Cette liste des thèses de mathématiques recense des mémoires, rédigés en français, qui ont permis de conférer à leurs auteurs un doctorat en mathématiques. Elle commence à la création de ce grade dans les universités modernes et va jusqu’à la fin des années 1950. Des listes de thèses, sous forme de catalogues, en général limités à une région ou un pays, ont été publiées dès le , par des administrateurs, des bibliothécaires ou les scientifiques eux-mêmes, à des fins de contrôle (le doctorat étant souvent devenu nécessaire pour occuper certaines positions) ou d’information bibliographique ou statistique. Le format et les contenus exigés dans les thèses de sciences, en particulier mathématiques, changent de manière importante tout au long du et du ; ils dépendent aussi du lieu et parfois de l’institution délivrant le doctorat et de plus, dans certains pays, plusieurs types de doctorats, donc de thèses, coexistent. Depuis les années 1990, les historiens des sciences se sont intéressés à ces corpus de thèses, que ce soit dans la perspective d’une l’histoire de l’enseignement supérieur ou dans celle de l’évolution des savoirs mathématiques dont les thèses témoignent.

Thèse de doctorat en France Des programmes de thèses mathématiques sont imprimés sous l’Ancien Régime et ces thèses, le plus souvent en latin, mais parfois en français, sont soutenues en grande pompe.Par exemple, Jean-Claude de Gilly soutient en 1688 à Angers des , dédiées au marquis de Nointel, .. Mais la thèse associée dans le sens actuel à l'obtention d'un grade universitaire, le doctorat es sciences, apparaît lors de la création de l’Université impériale, dans le décret du qui l’organise.. Outre l’institution de 27 Facultés des sciences et des lettres dans tout le territoire de la France (complétées dans les années qui suivent, et pour une courte durée, par d’autres à Bruxelles, Genève, Trèves et Turin), le décret annonce (art. 24) : . Le premier cas donne lieu au doctorat es sciences mathématiques. Le doctorat est nécessaire pour être professeur de Faculté, mais aussi dans certaines classes avancées des lycéesUn décret de 1809 accorde d'office le droit au doctorat es sciences des membres de l’Institut, des professeurs de l’École polytechnique ou du Collège de France, des recteurs, etc..

Le choix des deux matières, mécanique et astronomie, qui caractérise les thèses de mathématiques, vient de l’organisation des études : les bacheliers, alors premier grade universitaire, auront déjà dû répondre à des questions , les licenciés, alors deuxième grade universitaire, (articles 22 et 23). Les cours de mécanique et d’astronomie sont quant à eux les plus avancés. La licence est exigée des candidats au doctorat, mais il n'est pas à cette date question de faire un travail original. Par ailleurs, la soutenance des deux thèses peut être décalée et leur développement inégal.

Dans le décret du , il est précisé que .. La durée est ensuite réduite à 2 heures dans les statuts de 1810, qui indiquent : .. Le jury sera d'ailleurs finalement réduit à trois personnes. Un nombre d'exemplaires à adresser au rectorat pour l'enregistrement sera aussi fixé au cours du .

L'arrêté du , s'il impose aux thèses es sciences physiques ou naturelles de présenter un travail original, laisse un choix pour les thèses es sciences mathématiques : selon l'article 6, Les rapports de thèse montrent que l'exigence d'une partie historique solide est prise au sérieux par les examinateurs ; la présence de résultats ou de développements nouveaux est invoquée dès les années 1850 pour justifier qu'une seule thèse soit soumise (à côté des questions de la Faculté). Gaston Darboux souligne en 1898 la distance qui sépare les des .

La première thèse es sciences mathématiques est soutenue en 1811. Jusqu'en 1825, on trouve encore des thèses imprimées qui ne contiennent qu'un programme, de quelques pages, mais vers le milieu du siècle, les thèses de mathématiques ont entre 50 et 100 pages environ, comme celles de physique. Entre 1811 et 1871, 35% des thèses sont dues à des élèves ou anciens élèves de l'École normale supérieure.

En , un décret autorise les universités à créer un diplôme distinct du grade de docteur d'état, , et pour lequel deux certificats de licence seulement sont exigés (au lieu des trois pour la licence normale, et donc le doctorat d'état) : c'est ainsi qu'apparaissent les thèses de doctorat d'université, qui sont souvent au début le fait de candidats étrangers.

Les catalogues et listes de thèses C'est à la demande de mathématiciens (il mentionne Charles-Ange Laisant et Jules Tannery) qu'Eugène Estanave, qui a lui-même obtenu son doctorat en , catalogue en 1903 la totalité des thèses de doctorat es sciences mathématiques soutenues en France au cours du . Entre 1810 et le , il en recense 292, dont 246 sont soutenues à Paris, 15 à Strasbourg et 8 à Montpellier.

Le Catalogue des thèses et écrits académiques, publié par le Ministère de l'Instruction publique, puis de l'Éducation nationale, s'étale de 1885 à 1959. Il devient ensuite le Catalogue des thèses de doctorat soutenues devant les universités françaises, puis, à partir de 1981 l'Inventaire des thèses de doctorat soutenues devant les universités françaises. Sciences. Toutes les thèses de mathématiques de France, à partir de 1972, sont recensées dans le Système universitaire de documentation (SUDOC) ; le portail theses.fr recense toutes les thèses depuis 1985, y compris les thèses en cours..

Qu'y a-t-il dans la liste ? Elle regroupe la liste des thèses répertoriées en 1903 par Estanave dans la Nomenclature des thèses de sciences mathématiques soutenues en France dans le courant du (1903), la liste des thèses établies d'après la bibliothèque de Dijon, le catalogue général des thèses et écrits académiques complété par NUMDAM et d'autres thèses soutenues en français. En ce sens, elle est exhaustive pour les thèses d'état soutenues de 1811 à 1900 et pour la période 1914 à 1945. Après 1945 en France et pour la plupart des autres pays, la liste ne peut prétendre à l'exhaustivité.

Les thèses sont classées chronologiquement par année de soutenance. Le type de thèse est précisé quand le grade conféré est autre qu'un doctorat es sciences, par exemple pour les thèses d'université en France au ou pour les doctorats de spécialité en Suisse.

La liste donne : lorsqu'elle est connue, la date de soutenance qui se trouve sur la thèse elle-même et qui peut différer de la date prévue. l'auteur (les prénoms de l'auteur, s'ils ne figurent sur les catalogues de thèses, ont été reconstitués à partir d'autres sources). le titre des thèses. Selon la période et le lieu, seul le titre du mémoire principal est indiqué dans les sources ; la ou les thèses peuvent aussi être découpées en plusieurs parties, avec plusieurs titres correspondants. Pour les thèses les plus anciennes, il peut même ne subsister qu'un programme. le nombre de pages du mémoire. Ce nombre est indicatif, car il peut varier de quelques unités, pour une même thèse, selon les catalogues. Il s'agit parfois sur certaines listes du nombre de feuillets débarrassé des pages de remplissage, des avertissements, des pages administratives, des tables ou planches. Les exigences de publication sont variables, le format ( et surtout in-4° pour les mémoires publiés de manière séparée) également ; pour les périodes plus récentes, la publication séparée peut être remplacée par celle d'un ou plusieurs articles dans des journaux de recherche. Le nombre n'inclut le plus souvent (mais pas toujours) que les pages de la thèse principale. le lieu de soutenance, avec l'institution, s'il peut y avoir ambiguïté. un lien au mémoire téléchargeable en ligne, si la thèse est disponible sur internet.

Le jury qui figure rarement sur les catalogues et n'est connu que pour certains pays ou certaines périodes, n'est pas indiqué.

Thèses

1811 - 1849

+ Thèses de mathématiques en français Soutenance Nom de l'auteur Titre nombre de pages Lieu accessible 1811 1811-03-09 et 1811-03-23 Pierre-Marie BourdonNotices biographiques sur Bourdon, voir et . Thèse de mécanique (Des momens d'inertie et des axes principaux — Mouvement d'un corps solide autour d'un point fixe). Programme de la thèse d'astronomie (Théorie du mouvement elliptique des planètes, suivie du principe de la gravitation universelle, et de son application à la détermination des masses de quelques planètes). 36 Paris oui ;

1811-11-23 Louis Lefébure de Fourcy Équations générales du mouvement des fluides et application de ces équations à la théorie du son. De l'attraction des sphéroïdes et de la figure des planètes. 21 Paris oui 1811-11-30 Alexis Thérèse Petit Théorie mathématique de l'attraction capillaire. La théorie des réfractions atmosphériques. 45 Paris oui1813 1813-08-02 Lesage Questions de mécanique et d'astronomie. Metz non 1815 1815-06-28 Olinde Rodrigues De l'attraction des sphéroïdes. Mouvement de rotation d'un corps de révolution pesant.| 27+4 Paris oui (programme de 2.) 1817 1817-06-20 et 30 Alfred Gautier Sur quelques points de la théorie de la Lune et des planètes. Sur la variation des constantes arbitraires dans le problème du mouvement de translation d'un système de corps pesants, et des planètes en particulier. 4 Paris oui (programme de 2.)1821 1821-02-01 Pierre-Frédéric Sarrus Essai sur la théorie du son. Essai sur le mouvement des planètes autour du Soleil. 14 (1)+ 14 (2) Montpellier oui (1) oui (2) 1823 1823-07-26 Paul Alexandre Zateplinsky Des inégalités périodiques des mouvements célestes. Du mouvement d'un système de corps soumis à leur attraction mutuelle. 8 Paris oui 1824 1824-07-26 Hippolyte Vernier De la distribution de l'électricité à la surface des conducteurs. De la figure des planètes. 23 Paris oui 1825 1825-05-21 Victor Bouniakowsky Sur le mouvement de rotation, dans un milieu résistant, d'un système de plans d'une épaisseur constantes et d'un contour déterminé, autour d'un axe incliné, par rapport à l'horizon. Détermination du rayon vecteur dans le mouvement elliptique des planètes. 16 Parisoui 1825-06-28 Paul Jean-Joseph Querret Traité analytique de l'attraction des sphéroïdes elliptiques homogènes. Astronomie nautique. La détermination d'un observateur à la mer. 46+8 Paris oui 1827 1827-08-13 et 14 Charles-François-Joseph Delcambre De la force d'attraction considérée particulièrement comme force motrice des planètes. Du mouvement elliptique des planètes. 27 (1) + 14 (2) Strasbourg non 1828 1828-10-25 et 28 Émile Emmanuel Regneault Scolie sur la nature des vitesses virtuelles, suivies de quelques réflexions sur la métaphysique du calcul différentiel et intégral. Discussion sur les mouvements propres des étoiles. 23 (1) + 17 (2) Strasbourg non 1829 1829-02-17 Antoine-Augustin Cournot Mémoire sur le mouvement d'un corps rigide soutenu par un plan fixe. De la figure des corps célestes. 37 Paris oui 1829-04-29 Edme-Gustave Gouré Questions de mathématiques. Questions d'astronomie. Grenoble non 1829-06-18 et 07-25 Pierre-Joseph-Étienne Finck Considérations sur les machines en mouvement. Essai sur les formules du mouvement de l'équateur terrestre. 17 (1) + 18 (2) Strasbourg non 1829-07-11 Bonnaire Mouvement de deux masses liées par une ligne inflexible et inextensible, lorsque l'une d'elles est assujettie à se mouvoir sur une ligne droite. Mouvement des planètes et formules servant à les déterminer. Caen non 1829-07-23 Charles Théodore KrampVoir sa deuxième thèse en 1830. Applications de la théorie générale des petites oscillations. 20 Strasbourg non 1829-11-06 Cach Théorie des pompes et considérations sur les lois de l'équilibre des fluides pesants. Théorie du flux et reflux, précédée de quelques considérations sur le problème des trois corps. Caen non 1829-11-19 et 12-30 J.-F.-L.-Armand de Quatrefages Théorie d'un coup de canon.23 Strasbourg non1830 1830-08-10