Benito Mussolini (en français : Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API. ; en italien : Prononciation en italien standard retranscrite selon la norme API.), né le à Predappio (royaume d'Italie) et mort le à Giulino di Mezzegra, est un journaliste, idéologue et homme d'État d'extrême droite italien. Fondateur du fascisme, il dirige le royaume d'Italie en tant que dictateur entre 1922 et 1943, notamment lors de la participation italienne à la Seconde Guerre mondiale avec les autres forces de l'Axe. Il est exécuté par la résistance italienne à la fin de la guerre, en 1945.

Il est couramment désigné par le terme « », mot italien dérivé du latin et signifiant ou .

Instituteur, puis journaliste, il s'engage d'abord comme militant syndicaliste révolutionnaire. Il a une jeunesse agitée, s'expatriant deux ans en Suisse où il complète sa formation politique. Secrétaire de la fédération de Forli, puis membre de la direction nationale du Parti socialiste italien et directeur du quotidien Avanti! en 1912, il en est exclu en 1914 quand il se déclare favorable à l'entrée en guerre contre les Empires centraux. Il crée son propre journal interventionniste, Il Popolo d'Italia, et fonde le le Faisceau d'action révolutionnaire interventionniste, un mouvement qui reprend les bases programmatiques des Faisceaux d'action internationaliste, notamment la volonté que l'Italie entre dans la Première Guerre mondiale dans l'espoir de provoquer une révolution.

Une fois la guerre déclarée, Mussolini devient caporal dans les Bersagliers. Le , il fonde les Faisceaux de combat, qui présente un programme révolutionnaire, nationaliste et anticlérical. Appuyé par les milices squadristes, il s'allie avec le Parti libéral italien aux élections législatives de 1921 pour faire élire des députés fascistes. Il fonde le le Parti national fasciste (PNF).

Après la marche sur Rome en , une démonstration de force paramilitaire, il est nommé président du Conseil des ministres par le roi Victor-Emmanuel , et obtient une majorité absolue à la Chambre des députés lors des élections législatives de 1924. Il instaure une dictature qui dure plus de vingt ans : le ventennio. Il conserve cependant la royauté et maintient le roi Victor-Emmanuel III au pouvoir.

À l'apogée du régime, Benito Mussolini bénéficie d'un soutien au moins passif d'une partie de la population, mais rencontre également la résistance de plusieurs mouvements antifascistes italiens. En politique extérieure, après un certain respect de l'équilibre européen par la signature des accords de Locarno, puis un éphémère front défensif avec le Royaume-Uni et la France lors de la conférence de Stresa, il déclenche la seconde guerre italo-éthiopienne et s'implique dans la guerre d'Espagne en 1936 pour soutenir Francisco Franco.

À la suite de sanctions de la Société des Nations et l'avènement du Front populaire en France en 1936, Mussolini se rapproche d'Adolf Hitler et instaure des lois raciales en 1938. Il ordonne l'invasion de l'Albanie puis signe le pacte d'acier avec le Troisième Reich en 1939. Il entre dans la Seconde Guerre mondiale le aux côtés d'Adolf Hitler, alors que la France est déjà vaincue. Par la suite, il essaie de mener une guerre parallèle dans son rayon d'action, la mer Méditerranée, mais échoue dans sa tentative d'invasion de la Grèce. Mussolini prend la décision d'intervenir dans l'opération Barbarossa en URSS, et déclare également la guerre aux États-Unis.

Après la défaite des armées italo-allemandes face aux Alliés lors de la campagne de Tunisie et le débarquement allié en Sicile, une conjuration impliquant le roi, l'ancienne classe dirigeante et le Grand Conseil du fascisme entraîne la chute de Mussolini et son incarcération. Libéré par les Allemands au terme de l'opération Eiche dans les montagnes du Gran Sasso, il instaure la République sociale italienne, sous contrôle nazi. Cet État fantoche coupe le pays en deux et provoque la guerre civile italienne, entre les milices du régime aidées par la SS et la Gestapo, et les partisans communistes et antifascistes coordonnés par un Comité de libération nationale.

Le , alors qu'il tente de fuir l'Italie, il est arrêté et exécuté avec sa maîtresse Clara Petacci par la résistance italienne. Leurs dépouilles sont pendues par les pieds sur la Piazzale Loreto, à Milan.

Biographie Jeunesse (1883-1902) thumb|left|Maison natale de Mussolini à Predappio. Au bas de l'escalier, la porte de la forge paternelle. Fils d'un forgeron, Alessandro Mussolini, et d'une institutrice, Rosa Maltoni, Benito Mussolini naît le à Varani dei Costa, un hameau de la commune de Dovia di Predappio (aujourd'hui Predappio) dans la province de Forlì-Césène en Émilie-Romagne.

Son prénom est un hommage à Benito Juárez, le héros national et libéral du Mexique. Son père, à la fois maréchal-ferrant et cafetier, est un meneur syndical et révolutionnaire qui a façonné la culture politique de son fils. Explique-t-il à son biographe officiel Yvon de Begnec ().

Sa mère, fille d'un vétérinaire était une institutrice catholique fervente. Le couple est uni malgré ses différences politiques et religieuses et l'enfance de Benito est heureuse. Il a un frère cadet, Arnaldo (1885-1931) et qui sera, jusqu'à sa mort, un collaborateur fidèle et admiratif, et une sœur discrète, Edvige (1888-1952).

Les deux années qu'il va passer chez les pères salésiens vont faire de lui un révolté. Les injustices qu'il constate vont développer chez lui une haine des possédants : au réfectoire, il y a la table de ceux qui payent 60 lires de pension mensuelle, puis celle de ceux qui paient 45, enfin la plus nombreuse, où il se trouve, de ceux qui paient 30 lires. Il est traité sans bienveillance (, a-t-il entendu dire au directeur parlant de lui) et se heurte à la discipline du collège, aux vexations et aux punitions. À la suite d'une dispute, il blesse un camarade d'un coup de canif.

Il poursuit ses études au collège Carducci de Forlimpopoli, un établissement laïc, où il reste sept ans, dont trois en école normale. Malgré de bons résultats, il est exclu deux fois de l'internat, à la suite d'un pugilat où il a joué du canif et pour avoir découché. Sous l'influence de son père, il se rapproche du militantisme et fréquente les cercles socialistes de Forlimpopoli et de Forlì. Il assiste à des réunions publiques et commence à y prendre la parole. Plus tard, lors de ses entretiens avec Emil Ludwig, il évoque son adhésion au socialismeEmil Ludwig, Entretiens avec Mussolini, éd. Albin Michel, 1932, . :

Il finit ses études à en avec un diplôme d'instituteur et trouve son premier poste sur recommandation de son père à Gualtieri, petite commune socialiste d'Émilie. Il touche un faible salaire : 56 lires par mois alors que sa pension lui coûte 40 lires. Son contrat n'est pas renouvelé

En 1902, il décide de s'expatrier en Suisse pour raisons économiques comme beaucoup d'Italiens, aussi pour rompre avec son milieu et éviter le service militaire.

Engagement socialiste (1902-1914) Expatrié en Suisse - Premières activités politiques (1902-1904) Sans travail, ni relations, ni argent, Benito Mussolini s'établit le à Lausanne, où vivent Italiens, travaillant pour la plupart dans l'industrie du bâtiment. Vivant misérablement, il est arrêté pour vagabondage par la police dans la matinée du sous les arches du Grand-Pont où il a passé la nuit, avant d'être gardé trois jours sous les verrous. Il prend contact avec les membres du groupe socialiste de la ville et fait son entrée en politique en devenant secrétaire et propagandiste officiel du syndicat italien des maçons. Il reçoit un peu d'argent pour cette activité (5 lires par mois), pour ses articles dans le journal du Parti socialiste italien en Suisse L'avvenire dei lavoratori, pour des leçons d'italien et même de français qu'il donne, mais il vit surtout de l'aide financière que lui apportent ses camarades socialistes.

vignette|Après son arrestation par la police de Lausanne (19 juin 1903).

Il fait de l'agitation politique, en soutenant les travailleurs en grève ou en les incitant à s'engager dans des actions revendicatives. Le , il est arrêté par la police helvétique, puis expulsé après douze jours de prison. Il retourne immédiatement en Suisse et renoue avec ses activités militantes, dans l'aile révolutionnaire du Parti socialiste italien (PSI) dirigée par Arturo Labriola. Il fréquente des syndicalistes révolutionnaires en exil, russes, allemands, polonais ou français. Il est désormais connu, intervient dans des débats publics, comme le débat avec le pasteur évangélique Alfredo Taglialatela, sur le thème de l'existence de Dieu. Il collabore à plusieurs journaux, dont l'Avangardia socialista à Milan et Il Prolettario à New-York.

vignette|left|Angelica Balabanova, dont Mussolini fait la connaissance à Genève en mars 1904.

En mars 1904, il fait la rencontre de la militante socialiste Angelica Balabanova à Genève. Fille d'un haut fonctionnaire ukrainien et future secrétaire de l'Internationale communiste, elle contribue à sa formation politique et littéraire. Elle raconte dans ses Mémoires sa première rencontre :

Elle l'initie à l'allemand, l'encourage à étudier l'histoire du mouvement ouvrier et l'économie politique. Il suit à Lausanne les cours de l'économiste Vilfredo Pareto).

En avril 1904, Benito Mussolini est expulsé du canton de Genève pour avoir modifié la date de validité de son passeport. Il est libéré à Bellinzone grâce aux protestations des socialistes genevois et avec l'aide du gouvernement tessinois. En novembre, il est reconduit en Italie.

De l'enseignement au journalisme et au syndicalisme révolutionnaire (1904-1909) De retour en Italie, Benito Mussolini profite de l'amnistie accordée à la naissance de l'héritier du royaume et doit effectuer son service militaire. Le , il est affecté au dixième régiment bersaglier de Vérone. Le , il perd sa mère, âgée de , qui meurt d'une méningite.

Il quitte l'armée à , en et trouve un poste de maître d'école à Tolmezzo dans le Frioul, toujours peu rémunéré (75 lires par mois). Son contrat n'est pas reconduit l'année suivante, toujours à cause de son comportement.

Fin 1907, il réussit l'examen d'habilitation à l'enseignement du français à l'université de Bologne. Il a le statut de professore et trouve début un poste de professeur de français au collège d'Oneglia, petite cité de la Riviera ligure administrée par les socialistes. On lui confie la direction du petit hebdomadaire du parti socialiste La Lima qu'il va tenir pendant quatre mois, publiant , la plupart d'inspiration anticléricale, sous la signature de Vero Eretico (vrai hérétique).. La direction du collège, informée par la police de ses antécédents politiques, le licencie à la fin de l'année scolaire le .

Durant l'été 1908, de retour à Dovia, il s'engage dans le mouvement des braccianti de ForlìL’activité militante de Mussolini était jusqu'alors celle d'un propagandiste, qu’il s’agît de son activité journalistique ou de sa participation à des tournées de conférence.. Les braccianti sont des journaliers agricoles prolétarisés (ils gagnent 3 lires pour une journée de travail de ), en conflit avec les métayers qui les emploient au sujet de l'utilisation des batteuses mécaniques. Mussolini prend la tête du mouvement, arrêté le , il fait un bref séjour à la prison de Forli.

thumb|upright=0.9|Rachele Guidi (1890-1979). Coup de foudre de Mussolini en 1909. Elle lui donne une fille, Edda, en septembre 1910. Il l'épouse civilement en 1915 et religieusement dix ans plus tard. Elle devient en 1929 Donna Rachele, sorte de titre de première dame.