L’ordre Néron () a été édicté par Adolf Hitler le . Il ordonne la destruction des infrastructures allemandes pour empêcher leur utilisation par les forces alliées alors qu'elles pénètrent profondément en Allemagne. Cet ordre est officiellement intitulé (« ordre concernant les mesures de destruction sur le territoire du Reich ») et est par la suite devenu connu sous le nom d’ordre Néron, d'après l'empereur Néron que la rumeur avait accusé d'avoir fait incendier la ville de Rome en 64.
Contexte Début 1945, la situation allemande était désespérée. La plupart des territoires occupés avaient été libérés, la bataille des Ardennes avait échoué et les armées alliées avançaient dans le territoire allemand par l’Est et par l’Ouest. Cependant Hitler ne voulait pas déposer les armes et accepter une capitulation sans conditions.
Ce n'était pas la première fois qu'Hitler essayait de détruire des infrastructures avant qu'elles ne puissent être prises. Peu avant la libération de Paris, Hitler avait ordonné que des explosifs soient placés près de sites importants comme la Tour Eiffel ou des plaques tournantes du transport. Si les Alliés s'approchaient de la ville, le gouverneur militaire Dietrich von Choltitz avait pour ordre de déclencher ces explosifs, laissant Paris en ruine. Cependant Von Choltitz ne put suivre l'ordre et se rendit aux alliés. De même, après l'échec de l'insurrection de Varsovie et l'expulsion de sa population, la destruction complète de la ville en représailles est réalisée.
Le décret
Traduction
Mise en œuvre
La responsabilité de sa mise en œuvre fut donnée à Albert Speer, ministre des Armements de la production de guerre. Speer fut consterné par l'ordre et perdit sa foi en Hitler. Après l’avoir reçu, il demanda des pouvoirs exclusifs pour le mettre en œuvre, mais à la place il utilisa ses pouvoirs pour convaincre les généraux et les Gauleiter de l'ignorer. Hitler n'apprit cela que quelques jours avant la fin de la guerre quand Speer lui avoua qu'il avait délibérément désobéi. Alors confiné dans son bunker à Berlin, Hitler ne pouvait plus faire grand chose à ce moment-làHamsher (Wiliam), Albert Speer / Victim of Nuremberg ?, Londres, Frewin, 1970;Schmidt (Matthias), Albert Speer / Das Ende eines Mythos, Munich, Scherz, 1982 et sa colère fut impuissante. Il se suicida le , 42 jours après avoir donné cet ordre. Peu après, le , le Général Alfred Jodl signa les actes de capitulation du Troisième Reich et le Speer fut arrêté sur ordre du Général Dwight D. Eisenhower avec le reste du Gouvernement de Flensbourg dirigé par l’Amiral Karl Dönitz.
Voir aussi Albert Speer Politique de la terre brûlée Gotthard Heinrici Hellmuth Reymann Plan Morgenthau
Notes et références
Catégorie:Néron Catégorie:1945 en Allemagne Catégorie:Adolf Hitler Catégorie:Seconde Guerre mondiale