L est le nom donné à la mission pour la conquête de Syracuse en Sicile par les troupes aéroportées britanniques.
Il s'agit d'une partie de l' qui planifie l'ensemble du débarquement en Sicile. L' débute le ; elle est effectuée depuis la Tunisie d'où part la aéroportée, avec une force de 136 Wacos et de huit Horsas. Son objectif est d'établir sur le sol une grande force d'invasion près de la ville de Syracuse et de sécuriser le Grand Pont pour reprendre le contrôle de la ville qui est d'une importance stratégique pour le bon fonctionnement de l'.
L' connaît plusieurs phases de modifications lors de sa planification. Au moment de son lancement, le matériel est encore mal adapté, et les soldats insuffisamment entraînés. En route vers la Sicile, 65 planeurs libérés trop tôt par l'avion de remorquage américain sont contraints d'amerrir, entraînant la noyade d'environ 252 hommes. Seuls 87 hommes arrivent au Grand Pont, qu'ils réussissent à tenir le temps escompté. Les troupes britanniques qui n'ont plus de munitions (et ne comptent que 15 soldats indemnes) se rendent aux forces italiennes qui reprennent le contrôle du pont pour le détruire, mais elles sont retardées dans ce projet car les soldats britanniques avaient préalablement enlevé les charges explosives. La bataille est finalement remportée par les Britanniques grâce à une contre-attaque victorieuse d'unités arrivées en renfort. Pendant ce temps commence le débarquement des Alliés sur les côtes méridionales de Sicile.
Contexte En décembre 1942, avec l'avancée des forces alliées en Tunisie lors de la Campagne d'Afrique du Nord, la victoire en Afrique du Nord devient imminente et des discussions entre les alliés débutent pour savoir quel sera leur prochain objectif.. Beaucoup d'Américains veulent une invasion immédiate de la France, tandis que les Britanniques ainsi que le général américain Dwight David Eisenhower. font valoir que la Sardaigne est la meilleure cible pour les troupes alliées. En janvier 1943, le premier ministre britannique Winston Churchill et le président américain Franklin Delano Roosevelt se mettent d'accord à la conférence de Casablanca et choisissent la Sicile, dont l'invasion et l'occupation permettront de fournir aux Alliés des routes maritimes dans la Méditerranée et des aérodromes plus près de l'Italie et de l'Allemagne.. Le nom de code de l' est alors décidé et dès février 1943, les Alliés commencent à planifier l'invasion. Initialement, la britannique sous le commandement du général Bernard Montgomery doit débarquer dans la zone sud-est de la Sicile et avancer vers le nord pour atteindre le port de Syracuse. Deux jours plus tard, la américaine commandée par le général George Patton doit, quant à elle, débarquer sur la côte ouest de la Sicile pour atteindre le port de Palerme.
En mars, il est décidé que la aéroportée britannique et la aéroportée américaine seront parachutées juste avant le débarquement allié. Elles doivent atterrir à quelques kilomètres des plages pour permettre la neutralisation des défenseurs et faciliter le débarquement des forces terrestres.. Cependant, au début du mois de mai, le général Montgomery modifie les plans et démontre que si les forces alliées débarquent séparément à chaque extrémité de l'île, les forces de l'Axe auront la possibilité de vaincre chacune des armées alliées avant que celles-ci ne se rejoignent. Les plans sont donc modifiés : les 7 et 8 armées devront débarquer simultanément sur les côtes sud-est et sud-ouest (golfe de Gela) de la Sicile..
Dans le même temps, les plans pour les deux divisions aéroportées sont également rectifiés. Montgomery soutient que les troupes aéroportées doivent être déposées tout près de la ville de Syracuse, pour pouvoir atteindre son port le plus rapidement possible. Le commandant Maxwell Davenport Taylor, quant à lui, affirme que se poser juste derrière les plages est une mission périlleuse pour la division aéroportée qui risque d'être touchée par des tirs amis du bombardement naval prévu par les Alliés.. Le plan révisé pour les divisions aéroportées comprend un renfort en hommes destiné à être parachuté au nord-est du port de Gela pour bloquer les mouvements des armées de réserve de l'Axe. L'objectif de l'opération est donc de mener à bien trois actions : la aéroportée doit contrôler le Grand Pont de Syracuse, la de parachutistes britanniques doit saisir le port d'Augusta, et la de parachutistes britanniques doit prendre un second pont sur la rivière Simeto..
Organisation left|thumb|alt=Carte topographique de la Sicile avec l'indication des actions et du plan de l'opération Husky|Plan de l' en Sicile. Comme les moyens de transport des brigades aéroportées sont insuffisants pour que les trois brigades puissent mener leurs actions, il est décidé que la première opération à être réalisée sera celle de Ladbroke, dont l'objectif est de capturer le Grand PontLe pont principal d'accès à la ville à l'époque, se situant au sud de Syracuse sur le fleuve d'Anapo, le pont a été reconstruit et est aujourd'hui appelée Ponte sull'Anapo. de Syracuse..
La mission placée sous le commandement du général de brigade doit être menée juste avant le débarquement dans la nuit du 9 juillet. Les autres opérations prévues vont avoir lieu les deux nuits qui suivent. La aéroportée se voit également confier la mission supplémentaire de contrôler le port de Syracuse et de prendre ou détruire une batterie d'artillerie côtière située sur la plage prévue pour les débarquements..
Lorsque l'entraînement de la formation commence, des difficultés surgissent immédiatement. Le plan original pour les trois opérations aéroportées doit faire appel à des parachutistes, mais en mai, le général Montgomery modifie le plan. Il préfère en effet que les troupes aéroportées soient à distance réduite des forces terrestres pour que les planeurs puissent soutenir les troupes qui doivent entrer dans Syracuse et leur fournir une grande puissance de feu.. Même si le (conseiller de la Royal Air Force) déclare que l'atterrissage de nuit par planeurs mené par un équipage inexpérimenté n'est pas une bonne solution, les plans ne sont cependant pas reconsidérés.
Les nouveaux ordres de Montgomery soulèvent plusieurs questions. La première est celle du choix des troupes affectées aux opérations aéroportées. Quand les troupes sont arrivées en Afrique du Nord, il a été décidé que la de l'air soutiendrait la aéroportée et, en contrepartie, la appuierait la aéroportée. Quelques semaines plus tard, ce plan est mis en place et les quatre divisions collaborent désormais. Toutefois, l'idée de ne lancer l'assaut sur Syracuse qu'avec des planeurs pose problème, car la n'a aucune expérience avec ces appareils, et la n'en a guère plus. Des entraînements de saut à parachute depuis des planeurs sont donc organisés. Mais finalement, la aéroportée reste accompagnée d'une escadrille peu expérimentée..
Problèmes de planeurs thumb|alt=Une jeep à l'intérieur d'un planeur Waco CG-4|Une jeep de la aéroportée sortant d'un planeur Waco.
Plusieurs problèmes se posent avec les planeurs utilisés pendant l'opération. Jusqu'à quelques mois avant le début de l'opération, il y a une grande pénurie de planeurs en Afrique du Nord. À la fin du mois de mars, un petit nombre de Wacos arrivent à Accra, mais les pilotes envoyés sur place pour les convoyer constatent qu'ils sont en mauvais état. En raison de la négligence technique et du climat tropical, les pilotes ne réussissent à réunir qu'un petit nombre de Wacos en bon état pour leur retour à la base, le 22 avril.. Le lendemain, un grand nombre de planeurs américains commence à arriver dans les ports d'Afrique du Nord, mais ils ne sont pas immédiatement disponibles. Il faut les assembler, ce qui relève d'un véritable défi puisqu'il manque certaines instructions et que les ouvriers chargés de les assembler sont souvent inexpérimentés. Toutefois, lorsque la décision de mener une attaque de planeurs avec la aéroportée est prise, l'assemblage des planeurs est amélioré et s'accélère. Le 12 juin, 346 planeurs Wacos sont mis à disposition de la . Un petit nombre de planeurs Horsas. est aussi mis à disposition de la brigade pour cette opération..
L'escadrille possède maintenant de nombreux planeurs, mais ils ne sont pas tous utilisables et la plupart sont à terre pour réparations. Le 30 juin, de nombreux appareils ont encore des problèmes de câblage, et ceux qui sont réparables doivent rester au sol pour trois jours de plus. Compte tenu de ces problèmes et de ces retards, la n'est pas en mesure d'effectuer des entraînements à grande échelle sur des planeurs avant la mi-juin. Le 14 juin, un exercice avec 54 Wacos a lieu sur une distance de . Un exercice de plus grande ampleur est réalisé le 20 juin. Mais l'efficacité des exercices reste limitée, car ils sont menés de jour. Les pilotes britanniques posent aussi des problèmes, car même si le nombre de pilotes est suffisant, ils sont très inexpérimentés : certains n'ont aucune expérience sur des planeurs Wacos et n'ont jamais réalisé d'opérations nocturnes. En moyenne, chaque pilote a huit heures d'expérience sur ce type d'appareil ; seul un petit nombre d'entre eux est validé comme « prêt sur le plan opérationnel », et aucun n'a l'expérience du combat. Le colonel Georges Chatterton proteste contre leur participation à l'opération, qu'il juge préjudiciable à son bon fonctionnement.. Une fois la brigade formée, avec ces seuls deux exercices, chaque pilote a volé en moyenne quatre heures et demie sur un Waco, dont une demi-heure de vol de nuit..
La aéroportée Les unités de la aéroportée sont formées de soldats du (Border Regiment), du (), de la et de la (Royal Engineers). Le a pour but d'assurer le contrôle du Grand Pont de Syracuse et du sud de la province, alors que le est chargé d'attaquer la ville de Syracuse..
Pour la mission, un total de 136 Wacos et de huit Horsas est mis à la disposition de la aéroportée. Avec le manque de places dans les planeurs (15 places pour les Wacos et 30 places pour les Horsas), toutes les unités ne sont pas déployéesPar exemple, seulement six des seize canons anti-chars que possède la brigade sont embarqués, et seulement six Wacos sont attribués à la (au lieu des 32 prévus) et un seul arrive en Sicile... Six Horsas des compagnies A et C des doivent atterrir sur le Grand Pont de Syracuse le 9 juillet à pour une opération « coup de main. ». Le reste de la brigade doit arriver le 10 juillet à , sur plusieurs zones d'atterrissage se situant assez loin, entre et : les troupes doivent ensuite converger vers le pont pour renforcer la défense britannique..
Les forces italiennes Le Grand Pont de Syracuse se trouve juste à l'extérieur de la zone défendue par la côtière italienne. Le commandant des forces italiennes est l'amiral Primo Leonardi. Il est assisté du colonel Maria Damiani. Les forces de la zone Augusta-Syracuse, qui comprennent la côtière, sont protégées par six batteries d'artillerie lourde et antiaérienne.. Le de défense côtière comprend, quant à lui, quatre bataillons. Les forces italiennes comprennent également le d'infanterie de Naples. Cette division doit être en mesure d'envoyer des renforts en cas de nécessité..
Mission thumb|240px|alt=Sept soldats britanniques juste avant le décollage|Soldats du (Border Regiment), le 9 juillet 1943 juste avant le début de l'opération devant un vélo pliant.