L'église Saint-Martin est une église catholique paroissiale située à Béthisy-Saint-Martin, en France. Son origine est ancienne, et sa première mention remonte au début du , mais rien de la première église ne subsiste. Elle a été remplacée au second quart du par un édifice de style roman, dont restent l'élégant clocher à la flèche en pierre, la nef très simple, et le portail occidental en arc brisé. La base du clocher possède l'une des premières voûtes d'ogives de la région. Une seconde voûte d'ogives est construite vers 1150 au-dessus de la première travée du chœur, alors que le voûtement du bas-côté sud est resté inachevé. À la fin du , le chœur est agrandi : l'abside romane est remplacée par une travée gothique au chevet plat, dédoublée par une chapelle latérale au sud. Quelque temps après, déjà au , le bas-côté nord est reconstruit, mais la guerre de Cent Ans entraîne une interruption du chantier, de sorte que le voûtement n'est entrepris qu'au dernier tiers du , dans le style gothique flamboyant. Puis une chapelle latérale nord du chœur est bâtie dans le prolongement du bas-côté. Grâce à la reprise en sous-œuvre des arcades au nord du vaisseau central du chœur, un petit chœur-halle est créé, dont quatre voûtes de trois époques différentes retombent au centre sur pilier cylindrique isolé. Ainsi s'achève la construction de l'église Saint-Martin, qui présente depuis un plan rectangulaire, avec trois vaisseaux dont le dernier tiers correspond au chœur, à la base du clocher et aux chapelles latérales. Plusieurs campagnes de restauration ont lieu au , et l'église est aujourd'hui en bon état. Elle est classée aux monuments historiques depuis 1931.. Elle fait partie de la Paroisse de la Vallée de l'Automne et la Messe dominicale anticipée y est célébrée cinq fois par an.
Localisation
L'église est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans le Valois et la vallée de l'Automne, sur la commune de Béthisy-Saint-Martin, rue de l'Église. La façade occidentale est alignée sur la rue, et il n'y a pas de parvis devant l'église. Un parking public se situe néanmoins au nord du bas-côté nord de l'église. Le bas-côté sud est également visible depuis la rue, mais il donne sur le jardin de l'ancien presbytère, qui est aujourd'hui une habitation particulière. Le presbytère lui-même a été bâti perpendiculairement à l'église. On peut contourner la maison et son jardin grâce à la ruelle desservant le cimetière. C'est depuis le cimetière que l'on bénéficie d'une vue sur le clocher et le flanc sud du chœur. Le chevet et le flanc nord du chœur ne s'ouvrent à la vue que depuis la pente boisée en face, accessible par un long détour seulement. Ils sont enclavés dans un terrain privé. Ainsi, les parties les plus intéressantes de l'église sont accessibles au visiteur, mais la position de l'église et la configuration parcellaire la mettent peu en valeur, et aucun endroit n'offre une vue d'ensemble.
Historique
Béthisy-Saint-Martin et Béthisy-Saint-Pierre forment au Moyen Âge une communauté unique appelée simplement Béthisy, avec les deux paroisses de Saint-Martin et de Saint-Pierre. Même si Saint-Pierre dépasse en importance Saint-Martin, l'on suppose que le noyau historique de Béthisy se situe du côté de Saint-Martin, placé sur le trajet d'une voie romaine. Saint-Pierre n'est au départ qu'une ferme du fisc dans le domaine royal, que Charles le Chauve donne à l'abbaye Notre-Dame de Morienval en 907, au moins en partie. Le même roi donne les deux églises à l'abbaye bénédictine Saint-Crépin-le-Grand de Soissons. Ceci ne prouve pas que les deux paroisses existent déjà ; il n'y a peut-être qu'une au moment de la donation, car l'érection d'une chapelle en paroisse coïncide souvent avec ces donations. En 1026, la reine Constance d'Arles usurpe une partie des terres que possède l'abbaye Saint-Crespin à Béthisy, et y fait construire un château pour son fils Robert de Bourgogne. Ce château devient vers 1040 le siège de la juridiction auparavant sise à Verberie, et Béthisy-Saint-Pierre devient le siège de la châtellenie de Béthisy-VerberieElle est remplacée en 1703 par la création du prévôté royal de Verberie.. L'église Saint-Martin est elle aussi usurpée, et ceci dès la fin du . Sous l'influence de l'évêque Lisiard de Crépy, elle est restituée au début du . Il paraît qu'un prieuré est associé à l'église, car la fonction de curé revient à l'un des moines de l'abbaye Saint-Crépin-le-Grand, qui par ailleurs touche aussi la dîme. On trouve une situation analogue à Béthisy-Saint-Pierre.. thumb|upright|left|Plaque commémorative pour la restauration de 1890 à 1902.
La construction de l'église actuelle a dû commencer par l'abside romane, qui a été remplacée par la deuxième travée du chœur actuel à la fin du . Le clocher a été bâti vers 1130-1135, en même temps que la nef et ses bas-côtés. La nef est calquée sur celle de Béthisy-Saint-Pierre, mais les fenêtres ont été bouchées à l'époque moderne, le prolongement vers l'ouest que l'on rencontre à Béthisy-Saint-Pierre n'a pas eu lieu, et la fausse voûte en berceau de bois plâtré est restée en place, si bien que les similitudes ne sont plus apparentes à la première vue. Dès 1150, un premier remaniement intervient dans les parties orientales : la voûte en berceau de la première travée du chœur est remplacée par une voûte d'ogives. Vers la fin du , le chœur est agrandi : l'abside romane est remplacée par une travée gothique, et un collatéral est bâti au sud, dans le prolongement de la base du clocher (qui se trouve quant à elle dans l'axe du bas-côté sud de la nef). Probablement, un second collatéral est construit au nord du chœur, ou le collatéral roman d'une seule travée est prolongée par une travée gothique, mais puisque cette partie de l'église a été refaite ultérieurement, on ne peut pas l'affirmer avec certitude. Au cours du , c'est le bas-côté nord de la nef qui fait l'objet d'une reconstruction, comme l'indique le remplage des fenêtres. Sans doute en raison de la guerre de Cent Ans, le voûtement d'ogives doit attendre jusqu'au dernier tiers du . Il est effectué dans le style gothique flamboyant. C'est à la même époque que se construisent les deux travées du collatéral nord du chœur, dans le même style. À la fin du Moyen Âge, l'église Saint-Martin trouve ainsi sa configuration actuelle.. Des réparations ont lieu au . Le bas-côté sud de la nef est refait en 1811., et ses fenêtres sont repercées. Deux plaques commémoratives rappellent d'autres campagnes de restauration : la première en 1845 sous le curé Baudoin et le maire Edmond de Seroux, et la seconde entre 1890 et 1902 sous le curé O. Macrez et le maire G. de Seroux. thumb|Vue générale intérieure.
Sous tout l'Ancien Régime, Béthisy-Saint-Martin est le siège d'un doyenné en alternance avec Verberie. Ce doyenné est une subdivision de l'archidiaconé de la Rivière du diocèse de Soissons.. La Révolution française met un terme à la carte administrative ecclésiastique traditionnelle, et le département de l'Oise est provisoirement rattaché au diocèse d'Amiens avec le concordat de 1801. Depuis le rétablissement du diocèse de Beauvais en 1822 correspondant désormais aux limites du département, la paroisse de Béthisy-Saint-Martin en fait partie : le diocèse de Soissons n'est pas rétabli. L'église est classée monument historique par arrêté du . Quelques années après la Seconde Guerre mondiale, la paroisse perd son indépendance et est rattachée à celle de Béthisy-Saint-Pierre, qui absorbe aussi la paroisse d'Orrouy à la même période. En 1990, le dernier curé de Saintines est muté vers un autre village et quatre autres villages rejoignent la paroisse de Béthisy : Saintines, Gilocourt, Néry et Saint-Sauveur. Cette configuration permet encore la célébration de messes dominicales au moins deux fois par mois. Les habitants lancent une souscription afin de financer l'acquisition d'un orgue. La paroisse de Béthisy perd son indépendance en 1996, quand les quarante-cinq paroisses actuelles sont définies.. Le dernier curé de Béthisy-Saint-Pierre est le père Jacques Monfort. Depuis lors, Béthisy-Saint-Pierre fait partie de la paroisse de Verberie, dont le vaste territoire n'est desservi que par un unique prêtre, le curé de Verberie. Les célébrations eucharistiques se raréfient et se limitent à trois ou quatre messes dominicales anticipées par an, sans compter les baptêmes, mariages et enterrements.
Description thumb|Plan de l'église.
Aperçu général
Régulièrement orientée, avec toutefois une légère dérivation de l'axe vers le sud-ouest du côté de la façade occidentale, l'église forme un rectangle de de long pour de large. Elle suit un plan qui n'est pas entièrement symétrique, basé sur trois vaisseaux parallèles. Cette réalité est reflétée par le mur du chevet, qui présente un alignement de trois pignons successifs, tandis que la façade ne compte que deux pignons, car le bas-côté sud de la nef est recouvert par un toit en appentis s'appuyant contre le toit de la nef. Celle-ci se compose de quatre travées accompagnées de deux bas-côtés de longueur identique, et le chœur établi dans le prolongement direct de la nef comporte deux travées supplémentaires, également flanquées de bas-côtés. Il n'y a donc pas de transept. La largeur des trois vaisseaux ne varie pas sur toute leur longueur, mais les travées du chœur sont plus profondes que larges, et l'architecture de la nef et du chœur se distingue sensiblement. De plus, la présence du clocher au-dessus de la première travée du collatéral sud dud chœur apporte une irrégularité, et la travée est précédée par une courte section voûtée en berceau, alors que la base du clocher proprement dite est voûtée d'ogives. Sinon le chœur, ses collatéraux et le bas-côté nord de la nef sont également voûtés sur croisée d'ogives, alors que la nef et son bas-côté sud sont simplement plafonnés. L'on accède à l'église par le portail occidental de la nef, ou par le portail latéral de la seconde travée du bas-côté nord.
Intérieur Nef et bas-côtés thumb|upright|Nef, vue vers l'est.