Guipry est une ancienne commune française située dans le département d'Ille-et-Vilaine, en région Bretagne. Elle a fusionné le avec Messac pour former la commune de Guipry-Messac.
Ses habitants, qui étaient en , sont appelés les Guipryens et les Guipryennes.
Géographie Situation Guipry se situe au nord de Redon sur la rive droite de la Vilaine. Elle fait face à la ville de Messac située sur la rive gauche. Les deux bourgs sont reliés par les ports de Guipry et de Messac.
Superficie
Avec ses , Guipry est la quinzième plus grande commune du département. Juste derrière Rennes avec , et devant Plélan-le-Grand avec .
Relief et hydrographie La Vilaine qui borde le territoire a été un important moyen de communication et une route commerciale qui acheminait des marchandises. Aujourd'hui, le port de Guipry est resté actif par le tourisme fluvial.
Des inondations graves et fréquentes
Le risque d'inondation est élevé à Guipry et Messac.. Les crues de la Vilaine provoquent des inondations fréquentes à Guipry et Messac : mesurés à l'écluse de Guipry, la crue des 27 et (une inondation s'était déjà produite 15 jours auparavant) a atteint un pic de crue record à 3,81 m (plus de 300 personnes ont dû être évacuées, 346 maisons inondées, le pont reliant Guipry et Messac submergé, le trafic ferroviaire interrompu pendant plusieurs jours.), effaçant la marque de celle du qui était à 3,58 m et ., celle du (3,41 m) et du (2,55 m). ; en remontant plus loin dans le temps, nombreuses furent aussi les inondations, par exemple en 1772 de graves inondations détruisirent le pont reliant Guipry et Messac et pendant l'hiver 1790-1791 l'écluse de Mâlon, qui venait d'être construite, fut détruite par une inondation ; celles du et des 3 et ont aussi été très importantes.
Transports Réseau routier En ce qui a trait aux transports routiers, la ville est traversée par : la RD 772 (ancienne Route nationale 772 déclassée) vers Ploërmel, Guer, Maure-de-Bretagne, Bain-de-Bretagne et Châteaubriant la RD 777 (ancienne Route nationale 777 déclassée) vers La Gacilly, Pipriac, Sixt-sur-Aff, Janzé et Vitré
La ville est également desservie par une route structurante en cours de mise à 2×2 voies : la RD 177 vers Rennes, Guichen et Redon
Réseau ferroviaire thumb|Guipry ː le viaduc ferroviaire de la Corbinière (ligne de Rennes à Redon) sur la Vilaine au début du (carte postale). La gare de Messac - Guipry, la ville est, sur la ligne de Rennes à Redon à équidistance des gares de Rennes et Redon. Cette dernière met la ville de Guipry à seulement 20 minutes des deux villes.
Guipry est desservie par des trains circulant sur les lignes 04 Rennes - Nantes, 08 Rennes - Messac-Guipry et 15 Rennes - Redon.
Réseau fluvial Le trafic marchandises a cessé depuis la décennie 1970. Le port de plaisance de Guipry-Messac, avec une capacité de 90 emplacements, a été créé en 1979 ; il a été agrandi en 1991 et a désormais une capacité de 166 emplacements et est géré par le réseau "Le boat"..
Paysages et habitat Guipry présente un paysage agraire traditionnel de bocage avec un habitat dispersé formé de nombreux écarts formés de hameaux et fermes isolées.
Le Bois de Baron, au sud de la commune, est le principal espace boisé.
Toponymie Guipry est mentionné pour la première fois au sous les formes Wicbry vers 710, Uuiperiaca [Vicaria] en 834 dans le cartulaire de l'Abbaye Saint-Maur de Glanfeuil à Saint-Maur-sur-Loire, aujourd'hui Le ThoureilCartulaire de l'abbaye de Saint-Maur-sur-Loire. Archives d'Anjou, I,362. Cité par La Borderie, II,176 et Erwan Vallerie - Communes bretonnes et paroisses d'Armorique, éditions Beltan, 1986, p. 106, Wipperica [Vicaria] en 843" Language monographs", William Edward Collinson, Waverly Press, incorporated, 1937, page 61, Guicbri en 913"Language monographs", William Edward Collinson, Waverly Press, incorporated, 1937, page 61, Guipri en 1101, Guipreio en 1163, Guipre en 1330, Guipri en 1351, Guibry au Site de KerOfis - Office de la langue bretonne : formes anciennes (+) de Guipry .
D'après les formes les plus anciennes, le premier élément Gui- représenterait le vieux breton guic, noté également gwik (prononcé [gwik]) qui signifie « bourg », voire « agglomération ». Il est lui-même issu du latin vicus de même sens. Le second élément -bri est peut-être un nom de personne breton, ce qui confèrerait à Guicbri la signification suivante : « le bourg (le vicus) de Bri (du nommé Bri) ». Cette hypothèse est renforcée par la présence de plusieurs colonies ou paroisses bretonnes qui s'étaient fixées à l'ouest de la Vilaine. Ces colons, vraisemblablement d'origine domnonéenne avaient pour nom : Anast (Maure-de-Bretagne; Plebs Anast en 832, Anast en 867 - 871, Ec. de Maura en 1152), Winnon (> Guignen; Vicaria Winnona en 843, Guinnon en 1108) ou encore Bri (> Guipry)Pierre Lebreton, Guipry, Histoire d'un Pays breton, Le Groupement breton des Pays de Vilaine, 1995.
La ville est aussi appelée Gwipri en bretonOffice public de la langue bretonne., et Gipri en gallo.
Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 17,2 % des toponymes de l'ancienne commune sont bretonsJean-Yves Le Moing, Les noms de lieux bretons de Haute-Bretagne, Coop Breizh, 1990, p. 356.
Histoire
Préhistoire Plusieurs alignements et menhirs dressés sur le territoire de la commune attestent d'une présence humaine dès le Néolithique. Certains sites, désormais complètement disparus, ont ainsi fait l'objet de descriptions assez précises au : alignement de sept menhirs à Mâlon-Fougères, menhir du Petit-Laval, ensemble mégalithique du Rocher de la Coudrais. Aujourd’hui, il ne subsiste plus qu'un seul menhir de l'alignement de la Beaucelaie et que sept blocs épars de celui de la Chevallerie.
Antiquité 125 monnaies attribuées aux Coriosolites ont été trouvées en 1907 à Guipry, d'autres l'ayant été dans la commune voisine de La Noë-Blanche en 1853..
Moyen-Âge Guipry est probablement une ancienne paroisse de l'Armorique primitive, qui aurait aussi englobé Lohéac, Lieuron et Saint-Malo-de-Phily et ..
La paroisse de Guipry fut donnée vers 919 par Gourmaëlon de Bretagne, comte de Cornouaille, à Catuiant, abbé de Saint-Sauveur de Redon..
Selon Amédée Guillotin de Corson, il est probable que Guipry ait eu deux paroisses originelles : la paroisse Notre-Dame, dépendant de l'abbaye Saint-Sauveur de Redon et donc de l'évêché de Vannes, et la paroisse Saint-Pierre, faisant partie de l'évêché de Saint-Malo..
Le site de Baron est une motte féodale. Située désormais en pleine forêt, cette butte de terre était le socle d'une forteresse en bois ayant servi au début du Moyen Âge. Il permettait de surveiller le passage fluvial et ainsi de prévenir un éventuel dangerSource : guipry-ma-ville.over-blog.com. Elle fut détruite par les Anglais en 1345.
En 1163 Pierre de Lohéac et son épouse, Havoise, donnèrent à Bernard, premier abbé de Saint-Jacques-de-Montfort, une partie des dîmes de la vallée Gléen, et le Château Blanc (cette ancienne forteresse, située route de Saint-Malo-de-Phily, fut prise par les Anglais en 1350 et détruite durant la Guerre de Succession de Bretagne, ce qui explique que cette abbaye disposait d'un auditoire dans le bourg de Guipry où elle exerçait sa juridiction.), qui avait appartenu aux seigneurs du Plessis-Anger, mais avait été ruiné par les guerres (des descendants firent construire vers 1300 un nouveau château du Plessis-Anger dans la paroisse de Lieuron, mais Jean 1er du Plessis-Anger, né vers 1378 dans le château familial de Lieuron et décédé le , fut inhumé dans l'église paroissiale de Guipry, de même que son épouse Marie Couppu, dame de Liniac).
Jean-Baptiste Ogée cité comme maisons nobles à Guipry en 1300 le manoir de Kerefic (à Guillaume d'Eslanchingant) et en 1400 le prieuré de Chantevennes (il dépendait de l'abbaye de Paimpont), la trève de la Munagon, la Melatiere (à Pierre de Beaulon) ; la Porterais (aux seigneurs du Plessis-Angers) ; la Rivière (à Jean l'Evéque) ; la Chevalleraye (à Eon l'Evêque) ; le Guerne (à Jeanne Hastelou) ; la Provotière (à Jean Moraud) ; la Rembaudière (à Pierre de la Rembaudière) ; Gnumillac (à Robert de Trégune); l' Ausauvelaye (à Patri de Lassi) ; la Bissaye (à Jean de la Bissaye). thumb|La plaque de rue de la Rue des Gabelous (ancienne caserne des Gabelous). Au Moyen-Âge, les ports de Guipry et Messac connaissaient un trafic important, car ce double port était le terminus de la navigation (les bateaux étaient tirés par des hâleurs) sur la Vilaine et les marchandises venant de l'aval, notamment à destination de Rennes, y étaient déchargées pour être acheminées ensuite par voie terrestre ; le commerce du sel, venant principalement des marais salants de Guérande, était déchargé sur place et emmagasiné dans les salorgesEntrepôts de sel. des négociants locaux. Il est ensuite vendu à des marchands de sel (sauniers), qui le distribuent aux habitants de la région, ou acheminé, sous contrôle, sur les greniers à sel des provinces limitrophes de la Bretagne (Anjou et Maine), où se pratiquait la gabelle (la Bretagne en était exempte), la contrebande effectuée par les faux-sauniers étant également importante ; une caserne de GabelousGendarmes chargés de la surveillance du commerce du sel. existait au port de Guipry. ; des toponymes comme Le Sel-de-Bretagne et gardent le souvenir de ce "chemin des Saulniers" partant de Guipry et Messac en direction de ces deux provinces..
Temps modernes La vicomté du Bouëxic, qui possédait plusieurs fiefs en Guipry et y exerçait la haute justice, appartint pendant plus de cinq siècles à la famille Becdelièvre (Pierre Becdelièvre est seigneur du Bouëxic en 1363 ; des lettres patentes de Louis XIII créèrent la vicomté, accordée à Jean Becdelièvre, en 1637) et Joseph-Augustin du Bouëxic, seigneur de Pinieux, décédé en 1799, fut le dernier vicomte du Bouëxic.
Une léproserie existait très probablement à Guipry comme le suggère une rente payée à l'évêque de Saint-Malo jusqu'en 1636 par la "tenue de la Maladrerie", l'existence dans la paroisse d'une "croix de la Maladrerie" et d'une chapelle Sainte-Madeleine située à proximité, mentionnée en 1475, et d'un "Ruisseau de la Maladrerie".
Plusieurs chapelles existaient alors : la chapelle Notre-Dame se trouvait dans le cimetière (disparue car ruinée vers 1760), la chapelle Saint-Roch à la Chevalerais ( construite en 1641), la chapelle Notre-Dame-du-Bon-Port (construite au port en 1644 par Jean le marchand, seigneur de Tréguilly, qui promit à la Vierge de lui construire une chapelle si elle protégeait ses salorges menacées par une crue de la Vilaine)., la chapelle Sainte-Madeleine, devenue une chapelle frairienne, la chapelle Saint-Michel, la chapelle Saint-Barthélémy et la chapelle de Malon (toutes les trois disparues). thumb|300px|Port de Guipry en 1543. La construction au d'écluses en amont de Guipry et Messac, permettant désormais aux bateaux de remonter la Vilaine jusqu'à Rennes entraîna un déclin des ports de ces deux localités, qui s'aggrava à la fin du , les États de Bretagne engageant en 1784 d'importants travaux effectués par le régiment de Penthièvre (reconstruction de l'écluse du port, construction d'un canal d'accès à cette écluse, construction de l'écluse de Mâcon, aménagement du chemin de halage au niveau de la Corbinière). Selon Adolphe Orain les seigneurs de Guipry obligeaient les marchands venant du port par voie d'eau à s'arrêter à l'île Besnard et de crier par trois fois « À la coutume ! » sous peine de 60 sols un denier d'amende, afin de permettre aux agents de venir leur réclamer les impôts appelés "coutume" ; ils étaient en outre obligés d'aborder du côté de Guipry, avant d'aller sur l'autre rive, côté Messac..