L’église Saint-Honoré est une église catholique paroissiale située à Verneuil-en-Halatte, dans le département de l'Oise, en région Hauts-de-France, en France. Ses origines devraient remonter à la fin du . Peu de temps après, en 1104, l'église est donnée à l'abbaye de Molesme, qui y fonde un prieuré-cure bénédictin. Ce prieuré est au titre de sainte Geneviève, alors que la paroisse est placée sous le patronage de saint Honoré, patron des boulangers. Un clocher octogonal est édifié au-dessus de la première travée du chœur. Seule sa souche en subsiste, cachée sous la toiture. Vers 1170, des croisillons ou chapelles sont ajoutées au nord et au sud, dans le style gothique primitif. Ce qui en reste aujourd'hui, une arcade avec des chapiteaux et un mur avec une fenêtre, représente les parties les plus anciennes de l'église actuelle. Au en effet, le clocher s'effondre apparemment, et les arcades endommagées sont rebâties dans le style gothique flamboyant naissant, encore peu affirmé. Puis, à partir du dernier quart du et jusqu'au début du , toutes les autres parties anciennes sont successivement démolies, et une nouvelle église construite. Sa nef et ses bas-côtés se caractérisent par leur élégance et un style flamboyant particulièrement pur. Les parties orientales sont moins homogènes et d'une facture plus simple, mais comportent par contre des culs-de-lampe sculptés. Le clocher n'est achevé que bien après la fin de la période gothique, sans doute après 1600, mais sa flèche en pierre s'inscrit néanmoins encore dans la tradition gothique. À l'extérieur, le portail occidental et le porche richement décoré, vers la place du marché côté nord, sont également remarquables. L'église a été inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du ., et a été restaurée par la commune pendant les années 1980.
Localisation
L'église est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans l'agglomération creilloise, non loin de la rive gauche de l'Oise, sur la commune de Verneuil-en-Halatte. Le bourg est bordé par la forêt d'Halatte, et fait partie du Parc naturel régional Oise-Pays de France. L'église est implantée au milieu du bourg, près du carrefour rue Jean-Jaurès, rue Victor-Hugo et rue Pasteur, sur la place du marché qui se situe au nord et à l'est de l'église. Le portail principale est celui qui est abrité par le porche, au nord. La façade occidentale est précédée par un petit parvis engazonnée, mais son exigüité empêche de la contempler en prenant du recul. Toute l'élévation méridionale donne sur un terrain municipal désaffecté non accessible au public (l'enclos de l'ancien prieuré), et se dérobe ainsi aux regards. On bénéficie cependant d'une vue sur l'église et le bourg depuis le versant de la forêt d'Halatte, accessible par l'escalier à la fin de la place de Piégaro. La mairie et le Musée de la mémoire des murs Serge-Ramond se trouvent à proximité immédiate.
Histoire thumb|upright|Vue depuis le nord-est. thumb|upright|Litre seigneuriale du duc de Verneuil au revers du mur occidental de la nef. thumb|upright|Nef, , vue vers l'est sur la base de l'ancien clocher et le chœur.
L'histoire de l'église reste méconnue, et une récente publication parue en 2013 n'a pas révélé de nouveaux éléments. En effet, le prestigieux château bâti à partir de 1560 par Jacques Androuet du Cerceau, et terminé par Salomon de Brosse après son rachat par Henri IV pour sa maîtresse Catherine Henriette de Balzac d'Entragues, a toujours monopolisé l'attention des historiens. Il est néanmoins ruiné depuis que le prince de Condé entreprit sa démolition en 1734. — Louis Graves affirme qu'on a toujours fait référence à Verneuil comme ville dans les chartes anciennes, et que le lieu devait avoir une certaine importance. Ce fut une prévôté particulière. Sans doute au , Verneuil bénéficie même d'une charte de commune, à l'instar des communes voisines de Pontpoint et Senlis, et a ses propres coutumes. Les origines de l'église remontent à une époque incertaine, mais au moins à la fin du . En 1104, elle est donnée à la lointaine abbaye de Molesme (Côte-d'Or), qui y fonde un prieuré-cure bénédictin. Ce prieuré est au titre de sainte Geneviève, alors que la paroisse est placée sous le patronage de saint Honoré, patron des boulangers. Le curé, en même temps prieur, est à la nomination de l'abbé de Molesmes. Sans doute sur l'initiative et sur les fonds de l'abbaye de Molesme, le chœur roman est construit quelque temps après, au début ou au cours de la première moitié du . Le clocher était octogonal, comme à Cambronne-lès-Clermont, Foulangues et Rieux. Il s'élevait au-dessus de la première travée du chœur, devenant par la suite croisée du transept. Il n'en reste que des vestiges assez modestes, à savoir quelques chapiteaux et la souche du clocher, cachée dans les combles. Par analogie avec d'autres églises contemporaines, et en analysant ce qui reste d'une deuxième campagne de construction menée vers 1170, l'on peut supposer que le chœur primitif n'avait pas de chapelles latérales et que le clocher était resté libre au nord et au sud. Ce sont donc deux croisillons ou chapelles latérales du chœur qui sont ajoutés vers 1170, dans le style gothique primitif. Seule la grande arcade au nord de la base du clocher le mur septentrional de la chapelle du nord en subsistent. L'existence de l'arcade témoigne d'une délicate reprise en sous-œuvre, courante au Moyen Âge, mais à laquelle l'on renonça dans des églises de villages de moindre importance, comme Saintines, Saint-Vaast-de-Longmont ou Villers-Saint-Frambourg. L'on ne peut pas se prononcer sur la nef, dont rien ne subsiste. L'on peut seulement affirmer qu'elle était pourvue d'une charpente qui comportait des éléments taillés et peints, qui ont été réemployés dans la charpente actuelle. En 1194, Verneuil est donné en fief, avec Pontpoint et Pont-Sainte-Maxence, à Hugues IV de Campdavaine par Philippe Auguste....
Le clocher s'écroule vers le sud au : c'est au sud de sa souche que l'on observe de nettes traces de reprises, et ce sont les arcades vers l'ouest, le sud et l'est qui ont été reconstruites peu de temps après, ainsi que l'arcade au sud de la travée suivante du chœur. Le style de ces arcades est atypique. Elles présentent encore des profils toriques, comme à la période gothique classique, et les rouleaux supérieurs sont séparés du rouleau inférieur par des gorges profondément accusées, ce qui devient courant au . C'est de cette époque que Louis Graves a daté le chœur de l'église. Mais en même temps, le rouleau inférieur montre un début de mouluration prismatique ; les arcades longitudinales se fondent directement dans les piliers sans interposition de chapiteaux (sauf un chapiteau isolé au sud-est de la base de l'ancienne clocher) ; et les deux arcades transversales présentent des frises sculptés en guise de chapiteaux, ce qui indique le style gothique flamboyant et le . C'est donc au qu'il convient de situer l'écroulement du clocher. Il paraît par ailleurs que les rouleaux supérieurs des arcades font réemploi de claveaux plus anciens, ce qui expliquerait les incohérences stylistiques. D'autre part, les reconstructions évoquées doivent se situer au tout début de la période flamboyante, quand le nouveau style ne s'est pas encore clairement affirmé. Ainsi, l'on trouve trois profils différents sur les quatre arcades en question, et l'arcade au nord de la travée attenante du chœur, légèrement plus récente, présente encore un tore de chaque côté, qui cohabite avec les moulurations prismatiques. Les deux chapelles latérales et les deux dernières travées du chœur sont donc édifiées au début de la période flamboyante, à partir de 1470 et jusqu'à la fin du . Ces travaux ont sans doute été financés par les seigneurs de Verneuil, ce qu'indiquent leurs blasons présents à plusieurs endroits. La nef suit plus tard, à la limite avec le , et reste sans voûtes dans un premier temps. L'on ajoute un porche devant le collatéral nord. Ensuite, la construction d'un nouveau clocher est entreprise. Ceci peut s'expliquer par une réparation provisoire de l'ancien clocher, qui n'est définitivement supprimé qu'après l'achèvement du nouveau, comme à Saint-Étienne de Beauvais. En tout cas, le chantier du nouveau clocher avance lentement, et son étage de beffroi ainsi que la flèche ne doivent dater que de la fin du ou du début du . Vers cette époque, Salomon de Brosse dessine le nouveau portail du collatéral nord, plus jeune que le porche encore purement flamboyant. Les voûtes de la nef ne sont lancées que tardivement, vers 1664 / 1674, dates qui figurent sur les clés de voûte de la seconde et de la quatrième travée...
Sous l'Ancien Régime, la paroisse de Verneuil-en-Halatte fait partie de l'archidiaconé et doyenné de Clermont du diocèse de Beauvais., malgré la proximité du siège épiscopal de Senlis. Sauf pendant la période où le diocèse de Beauvais fut rattaché à celui d'Amiens, entre 1801 et 1822, Verneuil-en-Halatte a toujours appartenu au diocèse de Beauvais. — Le cimetière est transféré loin des habitations en 1832, à la suite d'une épidémie de choléra, porté dans le pays par un garçon arrivant de Paris le de cette même année. Elle touche quarante-quatre personnes, dont quatorze meurent, et ne s'éteint que le .. — Le chœur de l'église est restauré en 1894, date gravée sous la lunette de la voûte de la seconde travée, côté sud. Au début du , les traditionnelles processions vers la fontaine Sainte-Geneviève disparaissent. Elles donnaient lieu à une abondante décoration florale de l'église..
L'église est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du . — À la Libération, le clocher est transpercé par un obus tiré par un char depuis la rive opposée de l'Oise. — Les stalles sous les arcades de la dernière travée de la nef sont enlevées au début des années 1960. En 1967, le conseil municipal décide la restauration des vitraux, qui est confiée à l'entreprise Barre d'Amiens. — Pendant les années 1970, la pile nord-ouest de la première travée du chœur commence à se fissurer. L'évolution est suivie par le CERCHAR, qui envoie un rapport inquiétant à la mairie en 1978. En mars, le curé signale l'apparition de fissures sous la voûte. Des travaux de sauvegarde et de mise en sécurité sont exécutés dès le mois de juin, puis, à partir du mois d'octobre, la pile est restaurée. La voûte est consolidée, et ensuite, les voûtes de la nef le sont également, travée par travée, ce qui prend plusieurs mois. Pour lutter contre la poussée latérale des voûtes, des poutres horizontales en béton armé sont construites, et les maigres arcs-boutants dans les combles des bas-côtés sont remplacés par des poutres en béton armé diagonaux. Une seconde tranche de travaux est décidée par le conseil municipal en 1983. Elle porte sur les couvertures et la flèche. Un nouveau coq est hissé au sommet le . Le porche est restauré l'année suivante et des pierres de la porte dessinée par Salomon de Brosse sont enlevées pour faire apparaître les contours du portail gothique. Les bancs de pierre sont supprimés. En 1986, suit la réfection des contreforts et pignons des bas-côtés ; en 1987, le chevet du vaisseau central ; et en 1988, le flanc sud du chœur.. Bien entretenue, l'église Saint-Honoré est un lieu de culte vivant, et des messes dominicales anticipées y sont célébrées tous les samedis soir, sauf en partie pendant les vacances scolaires d'été. La paroisse de Verneuil-en-Halatte a été intégrée dans la paroisse du Creillois-Centre - paroisse bienheureux Frédéric Ozanam..
Description Aperçu général thumb|upright|Plan de l'église.