Jean Chastellain (1490-1541) est un maître-verrier de la Renaissance française.

Biographie Ce maître-verrier apparaît la première fois dans les chantiers royaux de la chapelle de Fontainebleau et à Villers-Cotterêts en 1527. Il travaillait sur ces chantiers en concurrence avec Jean de La Hamée qui avait été reçu maître en 1526 et qui a obtenu des commandes pour Fontainebleau, Villers-Cotterêts et le château de Madrid entre 1528 et 1535. Il est mort en 1562. Nicolas Beaurain a succédé à Jean Chastellain après sa mort, fin 1541, auprès des Bâtiments du roi, et a réalisé les verrières de la Sainte-Chapelle de Vincennes.

Il réalise des vitraux pour l’Église Saint-Germain-l'Auxerrois et l'église Saint-Étienne-du-Mont à Paris, ainsi que de nombreux autres vitraux dont La Sagesse de Salomon de l’église Saint-Gervais-Saint-Protais toujours à Paris. Aujourd’hui on peut voir également plusieurs de ses vitraux au musée national de la Renaissance. Il faut souligner que ses modèles ou cartons ont été parfois repris à plusieurs reprisesYvette vandem Bemden – Corpus vitrearum - Les vitraux de la première moitié du conservés en Belgique – Volume 5, partie 1, p.378.

Jean Chastellain a reçu commande en 1528 pour des travaux au château de Chantilly par la famille de Montmorency.

Pour donner à Jean Chastellain la réalisation des vitraux jusque-là attribués au "Maître de Montmorency", il a fallu distinguer un Jean Chastellain jeune influencé par l'école flamande ou allemande, et Jean Chastellain de la maturité influencé par les écoles française et italienne, surtout par RaphaëlYvette Vanden Bemden, Compte-rendu la livre Vitraux parisiens de la Renaissance, dans Revue de l'Art, 1994, , (lire en ligne).

Après sa mort, l'activité de son atelier continue avec Laurent Marchant, qui a épousé sa veuve en 1543Guy-Michel Leproux, Conférence Les sources iconographiques de Jean Chastellain : essai de reconstitution du fonds d'atelier d'un peintre verrier parisien de la Renaissance.

Œuvres Une trentaine d'œuvres lui ont été attribuées.

Si pour certaines œuvres le nom de Jean Chastellain apparaît dans des contrats, pour d'autres, l'attribution a été faite par comparaison stylistique. Jean Lafond lui a attribué le vitrail de la Prière de la Cananéenne de la cathédrale de Bayonne, et le vitrail de l'Incrédulité de saint Thomas dans l'église Saint-Aspais de Melun. Des fragments de vitraux représentant des scènes de la vie du Christ se trouvant au musée d'Écouen lui sont attribués. Les attributions sont délicates car il travaillé à partir de cartons qui ont été réalisés par des peintres ayant des styles différents. Noël Bellemare est cité dans le contrat pour la rose sud de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois de Paris.

Les historiens d'art ont fait des rapprochements stylistiques entre les verrières Renaissance de la collégiale Saint-Martin de Montmorency, de l'église Saint-Martin de Triel-sur-Seine, de la chapelle de la Vierge de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais de Paris, de l'église Saint-Aspais de Melun de l'église Saint-Pierre et Saint-Paul de Ferrières-en-Gâtinais en attribuant les cartons à peintre d'origine flamande actif à Paris. Pour la collégiale de Montmorency, on a donné à ce peintre le nom de convention de "Maître de Montmorency". Guy-Michel Leproux a proposé le nom de Gaultier ou Gauthier de CampesMichel Hérold, Aux sources de l'«invention» : Gaultier de Campes, peintre à Paris au début du , dans Revue de l'Art, 1998, , (lire en ligne), originaire de Bruges mais avec des membres de cette famille à Tournai, installé à Paris avant 1500 Audrey Nassieu Maupas, Sources et méthodes de l’histoire des métiers artistiques en France (), conférences 2011-2012, École pratique des hautes études (lire en ligne) qui aurait fourni les cartons des vitraux réalisés par Jean Chastellain et son atelier. Gauthier de Campes a aussi fourni des cartons pour des tapisseriesPierre-Gilles Girault, Cartonniers de tapisseries à Bruges et Paris vers 1500 : Jan Fabiaen et Gauthier de Campes, Ku Leuven Studies in Western tapestry (lire en ligne).

Église Saint-Merry de Paris Fragments de la verrière de la Vie de sainte Agnès, vers 1510.

Église Saint-Gervais-Saint-Protais de Paris cinq vitraux de la Vie de la Vierge, datés de 1517. vitrail de la Sagesse de Salomon, en 1531 Vitrail : la Sagesse de Salomon

Cathédrale de Bayonne vitrail de la Prière de la Cananéenne, en 1531.

Église Saint-Aspais de Melun vitrail de l'Incrédulité de saint Thomas dans le registre supérieur d'une verrière, en 1532Louis Grodecki, Françoise Perrot, Jean Taralon, Les vitraux de Paris, de la région parisienne, de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais, éditions du CNRS (collection Corpus vitrearum Recensement, volume 1), .

Église Saint-Germain-l'Auxerrois Rose sud du Saint-Esprit, commandé le par Antoine Le Viste et Charlotte Briconnet, son épouse, sur un carton du peintre Noël BellemareLouis Grodecki, Françoise Perrot, Jean Taralon, Les vitraux de Paris, de la région parisienne, de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais, éditions du CNRS (collection Corpus vitrearum Recensement, volume 1), ; vitrail de l'Incrédulité de saint Thomas dans le transept, en 1533, commandé par le général des finances Antoine Bohier.

Église Saint-Jean-Baptiste de Nemours vitrail du Baptême du Christ, vers 1530-1535 vitrail de l'Offrande des reliques de saint Jean-Baptiste dont la partie basse a été refaite en 1860.

Église Saint-Merry Verrières de la vie de saint Pierre. Une bonne partie des vitraux de l'église a été démontée à la demande des fabriciens au . Prosper Lafaye a tenté de restaurer les scènes entre 1847 et 1870. Certaines verrières ont été fortement restaurées par Prosper Lafaye. Certaines têtes datant de l'origine semblent avoir été réalisées en s'inspirant de Raphaël : verrière du Baptême des nouveaux croyants (baie 110), vers 1540 verrière de l'Arrestation des apôtres (baie 112) verrière de la prédication de saint Pierre (baie 114)

Église Saint-Étienne-du-Mont Le chœur de l'église Saint-Étienne est entièrement vitré entre 1540 et 1542. Jean Chastellain a reçu la commande par l'évêque d'Avranches Robert de Sénat du vitrail du Saint-Nom de Jésus de la baie le , toujours en place. Jean Chastellain a reçu la commande la fenêtre adjacente du côté nord ainsi que deux vitraux pour l'une des chapelles. La mort de Jean Chastellain à la fin de l'année 1541 ne lui a pas permis de réaliser les vitraux de cette dernière commande. Il aurait réalisé la verrière de la légende de Saint-Claude (baie 107)Louis Grodecki, Françoise Perrot, Jean Taralon, Les vitraux de Paris, de la région parisienne, de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais, éditions du CNRS (collection Corpus vitrearum Recensement, volume 1),

Notes et références

Annexes

Bibliographie Jean Lafond, La Cananéenne de Bayonne et le vitrail parisien aux environs de 1530, dans Revue de l'Art, 1970, , Guy-Michel Leproux, Fontainebleau et les arts décoratifs : l'exemple du vitrail, dans Journal des Savants, 1986, , (lire en ligne) Guy-Michel Leproux, Un exemple précoce de l'influence de Raphaël sur l'art français : les vitraux de Jean Chastellain, dans L'Information historique, 1995, , Dany Sandron, Un vitrail de Jean Chastellain pour l'église Saint- Gervais à Paris, dans Bulletin Monumental, 1996, , (lire en ligne) Guy-Michel Leproux, Conférence Les sources iconographiques de Jean Chastellain : essai de reconstitution du fonds d'atelier d'un peintre verrier parisien de la Renaissance, dans Histoire de Paris - Livret 10 1994-1995, Annuaires de l'École pratique des hautes études Année, 1996, (lire en ligne) Françoise Gratouillat, Guy-Michel Leproux, Élisabeth Pillet, L'église Saint-Merry de Paris : monument daté par ses vitraux, dans Cahiers de la Rotonde, 1997, , Guy-Michel Leproux, Un peintre anversois à Paris sous le règne de François , Noël Bellemare, dans Cahiers de la Retonde, 1998, , Guy-Michel Leproux, Jean Chastellain et le vitrail parisien sous le règne de François , sous la direction de Guy-Michel Leproux, Vitraux parisiens de la Renaissance, Délégation à l'Action artistique de la Ville de Paris, Paris, 1999, Guy-Michel Leproux, La peinture à Paris sous le règne de François , Presses de l'Université Paris-Sorbonne (collection Corpus Vitrearum), Paris, 2001, chapitre II, Gauthier de Campes alias le Maître de Montmorency, alias le Maître des Privilèges de Tournai, alias le Maître de Saint-Gilles, (aperçu) Sous la direction de Cécile Scailliérez, François et l'art des Pays-Bas, Somogy éditions d'art/Musée du Louvre, Paris, 2017, , Rafaël Villa, « Propositions pour Jean Chastellain et le vitrail parisien », dans Frédéric Elsig (dir.), Peindre à Paris aux XVIe-XVIIe siècles, Milan, Silvana Editoriale, 2024, p. 183-201.

Article connexe Vitrail de la Sagesse de Salomon (église Saint-Gervais-Saint-Protais) Liste de maîtres verriers

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