Le risque chimique est dû à une exposition (professionnelle ou non) à un agent chimique dangereux, généralement à l'occasion d'activités de production, manutention, stockage, transport, élimination ou traitement, ou à la diffusion volontaire dans l'environnement de produits chimiques dangereux.

Cet article (mis à part les problèmes de toxicité traités ailleurs) présente les risques suivants : asphyxie, risques liés au pH, incendie, explosion, fluides cryogéniques, rayonnement ionisant), avec un résumé des conséquences sur les biens et les personnes ou l’environnement ; et les moyens de prévention.

Situation dans le monde Les risques chimiques sont immédiats ou différés. Ils existent depuis l'Antiquité mais ils ont augmenté et touche un nombre plus grand de personnes. Avec la délocalisation de nombreuses entreprises polluantes vers des pays où la main-d'œuvre est moins chère et la réglementation plus laxiste, ces risques tendent depuis quelques décennies à « glisser » des pays riches vers des pays émergents producteurs de produits chimiques ou récepteurs de déchets dangereux et/ou toxiques.

De nombreux sites sont concernés par des séquelles industrielles, accidentelles ou de guerres (stocks, éventuellement immergés de munitions chimiques) sources de risque chimique.

En France Dans le monde du travail, selon enquête Sumer / Reach et un salarié sur dix l'a été à au moins un cancérogèneRozenn Le Saint S.V. (2018) Le rapport Frimat propose un contrôle renforcé du risque chimique : sante-et-travail / 23 août 2018.

Les secteurs du BTP et de l'industrie sont les plus concernés mais de nombreux salariés ou travailleurs indépendant sont dans une large gamme de métiers exposés aux ETM (éléments traces métalliques), aux poussières de bois cancérigènes, à l'amiante, aux poussières de silice, à divers solvants, aux fumées de diesel...

Selon la Caisse nationale d'assurance-maladie des travailleurs salariés, en 2016 les maladies professionnelles induites par des produits chimiques sont nombreuses (l'amiante étant encore la seconde cause [juste après les troubles musculo-squelettiques]) : le nombre de reconnaissances de maladies professionnelles a été en 2016 de 3.345 (dont 1.409 cas de cancers). Selon le rapport Frimat, hors amiante, 346 cas de cancers ont été reconnus en 2016 en lien avec une exposition aux agents chimiques dangereux dont 116 cancers de la vessie, 82 cancers provoqués par les goudrons de houille, 73 cancers provoqués par les poussières de bois et 10 cancers liés à l'inhalation de poussières minérales". En outre, 235 lésions eczématiformes ont été reconnues induites par des produits chimiques en 2016 ainsi que 191 rhinites et asthmes professionnels, et 189 affections non cancéreuses liées à l'inhalation de poussières minéralesLacas F (2018) Risque chimique : un rapport propose des amendes administratives information publié le 31/08/2018 par BatiActu.. Le rapport Frimat (2018) préconise vivement de : développer la biométrologie [analyses d'urine, sang, cheveux, etc. indicatrice de la contamination et de l'exposition réelle) au lieu de privilégier la mesure de taux atmosphérique de polluants, souvent ponctuelle dans l'espace et dans le temps ; allonger la listeCode de travail (version aout 2018) [ https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000018532600&cidTexte=LEGITEXT000006072050 Partie réglementaire, section 1 : Travaux interdits ] ; dans l'article D4154-1 de travaux interdits pour les intérimaires et salariés en contrats à durée déterminée (sauf dérogation par la Direccte locale) ; créer des amendes administratives pour "non-respect d'obligations formelles en matière de risque chimique (absence d'évaluation du risque chimique, transmission du dossier ACD, avis du CSE sur ce dossier, établissement des notices de poste par exemple)" ; élargir la procédure d'arrêt temporaire d'activité au cas de non-respect des mesures essentielles de prévention d'exposition à des agents chimiques dangereux ; créer une "ristourne travail" pour les entreprises ayant fait une évaluation des risques chimiques et élaboré un plan d'actions avec mise en place d'indicateurs pertinents ; taxer les fabricants des produits les plus dangereux (CMR notamment) pour financer la toxicovigilance et la recherche en toxicologie ; élargir le suivi post-professionnel des salariés exposés à des produits chimiques toxiques ou dangereux et mieux organiser le suivi post-exposition à des CMR de salariés encore à l'emploi ;

Réglementation Elle varie selon les époques, les pays et les contextes.

Le risque lié au plomb, au mercure, à l'arsenic et à certains poisons minéraux, végétaux fongique et animaux est connu depuis l'antiquité. Mais depuis la révolution industrielle et les progrès de la chimie, la gestion du risque s'est complexifiée en raison notamment de la multiplication du nombre de produits chimiques créés ou mis sur le marché ou diffusé dans l'environnement (pesticides notamment). Ces produits peuvent agir seuls ou synergiquement en mélange (effet cocktail) et/ou via leurs produits de dégradation. Les nanotechnologies sont également à l'origine de propriétés nouvelles et de risques nouveaux, encore mal évalués.

En Europe le risque chimique est principalement cadré par le Règlement Reach.

En France un nouveau dispositif de prévention et de réparation de l'exposition aux facteurs de risques professionnels (incluant le risque chimique) a été créé le et le une mission sur l'exposition aux agents chimiques dangereux a été confiée par les ministères du Travail et de la Santé au Pr. Paul Frimat (spécialiste des questions de santé au travail)Prévention BTP (2017) Une mission sur l’exposition aux produits chimiques dangereux , 16/11/2017. Ce dernier devait répondre à 3 questions sur la prévention, la traçabilité et le dédommagement : 1) comment améliorer la prévention de l’exposition des travailleurs aux agents chimiques dangereux ? ; 2) comment opérer un suivi de l’exposition des salariés aux agents chimiques dangereux ? ; 3) comment assurer la prise en compte des spécificités des agents chimiques dangereux dans les règles d’indemnisation ?

Grands types de risques chimiques (ou assimilés)

Explosion

Une explosion peut être causée par différentes substances telles que des gaz, des liquides, des solides (poudres ou poussières inflammables) et correspond à l’évolution d’un système avec libération d’énergie et production d’effets thermiques et mécaniques. Une explosion survient après formation d’une atmosphère dite « explosible ». Les explosions peuvent être de différentes natures : chimique ou physique.

Les risques dus à l’explosion concernent toutes les personnes présentes sur le lieu d'origine de l’explosion et peuvent aussi engendrer des risques pour les personnes à proximité mais pas directement sur le site. L’explosion peut occasionner des blessures graves, mais aussi toucher les fonctions vitales de l’individu. Ces risques concernent surtout des destructions partielles ou totales des locaux. De plus, une explosion peut projeter des débris sur d'autres réacteurs ou zones à risques, créant ainsi une seconde explosion : c'est l'effet missile ou effet domino.

Afin de prévenir tout risque d’explosion, il faudra veiller à identifier les sources d’inflammation. Il faudra aussi essayer de substituer un produit inflammable par un autre produit (moins inflammable), augmenter la granulométrie et éviter l’accumulation de vapeur. La prévention s’applique aussi à la formation du personnel et à la mise à disposition de protections appropriées. La détection d'un début d'explosion est assez difficile, puisque les gaz qui en sont responsables sont inodores. Un réseau d'explosimètres est donc souvent placé aux alentours d'une zone à risque, afin de détecter une concentration anormale en gaz.

Incendie

Le risque incendie est sensiblement présent lorsque trois facteurs sont réunis : la présence d’un combustible, d’un comburant et d’un apport d’énergie. C’est ce que l’on appelle couramment le triangle du feu.

Le combustible est le matériau susceptible de s’enflammer. Il peut s’agir de composés solides (bois, papier, tissu), mais aussi de composés liquides (essence, solvants organiques). Il est possible d’identifier de tels composés grâce au pictogramme « inflammable » présent dans les laboratoires.

Le comburant, quant à lui, est dans la plupart des cas le dioxygène apporté par l’air ambiant. Il existe néanmoins divers composés chimiques capables de jouer ce rôle (peroxydes, peracides). Enfin l’apport d’énergie peut être réalisé par la présence d’une source chaude, d’une flamme ou d’une étincelle.

Le déclenchement d’un incendie entraîne des dommages matériaux irréversibles mais aussi des dommages aux personnes exposées.

On distingue plusieurs classes de feux : les feux de classe A (matériaux solides), les feux de classe B (liquides ou solides liquéfiables), les feux de classe C (gaz) et les feux de classe D (les métaux). Selon le type d’incendie, la réaction à adopter est différente. Il existe ainsi plusieurs types d’extincteurs (portatif, mobile ou fixe) et plusieurs agents extincteurs (eau pour feux de classe A, mousse pour feux de classe B, poudre de type BC, ABC ou D correspondant au cas traité, dioxyde de carbone).

Risques liés au pH

Les risques liés au pH sont nombreux. Ils peuvent intervenir notamment lors d’un mélange de deux produits qui peut provoquer une variation importante de pH. Cela peut entraîner une augmentation de température (voire l’explosion du récipient), un dégagement de gaz inflammables ou toxiques, la corrosion du récipient ou l’irritation de la peau.

Un pH très acide ou très basique provoque de graves brûlures. Les acides réagissent avec l’eau présente dans la peau de manière très exothermique et c’est ce dégagement de chaleur qui brûle la peau. Les bases, quant à elles, attaquent les protéines de la peau et les dégradent. La peau part en lambeaux et c'est à ce moment-là qu'on ressent ces brûlures. C'est pourquoi on ne manipule jamais un acide ou une base sans porter des lunettes de protection, une blouse et des gants. Un déversement d’acide ou de base peut entraîner la corrosion du matériel (sol, paillasses, vêtements, récipients de stockage) si celui-ci est en métal ou en céramique.

Pour éviter les risques liés au pH, il faut toujours verser (lentement) l’acide dans l’eau (jamais l'inverse), toujours connaître le contenu des solutions et des réactions possibles avant de les mélanger (voir Fiche de données de sécurité). Mais aussi ajouter lentement une solution au milieu réactionnel si celle-ci est susceptible de provoquer un changement de pH qui peut entraîner une importante augmentation de température.

Asphyxie

L’asphyxie résulte de la respiration d’un air appauvri en dioxygène. Cet appauvrissement peut provenir du remplacement de cet air par un autre gaz que ce soit volontairement (inertage) ou involontairement (fermentation ou décomposition dégageant du CO2, de l’H2S). L’asphyxie est une condition dans laquelle les cellules du corps ne reçoivent pas un approvisionnement suffisant en oxygène et entraîne la mort.

Les principaux gaz asphyxiants sont le monoxyde de carbone, le méthane, l’éthane, le diazote, le sulfure d’hydrogène et le dioxyde de carbone. Le danger vient du fait qu’ils sont incolores et inodores, d’où la nécessité d’un système de prévention et d’alerte efficace.

L’air respirable contient environ 21 % de dioxygène et en deçà d’une teneur d’environ 17 % le risque de perte de connaissance brutale, sans signe précurseur, est à craindre. La mort en souvent entraînée car le secours doit être immédiat. Cette diminution du taux d’O2 peut être liée à différents éléments. Lors du travail dans un espace confiné, deux types de mécanisme sont en cause :