Le massacre de la route côtière est un massacre planifié par Abou Jihad et perpétré, le , par treize terroristes pro-palestiniens composant un commando-suicide de fedayin du groupe Fatah de l'OLP, sur la route côtière reliant Haïfa à Tel Aviv en Israël, durant lequel 38 civils dont 13 enfants sont tués et 71 personnes sont blessées, principalement dans un bus.

Neuf des onze auteurs assaillants arabes meurent durant l'attaque. Trois jours plus tard, Israël lance en représailles l'Opération Litani visant l'OLP dans le sud du Liban.

Auteurs, cible et but initiaux Le plan initial de l'entreprise était de débarquer sur une plage de Tel Aviv, de s'emparer d'un hôtel de luxe de la ville, d'y prendre en otages des touristes et des ambassadeurs étrangers afin de les échanger contre des prisonniers palestiniens détenus par Israël.

Selon un commandant du Fatah qui avait aidé à planifier cette attaque, l'enjeu était de faire échouer les pourparlers de paix israélo-égyptiens entre Menahem Begin, le Premier ministre israélien en 1978, et Anouar el-Sadate, le Président égyptien, et de nuire au tourisme en Israël.

Toutefois, en raison d'une erreur de navigation, les assaillants se retrouvent à débarquer à au nord de leur cible et sont contraints de trouver un transport vers leur destination initiale.

Les ordres qu'ils avaient reçus étaient de tuer jusqu'à ce qu'ils soient eux-mêmes tués sauf si Israël accédait à leurs exigences, comme l'indiquait un prospectus en leur possession, alors qu'un fedayin rescapé du massacre, Abou AsbaSon avocate est l'Israélienne Leah Tsemel., soutient que son mentor Abou Jihad (Khalil al-Wazir) leur aurait appris de ne pas faire de mal aux otages.

Acteurs entraînés Le commando est composé de deux unités pour deux convois constitués de 13 ressortissants palestiniens, yéménites, libanais ou koweitiens ayant rejoint le Liban pour y être formés à l'école du terrorisme du Fatah, la branche armée relevant de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP)L'OLP revendiquera la responsabilité de l'attaque perpétrée par ses membres dont Dalal Mughrabi. , sous la houlette du maître en la matière, Abou Jihad, qui leur passe des films sur la ville de Tel Aviv et les entraîne à la prise d'otages.

Selon Abou Asba, les 13 jeunes fedayin ont été choisis par les responsables du Fatah qui ne leur ont pas indiqué les enjeux spécifiques de la prise d'otages à venir. Toujours selon ses dires, le commandant du commando aurait été Abu Hiza'a (Mahmoud Abu Naif) et non pas la seule femme du groupe, la Palestinienne libanaise du camp de Sabra à Beyrout, Dalal MughrabiSelon Abu Absa, l'un des terroristes palestiniens survivants, Mughrabi était la seule femme du groupe et elle n'en était pas le commandant. Lire en ligne, comme l'histoire le retient.

Déroulement

Départ du Liban Le , un groupe de 13 fedayin du Fatah du Liban lourdement armé, dirigé par Dalal al-Mughrabi (Mahmoud Abu Naif), part des rives libanaises sur deux canots pneumatiques Zodiac pour atteindre celles de Tel Aviv en Israël. Sur mer, mauvaise, les embarcations perdent leur chemin et ce faisant, deux fedayin du groupe se noient.

Abordage en Israël Le samedi et après plusieurs tentatives, les 11 fedayin restants débarquent sur la plage du kibboutz situé à 70 kilomètres au nord de Tel Aviv, entre les villes d'Haïfa et Hadera, sans savoir s'ils ont vraiment atteint Tel Aviv. Ils le sauront après avoir pique-niqué, quand ils rencontrent une photographe américaine spécialisée dans la faune et la flore bibliques, Diplômée de l'école Dalton et l'université Finch College, fille unique de ses parents américains, Gail Rubin était aussi la nièce du sénateur américain Abraham A. Ribicoff. Elle avait déménagé pour Israël en 1971 et pensait retourner aux Etats-Unis cette même année où elle a été tuée. Lire en ligne sur le New York Times, qu'ils tuent d'une balle dans la tête près de la plage après l'avoir interrogée. Le fedayin Abou Asba indique que Dalal Mughrabi l'a exécutée en ignorant qu'elle n'était pas israélienne.

Sur la route côtière Le groupe devenu terroriste continue d'avancer vers la route côtière à quatre voies et tire sur les voitures qui passent. Ils hèlent alors un taxi blanc de marque Mercedes et abattent ses passagers.

Premier bus en otage A 16H30, ils s'arrêtent et s'emparent d'un bus transportant des employés de la compagnie Egged et leur famille, revenant d'une excursion culturelle et roulant sur la route côtière puis ils l'obligent à faire demi-tour en direction du Sud pour aller sur Tel Aviv. Poursuivant leur mortelle randonnée, les activistes du Fatah tirent et jettent des grenades à travers les fenêtres sur les voitures qui passent le long du trajet. Ils tirent aussi sur les passagers du bus et expulsent au moins le corps de l'un d'entre eux hors du bus.

Deuxième bus en otage À un moment donné, ils réquisitionnent et prennent en otage le bus n° 901 qui fait la liaison de Tel-Aviv à Haïfa, et forcent les passagers du premier bus à monter à bord du second.

Le bus arrêté, l'un des terroristes en sort et tire directement sur une voiture qui passe, tuant l'adolescent Omri Tel-Oren, clarinettiste dans l'orchestre des Jeunes musiciens de Jérusalem, et blessant son père Henoc, flûtiste renommé. La mère d'Omri, Sharon Tel-Oren, elle-même musicienne, témoigne : « ...Nous étions dans notre break, conduisant le long de la route côtière, nous avons vu quelque chose étrange devant - un bus mais il semblait être arrêté puis nous avons vu quelqu'un couché sur la route. Il y avait du verre brisé partout, des cris d'enfants. Puis nous avons entendu les coups de feu. Omri était endormi sur le siège arrière. La balle a traversé le siège avant et a frappé sa tête, le tuant instantanément. Mon mari a été touché au bras et a perdu la mobilité de ses doigts ».

Face à la police et au contre-terrorisme Peu après, la police israélienne est alertée de l'attaque et ses voitures commencent à poursuivre le bus en fuite. Bien que les militants continuent de tirer sur les voitures de police, les policiers se gardent de riposter, craignant de toucher les civils à l'intérieur du busBlack, Ian (1992), Israel's Secret Wars: A History of Israel's Intelligence Services. Un barrage routier est rapidement mis en place par la police mais les terroristes passent au travers et poursuivent leur course folle. Selon Khaled Abu Asba, l'un des deux attaquants survivants, la police aurait disposé plusieurs barrages routiers sur leur route et il y aurait eu échanges de feu à chaque intersection.

En raison de la vitesse du véhicule et de la tenue du barrage par des patrouilleurs ordinaires et autres agents de la circulation légèrement armés mais non formés pour faire face à une prise d'otages, l'escadron de contre-terrorisme israélien (parmi lequel figure le futur Premier ministre Ehud Barak) est incapable dans un premier temps d'immobiliser le bus sur le champ pour affronter des terroristes. C'est au barrage de la jonction Guiloth près Ramat Ha-Sharon (entre Herzliya et Tel Aviv) que le bus est finalement arrêté grâce à des clous déposés sur la route, qui crèvent ses pneus.

Une fusillade éclate où la police brise les fenêtres du bus et crie aux passagers de les traverser et sauter pour s'en échapper. L'un des terroristes tire alors sur les passagers qui tentent de s'en extraire. En contradiction avec les autres témoignages, le terroriste rescapé, Abou Asba, soutient que son groupe n'aurait pas tiré sur les otages et que toutes les victimes du bus, tuées ou blessées, seraient l’œuvre de la police israélienne. vignette|Médaille du courage en Israël Selon la police israélienne, , chef de l'unité de contre-terrorisme de la police israélienne, est arrivé sur les lieux avant son escadron et a pris le bus d'assaut, tuant deux terroristes. Durant la bataille, Hefetz est touché à l'épaule et il lui a ensuite été décerné la Médaille du courage de la police israélienne.

L'affrontement atteint son apogée quand le bus explose et prend feu, le samedi soir. L'explosion pourrait avoir été déclenchée par le réservoir du carburant brûlant touché par une balle ou par une grenade lancée par Mughrabi. Les Palestiniens affirment que les Israéliens auraient détruit le bus avec le feu d'hélicoptères de combatWillenson, Kim, Milan J. Kubic et William E. Schmidt, "Slaughter en Israël", Newsweek, 20 mars 1978.

Le corps de Mughrabi est traîné hors du tarmac et Barak tire à plusieurs reprises sur lui, selon les images capturées par les médias.

Bilan La bataille a duré 15 heures.

Au total, 38 civils sont tués dans l'attaque, dont 13 enfants. 71 autres personnes sont blessées ; c'est l'agression anti-israélienne la plus sanglante de l'histoire du pays, avant l'attaque du Hamas contre Israël de 2023.vignette|Mémorial de l'attentat de la route côtière en 1978 (œuvre de 1982 d') |alt= +Personnes tuéesNomAgeNomAgeRevital (Ces) Aharonovitch

Naomi Elishai

Erez Alfred

Yitzhak Alfred

Galit Ankwa

Itzhak (Yitzik) Ankwa

Haviv Ankwa (38)

Mathilda (Mathy) Askenazy-Daniel

Yehuda Basterman

Rina Bushkenitch

Dov Bushkenitch

Liat Gal-On

Shimon Glotman

Amnon Drori

Naama Hadani

Ilan Hohman 14 ans 18 ans

5 ans

44 ans

2 ans

10 ans

38 ans

68 ans

32 ans

34 ans

36 ans

6 ans

43 ans

43 ans

5 ans

3 ansRoï Hohman

Rebecca Hohman

Mordechaï (Moti) Zit

Yosef Kheloani

Malka Leibovitch-Wiess

Tzyona Lozia-Cohen

Abraham Lozia

Otari Mansurov

Yoav (Yoavi) Meshkel

Tuvia Rosner

Gaïl Rubin

Meïr Segal

Katy (Rina) Sossenski

Joseph Sosensky

Zvi (Zvika) Eshet

Omry Tel-Oren 6 ans 28 ans

9 ans

66 ans

58 ans

32 ans

37 ans

37 ans

6 ans

53 ans

40 ans

73 ans

49 ans

56 ans

46 ans

14 ans Parmi les 11 auteurs arabes de l'agression, 9 sont tués dont Dalal Mughrabi, au cours de la riposte défensive israélienne.

Réactions Belligérants

Israël

Le Premier ministre israélien Menahem Begin déclare : « Israël n'oubliera pas le carnage » (...) « il n'y avait pas besoin de cet outrage pour comprendre qu'un Etat palestinien serait un danger mortel pour notre nation et notre peuple ».

OLP

Le responsable de l'OLP déclare : « L'opération découle de la ferme conviction du Fatah de la nécessité de mener la lutte armée contre l'ennemi sioniste dans le territoire occupé ».

Internationales

Égypte

Le président égyptien Anouar el-Sadate condamne l'attentat, le qualifiant d'« action irresponsable » et indirectement, demande à Israël de ne pas riposter.

États-Unis

Le président américain Jimmy Carter publie une déclaration disant que l'attaque est « un acte scandaleux de non-droit d'une brutalité insensée. Des actes criminels tels que ceux-ci ne font pas avancer la cause ou la foi en la politique. Ils inspirent seulement la révulsion par le manque de respect pour la vie humaine innocente... ».

Répercussions L'attentat, orchestrée par le terroriste Abou Jihad (Khalil Al-Wazir), est connu en Israël comme étant le « massacre de la route côtière » et est alors l'agression la plus meurtrière dans l'histoire d'Israël, qui a stupéfié la population « par sa cruauté et sa brutalité ».

La réponse d'Israël au massacre de la route côtière arrive deux jours après où le Premier ministre d'alors, Menahem Begin, tient un discours à la Knesset devant l'assemblée plénière, en faisant allusion aux nombreux massacres impunis à travers l'histoire, au génocide des Juifs, aux agressions itératives palestiniennes qui s'en prennent aux civils et à ce que son gouvernement projetait pour le lendemain: « Les temps où le sang juif était versé en toute impunité ont disparu pour toujours... Nous allons faire ce qui doit être fait ». « Nous défendrons nos citoyens, nos femmes, nos enfants. Nous sectionnerons le bras de l'iniquité »

Réponse armée aux agressions