Salvador Sánchez Cerén, né le à Quezaltepeque (département de La Libertad), est un enseignant, guérillero et homme d'État salvadorien. Il est président de la république du Salvador du au , après avoir été vice-président de 2009 à 2014.
Biographie Issu d'une famille modeste, Salvador Sánchez Cerén est le neuvième des douze enfants d'un menuisier et d'une vendeuse au marché de la ville. Se destinant à l'enseignement, qui restera sa vocation toute sa vie, il fait des études à l'École normale de San Salvador et devient instituteur à l’âge de 19 ans. En 1965, il est un des fondateurs de l'Andes (association nationale des enseignants salvadoriens).
En 1970, il participe à la création des Forces populaires de libération (FPL), organisation armée de gauche salvadorienne qui lutte contre la dictature militaire.
Sous le nom de guerre de « commandant Leonel Gonzalez », il rejoint les maquis de Chalatenango, dans le nord du pays, où de violents combats opposent l'armée et la guérilla.thumb|left|redresse|Margarita Villalta, son épouse.
En , après l'assassinat de Mélida Anaya Montes et le suicide de Salvador Cayetano Carpio, dirigeants du FPL, il est élu secrétaire général du FPL et intègre la direction générale du Front Farabundo Martí de libération nationale (FMLN) qui rassemble les différentes organisations révolutionnaires. Entre 1990 et 1992, il participe aux négociations avec le gouvernement dans les accords de paix de Chapultepec. En 2000, il est élu député du FMLN à l'assemblée législative et réélu en 2003 et 2006. De à 2008 il succède à Schafik Handal comme leader du groupe FMLN à l'assemblée législative.
En 2007, il est choisi par la convention nationale du FMLN comme candidat à la vice-présidence de la République pour l'élection présidentielle de 2009, à laquelle il est élu comme colistier de Mauricio Funes, élu président. Chargé du ministère de l'éducation, il lance un programme de distribution d'uniformes, de chaussures et de matériel aux écoliers. Ce programme lui vaut une grande popularité dans les familles modestes, pour qui la rentrée scolaire représentait un coût financier considérable.
Il a publié plusieurs livres depuis les accords de paix, dont l'un La guerra que no quisimos, que expose les causes de cette guerre civile qui a fait plus de 75 000 morts et 12 000 disparus en douze ans. Bien que marxiste, il est toujours resté fervent catholique. Il est marié et père de quatre fils.
Présidence En 2014, il est candidat à l'élection présidentielle. Au coté de son colistier pour la vice-présidence Oscar Ortiz, populaire maire de Santa Tecla et comme lui ex-guérillero des FPL, il multiplie les appels au dialogue avec l'opposition de droite et le secteur privé.
Au , le , il obtient 48,93 % des suffrages face à son principal adversaire, Norman Quijano (candidat de l'Alliance républicaine nationaliste, droite), qui recueille 38,96 % des voix. Le tribunal électoral a annoncé, après le décompte total des voix et la vérification des procès verbaux du du , la victoire de Sanchez CerénL'ex-guérillero Sánchez Cerén a remporté la présidentielle au Salvador, Le Monde (consulté le 13 mars 2014). Il obtient 50,1 % des voix contre 49,9 % à Norman Quijano. Ce dernier ne reconnait pas les résultats de cette élection et appelle ses partisans à « maintenir la pression », sans toutefois présenter de preuves à l'appui de ses accusations de fraude. Le chef du syndicat des patrons, Jorge Daboub, a également repris à son compte les accusations de fraude peur après l'annonce des résultats.
En , le Salvador devient le premier pays au monde à interdire les mines de métaux sur son territoire, pour des raisons d’environnement et de santé publique. Le système de santé du pays tend à s’améliorer, avec notamment une baisse des taux de mortalité infantile et maternelle. En 2017, son gouvernement modifie le code de la famille afin d'interdire les mariages d'enfants.
Depuis , son gouvernement et le FMLN défendent un projet de légalisation partielle de l’avortement (en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère) mais sont en butte à l'opposition de droite qui bloque la réforme au Parlement. De même, l'opposition empêche en un projet de modernisation du réseau routier, ce que ses partisans analysent comme une tentative de discréditer le FMLN en l’empêchant de gouverner.
Au cours de sa présidence, le taux de pauvreté est passé de 34 % à 29 %. Le taux d'homicides est passé de 110 pour 100 000 habitants en 2015 à 50 en 2019.
Il établit des relations diplomatiques avec la Chine en . Les États-Unis dénoncent une « interférence dans les affaires intérieures du continent américain » et annoncent une révision prochaine de leurs relations avec le Salvador.
Après la présidence En , le procureur général du Salvador ordonne l’arrestation de Salvador Sánchez Cerén dans le cadre d'une enquête pour corruption. Il pourrait selon des analystes s'agir d'un nouveau cas de « lawfare », le Salvador ayant subi un glissement autoritaire sous la présidence de Nayib Bukele. Il obtient du Nicaragua, pays dans lequel il réside, la citoyenneté.
Notes et références
Liens externes
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