L'assassinat de Róbert Remiáš se produit le à Karlova Ves, Bratislava, en Slovaquie. Ancien officier de police, Remiáš est un personnage clé du procès contre le Service d'information slovaque (, SIS) dans l'affaire concernant l'enlèvement en Autriche, le , du fils du président slovaque Michal Kováč.

La voiture de Remiáš explose à devant la place Riviéra de la rue de Karloveská. L'affaire n'a jamais été résolue, bien que l'implication du Premier ministre Vladimír Mečiar et du SIS soit considérée comme probable.

Historique

Enlèvement de Michal Kováč Jr. et enquête En août 1995, Michal Kováč Jr., le fils du président Michal Kováč qui est alors en conflit politique avec le Premier ministre Vladimír Mečiar, est enlevé, emmené en Autriche et jeté devant un commissariat de police. Il doit à l'époque témoigner dans une affaire de fraude.

Dans le cadre de l'enquête sur cet enlèvement, un agent du Service d'information slovaque (SIS) du nom d'Oskar Fegyveres, avoue avoir pris part à l'enlèvement. Il affirme que celui-ci a été organisé par Ivan Lexa, directeur du service et bras droit du Premier ministre. Après avoir témoigné, l'ancien agent se cache des autorités et fuit le pays pour se protéger. Il n'a de contact qu'avec son ami proche, Róbert Remiáš, un ancien officier de police de .. Oskar Fegyveres lui révèle que le premier ministre Vladimír Mečiar et le directeur du SIS sont impliqués dans l'enlèvement.

Surveillance de Róbert Remiáš Le SIS débute sa surveillance de Róbert Remiáš en 1995, peu de temps après que Fegyveres se soit planqué. Environ un mois après l'assassinat de son fils, sa mère Anna Remiášová dénonce publiquement la situation, affirmant que le téléphone de son fils était sous écoute et qu'après la mort de ce dernier, des officiers de la police slovaque lui ont réclamé des enregistrements vidéo que Róbert Remiáš avait fait des personnes le traquant. Plus tard, le chef du SIS confirme que le téléphone de sa maison, située au 5 rue Majerníková, a été mis sous écoute à partir du jusqu'à sa mort.

Le , Róbert Remiáš visite le troisième enquêteur de l'enlèvement Jozef Číž. Il se plaint à ce dernier d'être constamment épié, fournissant les numéros de plaque d'immatriculation et une description physique des passagers. Plus tard, ces voitures ont été reliées au groupe mafieux Ferusovci.

Assassinat Róbert Remiáš est assassiné dans l'explosion de sa voiture le à devant la place Riviéra de la rue de Karloveská, à Karlova Ves, Bratislava. Plusieurs membres du crime organisé ainsi que des agents du SIS auraient assisté à l'assassinat..

Enquête Suite à l'assassinat, une enquête est ordonnée, mais les rapports de police initiaux compliquent l'investigation en pointant du doigt un problème mécanique. Le travail de la police est critiqué et il devient progressivement évident que la voiture a été délibérément piégée.

En 1998, le SIS reconnaît que plusieurs de ses agents auraient participé à l'assassinat. Plusieurs arrestations ont lieu et des personnes passent aux aveux. Toutefois, le Premier ministre autoritaire Vladimír Mečiar accorde de nombreuses amnisties à des personnes impliquées dans l'affaire, décisions qui seront très critiquées par la suite.

En 2002, Ivan Lexa, ancien directeur du SIS, est accusé d'avoir organisé le crime en payant de couronnes slovaques () au chef criminel Miroslav Sykora pour qu'il fasse tuer Róbert Remiáš. Cependant, le tribunal l'acquitte. Plusieurs autres personnes sont inculpées et certaines de leurs déclarations corroborent l'hypothèse de la culpabilité d'Ivan Lexa, mais la majorité d'entre elles, suspects ou témoins, meurent dans les années qui suivent, certaines dans des circonstances troubles.

L'enquête est, en 2023, toujours officiellement en cours, mais les commentateurs slovaques sont peu optimistes quant à la possibilité d'identifier et de condamner commanditaires et auteurs.

Conséquences politiques Immédiatement après l'assassinat, Vladimír Mečiar tente d'étouffer l'affaire, expliquant que le crime n'a et qu'il ne s'agit que d'un accident. Malgré les accusations récurrentes à l'époque de concentration du pouvoir et d'hostilité à l'encontre des journalistes visant le chef du gouvernement, l'assassinat agit comme un déclic en montrant à la société slovaque . L'implication du chef du gouvernement et du Service d'information slovaque pousse également les États-Unis à soutenir les partis d'opposition, affirmant que le pays est devenu sous Mečiar un .

Lors des élections législatives de 1998, toutes les formations politiques s'allient pour contrer le Parti populaire – Mouvement pour une Slovaquie démocratique (HZDS) alors au gouvernement. Il recule très largement et Mikuláš Dzurinda devient Premier ministre. Cependant en 2006, lorsque Robert Fico fait son entrée au gouvernement avec son parti SMER – social-démocratie, il accorde une amnistie à Mečiar et lui propose de former un gouvernement de coalition.

Chaque année, l'anniversaire de l'assassinat est l'occasion pour des partis politiques critiques de Vladimír Mečiar de remettre en question les amnisties mises en place par ce dernier et empêchant d'enquêter sur certains crimes politiques ayant été perpétrés au milieu des années 1990.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Assassinat de Ján Kuciak Vladimír Mečiar

Liens externes

Reportage de The Independent

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