Andriy Volodymyrovytch Paroubiy (en ), né le à Tchervonohrad (RSS d'Ukraine, URSS) et mort le à Lviv (Ukraine), est un homme d'État ukrainien.

En 1991, il fonde le Parti social-national d'Ukraine, parti d'extrême droite, qu’il quitte lorsque ce mouvement devient « Svoboda », en 2004. Il adhère ensuite à Notre Ukraine, à l’Union panukrainienne « Patrie » puis au Front populaire, positionnés au centre droit, et entre au Parlement en 2007.

Il est en 2014 secrétaire du Conseil de défense et de sécurité nationale d'Ukraine. En 2016, il est élu président de la Rada. Il est ensuite réélu député en 2019 sous la bannière de Solidarité européenne, autre parti de centre droit.

Il meurt assassiné le à Lviv.

Biographie Famille et éducation Andriy Paroubiy est né à Tchervonohrad, dans l'oblast de Lviv, le . Il est le fils de Volodymyr Paroubiy, directeur de la maison des enseignants de Lviv, et a une sœur, Olena, qui devient chef du Service de sécurité de l'État dans la région de Lviv. Son grand-père paternel, dont la famille était implantée dans la région de Przemyśl, a servi dans l'armée austro-hongroise pendant la Première Guerre mondiale puis, après son effondrement, dans l'Armée ukrainienne de Galicie, qui a combattu dans la guerre polono-ukrainienne de 1918 à 1919. Ses oncles paternels ont combattu au sein de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) pendant la Seconde Guerre mondiale et la guérilla antisoviétique jusqu'à la fin des années 1950, ce qui a valu à des membres de sa famille d'être envoyés en Sibérie et au Kazakhstan pendant dix ans. Son père a été un militant de l'indépendance ukrainienne et a mené une carrière politique après 1991, cofondant le Mouvement populaire d'Ukraine et atteignant le poste de maire adjoint de Lviv. Sa famille maternelle est originaire de la région de Kharkiv..

De 1987 à 1991, il travaille comme assistant de laboratoire et assistant principal de laboratoire dans plusieurs expéditions archéologiques de l'Institut des sciences sociales de l'Académie des sciences de la RSS d'Ukraine.

En 1994, Paroubiy achève des études d'histoire à l'université de Lviv, puis suit des cours de troisième cycle en sciences politiques et en sociologie à l'université nationale polytechnique de Lviv, dont il sort diplômé en 2001.

De 1999 à 2002, il est rédacteur en chef de la revue scientifique et politique Oriyentyry (Monuments).

Il épouse Ulyana Yuriivna, philologue et folkloriste née à Lviv en 1978, avec laquelle il a une fille, Yarina, en 2001.

Premiers engagements politiques En 1988, sous le régime soviétique, il fonde à Lviv l'organisation , qui restaure les tombes des anciens soldats de l'UPA et des fusiliers de la Sitch, recueille les souvenirs des anciens militants encore en vie et assure la surveillance des premiers rassemblements anti-soviétiques dans l'ouest ukrainien. En , il est arrêté pour avoir organisé un rassemblement non autorisé.

En 1990, il est élu au conseil régional de Lviv. De 1994 à 1998, il est élu au conseil municipal de Lviv.

En 1991, il fonde un mouvement d'extrême droite, le Parti social-national d'Ukraine, avec notamment Oleh Tyahnybok. Après deux échecs aux élections législatives de 1994 et 1998, les deux hommes refondent le , avec , mais toujours une . De 1998 à 2004, il dirige les Patriotes d'Ukraine, l'organisation paramilitaire du parti, considérée comme .

En 2002, il est réélu au conseil régional de Lviv, dont il devient vice-président.

Activités révolutionnaires La révolution orange En 2004, il participe à la révolution orange, prenant la tête d'une colonne de manifestants qui prend le contrôle de la Maison ukrainienne et l'occupe. Son rôle dans ce mouvement lui assure une notoriété nationale. Dans la foulée du triomphe de la révolution, il quitte Svoboda avec cinq autres membres du conseil politique, en , et, après avoir tenté de fonder un nouveau parti de droite, finit par adhérer à Notre Ukraine (centre droit) de Viktor Iouchtchenko.

Activités parlementaires Aux élections parlementaires de 2007, il est élu à la Rada, le Parlement ukrainien, sous les couleurs du Bloc Notre Ukraine, où il figure en . La même année, il initie l'installation, à Lviv, d'un monument en hommage à Stepan Bandera et, avec ses collègues députés, commence à collecter des fonds pour l'achèvement des travaux.

gauche|vignette|150x200px|Andriy Paroubiy, en 2012. En , il se bat avec Oleh Liachko lors de la diffusion en direct de l'émission de Savik Shuster, pour l'obliger à quitter le studio, dans lequel le chef du parti radical avait pénétré afin d'obtenir un débat avec le président Viktor Iouchtchenko. En février suivant, il demande au Parlement européen de revenir sur son opposition à la décision prise par le président ukrainien Iouchtchenko d'attribuer à Bandera le titre de héros de l'Ukraine. La même année, une plainte est déposée contre lui pour avoir tenté, en avril, de perturber le vote à la Rada destiné à ratifier l'accord avec la Russie qui visait à prolonger le séjour de la flotte de la mer Noire en Crimée pendant ans ; à cette occasion, il avait lancé un œuf sur le président Volodymyr Lytvyn et allumé un fumigène. Toutefois, celle-ci n'aboutit pas.

Le , il participe à une manifestation organisée à Kiev, près du Tribunal administratif supérieur d'Ukraine, contre le retrait du titre de héros de l'Ukraine à Roman Choukhevytch. En , il prend part à une autre manifestation, cette fois sur la place Bolotnaïa, à Moscou, dans le cadre du mouvement de contestation des élections législatives russes.

Membre du conseil politique de Notre Ukraine, il quitte le parti en , invoquant des Президія Політичної Ради партії, Notre Ukraine. Il est réélu la même année à la Rada sur la liste de l’Union panukrainienne « Patrie » soutenue par Ioulia Tymochenko, où il occupe la . La même année, il s'oppose, lors des discussions à la Rada, à l'adoption de la loi linguistique « Kivalov-Kolesnichenko », qui donne le statut de langue régionale au russe et aux langues minoritaires.

L'Euromaïdan droite|vignette|320x240px|Discours d'Andriy Paroubiy à Kiev le , durant l'Euromaïdan. Durant l'Euromaïdan, en 2013-2014, Andriy Paroubiy est commandant et coordinateur des « corps volontaires de sécurité » dans les manifestations, chargés de la sécurité des manifestants et de coordonner les actions lors des confrontations avec les forces de sécurité, qui prennent le contrôle du quartier gouvernemental de Kiev dans la nuit du 21 au .

Après les tirs qui touchent des manifestants et des policiers du Berkout, il met en cause des snipers russes. Cette version a été contestée par Oleksandr Yakymenko, chef du Service de sécurité d'Ukraine à l'époque de Viktor Ianoukovytch, qui a affirmé à la chaîne publique russe Rossiya 1 que les tirs provenaient du bâtiment philarmonique, dont Paroubiy était responsable. Dans un article de , le site ukrainien StopFake conteste l'idée que Paroubiy aurait en s'appuyant sur une déclaration d'Oleksiy Donskyi, chef du département des affaires du Maïdan au sein du bureau du procureur général d'Ukraine, qui avait attribué ces tirs, lors d'une réunion d'information en 2024, à des forces de l'ordre ukrainiennes, et sur le fait que, selon ses recherches, la photo censée montrer le départ de tireurs d'élite de l'hôtel « Ukraine » avait été prise à l'hôtel « Dnipro » le .

Après la Révolution Secrétaire du Conseil de défense et de sécurité nationale d'Ukraine À la suite de ces évènements, il est nommé le , par décret du président par intérim Oleksandr Tourtchynov, secrétaire du Conseil de défense et de sécurité nationale d'Ukraine, qui supervise le ministère de la Défense, la police et le renseignement, où il a pour adjoint Dmytro Iaroch, dirigeant de Secteur droit.

À ce poste, il défend la reconstitution de la garde nationale, en , puis décide, le , le transfert des combattants d'autodéfense de Maïdan dans le bataillon spécial Azov de la Garde, relevant du ministère de l'Intérieur et des Forces armées. La garde nationale devient la base des bataillons de volontaires engagés dans les combats dans l'est de l'Ukraine. En , il annonce l'introduction d'un régime de visas pour les citoyens russes, ainsi que le lancement d'une procédure de retrait de l'Ukraine de la Communauté des États indépendants.

Sous sa direction, le Conseil de défense et de sécurité nationale d'Ukraine décide de lancer une opération anti-terroriste concernant les secteurs sous contrôle de la république populaire de Donetsk et de la république populaire de Lougansk . Lorsque les séparatistes pro-russes s'emparent des bâtiments de l'État dans les centres régionaux de l'est de l'Ukraine, il prend l'avion pour Lougansk avec Valentyn Nalyvaïtchenko, le chef du SBU de l'époque, pour , mais échoue, au contraire d'Arsen Avakov et Stepan Poltorak, qui réussissent à écraser la république populaire de Kharkiv. Le , lors d'un déplacement à Odessa, il assure une réunion du quartier général opérationnel avec le gouverneur de l'oblast d'Odessa, Volodymyr Nemyrovsky, et les forces de sécurité de l'oblast, pour empêcher la prise de contrôle de la ville par les pro-Russes, selon le témoignage de militants de l'organisation Robymo vam nervy (« Rendons vos nerfs à vif »).

Le , il annonce sa démission Ukraine’s security chief Parubiy resigns, ITAR-TASS, 7 août 2014, par opposition aux pourparlers de paix de Minsk I, discutés, selon lui, dans des conditions très défavorables pour l'Ukraine.

Vice-président puis président de la Rada Il quitte alors l'Union panukrainienne « Patrie » et confonde le Front populaire avec Arseni Iatseniouk, Oleksandr Tourtchynov et Arsen Avakov. Après les élections législatives anticipées, où le Front populaire arrive en deuxième position, Paroubiy est élu vice-président de la Rada. En , il est victime d'une tentative d'assassinat à la grenade près de l'hôtel « Kiev », à Kiev, alors qu'il se trouvait avec un groupe de députés. Un mois plus tard, Arsen Avakov, ministre de l'Intérieur, a accusé Stanislav Shalyuk, commandant des troupes intérieures du ministère de l'Intérieur à l'époque de Ianoukovytch, alors réfugié en Russie, d'être le cerveau de l'opération.

Au printemps 2015, il déclare que, selon des informations issues des services spéciaux ukrainiens, il serait menacé d'enlèvement pour être envoyé en Russie.

droite|vignette|320x214px|Andriy Paroubiy au siège de président de la Rada, le . Le , il devient président de l’assemblée, succédant à Volodymyr Hroïsman, nommé à la tête du gouvernement. À ce poste, il joue un rôle de premier plan dans la mise en œuvre des réformes parlementaires et dans l’établissement d’une coopération avec les partenaires occidentaux. Il œuvre en faveur de la création d'une Fondation culturelle ukrainienne, de l'instauration, en 2017, d'une Journée du volontaire ukrainien, célébrée chaque , ou encore de l'acceptation du tomos d'autocéphalie de l'Église d'Ukraine, publié en , et joue un rôle décisif dans l'adoption de la loi sur la protection du fonctionnement de la langue ukrainienne en tant que langue d'État, qui annule la « loi Kivalov-Kolesnichenko », en 2019.

À la suite de la signature des accords de Minsk II, il fait partie des hauts responsables ukrainiens qui s'opposent à une loi sur la tenue d'élections dans les territoires des républiques populaires de Donetsk et de Lougansk, conformément aux accords, tant qu'il n'y aura pas un cessez-le-feu total. Or, la plupart des dispositions contenues dans la loi sur le statut spécial des deux républiques autoproclamées, signée par Porochenko en , doivent entrer en vigueur après la tenue des élections locales dans le Donbass.