Le Dassault Mercure 100 est un avion de ligne fabriqué par le constructeur aéronautique français Dassault dans les . Entre et , les études de marché font apparaître l'existence d'un marché potentiel de court-courriers de . Le programme Mercure est alors officiellement lancé en . Toutefois, l'avion ne répond pas aux attentes des compagnies aériennes et seuls dix appareils seront vendus, tous à Air Inter.

Deux de ces avions sont préservés dans des musées, dont le F-BTTD, maintenu en état de fonctionnement par l’association IT Mercure au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget[(https://itmercurelebourget.wordpress.com/ .

Développement

La fabrication de cet avion à fuselage étroit, effectuée sous la maîtrise d'œuvre de Dassault Aviation, est répartie entre Fiat (Italie), la CASA (Espagne), l'ADAP (Belgique), la Fabrique fédérale d'avions FW d'Emmen (Suisse) et Canadair (Canada). L'assemblage final est effectué par la société Dassault, à Mérignac pour le prototype et, à Istres, pour les avions de série dans une usine spécialement construite à cet effet sur un terrain de et de bâti.. C'est le premier grand programme européen de coopération aéronautique civile qui préfigure les futures grandes opérations de coopération comme celle d'Airbus.

Pour permettre la construction en série, la société Dassault crée, à la demande de la DATAR, quatre nouvelles usines : Martignas, Poitiers, Seclin et Istres.

Le prototype du Mercure 100 réalise son premier vol à Mérignac, le , avec un équipage composé de Jean Coureau, Jérôme Résal et Gérard Joyeuse.. Le , quatre jours après son premier vol, il est présenté au Salon du Bourget.

Mise en service

Le , la compagnie aérienne Air Inter commande 10 appareils. Le premier avion de série fait son vol initial le . La certification civile DGAC est obtenue le .

Malgré l'intérêt accordé par plusieurs compagnies aériennes américaines, la vente de l'appareil se limite à la seule société française Air Inter. Le programme ne démarre pas, il est victime de la conjonction du premier choc pétrolier, des dévaluations du dollar, de l'inflation en Europe et de la préférence des compagnies aériennes pour un avion polyvalent court/moyen-courrier. L'avion est également pénalisé par sa motorisation : les moteurs Pratt & Whitney qui l'équipent sont relativement anciens, ils sont bruyants et consomment trop. Enfin, il est handicapé par un mouvement de lacet très sensible aux places arrière, les rendant particulièrement inconfortables. Ce mouvement combiné de lacet et de roulis est aussi appelé roulis hollandais, car il avait été un problème rencontré par Fokker. Pour le reste, le Mercure 100 est similaire au Boeing 737 mais plus rapide.

Le Mercure était apprécié par les pilotes pour sa bonne réactivité et aussi par les contrôleurs aériens pour sa capacité à perdre très rapidement de l'altitude en cas de besoin. Pour les passagers, il était plus inconfortable que la Caravelle, car la moindre turbulence était ressentie.

Finalement, seuls dix Mercure 100 sont fabriqués. La chaîne de montage est arrêtée le . Dassault tentera pendant quelques années de relancer le projet, en contactant des firmes américaines pour leur proposer de produire l'appareil sous licence, et surtout en lançant le projet Mercure 200, qui devait avoir un fuselage allongé et des moteurs CFM56 à bien meilleur rendement. Le projet ne fut jamais mené à bien, mais selon certaines rumeurs les plans furent cédés à Aérospatiale et inspirèrent dans une certaine mesure la conception de l'Airbus A320.

Le , Air Inter, satisfaite de l'exploitation de ses Mercure et désireuse d'un avion supplémentaire, commande la mise au standard du prototype Mercure 02 qui avait effectué son premier vol le . Il est livré à Air Inter le et devient le onzième appareil de sa flotte. Le , les deux derniers des onze Mercure en service sur le réseau d'Air Inter effectuent leur dernier vol ; l’un d'entre eux sera offert à l'École supérieure des métiers de l'aéronautique (ESMA). Un tronçon de fuselage d'un Mercure est stocké au hangar du Greta d'Armorique sur l'aérodrome de Morlaix.

Ce fut aussi le premier avion entièrement géré par une équipe féminine, lors d'un vol Paris-Nîmes en .

À l'heure de leur retraite, le bilan des Dassault Mercure est éloquent : heures de vol, de passagers transportés en , sans accident, avec une régularité de service de 98 %.

Le mercure 100 F-BTTD Air Inter est préservé en état de marche par le Musée de l'Air et de l'Espace au Bourget, en Francehttps://www.museeairespace.fr/aller-plus-haut/collections/dassault-mercure-100-n4-f-bttd-air-inter/ Dassault Mercure 100 N°4 F-BTTD Air Inter et un exemplaire peut également être visité au Musée des Techniques de Spire, en Allemagne.

Galerie photos

Dans la culture populaire Un Mercure (immatriculé F-BTTD) apparaît dans le film La Faute à Voltaire, sorti en 2000.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes Page du site de Dassault Aviation consacrée au Mercure Description technique du Mercure 06 préservé au CAEA Consignes de sécurité du Mercure d'Air Inter

Catégorie:Avion de ligne Catégorie:Avion des années 1970 Catégorie:Avion biréacteur Mercure 100 Catégorie:Premier vol en 1971 Catégorie:Avion à ailes basses