thumb|Tumeur du pénis, avec lymphadénopathie inguinale gauche. L'expression cancer du pénis désigne plusieurs types de tumeur maligne touchant les cellules de la peau du gland (dans un cas sur deuxBastide C et Lesourde A (2005) Épidémiologie des tumeurs malignes du pénis. Progrès en Urologie, 15, 797-798.) ou du reste du pénis, ou les tissus (internes) du pénis.

C'est une des pathologies de la vergeRocher, L., Glas, L., Hajj, P., & Bellin, M. F. (2014). Pathologie de la verge. In IRM du pelvis de l'homme et de la femme (). Springer Paris. et un type de cancer dont la prévalence varie considérablement selon les pays, mais dont l'incidence reste rare. En France métropolitaine, pour les cas diagnostiqués entre 2010 et 2015, 79 % des patients de 50 ans et 60 % des patients de 80 ans y ont survécu.

La chimiothérapie par les sels de platine a depuis les considérablement modifié le pronostic de cette maladie, qui pourrait encore être amélioré si les patients consultaient plus tôt (le retard diagnostique médian était dans les d'environ THEODORESCU D, RUSSO, P, ZHANG ZF, MORASH C, FAIR WR (1996), J Urol, 155, 1626- 1631, ., faisant que dans 20 % des cas le diagnostic est trop tardif pour pouvoir éviter un traitement mutilant HORENBLAS S, VAN TINTEREN H, DELEMARRE JF, MOONEN LMF, LUSTIG V, KRÖGER R (1991), . J Urol, 146: 1279- 1283.).

Typologies de cancer du pénis Environ 95 % des cancers touchant le pénis sont des carcinomes épidermoïdes (cancer de la peau). Dans 5 % des cas il s'agit de carcinome à cellules de Merkel, carcinome à petites cellules (tumeur neuroendocrine cutanée rare), mélanome ou d'autres formes rares de cancer..

En cas de doute sur le diagnostic, une surveillance rigoureuse du patient est recommandée, ainsi qu'un examen (préventif) des partenaires sexuels Kennedy L, Buntine DW, O'Connor D, Frazer IH, « » Med. J. Austr. 1988;149 : 309- 31 1. Barrasso R, De Brux J, Croissant O, Orth G, « » N. Engl. J. Med. 1987;317:916-923..

Épidémiologie Les caractéristiques épidémiologiques de ce cancer varient beaucoup selon les contextes géographiques et sociaux.

Prévalence Dans les pays dits développés, les cancers du pénis sont classés parmi les cancers rares ( aux États-Unis, ils comptent pour environ 0,4 à 0,6 % de toutes les tumeurs malignes, avec une incidence annuelle variant de 0,3 à 1 pour et par an).

Dans les pays riches, c'est un cancer qui se déclare principalement chez les personnes de plus de (avec pic d'incidence vers dans les pays riches) ; mais à la fin du dans les pays pauvres jusqu'à 20 % des patients avaient moins de au moment du diagnostic Horenblas S (1993), In Horenblas S ed: ; , 21..

Incidence Le taux de mortalité ajusté sur l'âge (ASIR et ASMR [Standardized mortality ratio] respectivement) a été estimé dans le monde pour ce cancer à 0,80 personne (pour 100 000) et de 0,29 (pour 100 000) en 2020 ; il y aurait eu 36 068 nouveaux cas et 13 211 décès en 2020). Ces deux institutions n'ont pas décelé de corrélation significative entre ce cancer et l'indice de développement humain, mais notent que : 15 pays déclarent une augmentation du TINA pour le cancer du pénis, dont 13 en Europe (Royaume-Uni, Lituanie, Norvège, Estonie, Finlande, Suède, Chypre, Pays-Bas, Italie, Croatie, Slovaquie, Russie et République tchèque) et 2 en Asie (Chine et Israël).

L'incidence de ce cancer varie selon les pays : elle est selon l' de 1 pour aux États-Unis (vers 2010 , mis à jour le 8 janvier 2012.), soit plus de deux fois plus élevée qu'en Australie (1 pour ) , publié en septembre 2010. qui elle-même en déclare plus que le Danemark ( pour non-circoncis Frisch M, Friis S, Kjær SK, Melbye M. Falling, . BMJ: . 1995;311(7018):1471..

Les services de santé publique du Royaume-Uni] en comptent plus de cas par an . , mis à jour le 18 janvier 2012..

L'incidence du cancer du pénis est beaucoup plus élevée dans les pays en développement. À titre d'exemple, au Paraguay, en Uruguay, en Inde, Ouganda et au Brésil son incidence est respectivement de 4,2 ; 4,4 ; 3,32 ; 2,8 et 1,5 à 3,7 pour , et dans certaines régions d'Amérique du Sud, d'Afrique et d'Asie il constitue jusqu'à 10 % des tumeurs malignes chez l'homme. Les pays les plus touchés par le cancer du pénis sont ainsi le Paraguay, l'Uruguay, l'Ouganda, le Brésil, l'Inde, l'Égypte et le Kenya.

C'est chez les Juifs israéliens qu'il est le plus rare (0,1 cas pour ) ; Israël a ainsi le taux de cancer du pénis le plus faible au monde avec une incidence quasi-nulleMontes Cardona CE, García-Perdomo HA. « Incidence of penile cancer worldwide: systematic review and meta-analysis ». Rev Panam Salud Publica. 2017;41:e117. doi: 10.26633/RPSP.2017.117..

Son incidence cumuléedéfinition de l'incidence cumulée, selon Minerva. a été estimée à 1 pour aux États-Unis et à 1 un pour au Danemark..

Considéré comme rare en Europe (0,4 à 0,6 % des cancers de l'homme dans les Persky L & Dekernion JB (1986), . CA Cancer J Clin . 36, 258-273.) et dans les pays dits développés ( « seulement » par an aux États-Unis au début des ), il semblait en régression, notamment dans certaines zones de forte prévalence (Inde Yeole BB, Jussa W & Alla DJ (1997), . ; 34 : 30-39., Chine).

Cependant, selon les données épidémiologiques analysées en 2013 au Royaume-UniArya M, Li R, Pegler K, Sangar V, Kelly JD, MinhasS… et Coleman MP (2013), , . DOI10.1007/s10552-013-0293-y (extrait/résumé)., le « taux de survie à après le diagnostic » s'est amélioré, mais le nombre de cas déclarés a été en forte et rapide augmentation en (de 1979 à 2009) avec la plus grande part de l'augmentation située entre 2000 et 2010, pour des raisons encore incertaines (tout comme le cancer du testicule Victoria M. Chia, Sabah M. Quraishi, Susan S. Devesa, Mark P. Purdue, Michael B. Cook et Katherine A. McGlynn, , 1973-2002 (2010) 19(5): 1151-1159 (résumé).) ; le nombre de cas de cancer du pénis a augmenté de 20 % en selon une étude financée par l'ONG Orchid et publiée dans le journal . Cette augmentation semble aussi constatée dans toute l'EuropeSanté log (2013) Cancer du pénis ; 20 % d'augmentation en , l'hygiène et le HPV en cause..

Incidence en France 449 nouveaux cas de cancer du pénis sont estimés en 2021 par l'Agence nationale de santé publique, c'est-à-dire un cas pour cent mille hommes (1 pour 100 000 hommes). L'incidence est donc mieux connue que par le passé : en 2003, Mottet n'a pas trouvé de données épidémiologiques françaises et récentes sur le cancer du pénisMottet N (2003). Épidémiologie du cancer du pénis. Prog. Urol, 13, 1237., pas plus que Bastide en 2005. En France métropolitaine, pour les cas diagnostiqués entre 2010 et 2015, le taux de survie nette à 5 ans diminue avec l'âge au diagnostic : de 79 % à 50 ans à 60 % à 80 ans. La mortalité en excès est élevée pendant les 3 ans suivant le diagnostic surtout chez les hommes les plus âgés. À 5 ans, la mortalité en excès est faible quel que soit l'âge au diagnostic.

Facteurs de risques La déficience immunitaire et certaines infections sont des facteurs de risque, mais : il ne semble pas exister de prédisposition génétique pour le cancer du pénis, aucune prédisposition liée à la couleur de la peau n'a été détectée (aux États-Unis Noirs et Blancs ont autant de risque de développer ce cancer) VATANASAPT, V., MARTIN N, SRIPLUNG H, CHINDAVIJAK K, SONTIPONG S, SRIAMPORN H, PARKIN DM, FERLEY J. (1995) , 1988-1991. , 4, 475-483..

Infections Virus HIV : les hommes séropositifs au VIH ont significativement plus de risque de développer un cancer du pénis qu'un homme non séropositif ( plus selon l'American Cancer Society , .., mais selon une revue d'étude (2023) les études disponibles sont hétérogènes . Il en ressort néanmoins . L'ethnicité semble aussi jouer un rôle (ainsi, le risque de carcinome du pénis est plus élevé chez les Hispaniques que chez les caucasiens séropositifs). Papillomavirus humain (VPH ou HPV) : l'infection par ce virus augmente significativement le risque de cancer du pénis. Selon le (CDC américain), le HPV semble responsable de 800 (soit environ 40 %) des annuellement diagnostiqués de cancer du pénis aux États-Unis , . HPV-Associated , . ; . Il y a plus de de HPV.. En 2009, la FDA a autorisé le vaccin quadrivalent anti-VPH chez les hommes, mais il est peu utilisé (vaccination non sexiste mise en œuvre que dans 42 pays en 2023) et on manque d'études sur l'efficacité de ce vaccin contre contre le risque de cancer du pénis et la néoplasie intraépithéliale la néoplasie intraépithéliale (IEN) est le développement d'une néoplasie bénigne ou d'une dysplasie de haut grade dans un épithélium. Le passage de la dysplasie à la néoplasie est difficile à définir, variant selon les auteurs. L'expression néoplasie intraépithéliale décrit généralement plus précisément ce que l'on appelait autrefois la dysplasie épithéliale. L'IEN n'est pas un cancer, mais est associé à un risque plus élevé de développer un cancer; l'IEN est donc parfois un état précancéreux. en termes d'effets des programmes de vaccination masculine là où ils existent. Selon il faudrait profiter de chaque occasion (consultations médicales, infirmiers scolaires, cours d'éducation sexuelle…) pour recommander la vaccination contre le VPH chez les adolescents et optimiser la couverture vaccinale. Verrue génitale : elles apparaissent chez 10 % des hommes environ au cours de la vie et sont considérées comme facteur de risque de cancer du pénis non invasif (risque multiplié par 3,7 si elles sont apparues deux ans avant le temps de référence ? Environ la moitié des hommes touchés par un cancer du pénis ont aussi des verrues génitales généralement dues au virus HPV.

Hygiène déficiente, blessures Mauvaise hygiène intime : c'est une cause d'augmentation du risque de développer ce cancer.. ; L'accumulation de smegma : cette substance blanchâtre quand elle s'accumule sous le prépuce semble également accroître le risque de cancer du pénis. L'American Cancer Society émet l'hypothèse que le smegma ne soit pas carcinogénique, mais augmente le risque de carcinome en provoquant l'irritation et l'inflammation du pénis. Balanite : cette inflammation du prépuce ou du gland du pénis est statistiquement associée à une augmentation (de ) du risque de cancer du pénis. Elle peut être due à une mauvaise hygiène ou à une réaction allergique à certains savons ou à des produits chimiques ou à un état général de santé dégradé (arthrite réactionnelle, infection, diabète… De petites lésions ou abrasions de la peau du pénis augmentent aussi le risque () de contracter ce cancer ; Le phimosis et le paraphimosis sont également considérés comme des facteurs de risque significatif ( de 38–65) pour le phimosis. Remarque : l'apparition d'un phimosis est aussi l'un des symptômes possibles du cancer du pénis ; Le lichen scléroatrophique est une maladie qui cause des taches sur la peau et une dégénérescence de certains tissus (génitaux notamment). Cette maladie encore mal comprise augmente le risque de cancers du pénis.. L'étiologie de la maladie étant inconnue, il n'existe pas de conseils préventifs ; La circoncision quand elle est pratiquée chez l'adulte est un facteur de risque, alors que pratiquée chez le jeune enfant elle le diminuerait (dans les pays riches au moins).. Ceci laisse penser ; Il a été suggéré que la réduction du risque puisse être liée à la suppression du risque de phimosis et d'accumulation durable de smegma ou d'infection par le HPV. Si elle a été pratiquée à la naissance, elle diminue ce risque de Maden, C., Sherman, K. J., Beckmann, A. M., Hislop, T. G., Teh, C. Z., Ashley, R. L., & Daling, J. R. (1993). . , 85(1), 19-24. (résumé)..

Autres facteurs de risques, environnementaux