Robert Ernest Frédéric Marie, 3e baron de Nervo, né le à Paris et mort le à Dammarie-les-Lys, est un homme politique et un industriel français.

Biographie

Origines et milieu familial La famille de Nervo est d’origine suisse, elle trouve son origine dans un hameau proche d’une vallée sombre et boisée (Val noir) située à Prez-vers-Siviriez, dans la Glâne fribourgeoise, à deux pas de Romont, où elle est citée dès la fin du XIVe siècle. Elle s'établit par la suite à Bouloz dans le canton de Fribourg où elle apparaît dès la première moitié du XVIe siècle et semble avoir possédé la noblesse dès cette époque. Elle s’établit à Lyon au début du XVIIe siècle où on les trouve marchands sans qualificatifs de noblesse au début du XVIIe siècle.

Robert Ernest Frédéric Marie de Nervo est le fils du baron Gonzalve de Nervo (1804-1897), écrivain, historien, officier de l'armée espagnole et personnalité politique, et d'Adélaïde Brugière de Barante. Il est le petit-fils de l'amiral Christophe Olympe de Nervo et du baron Prosper de Barante, ainsi que le frère du préfet Fernand de Nervo.

Il épouse en premières noces, le , Lucie-Agathe Talabot (1844-1873), fille de Léon Talabot et nièce de Paulin Talabot, dont trois enfants :

Prosper Paulin Philippe Léon Marie, 4e baron de Nervo (1868-1932), élève de l'École Spéciale Militaire de Saint-Cyr, promotion du « Grand Triomphe » (1888-1890) et chef de bataillon d'infanterie pendant la Première Guerre mondiale. Il épouse le à Paris, Adèle Henriette Davillier (1873-1955), fille du baron Maurice Davillier et petite-fille d'Henri Davillier, dont 6 enfants, Jeanne, Robert, Lucie, Maurice, Marie-Suzanne, Geneviève. Louise Geneviève Anne Marie (1870-1894), mariée le à Maurice Jacobé de Pringy de Goncourt, capitaine d'infanterie issu de Saint-Cyr (promotion du « Grand Triomphe »), mort pour la France le à Notre-Dame-de-Lorette. Ils ont un fils, Louis, sous-lieutenant issu de Saint-Cyr (promotion du « La Grande Revanche »), mort pour la France le à Mesnil-les-Hurlus, sans descendance. Elle meurt à 24 ans, le , quelques jours après la naissance de son fils unique. Léon Joseph Marie (1873-1973)

Le , il épouse en seconde noces, Élisa-Claire Sanson de Sansal (1853-1941), petite-fille du rosomane Jean Desprez, dont deux enfants

Adélaïde Caroline Césarine Marie Suzanne (1880-1945), mariée à Henri de Sinéty (1877 - 1944) Jean Baptiste Arthur Marie (1881-1934)

Il est le grand-père de Jacques, Édouard, et Yvonne, épouse de Robert Lemaignen.

Vie professionnelle et politique Lors de la Commune de Paris de 1871, Robert de Nervo quitta la ville avec les réserves de la PLM, dissimulées sous son manteau, soit 6,5 millions de francs-or, qu'il déposa à la Banque de France à Clermont-Ferrand.

Il devient membre actif de la Société de l'histoire de France en 1874, pour laquelle en 1903, il devient membre du conseil jusqu'à son décès. Son siège devenu vacant alors que son pouvoir devait expirer en 1912, est repris par Gustave Dupont-Ferrier à l'issue de l'assemblée générale du .

Son frère ainé Fernand meurt en 1883 sans descendance, il hérite en conséquence du titre héréditaire de « Baron de Nervo » au décès de son père, le .

Robert de Nervo devient administrateur en 1884 de la Société des hauts fourneaux et des forges de Denain et d'Anzin, puis président en 1888. II entreprit de moderniser et rénover les hauts fourneaux et acquit la Compagnie minière d'Azincourt afin de garantir un approvisionnement en charbon à prix abordable. Au début des années 1900, Denain-Anzin possédait l'une des aciéries Thomas les plus importantes et les plus performantes du pays. Il deviens vice-président de la PLM en 1896.

Robert de Wendel, président du Comité des forges de France (CFF) et vice-président de l' Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), décède en 1903 et Robert de Nervo devient président du CCF et vice-président de l'UIMM.

En , à son initiative, les présidents de sociétés Edmond Duval, Albert Jouet-Pastré et Léon Lévy demandent la création d'un comité restreint chargé d'élaborer un accord de coopération étroite entre le CFF, l'UIMM et les associations de fabricants de matériel ferroviaire, de chantiers navals et de fabricants de matériel de guerre. Cet accord est finalisé en février 1904, avec Robert Pinot comme secrétaire général. Robert de Nervo restitue son siège de président du CCF en 1907, il est fait président honoraire et Florent Guillain lui succède.

Robert de Nervo à également été président des Ateliers et Chantiers de la Loire, de la Société des mines et fonderies de Pontgibaud, de la Société Mokta El Hadid, vice-président de la Compagnie des phosphates de Gafsa, administrateur des Docks de Marseille, de la Société des Hauts-Fourneaux, forges et aciéries du Saut-du-Tarn, conseiller général du canton d'Olliergues (Puy-de-Dôme) et conseiller municipal d'Olliergues.

Décès et inhumation Robert de Nervo, atteint par la maladie, meurt le à Dammarie-les-Lys à l'âge de . Il était apprécié de ses pairs, notamment pour ses échanges et sa diligence comme en témoigne le discours du président de la Société de l'histoire de France de l'époque :

vignette|227x227px|Tombe au cimetière de la Chabasse

Annoncé être inhumé au sein de la chapelle du château de Barante, sa dépouille est finalement inhumée au situé sur la commune d'Olliergues. Il repose au côté de ses deux épouses, de son frère Fernand, de son fils Jean (1884-1934), de sa mère, de sa grand-mère paternelle Zoé de Margency (1779-1852), d'Élisabeth Heurteau (1918-2001, épouse de son petit-fils François, fils de Jean) et de Louis de Perrigny (1828-1835, cousin décédé à l'âge de sept ans, fils de Inès de Nervo et de Théodat de Taillevis de Perrigny).

Détail des mandats et des fonctions

Fonctions industriels

Présidence, vice-présidence Présidence, vice-présidence : Président du Comité des forges de 1903 à 1907 puis Président Honoraire Vice-président en 1903 Président, après avoir été administrateur, des Ateliers et Chantiers de la Loire Président de la Société des mines et fonderies de Pontgibaud en 1898 Vice-président en 1890 Administrateur en 1875 Président, après avoir été administrateur, de la Société Mokta El Hadid en 1892 Président du Damas-Beyrouth-Hauran Président, après avoir été vice-président, de la Compagnie des phosphates et des chemins de fer de Gafsa en 1907 Président de la Société des hauts fourneaux et des forges de Denain et d'Anzin en 1888 Administrateur en 1884 Président, après avoir été administrateur, des Minerais de fer de Krivoï-Rog en 1905 Président de la Société Anonyme des Mines et Fonderies de zinc de la Vieille-Montagne Président de la Caisse Agricole d’Assurance Mutuelle des Forges de France Président de la Caisse Industrielle de retraite des Forges de France Vice-Président du Conseil d’Administration, après avoir été administrateur, de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée en 1896 Vice-président de Union des Industries Métallurgiques et Minières en 1903

Administrateur de société Administrateur de société : Administrateur des Docks de Marseille Administrateur de la Société des Hauts-Fourneaux, forges et aciéries du Saut-du-Tarn Administrateur des Houillères de Graigola-Merhyr en 1878 Administrateur des Aciéries et forges de Firminy en 1880 Administrateur du Port, quais et entrepôts de Beyrouth Administrateur des Anciens Établissements Cail en 1890 Administrateur de la Compagnie française des mines d'or et d'exploration (Cofrador) Administrateur des Chantiers de Penhoët

Mandats locaux

Conseiller général du canton d'Olliergues (Puy-de-Dôme) de 1883 à 1889 Conseiller municipal d'Olliergues

Titres et honneurs

Décorations

Décorations françaises (par décret du ) (par décret du 15 octobre 1871)

Décorations étrangères () () ()

Hommages

Une médaille de bronze est réalisée à son effigie en 1909 par le graveur et sculpteur Pierre-Victor Dautel. Cette réalisation est un hommage commandé par les administrateurs de la Société des hauts fourneaux et des forges de Denain et d'Anzin envers leur ancien président. Une « Allée Robert de Nervo » à Escaudain dans le Nord, nommée en son honneur.

Titulature complète Christophe Olympe, 1er baron de Nervo, fut créé baron de l'Empire par lettres-patentes du de l'Empereur Napoléon I, puis baron héréditaire par ordonnance royale de Louis XVIII du . A ce titre, la baronnie est transmise à la descendance par primogéniture masculine, et en tant qu'unique héritier survivant de le fratrie, Robert de Nervo, reçoit cet héritage au décès de son père.

- : Monsieur le baron, Robert Ernest Frédéric Marie de Nervo

Armoiries Les armoiries de la famille de Nervo instaurés par l'ordonnance royale se déclinent ainsi : FigureBlasonnement127x127pxBaronnie de Nervo (depuis le 26 décembre 1818) Écartelé : au I, de gueules au dextrochère armé d'argent tenant un badelaire du même et mouvant du flanc senestre ; aux II et III, d'azur au lion d'or ; au IV, d'azur à la tour ruinée à senestre d'argent, au chef du même chargé d'une croisette de sinople ; à la croix d'or brochant sur l'écartelé

Ouvrages Les Budgets de la France et de l'Angleterre (1862) La monarchie espagnole : ses origines, sa fondation (1869) Notes sur la Russie : 1835-1840, par M. le baron de Barante, revues et mises en ordre par M. le baron de Nervo (1875) Les Trois âges de la vie, étude (1878) Caractères contemporains. Calchas II, sa dynastie, son empire (1879) Lucia, ou la Statue du Mont-Cassin... (1880) Les Mémoires de mon coupé (1881) Les Trois danseurs de Valentine (1882) Les Confidences d'une hirondelle, histoire russe (1883) La conversion et la mort de M. de Talleyrand : récit de l'un des cinq témoins, par le Bon de Barante ; recueilli par son petit-fils le Baron de Nervo (1910)

Notes et références

Annexes

Bibliographie Odette Hardy-Hémery, Industries, patronat et ouvriers du Valenciennois pendant le premier : développements et restructurations capitalistes à l'âge du charbon et de l'acier, Volume 1 (1985) Odette Hardy-Hémery, De la croissance à la désindustrialisation: un siècle dans le Valenciennois (1984) Odette Hardy-Hémery, Le pouvoir dans l'entreprise : actionnaires et dirigeants dans les sociétés du Nord, 1880-1960, 2001 Alain Chatriot, Danièle Fraboulet, Patrick Fridenson, Hervé Joly, Dictionnaire historique des patrons français Jean Garrigues, Les patrons et la politique: 150 ans de liaisons dangereuses, 2011

Liens externes

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