Antrain (parfois nommée localement Antrain-sur-Couesnon) est une ancienne commune française située dans le département d'Ille-et-Vilaine en région Bretagne, peuplée de habitantsPopulation municipale , légale en .. Le , elle a fusionné avec La Fontenelle, Saint-Ouen-la-Rouërie et Tremblay pour former la commune de Val-Couesnon..

Géographie Situation Antrain, chef-lieu de canton de l’arrondissement de Fougères-Vitré, est située : à au nord de Rennes, à à l’ouest de Fougères, à à l’est de Saint-Malo, à au sud d’Avranches (Manche), à au sud du Mont-Saint-Michel (Manche).

La ville est bâtie sur un petit promontoire de d’altitude situé au confluent de deux cours d’eau : la Loisance et le Couesnon. Elle domine une verte région bocagère. C'est une ville-marché aux petites rues en pente conservant des demeures des .

Communes limitrophes

Topographie, géologie Le territoire communal est peu étendu (931 ha) et de forme allongée le long de la vallée du Couesnon. De ce fait, le relief est faiblement marqué.

La carte géologique simple est composée de schistes briovériens dans lesquels se sont creusés les lits des cours d’eau, dans les vallées desquels, par suite de la remontée du niveau marin, se sont déposées des alluvions modernes.

Favorisée par un climat océanique (temps doux et pluvieux), c’est une région où les herbages sont développés pour l’élevage bovin. Relief La carte topographique de la commune est principalement marquée par la vallée du Couesnon et de ses affluents. D’une manière générale, le territoire se présente comme un plateau dont la pente est orientée vers le nord-ouest. Les variations topographiques n’excédent pas une dizaine de mètres, sauf à l’approche du Couesnon, notamment dans le sud du territoire communal. La partie nord présente un relief plus calme s’ouvrant sur une vallée beaucoup plus vaste. C’est d’ailleurs dans cette partie du territoire que l’on trouve les dépôts alluvionnaires les plus importants.

Hydrographie, boisement Formant la limite communale ouest, le Couesnon, un fleuve côtier, est le cours d’eau le plus important dont quatre affluents forment les autres limites territoriales de la commune : au sud, le ruisseau de Bonnefontaine, au centre, la Loysance, qui draine l’agglomération, à l’est et au nord, le Tronçon, Enfin, tout au nord, le ruisseau de la Barbais.

Au nord, le finage communal s’étend sur une partie de la vallée du Couesnon une zone de marais. Celui-ci s’étend sur une superficie de dont en Ille-et-Vilaine (Bretagne) et dans la Manche (Basse-Normandie). Il se trouve en zone de protection spéciale, dont le périmètre est de 930 hectares et concerne en plus d'Antrain, sept autres communes (Pleine-Fougères, Pontorson, Boucey, Aucey-la-Plaine, Sacey, Sougéal, La Fontenelle). La zone de marais dans laquelle se situe Antrain est connue sous le nom de marais de la Folie (du nom d'un hameau voisin) et fait . Il en existe trois autres bien distincts, tant par leurs caractéristiques paysagères que par leurs modes de gestion spécifiques : le marais du Mesnil (), le marais de Sougéal (), le marais d’Aucey-Boucey (). Il est source de richesse naturelle en faune et flore.

Il n’y a pas de parties boisées importantes. Cependant, au sud, l’environnement du parc du château de Bonnefontaine lui confère un aspect forestier.

Transports À la croisée de grands axes routiers importants, son territoire est traversé : du nord au sud par l’axe Rennes-Pontorson-Mont Saint-Michel (RD 175,ancienne Route nationale 776), d’est en ouest par l’axe Fougères-Saint-Malo par Dol-de-Bretagne (RD 155, ancienne Route nationale 155) qui permet d’accéder à l’autoroute des Estuaires (l’A 84 qui relie Rennes à Caen), et enfin la RD 296 qui prend naissance au carrefour de « la Carrée » et qui conduit à Avranches.

L’agglomération semble s’être développée à cette intersection. Toutefois, l’histoire nous apprend qu’elle a grandi en fait à cause et grâce à l’un des rares ponts existant sur le Couesnon.

Sous l'Ancien Régime Antrain était traversé, selon un axe sud-est/nord-ouest, par l'ancienne route de Paris à Brest. Cette voie de communication empruntait les actuelles rues Le Hérissé, de l’Église et du Couesnon..

Antrain a aussi eu deux gares : une gare ferroviaire (entre 1868 et 1987) et une gare de tramways (entre 1903 et 1937).

L'ancienne ligne ferroviaire de Vitré à Pontorson longeant la vallée de la Loisance a été aménagée en voie verte et sentier piétonnier (GR 37).

Toponymie Attestations anciennes La localité est mentionnée avec différentes graphies et sous différentes formes dans les anciens actes : Intramnum au Ernest Nègre, Toponymie générale de la France (lire en ligne). Intramnum, Entraim, Entreacum au . Intramnum, Intrannum, Entrenium au . Intrenium au . Entraing au Ernest Nègre, op. cit.. enfin, dans les actes d’une époque postérieure, sous celles de : Intramneium et Intraineyum, puis Entrain ou Entrein au , puis Antrin et finalement Antrain. La dénomination Antrain-sur-Couesnon est une variante officieuse fréquente du nom. Citons pour conclure, les formes bretonnes rencontrées sur certains documents : Etraon et Entraven. Antrein en langue gallèse.

Étymologie Le nom d’Antrain serait issu du latin interamnus (mansus) qui signifie « (domaine) entre les rivières » ou bien « au milieu des rivières »Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Volume . ., tire sans doute son toponyme de sa situation géographique entre les eaux du Couesnon et de la LoysanceErnest Nègre, op. cit...

En revanche, Albert Dauzat considère Entrains-sur-NohainEntrains-sur-Nohain(Nièvre), Intaranum , sur une des inscriptions d'Autun -RIO 1962 174-, Interamnum () comme un rhabillage latin du gaulois Intaranum, peut-être intar « entre » et anum « marais »Albert Dauzat et Charles Rostaing, op. cit., . De sorte qu’Antrain n'étant connu que par des transcriptions médiévales tardives, il s'agit vraisemblablement aussi d'un calque latin du gauloisXavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, éditions errance 2003, ., c'est-à-dire *Enterambes, *Entarambes, terme de même signification « entre-rivières ». Ce mot gaulois se décompose en enter, entar « entre » cf. breton entr « entre », le mot celtique étant très proche du mot latin inter. Du reste, la forme semi-latine est bien attestée dans le glossaire gaulois - latin de Vienne : inter ambes traduit par le latin inter rivos « entre-rivières ». De même Entarabo (au datif), épithète d'une divinité gauloise se comprend de la même manière « entre-rivières » ou encore *Entaran- qui se comprendrait comme « entre-marais, au milieu des marais » et ce, d'après la proposition d’Albert Dauzat ci-dessus, mais avec le gaulois enter, entar postulé par Xavier Delamarre et non pas *intar. Le second élément -an-, sous la forme ana, est inscrit dans le glossaire de Vienne et traduit par le latin palude « marais ». Ces deux explications s'accordent l'une et l'autre avec la localisation primitive du village, Antrain étant située entre deux rivières dans la zone des marais du Couesnon (voir ci-dessus).

Albert Dauzat fait un parallèle avec les types toponymiques Antraigues, du midi qui remontent au latin inter aquas « entre [deux] cours d'eau », qui ne se rencontrent pas dans l'aire de diffusion de la langue d’oïl, mais bien dans le Sud de la France plus romanisé, alors que le type toponymique Antra(i)n / Entrain(s) est caractéristique du nord.

Histoire Préhistoire Des fouilles archéologiques indiquent une présence sur les lieux d'artisans fondeurs, dès le Néolithique, et d'une implantation gallo-romaine au croisement de plusieurs voies de communication reliant Jublains à Corseul Article Patrimoine des communes de France sur http://fr.topic-topos.com/.

Antiquité La voie romaine de Condate Riedonum (Rennes ) à Legedia (Avranches) passait par Antrain, suivant pour l'essentiel au niveau de la commune d'Antrain le tracé de la route moderne de Rennes à Antrain construite au par le duc d'Aiguillon..

Moyen-Âge Bien que positionnée sur un mamelon commandant le Couesnon, il semble qu'Antrain n'ait pas été fortifiée de pierres; la motte féodale située sur les bords du Couesnon n'excluant pas une utilisation armée de son site bien avant, mais aucune trace écrite ni archéologique ne prouve l'existence probable à cet endroit d'un oppidum gallo-romain au croisement de plusieurs voies de communication, notamment celle reliant Noviodunum (Jublains) à Fanum Martis (Corseul).

C'est à la suite de la victoire d'Alain Barbetorte sur les Normands en 939 qu'un premier sanctuaire aurait été érigé, dédié à saint André, ce saint étant associé à la force et à la virilité. La première église est construite au .

Après Azincourt, en 1415, des troupes du connétable Bertrand Duguesclin, autorisées par le duc de Bretagne Jean V, se réfugièrent à Antrain après la défaite de Saint-James-de-Beuvron, y créant une activité toilière (de nombreux drapiers normands se fixèrent à Antrain, Fougères et Vitré) ; la ville connut alors un accroissement démographique vers la fin de la guerre de Cent Ans

Antrain connait les siècles suivants un réel essor industriel, notamment dans la draperie, la tannerie et le commerce. À partir du , l'économie de la ville bourgeoise commence à s'essouffler : les industries du textile déclinent, la situation géographique ne joue plus en faveur de son commerce, et peu à peu, la population commence à diminuer.

Selon Jean-Baptiste Ogée Herbert, évêque de Rennes, obtint en 1197 de l'Abbé de Marmoutiers le patronage et la moitié des oblations de l'église d'Antrain, qui jusqu'alors avait été dépendante de cette abbaye.. C'est probablement alors que l'église paroissiale fut reconstruite, mêlant les styles roman et gothique (emploi simultané de l'ogive et du plein cintre).

Antrain était une forteresse considérable, construite par les Ducs de Bretagne, où il y avait en 1469 une forte garnison, commandée par Jean de PorçonJean II de Porçon, né vers 1395 à Antrain, capitaine d'Antrain en 1469. (la famille de Porçon était alors propriétaire du domaine de Bonnefontaine ; son fils, Arthur de PorçonArthur de Porçon, né le au château de Bonnefontaine. fut capitaine de Fougères, et chambellan de la duchesse Anne) : la ville d'Antrain a été assiégée plusieurs fois sans être prise.

Temps modernes Antrain connaît un difficile, tiraillé par les troupes anglaises et françaises à plusieurs reprises ; une terrible épidémie (de nature indéterminée) survint en 1564..

La châtellenie d'Antrain dépendait de la baronnie de Fougères ; elle possédait une juridiction établie en 1558 par Henri II, qui comprenait les paroisses d'Antrain, Le Tiercent, Chauvigné, Romazy et Saint-Marc-le-Blanc ; les juridictions seigneuriales de Bonne-Fontaine, la Chattière, les Portes, le Tiercent, la Belinaye, le Pontavice, qui disposaient toutes du droit de haute justice et la Vairie (moyenne justice) en dépendaient.. Antrain avait en outre une subdélégation qui, vers la fin du , s'étendait sur 7 paroisses et s'étendit au sur les 12 paroisses de celle de BazougesLes 19 paroisses concernées étaient Antrain, Chauvigné, Saint-Marc-le-Blanc, Romazy, Tremblay, Saint-Ouen-de-la-Rouërie, Trans, Bazouges, Marcillé. Saint-Rémy, Sens, Sougéal, Vieuxviel, Vieuxvy, Noyal, Feins, La Fontenelle et Cuguen.

Mais Antrain n'eut jamais, malgré son importance, de communauté de ville. L'abbé de Rillé, qui portait, en vert d'un charte de François II de Bretagne, le titre de « maître universel de tout le territoire de Fougères, Bazouges et Antrain » , nommait à son gré tous les maîtres d'école.

Henri II donna aussi par lettres patentes en 1550 l'autorisation à Pierre, seigneur de la Materlière, qui venait d'épouser Françoise de Pontorson, dame du Vivier et de Bonnefontaine, de construire le château de Bonnefontaine et d'y étalir un marché et quatre foires annuelles.