'a jamais été habité de manière durable, notamment à cause du manque d'eau (pas de rivières ni de sources).
Néanmoins, depuis les années 1970, il a été peu à peu aménagé et des habitations y ont été construites, afin de faire face à l'augmentation de la population et la raréfaction de l'espace en bord de mer.. Des routes ont été construites, les maisons ont été reliées en eau et électricité et la perception de cet espace a changé. : .
Forêt
Enfin, au sud-ouest de l'île, autour du lac Lalolalo, se trouve une forêt tropicale ( ou ), sous l'autorité du roi (Lavelua) de l'île. Ce dernier peut autoriser son exploitation en cas de besoin..
Espace vécu vignette|Une habitation traditionnelle () sur l'îlot de Faioa. vignette|alt=Deux hommes s'affairent entre les poutres d'un toit en construction.|Pose des derniers rangs de pandanus durant un chantier de réfection de la couverture de feuilles de pandanus d'un fale familial à Vaisei, Sigave, Futuna, juin 2017. D'après Elizabeth Worliczek, l'espace dans lequel évoluent les habitants est constitué de la manière suivante. Autour de l'habitation familiale () se trouvent le parc à cochons, un abri pour faire la cuisine (), ainsi que des jardins. Cette maison se trouve dans un village, lui-même présent dans l'un des trois districts de l'île. Le « centre », Mata Utu (où se situe l'administration, le palais royal et les principaux magasins), est également un lieu important que les habitants fréquentent régulièrement. Enfin, on trouve les îlots (), qui appartiennent aux différentes familles wallisiennes. Parfois cultivés, ce sont surtout des endroits où l'on va pour se détendre et se reposer..
La vie quotidienne est ainsi orientée vers l'est et les habitants vont « vers l'arrière » () lorsqu'ils se rendent dans les plantations situées à l'ouest de l'île..
Organisation administrative
Wallis-et-Futuna forme depuis 2003 une collectivité d'outre-mer à part entière. L’État français y est représenté par un administrateur supérieur qui a le rang de préfet. Wallis abrite la circonscription d'Uvea (qui assure des services similaires à ceux remplis en métropole par les communes, plus des responsabilités coutumières)., et Futuna abrite une délégation du préfet..
Royaumes coutumiers Wallis-et-Futuna est découpé en trois royaumes coutumiers : Uvea, qui correspond à l'île de Wallis, et à Futuna les royaumes d'Alo et de Sigave. Les souverains, choisis parmi les familles nobles, sont reconnus par l’État français et ont autorité sur le foncier, les affaires coutumières, la gestion des ressources, et plus généralement le maintien de l'organisation sociale et le respect de la coutume (les valeurs fondamentales de la société, les dons et cérémonies associées, et la chefferie chargée de faire respecter ces traditions).. Les rois sont assistés de ministres coutumiers (six à Wallis), qui portent des titres précis selon leur rang et leur fonction ; cela forme la .
Districts alt=Carte administrative de l'île de Wallis montrant le district de Hahake en surbrillance au centre.|vignette|Wallis est divisée en trois districts: Hihifo (nord), Hahake (centre), Mu'a (sud). Wallis compte trois districts : Hihifo au nord, Hahake au centre, Mu'a au sud. Hihifo signifie « ouest » ou « descente », Hahake signifie « est, orient, montée » et Mu'a se traduit par « le premier, marcher en tête, en avant ». Pour Worlizcek, cette dénomination vient en partie du mouvement du soleil : .. Ainsi, dans la vision wallisienne, le sud est en avant. Cette perception de l'espace est l'héritage de la conquête de l'île par les Tongiens, qui ont fortifié le sud de l'île (Mu'a) pour résister au nord (Hihifo), demeuré indépendant.. D'autre part, Worliczek fait remarquer que le nom des trois districts fait écho à la situation aux Tonga : Mu'a, la demeure du Tu'i Tonga, se trouvait à Hahake (à l'est de Tongatapu) tandis que le district de Hihifo était son adversaire.
Les districts ont été fixés à la fin du par les autorités françaises dans le cadre du protectorat de Wallis-et-Futuna, en , qui fait l'intermédiaire entre le territoire et le village. Chaque district est dirigé par un chef, , nommé par le roi.. Il est doté de pouvoirs de police et de justice.
Villages vignette|Route d'entrée dans le village de Falaleu à Wallis (2017). Wallis-et-Futuna ne comportent pas de communes, mais sont constituées de villages : 21 à Wallis, 9 à Alo et 6 à Sigave. Ils sont dirigés par des chefs de village (), chargés de gérer la vie quotidienne. Ils sont .
Transports
Voitures
La première voiture arrive à Wallis en 1928 ; jusqu'aux années 1970, les véhicules à moteur sont rares et réservés aux notables : évêque et prêtres de la mission, sénateur, préfet.. La majorité de la population se déplace à pied ou à cheval, animal utilisé pour se déplacer dans les plantations et transporter des charges. Le cheval, apporté par les missionnaires maristes en 1844, reste pendant plus d'un siècle le moyen de locomotion le plus utilisé, avant d'être remplacé par les véhicules à moteur. La première route est construite par l'armée américaine en 1942 et traverse l'intérieur de Wallis. ; après le passage au statut de territoire d'outre-mer, l’État français investit dans le réseau routier : sont créées ou améliorées. D'abord en cailloux, les routes sont progressivement bitumées à partir des années 1980.. De 1985 à 1988 est construite la RT1, une route qui fait le tour de Futuna..
Dans les années 1980, les scooters de type vespa se généralisent. Ils permettent de transporter des charges (sac de coco ou de manioc…) ou des passagers et parcourent aisément les chemins étroits qui relient les villages.