Le Pays basque français ou Pays basque nord () est la partie du Pays basque située sur le territoire français. Il constitue la fraction nord du Pays basque, avec les trois provinces historiques basques du Labourd, de la Soule et de la Basse-Navarre. C'est aussi la partie occidentale du département des Pyrénées-Atlantiques.

La langue basque y est parlée par une minorité plus ou moins importante suivant les provinces, plus forte en montagne. Si, en 1806, la population était bascophone à 84 %, en 2016 elle était de 29,8 %, composée de 20,5 % de bilingues et 9,3 % de bilingues passifs VI. Inkesta Soziolinguistikoaren arabera, 2016n Iparraldean 16 urte edo gehiagoko biztanleetatik 51.200 euskaldunak dira, 23.300 elebidun hartzaileak eta 174.900 erdaldun elebakarrak.. En 2010, le pourcentage de bascophones par commune variait de 7,19 % à Bayonne à 85,04 % à Lacarre.

Le Pays basque français a une superficie de , représentant environ 15 % du Pays basque, pour une population d'environ dont 43 % sont nés hors du territoire. C'est une région à la fois très montagneuse et océane.

Présentation Le Pays basque nord est la somme de trois provinces basques sur sept, situées en France : le Labourd, appelé Lapurdi en basque ; la Basse-Navarre, appelée Behe-Nafarroa en basque ; la Soule, appelée Zuberoa en basque.

Dénominations vignette|Le Pays basque français ou Pays basque nord en vert foncé dans les Pyrénées-Atlantiques. Les dénominations Pays basque français et Pays basque de France, qui font référence à la possession de ce territoire par la France, mettent l'accent sur l'identité nationale-étatiqueLa frontière des origines à nos jours par Maïté Lafourcade, Presses universitaires de Bordeaux, 1998, p. 10.. Elles s'opposent à Pays basque espagnol.

Les dénominations Pays basque nord, Pays basque septentrional ou Iparralde (« côté nord » en basque)., qui prennent en compte l'environnement ethno-culturel et la géographie, indiquent que ce territoire se situe au nord des Pyrénées ou de l’Euskal Herria (« Pays basque » en basque). Elles s'opposent à Pays basque sud, Pays basque méridional ou Hegoalde (« côté sud » en basque)...Eguzki Urteaga, Le mouvement antimilitariste basque contemporain du Pays Basque Nord, Sociologie, 1996 - 256 p..

vignette|La langue basque dans les Pyrénées Atlantiques Géographie Le Pays basque français a une superficie de et est délimité, au nord par le département des Landes, à l'ouest par le golfe de Gascogne, au sud par la Bidassoa et les Pyrénées, qui le séparent du Pays basque espagnol, et à l'est par le Béarn, qui constitue la partie orientale du département.

Composition

La population totale (2014) est de pour une superficie de . La densité de population est donc d'environ , correspondant à la moyenne nationale totale (outre-mer compris), ce qui implique une forte densité sur la côte car elle est faible en montagne ; tandis que la densité de population en France métropolitaine est de environ (2019).

L'influence des gens arrivant de l'extérieur est importante et surtout sur la zone côtière. En 2016, les personnes nées hors Pays basque représentent 43 % de la population et ils représentent 57 % des non-bascophones nés hors Pays basque.

Communes

Démographie Les recensements de population sont organisés en France depuis 1801, en principe tous les cinq ans.

Cependant, jusqu'en 2017 et la création de la communauté d'agglomération du Pays Basque il n'y a pas eu, de la part des autorités françaises, de statistiques officielles relatives à la population du Pays Basque français.

Ainsi, jusqu'en 1926, la population du Pays Basque se trouvant répartie entre l'arrondissement de Bayonne et l'arrondissement de Mauléon, l'addition des deux populations donne une indication relative à l'ensemble du Pays Basque.

En 1857 l'arrondissement de Bayonne est agrandi de Saint-Esprit et du Boucau, détachés des Landes et désormais comptés comme "basques".

À partir de 1926 la population se trouve partagée entre l'arrondissement de Bayonne et celui d'Oloron. Il faut alors additionner la population de l'arrondissement de Bayonne avec celles des cantons souletins de Mauléon et de Tardets.

Mais à la suite du redécoupage cantonal de 2014 en France, pour obtenir le total basque, il faut additionner la population des 12 nouveaux cantons basques.

Enfin, avec la création en 2017 de la communauté d'agglomération du Pays Basque, la population basque est prise en compte de manière officielle.

Recensement Arrondissement de Bayonne(agrandi en 1926) Arrondissement de Mauléon(1800-1926)Mauléon et Tardets(1926-2014) TotalPays Basque 1801 67.947 58.546 126.493 1806Somme des populations au recensement de 1806 des Pyrénées-Atlantiques (moins les des communes bascophones indiqués par Coquebert de Montbret). Voir base de données Cassini : ? ? ? 1811 71.568 63.570 135.138 1818variation 69.498 65.377 134.875 1821 70.126 67.425 137.551 1826 73.018 70.175 143.193 1831 78.411 72.884 151.295 1836 84.519 75.704 160.223 1841 87.349 75.701 163.050 1846 89.912 76.187 166.099 1851 88.185 74.180 162.365 1856 86.996 69.071 156.067 1861 95.237 66.933 162.170 1866 97.184 65.116 162.300 1872 98.375 62.309 160.684 1876 102.039 62.347 164.386 1881 104.899 62.418 167.317 1886 107.337 60.843 168.180 1891 107.164 59.192 166.356 1896 109.556 59.065 168.621 1901 114.082 59.269 173.351 1906 114.724 59.791 174.515 1911 122.512 60.490 183.002 1916non effectué x x x 1921 120.798 55.157 175.955 1926 ? Cantons souletins? ? 1931 178.335 Cantons souletins? ? 1936 171.473 Cantons souletins18.897 190.370 1941non effectué x x x 1946 ? Cantons souletins? ? 1954 ? Cantons souletins? ? 1962À partir de 1962, voir les articles Arrondissement de Bayonne, canton de Mauléon-Licharre et canton de Tardets-Sorholus. 186.743 Cantons souletins17.682 204.425 1968 201.409 Cantons souletins16.690 218.099 1975 211.568 Cantons souletins16.247 227.815 1982 221085 Cantons souletins15.404 236.489 1990 235.274 Cantons souletins14.367 249.641 1999 248.840 Cantons souletins13.471 262.311 2006 266.312 Cantons souletins13.184 279.496 2011 278.673 Cantons souletins13.018 291.691 2017 Communauté basque309.723 2021 Communauté basque321.963

Population bascophone 300px|droite|vignette|Signalisation bilingue au Pays basque français vignette|Panneau routier bilingue situé à Ezpeleta (Espelette). Le panneau indique le nom de la commune en français (Espelette) et en basque (Ezpeleta). En 1806, à l'occasion du recensement de la population, le bureau de la statistique du ministère de l'Intérieur conduisit, sous la direction de Charles Coquebert de Montbret, une enquête linguistique dans toutes les communes de l'Empire français. Coquebert de Montbret en donna les résultats après la chute de l'Empire dans les frontières de la France de 1815, dans un Essai d'un travail sur la géographie de la langue française..

L'enquête linguistique, qui additionna la population des communes suivant la langue maternelle des habitants, trouva que le basque était parlé dans les communes de l'ouest du département des Pyrénées-Atlantiques par sur environ (soit environ 84 % de la population du Pays Basque, Bayonne comprise).

En 2016, l'enquête sociolinguistique du Pays basque a recensé bascophones de et plus au Pays basque français, soit 20,5 % de la population auquel s'ajoute 9,3 % de bilingues passifs soit .

Histoire Les trois provinces historiques trouvent leur origine dans des territoires géographiques. Au cours de l'histoire, elles seront intégrées ou associées au royaume de France : dépendant initialement du royaume de Navarre, duquel Bayonne fut le port maritime, puis du duc d'Aquitaine, également roi d'Angleterre, le Labourd devient possession du domaine royal en 1450. Avec pour capitale Bayonne (Lapurdum en latin), il correspond grosso modo à la zone d'influence des ports de la façade maritime du Pays basque français et en particulier, celle du port commercial de Bayonne ; en 1449, la Soule passe des mains de la couronne anglaise à la vicomté du Béarn qui est rattachée au royaume de France par l'édit d'. La Soule correspond à la vallée de l'affluent Uhaitza (de « ur gaitza » signifiant « eau sauvage »), appelé Saison en français. la Basse-Navarre a une longue histoire commune avec la Navarre du Sud, jusqu'en 1521, lors de la prise de la Navarre par les Castillans. La Basse-Navarre est associée au royaume de France, en même temps que la vicomté du Béarn, par la Maison d'Albret. en 1589, Henri III de Navarre devient Henri IV, « roi de France et de Navarre ». Géographiquement, la Basse-Navarre est intégrée à la grande voie de communication, de l'ouest des Pyrénées correspondant à la zone d'influence de la voie Saint-Palais (Donapaleu) - Saint-Jean-Pied-de-Port (Donibane Garazi) qui se poursuit au sud, via Roncevaux-Orreaga et Pampelune-Iruña.

De même que les territoires historiques du Pays basque espagnol que sont l'Alava, la Biscaye, le Guipuscoa et la Navarre, les territoires historiques du Pays basque français disposent de fors « régionaux » qui collectent les lois locales et représentent l'autonomie de ces territoires par rapport aux royaumes. Par exemple, dans le for de Basse-Navarre, le viol d'une maîtresse de maison était considéré comme un crime punissable de mort. Ces fors sont abolis dans la nuit du 4 août 1789, en pleine effervescence révolutionnaire, de façon totalement arbitraire. Ces assemblées régionales, composées des délégués de chaque commune excluaient ou limitaient le pouvoir des privilégiés de l'époque, à savoir, la noblesse, la bourgeoisie naissante et le clergé. Le Biltzar du Labourd, le plus puissant des trois entités était celui qui avait réussi le mieux, à résister aux pressions de ces privilégiés .

Lors de la division de la France en départements, en 1789, des propositions de créer un département basque, notamment par Dominique Garat, restent sans suite et le , les trois provinces sont regroupées avec le Béarn, les terres gasconnes de Bayonne et de Bidache et le Soubestre pour former le département des Basses-Pyrénées.

Seconde Guerre mondiale

Économie Le Pays basque français possède une forte tradition agricole et, actuellement l'agriculture tient encore une part importante de l'économie de l'intérieur. Cette dynamique agricole, favorisée par le droit coutumier de l'installation d'un héritier à la ferme, est due à une capacité de développement de filières de qualité comme le fromage de brebis, le vin, le porc Kintoa ou le piment d'Espelette. Toutefois, elle demeure très dépendante de la filière du fromage de brebis ou Ardi-Gasna. Ces dernières années, les filières de circuit court avec des produits de consommation courante sont en pleine expansion. Néanmoins, son économie est avant tout de type touristique et résidentiel, avec ce que cela suppose d'emplois précaires et de difficultés humaines dans une zone à forte tension immobilière. Une dynamique d'entreprises a été toutefois promue par la Chambre de commerce et d'industrie Bayonne-Pays Basque, avec la technopole Izarbel et l'école d'ingénieurs ESTIA, au centre d'un réseau d'entreprises, mais aussi, grâce à des démarches de territoire rural, comme en Soule, ou urbaine sur la zone de Saint-Jean-de-Luz - Hendaye. Le réseau Hemen-Herrikoa (société de capital-risque solidaire), inspiré de l'expérience coopérativiste MCC (Mondragon Corporación Cooperativa) du Pays Basque sud à la fin des années 70, a également favorisé la création et le développement d'entreprises et de coopératives performantes en Pays Basque nord, qui est devenu le premier territoire coopérativiste d'Aquitaine.

Nationalisme basque ou abertzalisme