Le secteur de l'énergie aux Pays-Bas est historiquement marqué par son gisement de gaz de Groningue ainsi que par le rôle majeur du port de Rotterdam, principal point d'entrée des importations européennes d'hydrocarbures. Mais la production de gaz naturel recule rapidement et ne couvre plus que 31 % de la consommation de gaz en 2024. L'exploitation du gisement de Groningue a pris fin le octobre 2023.
L'énergie nucléaire a aussi joué un rôle modeste ; le gouvernement prépare depuis 2018 un projet de nouvelle centrale nucléaire. Enfin, les Pays-Bas développent depuis plusieurs années une politique d'incitation aux énergies renouvelables, en particulier à l'énergie éolienne et à l'énergie solaire photovoltaïque, qui se développent rapidement. Le pays s'est fixé l'objectif de parvenir d'ici 2050 à la neutralité carbone.
En 2024, la consommation intérieure d'énergie primaire du pays est couverte à 83,0 % par des combustibles fossiles (pétrole : 39,5 %, gaz naturel : 36,8 %, charbon : 6,8 %), par le nucléaire à 1,5 % et par les énergies renouvelables à 16,0 %. La consommation d'énergie primaire par habitant est supérieure de 82 % à la moyenne mondiale, de 7 % à celle de la France et de 23 % à celle de l'Allemagne.
L'électricité représentait seulement 18,0 % de la consommation finale d'énergie en 2023 ; sa production se répartissait en 2024 en 45,3 % d'énergies fossiles (gaz naturel 35,9 %, charbon 8,2 %, pétrole 1,1 %), 2,9 % de nucléaire, 49,9 % d'énergies renouvelables (éolien 27,2 %, solaire 17,3 %, biomasse-déchets 5,4 %) et 1,9 % d'autres sources (déchets non renouvelables, etc). La croissance de la production solaire photovoltaïque (PV) est particulièrement rapide : sa part est passée de 1,9 % en 2017 à 17,3 % en 2024 ; les Pays-Bas se classent en 2024 au mondial pour la part du solaire PV dans la production d'électricité.
Les émissions de gaz à effet de serre liées à l'énergie aux Pays-Bas ont reculé de 27 % de 1990 à 2024 ; le gaz naturel est responsable de 44 % de ces émissions, le pétrole de 38 % et le charbon de 14 %. Les émissions de par habitant sont parmi les plus élevées en Europe en 2024, supérieures de 46 % à la moyenne mondiale, de 69 % à celle de la France et de 3 % à celle de l'Allemagne.
Vue d'ensemble Principaux indicateurs de l'énergie aux Pays-Bas Population Consom.énergieprimaire Production Import.nette Energy Statistics Data Browser - Net energy imports, Spain, 1990-2024, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025. Consom.électricité* Energy Statistics Data Browser - Electricity consumption, Spain, 1990-2024, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025. Émissionsde GES**tab.GHG-Energy Année Million PJ PJ PJ TWh Mt éq 1990 14,95 2810 2536 778 77,5 156 2000 15,93 3131 2448 1455 103,6 167 2010 16,62 3464 2981 1179 116,4 176 2011 16,69 3223 2782 1170 117,9 164 2012 16,75 3226 2768 1202 115,2 162 2013 16,80 3158 2921 911 114,7 161 2014 16,87 2976 2524 1135 113,2 153 2015 16,94 3043 2025 1793 113,7 161 2016 17,03 3097 1949 1722 114,6 162 2017 17,13 3123 1741 1951 115,3 159 2018 17,23 3059 1545 2199 117,0 154 2019 17,34 2990 1384 2347 117,2 148 2020 17,44 2891 1147 2373 115,9 132 2021 17,53 2967 1102 2084 117,6 136 2022 17,70 2635 1004 2629 112,4 124 2023 17,88 2550 849 2226 110,6 114 2024 17,99 2561 789 2291 113,9 114 variation1990-2024 +20 % -9 % -69 % +194 % +47 % -27 % * consommation brute d'électricité = production+importations-exportations-pertes en ligne** émissions de gaz à effet de serre liées à l'énergie.
Comparaisons internationales Dans les statistiques mondiales de l'Agence internationale de l'énergie et de l'Energy Institute, les Pays-Bas apparaissent : au des importateurs nets de pétrole brut en 2023, avec , soit 2,3 % du total des importations mondiales ; au des exportateurs nets de produits pétroliers en 2023, avec , soit 1,9 % du total des exportations mondiales Energy Statistics Data Browser - Oil products imports vs. exports, Netherlands, 1990-2024, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025. ; au des producteurs d'électricité éolienne en 2024 : , soit 1,3 % de la production éolienne mondiale, au pour la part de l'éolien dans la production d'électricité (27,2 %) et au pour leur puissance installée éolienne : 61 ; au des producteurs d'électricité photovoltaïque en 2024 : , soit 1,0 % de la production photovoltaïque mondiale, au pour la part du solaire PV dans la production d'électricité (17,3 %), derrière la Hongrie (24,1 %), le Chili, l'Espagne, l'Australie et la Grèce et au pour leur puissance installée photovoltaïque : , soit 1,3 % du total mondial60.
Dans les classements européens établis par EurObserv'ER pour la production d'énergies renouvelables en 2021 dans l'Union européenne, les Pays-Bas apparaissaientÉtat des énergies renouvelables en Europe - édition 2022, EurObserv'ER, 11 mai 2023. : au pour la puissance installée éolienne : ; au pour la puissance installée éolienne en mer : , derrière l'Allemagne ; au pour la production d'électricité éolienne : ; au pour la production d'électricité éolienne en mer : ; au pour la puissance installée photovoltaïque : ; au pour la production d'électricité photovoltaïque : ; au pour le parc installé des capteurs solaires thermiques : ; au pour la consommation de chaleur issue de la géothermie : , derrière la France () ; au pour le parc installé de pompes à chaleur : ; au pour la production de biogaz : ; au pour la production d'électricité à partir de biogaz : ; au pour la production d'électricité à partir de déchets urbains renouvelables : ; au pour la production d'électricité à partir de biomasse solide : .
Les Pays-Bas se classent au de l'UE pour la puissance photovoltaïque par habitant : fin 2022, soit 2,45 fois la moyenne de l"Union européenne : ), devant l'Allemagne : et la Belgique : ; la France est à , au Baromètre Photovoltaïque 2023, EurObserv'ER, 4 mai 2023..
Politique énergétique Le gouvernement a publié en un document d'orientation intitulé « Programme énergétique : vers un approvisionnement en énergie bas-carbone » dans lequel il affirme très clairement que l'unique objectif de sa politique énergétique est désormais la réduction des émissions de gaz à effet de serre : la limitation du réchauffement climatique fixée par l'Accord de Paris sur le climat . Les objectifs de réduction d'émissions de des divers secteurs seront de 80 % à 95 % d'ici 2050. L'« Accord sur l'énergie pour la croissance durable » a déjà mis en place les programmes nécessaires pour porter la part des énergies renouvelables dans la production d'électricité de 12 % en 2015 à 41 % en 2023. Le principal outil pour y parvenir a été le « SDE+ » (Système d'incitation à la production d'énergie renouvelable), qui sera prolongé Energy Agenda: Towards a low-carbon energy supply, Gouvernement néerlandais, 1er mars 2017..
La Cour d'appel de La Haye confirme en octobre 2018 le jugement de 2015 condamnant le gouvernement à réduire de 25 % en 2020 les émissions de gaz à effet de serre du paysClimat : les Pays-Bas épinglés par la justice pour leur manque d'ambition, Les Échos, 9 octobre 2018..
En , Klaas Dijkhoff, chef du groupe parlementaire du VVD (Parti populaire libéral et démocrate), le parti du premier ministre Mark Rutte, a proposé de construire une nouvelle centrale nucléaire. Un sondage du révèle que 54 % des Hollandais sont favorables à l’utilisation de l’énergie nucléaire contre seulement 35 % d’avis défavorablesAux Pays-Bas, l’atout nucléaire revient sur la table, SFEN, 11 décembre 2018..
À la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022 et de l'arrêt en mai 2022 des livraisons de gaz russe, le gouvernement autorise, le 20 juin, les centrales électriques néerlandaises alimentées au charbon à tourner à pleine capacité avec effet immédiat, alors que depuis le début 2022, ces centrales au charbon étaient contraintes à limiter leur production à 35 % de leur capacité afin de respecter l'objectif de réduction des émissions de Le blocus sur le gaz russe force les Pays-Bas à redémarrer les centrales à charbon, Les Échos, 23 juin 2022..
Production d'énergie primaire + Production d'énergie primaire aux Pays-Bas par source (Pétajoules) Source 1990 % 2000 % 2010 % 2020 % 2024 % 2024 var.2024/1990 Pétrole 173 6,8 111 4,5 69 2,3 44 3,9 26 3,2 % -85 % Gaz naturel 90,0 90,2 90,9 723 63,1 290 36,8 % -87 % Total fossiles 96,9 94,8 93,2 768 67,0 316 40,0 % -87 % Nucléaire 38 1,5 43 1,8 43 1,5 45 3,9 39 4,9 % +2 % Hydraulique 0,3 0,01 0,5 0,02 0,4 0,01 0,2 0,01 0,3 0,04 % +0,3 % Biomasse-déchets 40 1,6 81 3,3 142 4,8 227 19,8 214 27,1 % +431 % Éolien, solaire 0,9 0,04 4 0,2 16 0,6 95 8,3 208 26,4 % x223 Chaleur 12 1,1 12 1,6 % ns Total EnR 41 1,6 85 3,5 159 5,3 334 29,2 434 55,1 % x10,5 Total 100 100 100 100 789 100 % -69 %Source des données : Agence internationale de l'énergie
En 2024, la production d'énergie des Pays-Bas couvrait 30,8 % des besoins en énergie primaire du pays, taux d'indépendance énergétique inférieur à la moyenne de l'Europe. Elle a fortement augmenté de 1963 (431 PJ) à 1974 () grâce à la mise en exploitation du gisement de Groningue ; ensuite, elle a assez peu varié pendant 40 ans, avec deux pics en 1977 () et 1996 (), mais elle baisse rapidement depuis 2014 () pour atteindre en 2017, soit 56 % des besoins du pays Energy balance sheet; supply and consumption, sector, site StatLine mis à jour le 18 décembre 2018..
Gaz naturel
Les réserves gazières prouvées récupérables des Pays-Bas étaient estimées par l'Institut fédéral pour les sciences de la terre et les ressources naturelles allemand (BGR - ) à (milliards de mètres cubes) fin 2022, soit 5 années de production au rythme de 2022 : . Les Pays-Bas disposent aussi de de ressources gazières additionnelles non récupérables dans les conditions actuelles.
L'Energy Institute estime la production de gaz naturel des Pays-Bas en 2024 à 37, soit , représentant 0,2 % de la production mondiale, en baisse de 18,4 % en 2024 et de 87 % depuis 201438. La production nationale ne couvre plus que 31 % de la consommation du pays : (0,6 % de la consommation mondiale), qui augmente de 0,6 % en 2024 et s'est réduite de 24 % depuis 201439.
En 2017, la production de gaz naturel des Pays-Bas était encore très importante : (millions de mètres cubes) en 2017 ; elle couvrait encore les besoins en gaz du pays () et l'excédent est exporté ( d'exportation nette en 2017). Démarrée en 1947, elle est restée modeste jusqu'en 1964 (), puis a décollé jusqu'à atteindre un pic à en 1977 ; ensuite elle a régressé jusqu'à en 1982, puis s'est stabilisée entre pendant 30 ans, avant de plonger rapidement à partir de 2014 Natural gas balance sheet; supply and consumption, site Statline mis à jour le 25 janvier 2019..
Le gisement de Groningue, le plus grand gisement de gaz naturel d'Europe occidentale, fut découvert en 1959, dans la province de Groningue au nord des Pays-Bas. Les réserves furent évaluées à quelque (soit 100 Tcf, ou 17 Gep), ce qui en faisait un des plus gros gisements connus dans le monde. Le gouvernement incita les particuliers et les industries à convertir leurs équipements pour utiliser du gaz au lieu de charbon. L'infrastructure de distribution nécessaire fut mise en place, et Groningue alimenta une conversion massive de l'économie néerlandaise à ce combustible, favorisant de plus les exportations. Les mines de charbon du pays furent fermées.
En 1975, Groningue produisit environ 80 Gm de gaz, soit 80 % de la production du pays. Mais à cette époque la politique changea : les chocs pétroliers ayant prouvé que les hydrocarbures étaient plus précieux qu'on ne le pensait, et l'optimisme sur l'avenir de l'énergie nucléaire étant de plus en plus remis en cause, il fut alors décidé de : Limiter la production de gaz de Groningue en dessous de sa capacité technique.