La résistance anticommuniste roumaine est un mouvement populaire roumain de lutte contre la dictature du Parti communiste roumain (-). Elle fut active à partir de 1944 et dura pendant plus de trente années, certains combattants isolés subsistant en effet jusqu'au milieu des années 1970Les groupes de résistants ont survécu jusqu'en 1958, les derniers combattants isolés des montagnes étant annihilés au début des années 1960. En 1977, fut capturé alors qu'il vivait clandestinement depuis 1955, dans un village de la plaine de Transylvaine. En 1978, Grigore Sandu, apprenant l’amnistie concernant les résistants, se rendit auprès des autorités, cela après de clandestinité dans la forêt.. En Roumanie, l'opposition armée fut la première forme de résistance et l'une des plus organisées contre la terreur rouge du régime communiste à ses débuts. Ce n'est qu'après la chute, fin 1989, du dernier dirigeant communiste Nicolae Ceaușescu que les détails de ce mouvement, jusque-là scellés par le secret d'État, furent rendus accessibles aux historiens et aux familles, qui tentent de les porter à la connaissance du public. Les Roumains connaissaient déjà l'existence de . via la propagande communiste qui les évoquait de temps en temps, notamment pour expliquer ses échecs. Les faits étaient déformés par ces récits faisant passer les résistants pour de vulgaires bandits.
Dispersés mais relativement nombreux, de petits groupes armés, se dénommant parfois eux-mêmes , essentiellement réfugiés dans les Carpates, se cachèrent pendant des années des autorités. L'un des derniers combattants fut éliminé dans les montagnes du Banat en 1962, tandis qu'un autre maquisard des monts Făgăraș fut capturé en 1976. La résistance roumaine fut l'un des mouvements de résistance les plus durables au sein du bloc de l'Est .. Il est important de souligner que le sujet est une découverte relativement récente en Roumanie, grâce à l'ouverture partielle des archives de la Securitate, la police politique secrète roumaine, qui a permis d'examiner des faits historiques précis, parfois inconnus des historiens avant 2005De nombreuses données historiques précises sont désormais connues depuis la fin des années 1990 et le début des années 2000 : .. Ce processus est bien avancé en 2025, cela malgré une quantité considérable d'archives à analyser, ainsi que la disparition d'une partie des dossiers.. De nouvelles recherches et découvertes apporteront probablement d'autres perspectives et éclairages sur le sujet, en particulier sur certaines archives toujours soumises au secret, et qui concernent principalement les résistants soutenus par des services secrets étrangers. vignette |redresse=1.45 |alt=Carte de la Roumanie indiquant par des points rouges les principaux points de résistance armée. |Carte de la Roumanie indiquant par des points rouges les principaux points de résistance armée.
Genèse
vignette |redresse=1.4 |gauche |alt= |Trains de réfugiés roumains fuyant la Bucovine, occupée par les troupes soviétiques.
En mars 1944, l'Armée rouge envahit la Bucovine septentrionale, alors province du royaume de Roumanie, allié du Troisième Reich. Le premier acte de résistance est officiel et organisé par le grand état-major roumain : un bataillon spécial, unité territoriale de l'Armée roumaine est crééOuvrages, articles et documents sur le Bataillon Fixe Régional de Bucovine : . . . . et entraîné pour lutter contre l'envahisseur soviétique . et le NKVD : le . vignette |redresse=1.4 |gauche|alt=Réfugiés de Bessarabie fuyant l'occupation en juin 1940. |Réfugiés de Bessarabie fuyant l'occupation en juin 1940. Des centaines de Roumains fuient alors la terreur soviétique et les déportationsOuvrages, articles et documents sur la terreur soviétique en Roumanie et la résistance : . . . pour se réfugier dans les forêts. Ils constituent des guérillas antisoviétiques par groupes de 15 à . Les premiers groupes de maquisards se développèrent ainsi au nord de la Bucovine, parfois encadrés et soutenus par le commandement militaire allemand, mais toujours dirigés par des Roumains. Constitué uniquement de volontaires locaux, ce bataillon atteindra l'effectif de 1378 combattants réparti en trois compagnies. Un officier de réserve était chargé de l'instruction militaire des volontaires.
Le , la Roumanie rejoint les Alliés et déclare la guerre à l'Allemagne nazie. Toutefois, les Alliés attendent jusqu'au pour signer l'armistice avec la Roumanie, période durant laquelle l'Armée rouge agit comme en pays conquis, se livrant au pillage et à de nombreuses exactionsOuvrages et articles sur les abus et crimes de l'armée soviétique en Roumanie : . . . .. Une fois les dernières forces allemandes chassées du pays par l'armée roumaine, les forces soviétiques disposent de toute liberté en Roumanie, ayant pris soin de neutraliser les forces armées roumaines. Le gouvernement roumain n'a alors plus aucune autorité sur la Bessarabie et la Bucovine septentrionale, régions officiellement cédées à l'URSS en L'ultimatum soviétique du 26 juin 1940, suite logique du Pacte germano-soviétique, somme la Roumanie d'évacuer la Bessarabie et la Bucovine septentrionale. Le Roi Carol II de Roumanie cède et les territoires sont envahis par l'armée soviétique.. Dans ce contexte, la plupart des groupes de volontaires de Bucovine sont dissous, certains se maintinrent cependant dans les montagnes où ils restèrent actifs. Traqués par le NKVD, ils sont exécutés ou déportés au Goulag. On retrouve des traces d'existence de cette première résistance jusqu'en octobre 1944.. La Bucovine sera finalement le berceau de la résistance anticommuniste, déclenchée par la persécution soviétique systématique de la population roumaine .
En , le , ancien ministre de l'Intérieur du gouvernement Sănătescu, décide de créer un commandement central du Mouvement de Résistance Nationale, de subordonner toutes ses organisations précédemment établies, de diviser le territoire national en zones d'action, chacune avec un commandant qui doit agir selon les instructions centrales (le contre-amiral Horia Macellariu à Bucarest, le général Constantin Eftimiu dans les cols des Carpates orientales et dans les monts Apuseni, Gavrilă Olteanu à Monts Căliman, Prof. Gheorghe Manu dans la vallée de Prahova, Mihail Fărcășanu dans la région de Câmpulung Muscel, Horațiu Comaniciu dans les monts Sebeș) Ouvrages et articles sur le général Aldea et son action de résistance : . . . . ..
En , Aurel Aldea est arrêté et accusé d'avoir réuni sous son commandement plusieurs groupes . En réalité, le Mouvement national de résistance (MNR) embryonnaire . ; aussi publié dans deux articles : . . qu'il tentait de coordonner, ne représentait qu'une faible menace. . . . face à l'établissement du régime communiste.
Les élections législatives roumaines de 1946, largement entachées de fraudes et d'intimidations, dans un pays entièrement occupé par les troupes soviétiques, favorisèrent la fusion des forces anti-totalitaires. Un Comité national roumain installé à Paris en 1948. . chargé, dans l'espoir d'une intervention de l'Ouest, d'informer les gouvernements occidentaux sur la situation roumaine, est aussi en contact avec quelques résistants sur le sol roumain. Cependant aucune structure de coordination, ni un commandement central ne verra jamais le jour.
Début du mouvement de résistance armée
Au début de l'automne 1948, de petits groupes, parfois de simples individus, passèrent dans la clandestinité dans les Carpates. Ils constituèrent ainsi des points de résistance armés divers, dans ce qui fut un mouvement totalisant plusieurs milliers de personnes. Les rebelles venaient de toutes les couches sociales et de toutes les régions du pays. Ces groupes sont indépendants mais communiquent parfois entre-eux par messages. Il est possible d'identifier trois formes différentes . de manifestation de la résistance : des tentatives d'une résistance armée organisée et conduite par des officiers mis en réserve (tels le colonel Ion Uță, le lieutenant-colonel Gheorghe Arsenescu et le major Nicolae Dabija, des actes de désobéissance civile concrétisés par des mouvements de réfugiés dans les montagnes et la création de dépôts d'armements comme de centres de résistance et d'abris pour ceux recherchés par la police politique.
Pour la quasi-totalité de ces résistants ., l'intervention des Américains était la suite logique d'une situation dramatique qui plongeait le pays dans la terreur et des bouleversements sociaux et économiques sans précédent. Leur foi dans la venue imminente des Américains . était un élément majeur dans leur motivation Articles et documents sur l'attente de l'intervention américaine : . . . .. Les chefs de groupes étaient d'ailleurs lucides quant au fait que leur action ne pouvait donner des résultats qu'en soutien à une attaque américaine . contre les forces d'occupation soviétiques en Roumanie. L'absence d'une réaction militaire de l'Ouest, conjuguée à des conditions de subsistance extrêmement dures . tout en affrontant un ennemi utilisant des forces disproportionnées pour les combattre, aboutira à leur destruction dans les années cinquante.
Facteurs déterminants
Mise en place brutale d'une politique communiste
Un ensemble de mesures radicales bouleversant la société, laisse de côté des pans entiers de la population active ou oblige les roumains à une adaptation nécessitant une obéissance totale. Ce cadre inflexible a évidemment abouti à un rejet du régime et à un refus de participation à une démolition de la société existante par de nombreux citoyens. La position constitutionnelle de jure du Parti communiste roumain comme , interdit de facto la constitution d’associations, syndicats ou autres structures sociales indépendantes du pouvoir, et impose une autorité totale du parti communiste, allant du sommet (le Comité central) vers la base (les autres structures du parti, les citoyens). Il faut ajouter à ce sombre tableau la présence massive des organes de sécurité de la police politique, ou Securitate, dans la société, active par la censure ainsi que la mise en route d'une politique de surveillance à large spectre, sans contrôle judiciaireÉcoute des conversations téléphoniques, ouverture du courrier, quadrillage territorial, institutionnel et professionnel systématique du pays, arrestations arbitraires.. Sur le plan économique, une stricte planification d’état, affecte non seulement les orientations macro-économiques, mais aussi tous les aspects de la production, de la distribution et de la consommation, au mépris des ressources disponibles, des possibilités techniques, de l'environnement et des besoins de la population. Enfin, un contrôle total des activités culturelles ., sportives ., des médias, la fin de la liberté d'expression et la restriction des déplacementsDes autorisations et divers visas préalables sont nécessaires pour changer d’emploi, de domicile, de résidence à l'intérieur du pays, et encore plus pour voyager hors du pays. Le passeport de chaque citoyen est conservé par la police politique. empêche toute respiration culturelle et interdit toute espace de liberté.
Vagues massives d'arrestations et d'épurations
Un nettoyage profond et systématique dans les administrations frappe le pays après la prise de pouvoir sans partage par les communistes à la veille de 1948. L'armée subit une épuration complète, l'immense majorité des cadres formés avant le communisme sont mis à la retraite ou en réserve. L'épuration de l'armée royale a eu lieu entre 1945 et 1949 au travers de plusieurs décrets Articles consacrés à l'épuration de l'armée royale: . . . .