vignette|Kyriale du Graduale novum. Le est un graduel grégorien publié par la maison allemande Conbrio en collaboration avec la Librairie éditrice vaticane. Il s'agit d'une édition « plus critique »Préface française du Graduale novum, p. XXVIII., c’est-à-dire plus fidèle aux manuscrits médiévaux que les éditions courantes, mais ce n’est pas, strictement parlant, une édition critique car l’apparat critique a été publié ailleurs. Ce n’est pas non plus une édition romaine officielle ()On peut citer à ce propos les édituers eux-mêmes:
Es handelt sich hier weder um eine Editio authentica noch um eine Editio critica, sondern lediglich um begründete Vorschläge. (…) Es geht auch im keinem Weise um eine Herabwürdigung der Editio Vaticana.
[Il ne s’agit ni d’une édition authentique ni d’une édition critique, mais simplement de suggestions fondées. (…) Il ne s’agit en aucun cas de dénigrer l’Editio Vaticana.]
Luigi Agustoni, Rupert Fischer, Johannes Berchmans Göschl, Godehard Joppich, Liobgid Koch & Heinrich Rumphorst: Vorschläge zur Restitution von Melodien des Graduale Romanum. Teil 1. Beiträge für Gregorianik, 21: 7–41 (1996).
Son titre complet est: Graduale novum, Editio magis critica iuxta Sacrosanctum Concilium 117 seu Graduale sanctæ Romanæ Ecclesiæ Pauli PP. VI cura recognitum, ad exemplar Ordinis Cantus Missæ dispositum, luce codicum antiquiorum resitutum nutu sancti œcumenici Concilii Vaticani II, neumis Laudunensibus et Sangallensibus ornatum..
L'édition se compose de trois volumes:
De dominicis et festis (2011; dimanches et fêtes principales). De feriis et festis (2018; féries, c’est-à-dire jours de la semaine sauf dimanche, et fêtes mineures). Johannes Berchmans Göschl, Graduale novum – Kommentar (2018; commentaire musicologique).
Histoire et éditeurs
Projet d'une nouvelle édition du Graduel romain Nommé directeur de l'Institut pontifical de musique sacrée à Rome en 1947, Higinio Anglés, musicologue espagnol, commença à lancer son projet, un nouveau graduel en grégorien mais aussi une édition critique du Saint-Siège. Dans cette optique, il visita l'année suivante l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes. Le premier objectif de Higinio Anglès était la création d'une équipe qui était capable d'achever l'édition critique auprès de ce monastère. En manquant d'assez de moines, l'abbé Germain Cozien accepta finalement cette proposition, car Higino Anglès voulait avancer son projet à Rome, en cas de refus. Il fallait que l'abbaye conserve ses précieux manuscrits. Aussitôt fut organisée une équipe constituée de cinq moines..
Higino Anglès avait raison. À la deuxième moitié du , cette équipe, tels Dom Eugène Cardine et son successeur Dom Jean Claire, renouvela profondément et complètement la connaissance au regard de la nature du chant grégorien, d'après leurs études approfondies. Par conséquent, il était évident qu'il existe de nombreuses méprises dans l'Édition Vaticane, achevée au début du http://palmus.free.fr/Article.pdf Dom Daniel Saulnier, Projet d'un antiphonaire monastique (Études grégoriennes, tome XXXIII (2005)), Abbaye Saint-Pierre de Solesmes.
Mais ni Higinio Anglès ni Dom Cardine ne put voir l'accomplissement de leur édition critique. Car, le concile Vatican II avait donné la priorité au remaniement du livre, au lieu de l'édition critique., de sorte que le chant grégorien soit adapté aux disciplines du concilehttps://books.google.fr/books?id=4Ocajiw9q3oC&pg=PT182. Le stock des trois premiers volumes du Graduel romain, Édition critique par les moines de Solesmes, publiés aux frais de Solesmes entre 1957 et 1962 fut accueilli à la Libreria editrice Vaticana, sans usage..
Certes, il fallut finalement plus de 60 ans avant que ne soit sorti à nouveau le premier tome du Graduale novum en 2011. Mais il s'agissait d'une véritable histoire du progrès. En effet, à la suite du décès de Dom Pierre Thomas, Dom Cardine fut nommé professeur du chant grégorien auprès d'Institut pontifical de musique sacrée en 1952. L'abbé Cozien de Solesmes accepta cette nomination, à condition que, pour le projet de l'édition critique du graduel, Dom Cardine puisse retourner à l'abbaye trois fois par an aux frais du Saint-Siège, pendant les vacances universitaires.. Par conséquent, d'abord, Dom Cardine et ses collègues de la paléographie musicale de Solesmes pouvaient profiter dorénavant des archives du Vatican et de Rome.. Ensuite, Dom Cardine bénéficiait de précieux manuscrits de la paléographie pour ses cours à Rome. Donc, ses étudiants y connaissaient toujours de nouvelles découvertes sémiologiques du chant grégorien. Enfin, ce professeur était capable de charger proprement aux élèves d'étudier ce chant, jusqu'à ce que soient soigneusement achevées leurs thèses dont celles de doctorat, nombreuseshttp://gregofacsimil.free.fr/02-ARTICLES/Article-pdf/Dom_Jacques-Marie_Guilmard/JG-Cardine-Bibliographie-Studi-Gregoriani(2004).pdf. Ainsi, une fois achevé en 1971 sa thèse dirigée par Dom Cardine Graphie arrondie au début d'un neume dans le manuscrit de Laon 239, Marie-Claire Billecocq devint spécialiste de ce manuscrit dont le Graduale Triplex de Solesmes puis ce Graduale novum profitent pour leurs copies de neumes anciens.
Son enseignement à Rome dura 32 ans, soit jusqu'en 1984. Aussi l'institut devint-il, d'une part, le deuxième centre des études grégoriennes. D'autre part, non seulement ses disciples étaient si nombreux mais également leurs études grégoriennes étaient tellement dynamiques qu'en 1975 fut fondée l'Association internationale des études du chant grégorien, en rassemblant des chercheurs de plusieurs pays y compris Marie-Claire Billecocq. Le Graduale novum est l'un de leurs fruits. Et le projet devint collaboration internationale.
Éditeurs La rédaction de la version critique s'est essentiellement confie aux membres de l'AISCGre, fondée en 1975. Certains membres de celle-ci commencèrent, en effet, la révision en Préface du Graduale novum, tome I.. Plus précisément, ces éditeurs sont des anciens élèves de Dom Cardine, qui avaient sémiologiquement étudié le chant grégorien auprès de l'Institut pontifical de musique sacrée à Rome. Ils éditent ce graduel sous la direction de Dom Johannes Berchmans Göschl., qui lui-même avait achevé ses deux thèses distinguées à l'institut en 1974 et 1976.
Au regard de la publication, une édition allemande, Con Brio à Ratisbonne, fut sélectionnée en tant que coédition.
Caractéristique Vœux du Vatican II La raison de la publication du Graduale novum se précise dans la constitution sur la liturgie Sacrosanctum Concliium :
Ce graduel constitue toutefois une édition « privée » (l’imprimatur est donné par l’archevêque de Salzbourg et non pas par une instance romaine). Il n'est pas une édition typique (ce qui aurait été clairement marqué). L’édition typique de 1908 garde donc sa validité.
Édition critique du chant grégorien Normalement, l'édition critique est une édition scientifiquement établie, avec la précision de sources ainsi que le choix de texte raisonnable. Au regard du chant grégorien, Dom Cardine de Solesmes précisait : « la structure neumatique des mélodies grégoriennes pourra se restituer de manière certaine ou avec une probabilité suffisante dans tout ce qui lui est essentiel et même dans la plupart de ses détails ; il s'agit d'une citation du Graduel romain, tome IV, volume II, .. » Ce pronostic est encore respecté pour la rédaction du Graduale novum..
Ceux qui concernent les manuscrits du chant grégorien furent également fixés par Dom Cardine vers 1950. Selon lui, il faut limiter le choix au « répertoire du fonds ancien », en excluant les pièces ajoutées à ce fonds primitif, notamment une série d'alleluias composés après le . Encore faut-il restituer soigneusement quelques pièces disparues des livres officiels, tels les versets d'offertoire.. De nos jours, toutes les éditions critiques du chant grégorien, ce Graduale novum ainsi que les Antiphonale monasticum et Antiphonale Romanum de Solesmes, sont donc exécutées à la base des manuscrits les plus anciens, mais en comparaison d'autres variants ou traditions, strictement.
Graduel critique et sémiologique
Dans ce graduel, la notation à gros carrés, qui est important pour le solfège d'intervalles, fut soigneusement renouvelée, d'après les études sémiologiques depuis les années 1950. En effet, celle de l'Édition Vaticane avait été éditée à la base de la théorie rythmique de l'abbaye de Solesmes, une théorie hypothétique développée notamment par Dom Mocquereau, sous influence du système de la musique moderne ; André Mocquereau fut, avant d'arriver à Solesmes, un jeune et talentueux musicien jouant le violoncelle.. La restauration du chant grégorien de Solesmes était certes assez scientifique, depuis le (voir § Édition néo-médicéenne). Mais, non seulement la théorie rythmique devint fausse mais aussi il demeure parfois de nombreuses contradictions ainsi que des erreurs d'intervalles dans l'Édition Vaticane, selon les études sémiologiques des neumes les plus anciens employés avant l'invention de la notation de Guido d'Arezzo au , c'est-à-dire le système de quatre lignes. Aussi, tout comme les Antiphonale monasticum et Antiphonale romanum de Solesmeshttp://www.gregorian.ca/publicus/Antiphonale%20Romanum%20II-Final%20MG.pdf, les épisèmes vertical et horizontal ainsi que le point mora ( |, — et • ) d'après la théorie rythmiqueToutefois, ces trois signes ne se trouvent pas dans le graduel sorti en 1908 et l'antiphonaire en 1912. Donc, on les y ajouta plus tard. furent-ils supprimés dans le Graduale novum [lire en ligne. Les méprises d'intervalles découvertes par Dom Cardine : par exemple, « Dans les deux premiers cas — et dans tous les cas semblables —, la ['Édition] Vaticane a fait erreur en situant le pes léger sur MI - FA. Bien prouve que ce pes représente un ton entier RE - MI. On ne trouve MI - FA, avec virga strata, que lorsque ce groupe est précédé d'une ou deux notes. Chaque fois donc que la première syllabe est accentuée, on devrait avoir : ... [notations]. », surtout celles du demi-ton, furent naturellement corrigées.