Armand-François-Marie Cillart, dit « comte de Surville », né le à Seglien (Morbihan) et mort le à Jersey, était un officier de marine français et le seigneur de Surville et de Kerguezennec.
Il se fait connaître en 1779, au cours de la bataille de la Martinique, sous le commandement de La Motte-Picquet. Trois vaisseaux français font face à 13 anglais, capture 10 navires anglais, et permettent à 16 navires marchands de s'échapper.
Il termine sa carrière avec le grade de chef d'escadre des armées navales.
Biographie Origines familiales Originaire de Bretagne, la maison de Cillart est une famille noble d'ancienne extractionD'ancienne extraction car, comme il est prouvé par l'histoire de Bretagne, sa noblesse est antérieure aux plus anciennes réformations connues, même à celle entreprise en 1347 par le duc de Bretagne Jean V., de sangNoble de sang, car les anoblis et par suite leurs descendants à la troisième génération jouissaient d'une noblesse qui avait été concédée, tandis que les gentilshommes possèdent une noblesse que les rois eux-mêmes, libres d'ailleurs de faire les grands seigneurs, ne peuvent accorder et qu'ils s'honoraient de porter, dont on ne peut indiquer la source et qui est inhérente au sang transmis par les aïeux., de nomNoble de nom, car la réformation de 1669 imprimée par le Père Toussaint Conen de Saint-Luc et qui consacre les réformations précédentes porte Cillart seigneur dudit lieu c'est-à-dire de Cillart. Est-ce la terre qui a donné le nom à la famille ou la famille à la terre. On sait qu'en 1446 dans la paroisse d'Amanlis et l'évêché de Rennes où vivait alors Philippe Cillart se trouvait un fief nommé la Cillartière., d'armesNoble d'armes, car la famille de Cillart porte pour armes de gueules au greslier d'argent. Le greslier instrument qui rendait un son grêle n'est autre chose que l'olifant ou le cor chevaleresque., d'étatsNoble d'états car cette famille figura toujours selon son droit dans l'assemblée de la noblesse aux États de Bretagne, droit maintenu par chaque famille noble dans la province et qu'enlevait à ses descendants pour trois générations tout gentilhomme qui se mésalliait. et d'épéeNoble d'épée, car ce droit s'est maintenu depuis 1384 où Jean Cillart se montre dans l'histoire de Bretagne comme l'écuyer bien-aimé de Louis d'Anjou, roi de Sicile, lequel reconnaît en avoir été puissamment secondé dans son expédition de Sicile. Jusqu'aux rejetons contemporains de la branche de Villeneuve dont trois membres sont tués en 1791 lors de l'expédition de Quiberon, jusqu'au comte Cillart de Suville, qui meurt chef d'escadre et cordon rouge en 1801, avec une des grandes renommées de mer de son temps ; et dans celle de Kermainguy dont plusieurs membres ont servi dans l'armée comme officiers.. Il est le fils de Marc-Antoine Cillart, seigneur de SurvilleTitre de courtoisie. (né en 1681), capitaine de dragons, et de sa femme Marie Jeanne Marguerite Gertrude de Bizien du Lezard.
Son frère, Jean-Marie de Villeneuve Cillart, est capitaine de la frégate la Surveillante. En 1781, il prend part au corps expéditionnaire français en Amérique du Nord, nommé l'Expédition particulière. Lors de la guerre d'indépendance des États-Unis, il participe à la bataille du cap Henry et au siège de Yorktown. Il meurt en exil dans les Îles Anglo-Normandes après la bataille de Quiberon en 1801.
Son autre frère, le chevalier de Cillart, fait les campagnes des Indes sous les ordres du bailli de Suffren, capitaine de vaisseau le . Il est cassé le et renvoyé en France, suite au combat de Négapatam.
Carrière dans la Marine du roi Cillart de Surville est fait enseigne de vaisseau le Gazette de France, .. Il sert pendant la guerre de Sept Ans et commande le vaisseau (74 canons), de l'escadre du comte d'Aché, lors des combats de Gondelour () et de Négapatam ( 1758). Ces combats opposent une escadre française composée de vaisseaux du roi et de la Compagnie française des Indes orientales, à une escadre britannique, conduite par l'amiral Pocock. Il est cité parmi les blessésGazette de France, ..
Cillart de Surville reçoit une commission de lieutenant de vaisseau le . En 1762, il prend part à l'expédition emmenée par le chevalier de Ternay et , destinée à prendre Terre-Neuve aux Britanniques. Il est nommé à cette occasion capitaine de la frégate La Licorne (30 canons). Au cours de cette expédition, il contribue à la prise d'un corsaire anglais sur les parages de Terre-Neuve. Ces trois officiers abordent l'ennemi chacun sur un canot et sautent dans le navire avant que l'équipage n'ait eu le temps de tirer .
La paix revenue, il commande la frégate , (frégate célèbre pour son combat contre le HMS Arethusa en 1778 commandée alors par Jean-Isaac Chadeau de la Clocheterie, combat qui marque le début de l'entrée en guerre de la France dans la guerre d'indépendance des États-Unis). Cillard de Surville s'illustre à nouveau pendant ce conflit.
Le , il commande le vaisseau (64 canons) au combat d'Ouessant, au sein du corps de bataille conduit par le lieutenant général, le comte d'Orvilliers. L'été suivant, il combat dans les Indes occidentales. Le , à la bataille de la Grenade, il commande à nouveau le Réfléchi, au sein de la flotte du comte d'Estaing. Le , il est au combat de la Martinique, cette fois sous les ordres de La Motte-Picquet. de La Motte-Picquet, assisté du Réfléchi et du Vengeur commandé par le chevalier de Retz, repoussent les 13 vaisseaux britanniques de l'amiral Parker devant Fort-Royal.
Le , il quitte Brest sous les ordres de l'amiral Charles-Henri-Louis d'Arsac de Ternay (1723-1780) ; il commande la frégate la Surveillante qui escorte un transport de troupes du comte de Rochambeau vers le Nouveau Monde ; ces troupes doivent aider les Américains dans leur lutte contre les AnglaisLa Monneraye, , .. Le convoi d'une trentaine de transports ne connaît pas sa destination. Le temps est assez beau. L'amiral de Ternay choisit la route du Sud, moins risquée. Le , les officiers apprennent leur destination.
Au cours du voyage, ils évitent les combats : leur vraie mission est le transport des renforts aux Américains dans la guerre d'indépendance des États-Unis. Après 69 jours, ils arrivent au large de Rhode Island, à Boston le . L'amiral Ternay meurt du typhus en décembre ; Charles Sochet des Touches (1727-1793) prend le commandement, en attendant l'arrivée de Barras de Saint-Laurent en Monaque, , ..
En , Cillard commande la frégate La Bellone au large du cap de Bonne-Espérance, escortant les transports Necker et Sévère. L'escadron a rencontré le de 50 canons qui a capturé les transports pour les amener à Sainte-Hélène ; la Bellone faisait voile vers l'Isle de France pour renforcer l'escadre française sous le commandement du contre-amiral Thomas d'Estienne d'Orves (1727-1782). Le , Estienne d'Orves meurt ; Suffren donne le commandement de la Bellone à Jean André de Pas de Beaulieu (1750-1783)Cunat, , .
Le , il commande l' (74 canons) à la bataille du cap Spartel au sein de la flotte franco-espagnole ; elle affronte une flotte britannique placée sous les ordres de l'amiral Howe. Il reçoit ses « provisions » de chef d'escadre des armées navales lors de la promotion de 1786.
Il est chef d'escadre quand survient la Révolution française de 1789.
Émigration à la Révolution Il semble avoir pris part aux mouvements contre-révolutionnaires, probablement avec son parent, le marquis de la Boëssière. En l'an XI, l'administration préfectorale recevait une dénonciation : un officier de marine nommé Cillart serait un des chefs de la correspondance de l'ancienne chouannerie, qui se retirait tantôt à Étables, tantôt à Saint QuasArchives des Côtes du Nord..
Il émigre à Jersey. Le , il est élevé à la dignité de commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis,
Il meurt à Jersey le .
Mariage et descendance Le , Armand-François-Marie Cillart épouse Anne Marie de Parcevaux. Elle est la fille de Claude de Parcevaux, et de Marguerite de Kergoët de Tronjoly. De cette union, naissent deux garçons et quatre filles.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . . Georges Lacour-Gayet, La marine militaire de la France sous le règne de Louis XVI, Paris, Champion Honoré, 1910. Pierre Bruno Jean de La Monneraye, Souvenirs de 1760 à 1791, Librairie Droz, 1998, . Onésime-Joachim Troude, Batailles navales de la France, t.2, Challamel aîné, 1867. Charles Cunat, Histoire du bailli de Suffren, Rennes, A. Marteville et Lefas, 1852,
Articles connexes Histoire de la marine française sous Louis XV et Louis XVI
Catégorie:Amiral français du XVIIIe siècle Catégorie:Commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis Catégorie:Naissance en février 1730 Catégorie:Décès en juin 1801 Catégorie:Décès à Jersey Catégorie:Décès à 71 ans