Les Berkout, berkout ou berkut (en , « aigle royal ») sont des anciennes unités spéciales servant de police antiémeute au sein de la militsia ukrainienne, dépendant du ministère de l'Intérieur. Leurs membres sont également appelés berkouts.
Ces unités créées en 1992 et composées d'environ avaient succédé aux OMON soviétiques. Du fait de leur forte visibilité , d'autres unités spéciales de maintien de l'ordre sont parfois improprement appelées « berkout ».
Histoire vignette|Une ligne de berkouts en tenue antiémeute devant le bâtiment du lors de l'Euromaidan, en 2013
L'Union soviétique organise en 1987 une « unité police pour mission spéciale », l'OMON. Les unités devant servir au sein de la république socialiste soviétique d'Ukraine sont créées le , soit plus d'un an après la création de l'entité étatique, et plus de trois mois après l'ordre spécifique de mise sur pied, le . Les premiers pelotons sont mis en place à Kyïv, Dniepropetrovsk, Odessa, Lviv et Donetsk, sur la base d'unités sélectionnées parmi les troupes internes soviétiques dépendant du Ministère de l'intérieur.
Après la chute de l'Union soviétique et l'indépendance de l'Ukraine, l'État décide de maintenir en place dans chaque capitale d'oblast une unité de police spéciale dépendant du Ministère de l'Intérieur. Le , le Ministère décrète la création d'une . Ses unités, les berkouts, prennent ainsi la succession des OMON et sont pleinement fonctionnelles début 1993.
Son nouveau nom, , signifie « Aigle royal (Aquila chrysaetos) » en ukrainien, animal qui se trouve sur l'écusson de cette unité. .
Le , le ministre de l'Intérieur par intérim Arsen Avakov signe le décret 144 qui dissout ces unités... En particulier, leur action violente contre la foule lors de la manifestation du , lors de laquelle ses hommes tirent à balles réelles et au fusil de précision devant les caméras du monde entier, a fortement contribué au discrédit de ces unités et conduit à leur dissolution par le gouvernement de transition ukrainien quelques jours plus tard. Toutefois, certaines sources évoquent une action des berkouts intervenant en riposte contre des snipers tirant eux-mêmes sur les manifestants, dont l'origine n'a pas été déterminée ; les berkouts déplorent des pertes lors de cette opération..
De plus, ce discrédit n'est pas unanime en Ukraine, puisque les unités des berkouts de retour en Crimée après le ont été reçues par les vivats de la foule. Le nouveau maire de Sébastopol Alekseï Tchaly, élu le , leur a d'ailleurs proposé le de constituer le cœur de la nouvelle force d'autodéfense de la Crimée insurgée contre le nouveau pouvoir de Kyïv.. Certaines sources affirment d'ailleurs que des anciens berkouts font partie des forces ayant pris le contrôle des points stratégiques dont le Conseil suprême de Crimée, au cours de la journée du ..
Missions Ayant d'abord servi à la lutte contre le grand banditisme, ils servent désormais de police antiémeute, pour le compte du Ministère de l'Intérieur ukrainien, plus particulièrement du département de la sécurité publique.
Malgré cette fonction de sécurité, les berkouts ont connu depuis longtemps des accusations d'agissements répressifs allant au-delà de ce cadre normal. Ces accusations incluent celles de racket organisé, ou de pressions faites sur les votants lors des élections législatives ukrainiennes de 2012 pour le compte des candidats du parti de Viktor Ianoukovytch, le Parti des régions. attestent également de la véracité des accusations d'enlèvement, séquestration, coups et blessures et même torture sur des manifestants, qu'il s'agisse des événements entourant Euromaïdan ou, dans une moindre proportion, lors de la révolution orange de 2004.
Après la dissolution des berkouts, le nouveau pouvoir en place souhaite mettre sur pied rapidement une unité remplaçant les berkouts dans leur rôle antiémeute. .
Organisation et équipement 290px|droite|vignette|Des berkouts en 2007. Les berkouts sont organisés en unités semi-autonomes, commandés soit au niveau local, soit au niveau régional (oblast, raïon, ville). Il existe une unité de berkout par oblast, et une unité dans chaque grande ville du pays.
. De plus, le Conseil des ministres une résolution approuvant l'augmentation des effectifs des berkouts, passant de à , et leur allouant des moyens financiers supplémentaires afin d'améliorer leur approvisionnement en munitions. Le salaire moyen des berkouts représente entre 150 et 200 % du salaire moyen des officiers de police ukrainienne.
L'équipement de base des berkout inclut des fusils d'assaut AKM, des mitrailleuses PK, les fusils de précision SVD, des véhicules tout-terrain UAZ-469 et des transports de troupes BTR-70. Quelques unités sont également dotées du canon sans recul SPG-9 et du lance-roquettes RPG-7 en fonction des besoins.
Violences attribuées aux berkouts , expert de la politique ukrainienne, évoque dès 2012 le fait que le régime de Viktor Ianoukovitch a de plus en plus utilisé les berkouts à des fins d'intimidation face aux manifestants hostiles au gouvernement et de pression lors des échéances électorales. En , Harrison Jacobs rapporte pour le Business Insider que . Le ministre de l'Intérieur par intérim, Avakov, indique après la dissolution des berkout que de Maïdan.
Aux derniers jours de son existence, le site internet des berkouts dénonce des meneurs des manifestants d'Euromaïdan, arborant une image montrant la superposition d'une étoile de David et d'une swastika.
Liste de violences attribuées aux berkouts 23- : à Soudak, assaut lancé contre les Tatars de Crimée ; . Également disponible en ukrainien.. , « mardi noir » : à Kiev, heurts lors de l'enterrement du patriarche de l'Église orthodoxe d'Ukraine Volodymyr. , fête nationale : à Luhansk, dispersion violente d'une manifestation pacifique de mineurs de charbon, protestant contre le fait qu'ils n'avaient pas été payés depuis deux ans et demi. Novembre 2000 / , L'Ukraine sans Koutchma : pendant ce mouvement de contestation, protection avec usage de la force du gouvernement de Leonid Koutchma : à Kiev, attaque de membres de la Rada près de l'hôtel de ville. / : le , les berkouts kieviotes dispersent violemment les manifestants présents sur la place Maïdan. Depuis cette date, ces unités sont présentes continuellement lors des démarches entreprises pour réprimer le mouvement de contestation. : Alexandra Haylak, membre du service de santé d'Euromaïdan âgée de 22 ans, enlevée, dépouillée de tout signe d'identification et abandonnée dans les bois près de Vychhorod : Andriy Parubiy, cofondateur en 1991 du parti d'extrême droite « Parti Social-Nationaliste d'Ukraine » (par la suite renommé Svoboda) et membre de l'opposition au parlement ukrainien, rapporte que les berkouts modifient certaines de leurs grenades assourdissantes pour en faire des grenades offensives, en les entourant de clous ou autres éléments métalliques devant agir comme des shrapnels, et les utilisent contre les manifestants. Parubiy en montre quelques exemples à la presse. : Le New York Times rapporte que
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Voir aussi Bataillon Vostok
Notes et références
Catégorie:Forces spéciales Catégorie:Défense et sécurité en Ukraine Catégorie:Unité ou formation militaire créée en 1992 Catégorie:Unité ou formation militaire dissoute en 2014