Jean JannonOn trouve parfois la variante « Jean Jeannon », comme dans la Table générale, alphabétique et raisonnée du Journal historique de Verdun, sur les matières du temps, depuis 1697, jusques et compris 1756, Paris, Ganeau, 1765, (H-Lo), , qui indique : « Jean Jeannon » de Sedan, inventeur de la Sedanoise, mort à Sedan le 13 Déc. 1660. , né à GenèveJ.-B. Boulliot présume . en avril 1580 et mort le à Sedan, est un typographe et imprimeur français.
Biographie Il semble avoir fait son apprentissage d'imprimeur, d'abord à Genève, puis en Suisse à Lausanne et à Bâle, puis en Allemagne, et il a terminé sa formation à Paris, chez l'imprimeur Robert Estienne, le III du nom.
Il confessait le calvinisme. Reçu imprimeur, il s’établit à CharentonEt peut-être aussi à Paris. J.-B. Boulliot indique dans une note de bas de page : , mais, parce qu'il avait imprimé le témoignage de la conversion d'un pasteur protestant au catholicismeIl s'agit de : La Conversion du Sieur Pelletier à la foy catholique, en laquelle il représente au naïf les vrayes & infaillibles marques de l'Eglise, contre les erreurs & fausses opinions des Calvinistes, Paris, Jean Jannon, 1610, in-8°., il y fut interdit de publication par le clergé du temple de cette ville, en janvier 1610.
Il s'installe alors à Sedan auprès d'Henri de La Tour d'Auvergne avec de gages annuels. Il devint l'imprimeur de l'académie de Sedan.
Son fils, Antipas Jannon, qui était imprimeur-libraire à Paris, décède en avril 1639. En 1640, Jean Jannon quitte Sedan pour reprendre l'affaire de son fils, mais doit finalement la liquider et travailler d'abord à Paris en qualité de compagnon et de graveur de caractères. Il cède le matériel de l'imprimerie parisienne à Pierre de Cardonnel, de Caen, qui l’emploie comme compagnon. Le parlement de Normandie fait fermer l'imprimerie Cardonnel ; Jean Jannon rentre à Sedan en novembre 1645.
La Petite Sedanoise et le Garamond En 1620, Jannon grava un petit caractère, l'un des plus fins qui fussent alors et dont la finesse ne nuisait en rien à la netteté. Ce petit caractère devint célèbre sous le nom de « Petite Sedanoise », mais ce ne fut qu'en 1622 que Jannon l'employa Jacques de Sanlecque, imprimeur à Paris, grava en 1635 un caractère à l'imitation de celui de Jannon et le nomma « La Petite Parisienne », mais il n'a pas la netteté de la Petite Sedanoise (cf. : J.-B. Brincourt)..
Après que le gouvernement français a raflé l’atelier de Jannon, le cardinal de Richelieu nomme la police de Jannon « Caractère de l’Université » ou « Romain de l’Université ». À partir de là, la police devient le standard de la Manufacture royale d’imprimerieA. Frey, Nouveau manuel complet de typographie, librairie encyclopédique Roret, 1857, , , mentionne le caractère « Romain du roi », utilisé par l'Imprimerie royale et ..
En 1825, Marcellin Legrand est chargé par l’Imprimerie nationale de renouveler les caractèresA. Frey, ibid., . ; il adapte la police utilisée, jadis, par la Manufacture royale, et déclare que cette police est l’œuvre de Claude Garamont.
En 1919, Thomas Maitland Cleland et Morris Fuller Benton produisent le premier Garamond commercial du , basé sur le travail de Jannon, appelé « Garamond ».
En 1926, The Fleuron fait paraître un article de l’Américaine Beatrice Warde (1900-1969), sous le pseudonyme « Paul Beaujon », sur l'attribution erronée des types de Jean Jannon à Claude Garamont : elle avait découvert un spécimen édité par Jannon en 1621, avec le caractère de l’Imprimerie nationale, mais aussi celui de la Petite Sedanaise ; la paternité était établie.
Coupoir de typographe Il est aussi l'inventeur d'un coupoirEncyclopédie ou Dictionnaire universel raisonné des connoissances, Yverdon, 1772, , de fer, instrument propre à retenir deux ou trois cents lettres à la fois dans une pièce nommée justifieur, de façon qu'elles puissent soutenir l'effort d'un rabot idoine qui coupe dans toute la longueur certaines parties inutiles du corps de la lettre qui nuiraient à l'impression. Il inventa cette machine vers 1630.
Pierre CotVoir la notice DataBNF : Pierre Cot (16 ?-1712) , fondeur de caractères d'imprimerie, la remit en usage vers 1700, après y avoir fait quelques améliorations. Pierre-Simon Fournier la perfectionna en 1739.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Jean-Baptiste-Joseph Boulliot, Biographie ardennaise ou Histoire des Ardennais qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs vertus et leurs erreurs, Paris, 1830, , . (à lire en ligne). J.-B. Brincourt, Jean Jannon, ses fils, leurs œuvres, dans Revue d'Ardenne et d'Argonne (1901-1902), (à lire en ligne), , 136-149, 172-180, puis (1902-1903), (à lire en ligne), , 45-55 et 75-86. Arnaud Degrève et Françoise Hardy, Jean Jannon, imprimeur et graveur de caractères à Sedan, dans La Vie en Champagne, (juillet-), . Laurent Guillo, Jean Jannon et Pierre Jannon, éditeurs du psautier à Sedan (1641-1650), dans Psaume, (1990) . Eugène et Émile Haag, La France protestante, Paris, Joël Cherbuliez, , 1856, . Abbé Pregnon, Histoire de la ville de Sedan depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, Charleville, Auguste Pouillard, 1856, , . Hugh Williamson, « Jean Jannon of Sedan », Printing Historical Society Bulletin, (-printemps 1988).
Liens externes
Le Jannon ou le romain de l’Imprimerie royale (ministère de la Culture) De la naissance de l'écriture à la typographie numérisée (site Isabelle Costa / Wordpress) Typographie et Civilisation : Garamond, le caractère typographique français et Présentation historique du caractère Garamond Storm Type Foundry : Jannon
Catégorie:Naissance en avril 1580 Catégorie:Naissance à Genève Catégorie:Décès en décembre 1658 Catégorie:Décès à 78 ans Catégorie:Décès à Sedan Catégorie:Imprimeur français du XVIIe siècle Catégorie:Typographe français