Emma Mashinini, née à le et morte le , est une syndicaliste et femme politique sud-africaine.
Militant au Congrès national africain (ANC) à partir de 1956, elle est sur le conseil exécutif du (NUCW) pendant 12 ans, puis fonde la (SACCAWU) en 1975. Elle a également participé à la Commission de la vérité et de la réconciliation, ayant été nommée .
Récipiendaire de plusieurs prix, dont l'Ordre du Baobab et l', elle publie une autobiographie intitulée en 1989.
Biographie Jeunesse Emma Mashinini naît le à , un quartier blanc de Johannesbourg. Sa famille vit dans l'arrière-cour d'une maison qui emploie sa mère Joana. Lorsqu'elle est âgée de six ans, la famille de Mashinini déménage à , un quartier situé près de où se dirigeait plusieurs exilées des zones blanches. En 1936, le quartier est rasé à la suite du de 1934. La plupart des habitants sont relocalisés à Orlando, un township de Soweto, mais la famille Mashinini s'installe plutôt à Sophiatown. Cependant, à la suite du de 1954, la famille doit à nouveau déménager et se rend à Soweto.
Après la séparation de ses parents, Emma Mashinini quitte l'école pour commencer à travailler à l'âge de 14 ans. Elle se marie à 17 ans. Elle aura 6 enfants dont 3 mourront en bas âge. Sa fille Penny mourra à l'âge de 17 ans en 1971.
En 1955, Emma Mashinini participe au Congrès du peuple à Kliptown, une rencontre déterminante pour l'ANC. Elle affirmera plus tard que cet événement a été déterminant dans son parcours.
Syndicalisme En 1956, Mashinini commence à travailler pour la . Dans le contexte de l'apartheid, les travailleurs noirs y ont des conditions de travail particulièrement difficiles ainsi qu'une faible rémunération. Les femmes y sont traitées comme des travailleurs inférieurs.
Mashinini joint le et participe à son organisation à son milieu de travail. Elle devient déléguée syndicale ainsi que gérante de plancher nommée par la direction. Elle décrira plus tard les difficultés engendrées par cette double position.
Après certaines actions syndicales, les travailleurs gagnent la semaine de 40 heures de travail et l'assurance chômage. Mashinini est élue sur le comité exécutif de la (NUCW), où elle siègera 12 ans.
À cette époque, Emma Mashinini vit un autre point tournant au moment où elle réalise que son usine fabrique des uniformes utilisés par des gens oppressant les Noirs. Elle écrira dans son autobiographie : À partir de ce moment, elle considère que le mouvement syndical doit toujours se concentrer sur des enjeux politiques plus large.
En 1975, elle fonde le (SACCAWU), devenant ainsi une figure marquante du mouvement syndical sud-africain. Son militantisme l'amène aussi à être harcelée par la police.
Arrestation et emprisonnement Le , la police se présente à l'aube au domicile d'Emma Mashinini et procède à son arrestation. Elle est détenue en vertu de la section 6 du Terrorism Act de 1967 qui permet la de toute personne soupçonnée par la police de
Mashinini est détenue à la . Elle y vit des conditions de détention difficiles, passant le plus clair de son temps en isolement. Après un temps, elle est transférée à Johannesbourg, puis libérée après un total de six mois d'emprisonnement sans avoir été accusée d'aucun crime. Lors de sa libération, on lui ordonne de ne pas parler de sa détention. Alors qu'elle était détenue, son camarade Neil Aggett est mort pendu dans sa cellule.
Par la suite, Mashinini est traitée pour choc post-traumatique au Danemark. Son thérapeute lui conseille d'abandonner la politique et de se recentrer sur elle, mais Mashinini décide de poursuivre. Elle décrit d'ailleurs son traitement comme Elle reprend un poste au SACCAWU, qui grimpe à membres et gagne certains avantages pour les travailleuses.
Transition vers l'ANC Lors de la formation du Congress of South African Trade Unions (COSATU) en 1985, Mashinini milite fortement pour l'inclusion des femmes syndiquées. L'organisme finira par intégrer une image d'une femme avec un bébé à son logo.
En 1995, Mashinini est nommée et retourne à Pretoria travailler pour le gouvernement. En 1998, elle participe à consolider les droits fonciers d'une communauté de 600 familles évincées en 1969. Lors de son mandat, elle affirme que son département manque de personnel et de fonds.
En 2002, elle exprime son désarroi face à une décision de la cour limitant les réclamations foncières des Sud-Africains.
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi Article connexe Apartheid
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