Les élections générales québécoises de 2014 ont lieu le ; elles mènent à la défaite du Parti québécois au profit du Parti libéral du Québec, permettant à Philippe Couillard de devenir premier ministre du Québec.
Le scrutin amène l’élection des députés de la de l’Assemblée nationale, c’est-à-dire à libéraux, péquistes, caquistes et trois députés solidaires. Au moment de la dissolution de l’Assemblée nationale le , celle-ci était plutôt composée de péquistes, 49 libéraux, 18 caquistes, 2 solidaires et 2 indépendants.
Contexte Malgré l’adoption d’une loi sur la tenue d’élections à date fixe en 2013, la situation minoritaire du gouvernement issu de l’élection générale de septembre 2012 rendait probable le déclenchement d’un scrutin anticipé avant l’échéance prévue du . Cette possibilité alimentait les spéculations depuis plusieurs mois, ce qui a incité le directeur général des élections du Québec à amorcer ses préparatifs dès l’automne 2013..
La possibilité que le gouvernement minoritaire de Pauline Marois et du Parti québécois soient défaits sur le budget du ministre des Finances Nicolas Marceau étant réelle compte tenu des menaces des partis d’opposition, la première ministre a choisi de demander la dissolution de l’assemblée le 5 mars en vue d’un scrutin général le 7 avril.
Le déclenchement du scrutin a été précédé d’une série d’annonces du gouvernement péquiste, qui a dévoilé en séquence rapide une réforme de l’enseignement de l’histoire nationale., une politique de lutte contre l’itinérance., un livre blanc sur la jeunesse., ainsi qu’une stratégie nationale de mobilité durable, qui réaffecte près d’un milliard de fonds destiné aux routes vers les transports collectifs.. En matière économique, le gouvernement sortant a dévoilé des engagements totalisant de dollars., incluant une participation financière dans une cimenterie en Gaspésie., son association à un projet d’exploration pétrolière sur l’île d’Anticosti. et un blitz de 80 annonces en quatre jours dans le cadre d’une tournée qui coïncidait avec la tenue d’un caucus des députés du gouvernement en Mauricie et dans le Centre-du-Québec..
Partis politiques
Parti québécois
Chef : Pauline Marois
Slogan : Déterminée
La première ministre sortante, Pauline Marois, veut convaincre les électeurs de lui donner une majorité à l'Assemblée nationale après avoir obtenu un premier mandat minoritaire de la population. Plus expérimentée que ses adversaires, Marois a gagné en aplomb depuis son arrivée au pouvoir estiment les observateurs de la scène politique. Pour plusieurs, l'accident ferroviaire de Lac-Mégantic a marqué un tournant dans la perception de son gouvernement dans l'opinion publique québécoise..
La première ministre peut compter sur l'unité du Parti québécois après les turbulences qui ont secoué son leadership en 2011. Après avoir mis en place une politique de « gouvernance souverainiste » qui a laissé une partie de sa base indépendantiste sur sa faim, elle a galvanisé les militants de son parti en prenant l'engagement de déposer un livre blanc sur l'avenir du Québec au cours d'un prochain mandat dans un discours prononcé à Trois-Rivières un mois avant le déclenchement de l'élection..
En début de campagne, le Parti québécois mise sur sa politique en matière d'identité, incarnée par le dépôt à l'automne 2013 du projet de loi 60 sur la laïcité de l'État et un certain recentrage de ses positions sur le plan économique, illustré par la politique économique rendue publique en et par deux budgets où dominent le contrôle des dépenses et certaines hausses de tarifs.
Le , le soir même des élections, Pauline Marois démissionne en tant que chef du Parti québécois..
Parti libéral du Québec
Chef : Philippe Couillard
Slogan : Ensemble, on s'occupe des vraies affaires
À sa première campagne électorale, le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, mise sur un discours axé sur la question nationale et le référendum. Le parti entend mettre l'accent sur les « vraies affaires », c'est-à-dire le développement économique et l'assainissement des finances publiques, qu'il entend vendre à l'électorat avec un discours plus populiste et des candidatures au profil économique. Le chef libéral a d'ailleurs l'intention de brandir le spectre de la « séparation » et du référendum au cours de la campagne électorale..
Disant vouloir s'entourer de « personnes fortes », le chef libéral désire présenter une équipe renouvelée aux électeurs en recrutant de nouveaux candidats pour remplacer une dizaine de députés qui ont annoncé leur départ de la vie politique depuis son arrivée à la tête du parti. Le leadership de M. Couillard a été mis à rude épreuve par son absentéisme une fois élu chef de son parti politique, par sa position dite «molle» sur plusieurs sujets de lois provinciales ou enjeux sociaux-économiques au Québec, par le débat sur la Charte des valeurs, un débat qui a « déstabilisé » un PLQ « mal préparé à un débat aussi énergique », selon le journaliste Alec Castonguay de L'Actualité. L'expulsion de la députée de La Pinière, Fatima Houda-Pepin du caucus libéral, le et l'annonce de sa candidature comme candidate indépendante, contre Gaétan Barrette, candidat-vedette de la CAQ en 2012 attiré au parti libéral par M. Couillard, est à surveiller, selon les observateurs..
Coalition Avenir Québec
Chef : François Legault
Slogan : On se donne Legault
Malgré la mauvaise performance de son parti dans les sondages pré-électoraux., la Coalition avenir Québec de François Legault veut présenter à l'électorat « des idées et une vision qui n'existent pas dans les deux autres partis ».. Après le départ de Jacques Duchesneau, déçu de la vie politique, le retrait surprise d'Hélène Daneault, pour « des raisons de santé ». et la défection de Gaétan Barrette, attiré par le Parti libéral, la CAQ estime tout de même qu'elle pourra créer une surprise le .
M. Legault entend mener une « anti-campagne » où il défendra une politique d'austérité caractérisée par l'atteinte du déficit zéro dès l'année fiscale 2014-2015 et des réductions d'effectifs dans les services publics pour financer des réductions d'impôt.. Le parti de M. Legault compte séduire les électeurs par une combinaison de politiques nouvelles, comme son « plan Saint-Laurent », et de politiques héritées de l'Action démocratique du Québec, comme l'abolition des commissions scolaires et le congédiement des enseignants les moins performants.
Québec solidaire
Porte-paroles : Françoise David et Andres Fontecilla
Slogan : Pour l'amour d'un Québec [...]
Peu avant le déclenchement de la campagne, des centaines de militants de Québec solidaire et Option nationale ainsi que des non-affiliés appellent à une union entre les deux partis afin de ne pas diviser les forces progressistes et indépendantistes. On y retrouve notamment les signatures des comédiennes Geneviève Rochette et Catherine Dorion ainsi que celle de la cinéaste Anaïs Barbeau-Lavalette.. Les deux formations repoussent cependant la proposition pour ces élections, expliquant qu'il y a trop peu de temps pour travailler sérieusement à ce sujet mais n'excluant pas des rapprochements après le scrutin..
Québec Solidaire lance sa campagne en s'ancrant dans l'opposition au PQ, qu'il accuse d'avoir trahi ses électeurs et d'avoir un « bilan catastrophique », notamment du point de vue social et environnemental.. Le parti annonce vouloir conserver ses deux députés sortant et espère des gains, notamment à Montréal (circonscriptions Laurier-Dorion et Sainte-Marie–Saint-Jacques), mais vise aussi des progressions en régions. Il espère également des débats de fond et appelle à une campagne d'idées sur un ton modéré..
Cette fois, Françoise David participera à tous les débats télévisés.
Option nationale - Pour l'indépendance du Québec Option nationale (ON) est un parti souverainiste dont la particularité est de rejeter la possibilité de remettre l'indépendance à plus tard. ON est ouvert à des alliances avec le PQ et QS, pourvu qu'elles soient négociées en avance. Le PQ ayant déjà fermé la porte à des alliances, des gens d'ON et de QS ont tenté une campagne de collaboration appelée Synergie. peu avant l'élection. Cependant, cette initiative vient tard (juste avant l'élection) et n'est pas appuyée par les dirigeants des deux partis. ON met une condition d'engagement souverainiste clair pour le prochain mandat, ce que ni le PQ ni QS ne promettent (selon leurs programmes, le PQ attend l'assurance de gagner un référendum, et QS délègue à une constituante le soin de décider si la constitution du Québec inclut l'indépendance ou non). Le , le Directeur général des élections autorise le parti à changer sa dénomination en « Option nationale - Pour l'indépendance du Québec », titre qui apparaît sur les bulletins de vote..
Parti vert du Québec Le Parti vert du Québec se présente comme une nouvelle alternative de gauche, notamment avec une nouvelle plateforme écosocialiste et se positionne comme neutre quant à la question de l'indépendance du Québec, présentant des candidats fédéralistes et souverainistes qui priorisent l'environnement. Il présente 44 candidats, majoritairement sur l'île de Montréal, dans la région métropolitaine de Montréal et en Estrie.
Parti conservateur du Québec Le Parti conservateur du Québec se positionne comme le seul parti de droite au Québec et s'affiche ouvertement en tant que parti fédéraliste. Il présente 60 candidats, principalement dans la région de Québec.
Autres partis Plusieurs partis de moindre importance se présentent à l'élection. Plusieurs petits partis aux opinions très diverses (Bloc Pot, Équipe autonomiste, Parti équitable, Parti marxiste-léniniste du Québec, Parti des sans parti et Parti unité nationale), se réunissent en début de campagne afin de déposer des demandes communes au directeur général des élections du Québec. Il s'agit pour eux d'être mieux considérés par les institutions et de réclamer une plus grande facilité pour publiciser leurs programmes. Ils demandent notamment par la distribution des plateformes électorales dans les boites au lettre, à la manière de ce qui se fait en France..
Enjeux Avenir politique du Québec Affirmant que après le référendum de 1995, le temps est venu « de réfléchir de nouveau à notre avenir », le Parti québécois propose dans son programme électoral de « réaliser la souveraineté du Québec à la suite d’une consultation de la population par référendum, tenu au moment qu’il jugera approprié ». D'ici là, le parti gouvernemental s'engage à défendre le respect des compétences constitutionnelles du Québec et à exiger de nouveaux pouvoirs dans les domaines du développement économique, de l’éducation, de la culture, de la santé et des services sociaux, de la justice, de l’environnement, de l’immigration, de l’identité et du français..
Philippe Couillard s'oppose fermement au changement du statut politique du Québec, affirmant que l'élection d'un gouvernement majoritaire du Parti québécois « c'est l’assurance d’un référendum sur la séparation du Québec ».. Lors de son élection à la direction du PLQ, en , le chef de l'opposition proposait que le Québec signe la constitution canadienne de 1982 à temps pour célébrer le de la création du Canada, en 2017, soulignant qu'il ne pouvait concevoir « que l'on puisse s'investir en politique québécoise et choisir le Canada sans le désir de voir le Québec réintégrer un jour la famille canadienne »..
Le chef de la CAQ estime quant à lui qu'il s'agit d'un débat d'une autre époque : « les gens sont tannés d'entendre parler de référendum » affirme François Legault, qui indique que son parti se battra pour éviter qu'il y en ait un autre, parce que « la Coalition est là pour rassembler les Québécois ». Dans l'éventualité d'une éventuelle consultation populaire sur le sujet, l'ancien ministre affirme qu'il participera au camp du non..
Économie et emploi