La Fontenelle est une ancienne commune française située dans le département d'Ille-et-Vilaine en région Bretagne, peuplée de habitantsPopulation municipale , légale en .. Le , elle a fusionné avec Antrain, Saint-Ouen-la-Rouërie et Tremblay pour former la commune de Val-Couesnon..

Géographie

Communes limitrophes

La Fontenelle est située dans la partie nord-est de la région Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine ; cette ancienne commune est proche de la Normandie et du département de la Manche.

Relief et hydrographie L'ancienne commune de La Fontenelle était limitée à l'est et en partie au sud par le fleuve côtier Couesnon, qui la séparait des anciennes communes d'Antrain et Tremblay.

Paysages et habitat Le bourg de La Fontenelle a peu évolué par rapport au début du , il est resté un petit bourg rural traditionnel ; sa grande place située à l'ouest de l'église existait déjà sur le cadastre de 1823 ; certaines constructions du village sont très anciennes, par exemple celle située au nord de l’église dont le décor des baies (accolades, fleurons, ..) évoque le début du ; plusieurs maisons de "picaous" (tailleurs de pierre), des maisons de granit sombre recouvertes de toits d’ardoises sont caractéristiques, leur aspect n’a guère changé depuis leur construction ; quelques maisons se sont toutefois ajoutées à la fin du et au début du , notamment la mairie-école et un commerce ; un lotissement a été créé au nord-est du bourg à la fin du ..

Le paysage agraire traditionnel est le bocage avec un habitat dispersé en écarts constitués de hameaux (appelés localement "villages") et fermes isolées.

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Fontenella en 1154, Fontenilla au .

La Fontenelle est issu du latin fontanella (« petite fontaine »).

La forme bretonne normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est Ar Fantanig.

Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 5,1 % des toponymes de l'ancienne commune sont bretons.

Histoire Moyen-Âge La Fontenelle est une paroisse très ancienne de l'Armorique primitive, puisque vers 553 le roi Childebert l'a donnée à saint Samson, raison pour laquelle la paroisse de La Fontenelle, bien qu'enclavée dans l'évêché de Rennes, faisait partie du doyenné de Dol relevant de l'évêché de Dol et était sous le vocable de saint Samson..

En 1154, Hugues le Roux, archevêque de Dol, se retira quelque temps à La Fontenelle.

Temps modernes Au , selon les "Comptes des trésoriers de La Fontenelle (1584-1651)" les paroissiens se rendaient en procession tous les lundis de Pentecôte au Mont-Saint-Michel ; ils se rendaient aussi, à d'autres moments de l'année, en procession à Broualan et à Sougeal. Ces mêmes comptes disent aussi que le linge de l'église était entretenu avec le chanvre et le lin que filaient les femmes et les filles de la paroisse.

En 1586 des troupes huguenotes commandées par Gabriel II de Montgommery (1560-1635)., qui occupaient Pontorson, rançonnèrent les habitants de La Fontenelle.

Le Mgr Cupif, évêque de Dol, et André Linche, évêque de Finibork (Irlande) visitèrent l'église de La Fontenelle.

Les seigneurs de Vaublain (en 1782 les armoiries de Malo de Coëtquen, seigneur de Vaublain, époux de Françoise de la Marzelière, se voyaient au-dessus du maître-autel), La Bouëxière (la chapelle Saint-Julien, située au nord du chœur, était prohibitive du seigneur de La Bouëxière, en Sougeal, à cause de son fief de La Rivière) et des Portes (un banc avec leurs armoiries était réservé aux Tuffin de la Rouairie, seigneurs des Portes en Bazouges) jouissaient d'un droit de prééminence dans l'église paroissiale. Les deux seigneurs de La Bouëxière et des Portes avaient alternativement le droit de quintaine pour faire courir les nouveaux mariés de l'année le dimanche de la Trinité. Une confrérie du Rosaire fut érigée dans l'église le . Deux chapelles (disparues) existaient par ailleurs dans la paroisse : la chapelle Notre-Dame, proche de l'église, mais séparée d'elle, et la chapelle du manoir de Vaublain. Une fontaine Saint-Samson se trouvait près du presbytère (lequel date du comme en témoignent les dates de 1665 et 1687 indiquées sur deux linteaux de cheminées), au nord du bourg (disparue désormais, une pompe ayant été aménagée à sa place) ; selon la tradition, son eau a des vertus miraculeuses..

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi La Fontenelle en 1778 :

Révolution française Jean Le Ban fut pourvu de la cure de La Fontenelle le et resta recteur jusqu'aux débuts de la Révolution française ; prêtre réfractaire, il s'exila en Angleterre.

Le Devenue paroisse succursale en 1803, après le Concordat de 1801, La Fontenelle fut un temps réunie à la paroisse d'Antrain, avant de redevenir une paroisse succursale en 1820.

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi La Fontenelle en 1843 :

Les carrières de granite étaient alors une activité importante, employant de nombreux "picotous" (ouvriers carriers) : la construction du Pont Neuf à Antrain, la reconstruction de la nef de l’église de La Fontenelle (entre 1866 et 1869), la construction d’une partie de la flèche du Mont-Saint-Michel, l’église de Cancale, l'école catholique de garçons d'Antrain, etc.. sont en granite bleu de La Fontenelle et Sougeal..

Une école communale de filles fut fondée en 1848, tenue par trois religieuses de la congrégation des Adoratrices de la Justice de Dieu, qui donnaient aussi des soins aux malades pauvres..

Le cimetière, qui était autour de l'église dans l'enclos paroissial, fut transféré au sud-est du bourg à la fin du .

Le La Belle Époque

Une assemblée annuelle, dénommée "La Quintaine", se tenait tous les ans au début du mois de juin, par exemple en 1914. ; cette fête était encore organisée pendant l'Entre-deux-guerres, par exemple en 1936..

La Première Guerre mondiale

Le monument aux morts de La Fontenelle porte les noms de 40 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale ; parmi eux 3 sont morts en Belgique (Pierre Talva dès le à Virton, François SorinFrançois Sorin, décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre., tué à l'ennemi le à Pilkem et Ambroise Thébault le à Boezinge) ; Dominique Mauduit et Henri Lebriquet sont morts en captivité en Allemagne, le premier le des suites de ses blessures, le second le de maladie ; à l'exception de 3 soldats (E. Roussel, F. Eudes et E. Armand) pour lesquels les circonstances de leurs décès ne sont pas précisées, les 32 autres sont morts sur le sol français: parmi eux Jean Lemonnier, mort de maladie dès le à l'hôpital de Vitré ; Jules Villalard est disparu lors d'un combat le à Baconnes (Marne) ; Pierre LebaillifPierre Lebaillif, sous-lieutenant au 130e régiment d'infanterie, tué à l'ennemi le à Thiaumont (Meuse). et Paul RousselPaul Roussel, chef de bataillon du 294e régiment d'infanterie, tué à l'ennemi le à Pargny-Filain (Aisne) lors de la Bataille du Chemin des Dames. ont reçu la Légion d'honneur et la Croix de guerre ; François LemarchandFrançois Lemarchand, sergent au 70e régiment d'infanterie, tué à l'ennemi le à Roclincourt (Pas-de-Calais). a reçu la Médaille militaire et la Croix de guerre ; deux sont morts de maladie après l'armistice (Ambroise Frétel le à Thionville (Moselle) et François Lamer le à La Fontenelle.. L'Entre-deux-guerres

Le monument aux morts, en granite, a la forme d'un obélisque placé sur un socle : il est orné d'une croix latine et d'une croix de guerre et porte l'inscription : "EN MÉMOIRE DES ENFANTS DE LA FONTENELLE TOMBÉS AU CHAMP D'HONNEUR" ainsi que les noms des soldats morts pour la France pendant les deux guerres mondiales..

Les incendies étaient fréquents : par exemple le deux maisons, appartenant à Jean Thébault, carrier, sont détruites par le feu dans le village de Roumasson..

Le double service télégraphique et téléphonique ouvre à La Fontenelle à partir du ..

Un article du journal L'Ouest-Éclair publié en 1937 évoque le temps où le Couesnon était navigable, notamment pour le transport des tangues chargées dans la Baie du Mont-Saint-Michel jusqu'au port de L'Angle (en Antrain) ; on pouvait se promener en barque jusqu'au site de La Roche (en La Fontenelle). Mais l'envasement a mis fin à ces trafics et les marais grignotent les prairies « au foin jadis renommé » : 52 hectares sont perdus pour les activités agricoles en Antrain et 19 ha en La Fontenelle..

La Seconde Guerre mondiale Le un soldat français originaire de Mérillac (François Jean Lefeuvre) au lieu-dit "Le Croisé". et trois soldats polonais de la brigade Podhale (Edmund Gorski, Jan Pfansinski et Jozef Juszczak) au lieu-dit "Ville-Montaise" furent tués à l'ennemi en tentant d'arrêter l'avance allemande ; une stèle commémorative a été inaugurée en leur mémoire le .. Ces soldats polonais sont inhumés au cimetière de La Fontenelle..

Le monument aux morts de La Fontenelle porte les noms de 11 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale ; parmi ces victimes, Henri Maissin, mort le ; Jean Jouaux, mort accidentellement le ; Jean Clolus, mort lors de la Bataille de France en juin 1940 ; Jean Joubier, mort accidentellement le ; Pierre Lemarchand, mort de maladie en captivité en Allemagne le ; André Verron, résistant FFI, membre du maquis du Vercors, tué à l'ennemi le à Malleval (Isère); les circonstances des décès des 5 autres victimes (J. Busnel, J. Canche, J. Hurault, V. Mendet et I. Milet) ne sont pas précisées.

L'après Seconde Guerre mondiale L'enclos paroissial a été démoli en 1948.

Des carrières de granite ont été en activité jusque dans la décennie 1970.

Le La création de la commune nouvelle de Val-Couesnon Le , la commune fusionne avec Antrain, Saint-Ouen-la-Rouërie et Tremblay pour former la commune nouvelle de Val-Couesnon.

Politique et administration Liste des maires

Liste des maires délégués

Démographie

Économie

Lieux et monuments Église Saint-Samson : son plan est en forme de croix latine ; l'église date probablement du , remplaçant une autre fort ancienne, devenue trop petite. Des pinacles des ailerons sur sa façade et son portail indiquent un style Renaissance qui ne subsiste que partiellement. L'église actuelle se compose d'un chœur et de chapelles construites vers 1840, d'une nef datant de 1870 et d'une tour édifiée en 1859 (ces travaux furent dirigés par Anger de la Loriais, puis par Jean Gabriel et Alfred-Louis Frangeul). Certaines des dalles funéraires placées sur le sol de l'église remontent au . L'église paroissiale Saint-Samson

23 croix ont été répertoriées dans la commune.

Activité et manifestations

Personnalités liées à la commune

Jean Langlais (1907 à La Fontenelle - 1991) organiste.

Bibliographie Alfred Jamaux, Les Picotous de La Fontenelle et Sougeal, 2025.

Notes et références Notes

Références Altitudes, coordonnées, superficie : répertoire géographique des communes 2013 (site de l'IGN, téléchargement du 19 mars 2014)

Voir aussi

Liste des communes d'Ille-et-Vilaine

Liens externes Résumé statistique de La Fontenelle sur le site de l'Insee

Catégorie:Ancienne commune en Ille-et-Vilaine Catégorie:Commune déléguée en Ille-et-Vilaine Catégorie:Paroisse ou trève dans l'évêché de Dol