Samaw'al, de son nom complet al-Samaw'al Ibn 'Âdiyâ () est un poète arabe juif de la période préislamique, mort vers le milieu du après l'ère commune, dont la loyauté est proverbiale.

Vie et œuvre Sa relation d'amitié avec Imrou'l Qays, considéré comme le plus grand poète préislamique, contribue à sa célébrité. Selon la légende, il a préféré voir exécuter son fils plutôt que de céder au phylarque ghassanide al-Hârith Ibn Jabalah les armes qu'Imrou'l Qays lui avaient confiéesBauer, Th.. "al-Sām awʾal b. ʿĀdiy ā." Encyclopédie de l’Islam. Brill Online, 2014.. Il résidait au château d'al-Ablaq, au sud-est de Tayma.

Il figure notamment dans l'anthologie poétique du , le Livre des Chansons (Kitâb al-Aghânî) d'Isfahani, au tome 22, dans un florilège de la poésie des Juifs d'Arabie. « Ce choix de textes semble montrer qu'à l'époque du Kitâb al-Aghânî [Xe siècle], des fragments remontant à des poètes juifs étaient non seulement chantés, mais sélectionnés sous patronage officiel. Ainsi de ceux de Samaw'al, de Saaya ibn Urayd, Abu l-Zannad al-Adimi, que mit en musique Ibn MuhrizJacques Berque, Musiques sur le fleuve : les plus belles pages du Kitab al-Aghani, Albin Michel, 1995, p.221. ».

Il figure aussi dans Les Classes des poètes arabes (Tabaqat) d'Ibn Sallâm al-Jumahî, philologue du , dans la classe de poètes juifs, aux côtés de Saaya ibn Urayd (), Kaab Ibn al-Achraf, , et quatre autres poètesCharles Pellat, "Ibn Sallam al-Djumahi", Encyclopédie de l'islam, Brill Online, 2014..

Les poèmes de Samaw'al qui nous sont parvenus ont été recueillis dans une compilation intitulée Hamasa ; ils exaltent le courage guerrier. Un poème qui lui est attribué a été publié en arabe, avec des traductions en hébreu et en anglais par H. Hirschfeld..

Les poèmes attribués à Samaw'al ne contiennent aucun indice indiquant l'appartenance religieuse de son auteur. Certains commentateurs ont douté qu'il soit réellement juif. Toutefois, « comme on peut faire la même remarque à propos des poètes polythéistes et chrétiens, il faut en conclure que la poésie n'est pas considérée comme un moyen approprié pour faire étalage de convictions personnellesCh.-J. Robin, "Himyar et Israël", 2004, p.864, consultable en ligne, http://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_2004_num_148_2_22750 » à cette époque.

Allusions littéraires Anwar Shaul, écrivain juif irakien du , considérait Samaw'al comme une figure tutélaire. « Quand Shaul commença à travailler pour le journal al-Misbah [journal juif en langue arabe, qui parut en Irak dans les années 1920], il signait ses articles en usant du pseudonyme « Ibn al-Samaw’al » (le fils d’al-Samaw’al)" ; il écrit notamment : "Être un membre de la famille de Moïse/ N’entame pas mon amour pour la nation de Muhammad/ Je vais être loyal comme Samaw’al/ Joyeux ou misérable, dans mon Bagdad bien-aiméOrit Bashkin, "Un Arabe juif dans l’Irak de l’entre-deux-guerres La carrière d’Anwar Shā’ul", Vingtième Siècle. Revue d'histoire 2009/3 (n° 103), consultable en ligne, https://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2009-3-page-120.htm#no8 ».

Notes et références

Articles connexes Imrou'l Qays Littérature préislamique Littérature arabe Poésie arabe

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