Self-made man (au pluriel self-made men, « un homme qui s'est fait lui-même ») est un terme anglo-américain qui sert à décrire une personne dont le succès est la conséquence de ses décisions et de ses actions, plutôt que de conditions extérieures à celle-ci.

L'américain Benjamin Franklin a été décrit comme l'exemple phare du self-made man. Inspiré par son autobiographie, Frederick Douglass a développé le concept dans une série de conférences qu'il a prononcées sur plusieurs décennies à partir de 1859. Initialement, le terme renvoie à un individu qui s'est élevé d'une condition humble pour atteindre une position éminente en finance, en politique ou tout autre domaine grâce à ses compétences plutôt que par un héritage, des liens familiaux ou tout autre privilège. Depuis le milieu des années 1950, le succès aux États-Unis rime avec succès en affaires.

D'autres termes, tels que « transclasse » voire « parvenu » ou « arriviste » décrivent une notion proche du self-made man. Le self-made man peut se concevoir comme une prolongation moderne du mythe de Prométhée. Certains héros de la littérature sont a posteriori considérés comme des self-made men, tels que Julien Sorel dans Le Rouge et le noir de Stendhal, Eugène de Rastignac dans Le Père Goriot de Balzac ou Bel-Ami dans le roman éponyme de Maupassant.

Origines

Benjamin Franklin, l'un des Pères fondateurs des États-Unis, a été décrit ainsi : « sans aucun doute le premier self-made man » et le plus éminent exemple de « self-made man ». Les concepts de rêve américain et de self-made man sont inextricablement liés et font partie de l'histoire américaine. L'autobiographie de Franklin a été décrite par son éditeur de l'édition de 1916 comme « la plus remarquable de toutes les histoires de nos self-made men ». Le premier chapitre de celle-ci, inspiré d'une lettre que l'auteur a envoyé en 1771 à son fils , illustre le parcours du self-made man au aux États-Unis au temps de la colonie. Franklin introduit le self-made man archétypal en affirmant avoir dépassé ses humbles origines — son père est fabricant de chandelles — et s'être ré-inventé en s'améliorant grâce à un ensemble de valeurs morales telles que « travail, économie et persévérance », ce qui lui permet d'atteindre une position enviée dans la société américaine. À son autobiographie, il joint plusieurs maximes à l'intention des lecteurs qui, appliquées avec rigueur, permettent d'atteindre un statut aux États-Unis. Pour lui, ce pays est une « terre d'opportunités inégales ».

Personnalités Selon l'historien français Farid Ameur, le président des États-Unis Abraham Lincoln est un self-made man. Aucun autre président des États-Unis n'a autant été étudié.

Critique La notion de self made man et plus globalement du darwinisme social a été abondamment discuté et contesté en philosophie politique. Il y est question de l'importance du libre arbitre face aux déterminismes sociaux dans l'évolution d'un individu et de l'existence ou non d'une lutte des classes. Les termes de « parvenu » ou d'« arriviste » sont des termes péjoratifs qui désignent un rôle proche de celui que le terme de « self-made man » a tendance à encourager. En Europe, ou Pierre Bourdieu ont publié des ouvrages qui contestent cette notion.

Notes et références

Citations originales

Références

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