La terribile e spaventosa storia del Principe di Venosa e della bella Maria (en français, La terrible et effrayante histoire du Prince de Venosa et de la belle Maria) est un opéra postmoderne, composé par Salvatore Sciarrino en 1999 pour l'opéra de marionnettes sicilien.
Par son sujet, l'œuvre se réfère au grand compositeur (par ailleurs assassin) Carlo Gesualdo, et à sa légende noire, comme il reprend de nombreux éléments de sa musique (profane mais aussi religieuse) dans son matériau musical.
Histoire Les personnages mentionnés dans le titre de l'opéra sont ceux de Carlo Gesualdo, prince de Venosa, compositeur de madrigaux et de motets à l'écriture hors-normes, mais aussi assassin de son épouse adultère, Maria d'Avalos, dont la beauté était reconnue par les chroniqueurs de la fin du . L'évènement « terrible et effrayant » correspond au double meurtre perpétré par Gesualdo, dans la nuit du 16 au , dans son palais de Naples, sur les personnes de la belle Maria et de son amant, Fabrizio Carafa, duc d'AndriaCatherine Deutsch, Carlo Gesualdo, ..
Selon Catherine Deutsch, . Denis Morrier voit dans cette le crime du siècleDenis Morrier, Carlo Gesualdo, ., qui établit définitivement la réputation du prince compositeur par qui entoura son gesteDenis Morrier, , ..
L'issue tragique de ses noces contribua à la postérité de Gesualdo, devenu le de l'histoire de la musique, .
Instrumentation L'opéra est composé pour voix de femme (non spécifiée), quatuor de saxophones et percussions.
Glenn Watkins fait observer que les saxophones ne jouent guère qu'en techniques de jeu étendues, notamment par l'emploi quasi permanent du slapGlenn Watkins, The Gesualdo Hex, ., et une gamme de nuances allant jusqu'au .
Airs Exemple caractéristique de l'esthétique postmoderne en musique classique, le matériau musical de l'opéra est presque entièrement basé sur des madrigaux ou des pièces composées par Gesualdo. Ainsi, le prélude, confié aux saxophones, reprend le madrigal du cinquième livre (publié en 1611), .
Sciarrino emploie également le quatuor pour une version recomposée d'une danse, la (« Gaillarde du Prince de Venosa »), rare exemple de la musique instrumentale de Carlo Gesualdo composée à quatre voix (quatre parties instrumentales), ici sous le titre (« image obsédante »).
La voix (a priori, de soprano) intervient pour une (« Chanson secrète »), et l'opéra s'achève sur une chanson , où il est clairement fait allusion à l'œuvre picturale Il Perdono di Gesualdo (« Le Pardon de Gesualdo »), et à sa composition entre le Ciel et l'EnferGlenn Watkins, , . :
Gesualdo a Venosa Oggi è stato perdonato. Non sappiamo s'è all'Inferno Se la musica basto Per andare in Paradiso. Tisu ! Tisu ! Poveri angeli, Che musica strana !
Gesualdo de Venosa A été pardonné aujourd'hui. Nous ne savons pas s'il est en Enfer Ou si la musique a suffi Pour le mener en Paradis. Tsk ! Tsk ! Pauvres anges, Quelle musique étrange !
Récompense La fondation Carlo Gesualdo a attribué son premier « premier prix » () à Salvatore Sciarrino pour cet opéra, en 2004, selon Glenn Watkins.
Bibliographie , , . Discographie L'opéra a été enregistré pour le label Harmonia Mundi (Zig-Zag Territoires, 040802)Glenn Watkins, , .
Références
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