Ce texte est incomplet, personnel, pas toujours vrai (exemple : le maraîchinage ne concerne pas que "la partie maritime du Marais breton-vendéen," il s'étend jusqu'à Soullans ou Challans) et il ne donne vraiment qu'une seule source. De plus, l'auteur de la page a été radié définitivement de wikipédia. Bien sûr, cela ne veut rien dire, les raisons de l'exclusion sont parfois justifiées et assez souvent abusives. « Maraîchinage » désigne les rituels de fréquentation et de séduction particuliers qui ont eu cours jusqu'au début du entre les jeunes des deux sexes dans la partie maritime du Marais breton-vendéen (le Pays de Monts), et plus particulièrement la permissivité entourant les relations amoureuses prémaritales des jeunes Maraîchins (habitants du Marais). Le verbe maraîchiner a été parfois utilisé pour désigner la pratique du baiser lingual à laquelle s'adonnaient assidûment les adolescents de cette région.
Analogue à d'autres coutumes de fréquentation jadis attestées dans la plupart des régions rurales de France et d'Europe, le maraîchinage vendéen apparaît à la fois comme un archaïsme médiéval transmis intact à l'époque moderne, et comme une préfiguration des mœurs libérales qui se sont généralisées dans le second tiers du . Il a à ce titre particulièrement retenu l'attention des anthropologues et historiens, d'autant plus que vu sa proximité dans le temps, il a pu être abondamment observé et décrit, en particulier par Marcel Baudouin, qui y a consacré un ouvrage à succès. De très nombreuses photographies (comme celles d'Adeline Boutain) et cartes postales éditées au début du témoignent de l'intérêt amusé (ou faussement scandalisé) que suscitait alors ce comportement sexuel considéré comme insolite, voire déviant.
Le témoignage de l'abbé Simonneau Une des premières descriptions détaillées du phénomène remonte à 1882, et est due à l'abbé Augustin Simonneau qui, dans une monographie consacrée à la paroisse de Saint-Urbain dont il était curé (dans le canton de Saint-Jean-de-Monts), écritArchives de Vendée, Annuaire départemental de la Société d'émulation de la Vendée, 1882, , vol. 2, pages 76-78 : « L'époque du mariage est très dangereuse au point de vue des bonnes mœurs, dans tous les pays, mais particulièrement dans celui-ci. Les fréquentations commencent de très bonne heure, et [ ... ] donnent lieu à tous les désordres qui accompagnent la vanité et la frivolité. [ ... ] L'accès des cabarets par les jeunes filles, qui est partout regardé comme une mauvaise note, n'inspire ici aucune répugnance. C'est l'attrait irrésistible, l'usage le plus rebelle, qui existe depuis des siècles [ ... ]. »
Les mœurs des jeunes paysans vendéens telles que les présente l'abbé Simonneau semblent anticiper d'un siècle les « boums » des adolescents urbains du :
Le curé de Saint-Urbain remarque que dans cette région farouchement catholique, les préceptes de l'Église sont peu obéis en ce qui concerne les comportements amoureux juvéniles : « Il n'est pas rare de rencontrer, les jours de fête, une série de couples échelonnés sur les routes [ ... ] sans s'inquiéter des passants et ne se privant aucunement de se donner de ferventes accolades. Le prêtre, généralement respecté, passe ; on le salue convenablement, sans se déranger davantage, mais il fera bien de ne pas admonester publiquement ces têtes exaltées par la danse, le vin et l'amour ; des propos peu mesurés lui arriveraient immanquablement. »
L'auteur note aussi que les « fréquentations sérieuses » ont ordinairement lieu au domicile de la jeune fille, indice d'une permissivité parentale très inhabituelle pour l'époque. « Le déshonneur éclate quelquefois ; mais alors il est rare que le garçon abandonne la fille : au contraire on pousse les préparatifs du mariage, et les fautes se réparent au plus vite par la conclusion sacramentelle. »
La répression Si l'Église semble s'être dans l'ensemble résignée aux mœurs très libres des jeunes paroissiens de la région, il en va autrement des autorités civiles, qui vont s'efforcer d'éradiquer le maraîchinage.
Voir aussi
Bibliographie . Jean-Louis Flandrin, Les Amours paysannes – Amour et sexualité dans les campagnes de l'ancienne France (-), Gallimard, coll. « Archives », 1975. Jean-Louis Flandrin, Le Sexe et l'Occident – Évolution des attitudes et des comportements, éd. du Seuil, coll. L'Univers historique, 1981. Martine Segalen, Amours et mariages de l’ancienne France, Berger-Levrault, 1981. Gilles Perraudeau, Des Gars et des filles de l'Ouest – Survivances et nouveaux comportements chez les jeunes de 1950 à 1950, dans le marais nord-vendéen et ses marges, éd. Le Cercle d'or, 1986. Michel Gautier, Amours d’autrefois – Rites des fréquentations amoureuses en Vendée avant le mariage, Geste Editions, 1998 . Articles connexes Mariage, Mariage religieux, Mariage chrétien, Mariage catholique, Mariage civil
Notes et références
Catégorie:Vie sentimentale Catégorie:Sexualité en France Catégorie:Séduction