La statue équestre de Léopold est une statue érigée en 1926 près du palais royal de Bruxelles à la mémoire du roi Léopold , deuxième roi des Belges.
Elle a été créée par le sculpteur Thomas VinçottePierre Loze, Dominique Vautier et Marina Vestre, Guide de Bruxelles et Art Nouveau, Eiffel Éditions - CFC Éditions, 1990, . en 1914, mais elle n'est finalisée qu'en 1926 par l'architecte François Malfait. C'est cette même année qu'elle est inaugurée en l'honneur du roi.
Quelques décennies plus tard, elle suscite de nombreuses polémiques quant à sa présence dans le centre de Bruxelles puisque la figure de Léopold n'est plus aussi admirée et respectée qu'à l'époque. En effet au début du , le souverain est principalement associé à l'histoire coloniale belge et à l'État indépendant du Congo, territoire sur lequel il exerça une souveraineté de fait de 1885 à 1908.
Localisation La statue se dresse place du Trône, au sud-est du palais royal de Bruxelles à l'endroit où la rue Ducale rejoint le boulevard du Régent (petite ceinture), à quelques dizaines de mètres des écuries royales de Bruxelles. Elle est à proximité de Matonge, quartier africain (principalement congolais) de Bruxelles..
La proposition du lieu a été faite par Thomas Vinçotte, le sculpteur de la statue. Elle fut, par la suite, approuvée par la Commission Royale des Monuments et des Sites. Mais on l'a aussi placée de manière telle que sa position soit centrale dans un cadre ni trop grand ni trop petit, bien orientée par rapport à la lumière et entourée par de la végétation.
Histoire Initiative de 1914 Le roi Léopold meurt en 1909 et en sa mémoire, les autorités belges prennent l'initiative, en 1914, de lui ériger une statue« Statue équestre de Léopold », disponible sur www.reflexcity.net, s.d., consulté le 28 novembre 2017.. Pour ce faire, l'État belge collecte plus de belges soit quelque 2,5 millions d'euros (2017)X, « Statue de Léopold à Bruxelles », disponible sur www.belgiumview.com, s.d., consulté le 30 novembre 2017.. Le , le Moniteur belge et la presse lancent un appel pour qui voudrait contribuer à ériger ladite statue, et cela fonctionne car le roi lui–même y participe et répond à l'appel au même titre que quelques citoyens.
La statue a pour objectif de louer les mérites de Léopold , roi bâtisseur et colonisateur, mais aussi d'évoquer la reconnaissance nationale envers ce souverain considéré comme le héros des Belges de l'époque.
Érection de la statue en 1926 Cependant, la statue ne voit pas le jour aussi vite que prévu car la Première Guerre mondiale frappe le Royaume de Belgique et il faut attendre la fin de la guerre pour que l'œuvre soit remise en projet et que le sculpteur Vinçotte en soit nommé le confectionneur avec l'aide de l'architecte Malfait et de l'Union Minière du Haut-Katanga qui, quant à elle, offrit la matière premièreF. Solvel, « Nos souverains coulés dans le bronze », disponible sur www.brusselslife.be, 30 novembre 2011.. Enfin, cette statue de bronze est coulée par la Compagnie des Bronzes de Bruxelles et est inaugurée le , jour de la fête de la Dynastie, mais aussi de la fête patronale du roi Léopold . La statue est érigée sur la place du Trône : un choix qui semble logique, puisqu'il s'agit d'un lieu où Léopold a prononcé de nombreux discours et par ailleurs situé à proximité de l'endroit où il prêta sermentX. « La statue équestre de Léopold – Bruxelles Pentagone », disponible sur www.ebru.be, s.d., consulté le 2 décembre 2017..
Cette cérémonie est marquée par la présence de toute la Haute Cour belge et des autorités venues en cortège sur les lieux. Le roi Albert fait prononcer un discours évocateur sur son prédécesseur.
Des critiques émergèrent lors de l'inauguration de la statue équestre, certains experts reprochant que le buste de la statue du roi Léopold soit la reproduction exacte du buste présent dans le Parc Duden que le même auteur réalisa des années auparavant. Mais il ne s'agit pas de la seule critique, non plus politique mais artistique, qu'il fut fait à l'œuvre de Vinçotte, d'autres experts avançant que celle-ci usait mal de divers styles tels que le style grec du cheval sur lequel se tient le roi, lequel manquerait de naturel.
Réplique de la statue à Kinshasa vignette|droite|redresse=0.8| Il existe dans la banlieue de Kinshasa une réplique exacte de cette statue, qui fut inaugurée le par le roi Albert . devant le palais de la Nation, actuel bâtiment de la présidence de la République démocratique du Congo..
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En , sous la présidence de Joseph Kabila, la statue réapparaît sur le boulevard du 30-Juin en plein centre-ville à la suite d'une décision du ministre de la Culture Christophe Muzungu, qui déclare à l'époque que cette statue . Mais la statue est déboulonnée à nouveau au bout de 24 heures.
La statue se dresse maintenant à côté de celles de son successeur, Albert , et du fondateur de Léopoldville (actuelle Kinshasa), l'explorateur britannique Henry Stanley, dans le parc présidentiel du Mont-Ngaliema, un parc avec vue sur le fleuve Congo, réhabilité en 2010 avec l'aide de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), ouvert au public sous bonne garde des militaires.
Description Il s'agit, tout d'abord, de la seconde représentation d'un roi des Belges, la première étant celle du roi Léopold . Ce second monument est constitué d'une statue en bronze du roi à cheval, dressée sur un piédestal en pierre bleue de section rectangulaire.
La face est du piédestal, tournée vers le boulevard du Régent, affiche en latin le nom du roi, son titre et les dates de son règne :
La statue adopte un style épuré afin d'éviter qu'elle ne soit trop massive, laide ou allégorique. Le buste a été reproduit à l'identique de celui que Vinçotte avait déjà créé auparavant.
Le cheval étant considéré comme le piédestal idéal d'un roi et le peuple ayant l'habitude de voir Léopold se promener à cheval dans Bruxelles, on fit le choix de cet animal.
Elle porte la signature de Thomas Vinçotte, le sculpteur de la statue et de celui qui s'est occupé de la verdure qui l'entoure, ainsi que la mention de la Compagnie des Bronzes de Bruxelles qui a coulé la statue en bronze, tandis que le piédestal en pierre affiche le nom de l'architecte qui l'a conçu, mais qui a aussi aménagé la place de verdure, François Malfait, ainsi que la date d'édification.
Sur l'arrière du socle de la statue, une petite plaque ( sur environ) en bronze indique "Le cuivre et l'étain de cette statue proviennent du Congo Belge. Ils ont été fournis gracieusement par l'Union Minière du Haut-Katanga"
Sculpteur et architecte Thomas Vinçotte est à l'époque de la création de la statue le sculpteur de la Cour. Il a été formé à l'Académie de Bruxelles puis a étudié à l'École des Beaux-arts de Paris. Il enseigne ensuite la sculpture à l'Institut supérieur national des Beaux-Arts d'Anvers. Il est connu pour avoir créé des œuvres décoratives, des bustes et des monuments publics. Les statues équestres restent cependant une de ses spécialitésX, « Thomas Vinçotte-Biographie », disponible sur www.museepla.ulg.ac.be, juin 2005.. Durant la conception de ladite statue du roi Léopold , le sculpteur Vinçotte, alors en âge, dû interrompre plusieurs fois son avancement pour cause de maladie, ce qui recula encore un peu plus les délais fixés après la guerre et ce n'est donc qu'en 1925 qu'il en acheva la construction, mais fatigué, il mourut le .
François Malfait est l'architecte du socle en pierre sur laquelle se dresse la statue équestre de Léopold , mais c'est aussi lui qui permettra de faire aménager la place afin d'accueillir la statue.
Controverses
Théophile de Giraud (2008) En , un activiste du nom de Théophile de Giraud barbouille la statue de peinture rouge : il décrira l'acte comme le . La dégradation de la statue de Léopold sert à manifester pour l'abolition de l'esclavage et le déboulonnage des statues de ce roi qu'il qualifie ouvertement de « criminel contre l'humanité »..
Collectifs anti-racisme et anti-colonialisme (2015) Le , à la suite du projet de commémoration des 150 ans d'accession au trône du « roi bâtisseur » par la Ville de Bruxelles, différents collectifs (parmi lesquels la Nouvelle voie anti-coloniale et le collectif Mémoire coloniale et lutte contre les discriminations) se rassemblent devant la statue pour contester cette œuvre, dénoncer les crimes de la colonisation belge au Congo et le manque de mémoire en Belgique autour de ce passé...
Tribunes des deux camps (2015-2016) La même semaine, le , l'avocat d'affaire libéral-conservateur Aymeric de Lamotte signe une tribune dans le quotidien La Libre Belgique, où il prend le contre-pied de cette manifestation sous le titre « Non, Léopold n'était pas génocidaire »..
Un autre tribune paraît le dans le quotidien Le Soir : signée par différents universitaires et membres de la société civile, elle invite à une réflexion autour de la place de cette statue dans une perspective « décoloniale »..
Force est de constater que la statue prise pour cible subit diverses mésaventures (« attentats », contestations, manifestations) et que les éloges sont plutôt rares. Des griefs qui s'expliquent par le rôle joué par Léopold lors de la période coloniale, qui lui valut tour à tour le surnom de « roi bâtisseur » puis de « bourreau » ayant mené une politique coloniale criminelleTh. De Giraud, « Attentat pacifique et chromatique, c'est demain. Communiqué officiel », disponible sur www.susauvieuxmonde.canalblog.com , 8 septembre 2008, consulté le 6 décembre 2017.. Cette seconde thèse fut défendue par des détracteurs contemporains tel que Jules Marchal ou Théophile de Giraud, écrivain contestataire, mais fut aussi examinée par la commission d'enquête sur les exactions commises dans l'État indépendant du Congo. Cette statue, très proche du quartier africain de Bruxelles, peut donc être considérée comme le point focal du débat entourant la mémoire coloniale belge de par sa présence dans le patrimoine architectural. De nombreux débats agitent l'actualité en Belgique, notamment quant à la question de l'effacementX, « Faut-il retirer les statues coloniales de Léopold dans l'espace public ? », disponible sur www.rtbf.be, 17 août 2017, consulté le 12 octobre 2017. de toute référence à la gloire de ce roi. Cette question reste en suspens depuis la fin des années 2010N. Tousignant, « Séminaire du CES : Espace public, Ville et Héritage. Intervenir sur les monuments coloniaux », 18 avril 2017, disponible sur www.crhdi.be , consulté le 3 décembre 2017.. Certaines personnalités s'opposent en effet à la disparition du monument en affirmant que celui-ci est un héritage fort du passé qu'il faut conserver, en explicitant qu'on ne peut appliquer les conditions de mœurs actuels aux faits du passéN. Michel, « RDC : Léopold , ce bourreau aux 10 millions de victimes », 9 septembre 2015, disponible sur www.jeuneafrique.com , consulté le 3 décembre 2017..
Explosion des contestations après l'assassinat de George Floyd aux États-Unis (2020)
vignette|droite|redresse=1.25| Le , la presse annonce que la statue équestre de Léopold a été recouverte de plusieurs inscriptions après la manifestation « Black Lives Matter » organisée par l'association Change ASBL. et qui a rassemblé plus de 10.000 personnes contre le racisme le à Bruxelles. dans la foulée des manifestations et des émeutes contre le racisme et les violences policières qui font suite à la mort de George Floyd à Minneapolis aux États-Unis le : ..... Le secrétaire d'État bruxellois Pascal Smet, chargé de l'Urbanisme et du Patrimoine annonce qu'il . .