Le musée de la Loire est un musée d'art et d'ethnographie situé au cœur de la commune de Cosne-Cours-sur-Loire, en région Bourgogne-Franche-Comté, dans le département de la Nièvre.
Installé dans l'ancien couvent des AugustinsIMH 1977., le musée présente une double orientation qui lie les beaux-arts et l'histoire des métiers de Loire dont les mariniers. Il est accessible à tous publics, possède un accès handicapé, propose des visites guidées, des animations, des activités pour les enfants et les scolaires, des jeux de piste ou puzzle pour les familles. Il offre enfin une visite virtuelle via mobile.
Labels Le musée de la Loire a été labellisé « Musée de France » en 2003. Installé dans l'ancien couvent des Augustins de la ville, il est inscrit au titre des monuments historiques depuis le .
Il a obtenu les labels « Accueil vélo ». en 2016 pour trois ans (renouvelé en 2019), « Vignobles & découvertes ». en 2016 pour trois ans (renouvelé en 2021) et « Qualité Tourisme » en 2021 pour cinq ans.
Historique La création du musée est adoptée par délibérations du conseil municipal les et , il ouvre ses portes le .
Histoire des lieux Le couvent des Augustins accueille le musée de la Loire depuis le , mais cela n’a pas toujours été le casArchives municipales, Ville de Cosne-Cours-sur-Loire, 4M28, 2R11, 162W, 1D33, 16W53, 100W42, 1W2195, 1W2, 145W1, 145W2, 70W23 à 70W27 et archives du musée de la Loire ; Cataloque du musée de Cosne, Cosne-Cours-sur-Loire, Imprimerie A. Bureau, 1905..
Si l’idée d’un musée-bibliothèque de la ville de Cosne-sur-Loire germe dès la fin du dans l’esprit des notables locaux (notamment l'architecte Albert Pasquet), c’est d’abord l’hôtel de ville qui accueille les collections dans deux salles du premier étage. Ces collections sont en partie composées de dons de l’État français, qui dote ainsi ses petits musées de province. Le catalogue de 1905 fait mention de : tableaux, sculptures, fragments paléontologiques, objets archéologiques et monnaies.
vignette|centré|Le couvent au début du , eau-forte, Nevers, archives départementales de la Nièvre. Le musée est déplacé en 1937 dans les locaux de l’ancienne sous-préfecture de l’époque, rue Eugène-Pelletan. Les œuvres sont classées dans différentes salles thématiquement , les sculptures profitant de la lumière de la verrière du bâtiment. Ce dernier est détruit le lors du bombardement du pont de Loire tout proche. Certaines œuvres disparaissent, détruites par le bombardement ou volées lors de pillages. Commence le sauvetage des œuvres restantes grâce, entre autres, à la famille Giblin. Avec les dommages de guère dans les années 1950, on projette la conception d’un grand musée national soutenu par Georges Henri Rivière, fondateur du musée national des Arts et Traditions populaires. Une exposition de préfiguration se déroule dans les locaux de l’Éden Cinéma. Alors que la création d'un musée-aquarium sur le site des forges de la Chaussade ou près du pont est envisagée, l'idée est finalement abandonnée.
vignette|centré|Ancien couvent des Augustins et corps de garde, le musée de la Loire en travaux.
Les collections sont gérées à partir de 1961 par la Conservation départementale des musées de la Nièvre. En 1971, le « musée de la Loire nivernaise », toujours accompagné de la bibliothèque, ouvre dans deux salles au rez-de-chaussée du palais de justice. Les collections tournent essentiellement autour de la batellerie.
En 1984, sont recensées et la collection beaux-arts s’est considérablement enrichie grâce aux legs d’Émile Fernand-Dubois et Émile Loiseau. Il s’organise alors principalement autour de l’ethnographie ligérienne et de la peinture parisienne des . Il ouvre ses portes dans le bâtiment actuel, correspondant à une partie de l’ancien couvent des Augustins, le .
Historique des collections
Les collections du musée de la Loire sont le résultat de plus d'un siècle d'acquisitions constituées à la faveur d'achats, de dons, de legs ou de dépôts notamment d’État.
1899-1901 : genèse du musée vignette|redresse|Paul Adolphe Rajon, Portait d'Achille Millien, gravure. Le musée reçoit dès sa création de nombreux dons très variés : tableaux, sculptures, livres, pièces de monnaie, fossiles, fragments paléontologiques et archéologiques
L'objectif, hérité de la Révolution, est pédagogique : l'éducation du peuple et la volonté de rassembler des pièces significatives des arts et de la nature (cabinets de curiosités).
Parmi les souscripteurs en nature figurent notamment Achille Millien (1838-1927), poète et folkloriste nivernais, Albert Pasquet (1857-1937), architecte cosnois et Gustave Mohler (1836-1920), artiste nivernais (don de Portrait de deux chiens bassets).
Parmi les souscripteurs en numéraire figurent le marquis de Tracy (), Albert Pasquet et sa femme ( en plus des objets qu’ils ont déjà donnés), Le Blanc de la Caudrie (), la Ville de Cosne-Cours-sur-Loire () et le département de la Nièvre () ; mais aussi des contributions plus modestes, entre un et , qui montrent que sa création a fédéré et enthousiasmé les habitants de Cosne et de ses environs.
L'inventaire recense 35 tableaux, trois aquarelles, huit dessins, neuf gravures, sept sculptures, vingt ouvrages littéraires (contribution d'Achille Millien) et plusieurs objets archéologiques.
1900-1905 : premières acquisitions Le musée réalise différents achats d’œuvres : plusieurs œuvres de la collection Achille Millien comme l'Esquisse d’une Renommée par le sculpteur français Joseph Félon (1818-1896), dédicacée et préparant une partie du décor en bas-relief de l’escalier d’honneur de l’hôtel de ville de Paris ; plusieurs œuvres d’artistes locaux comme Élisabeth Martin des Amognes et Auguste Muri ; le musée bénéficie également dès 1901 de six dépôts de l’État, essentiellement des tableaux et des sculptures, envoyés depuis Paris par la Direction des Beaux-Arts comme La Mère laborieuse, peinte par Edmond Kaiser d’après Chardin et déposée par l’État en 1902.
L'inventaire recense 215 objets : pièces archéologiques, peintures, sculptures, dessins, numismatique, faïences
1905-1940 : épanouissement Jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale, les acquisitions vont ainsi se poursuivre à un rythme régulier grâce à des achats, des dons et des legs. Très peu d’informations subsistent sur les acquisitions réalisées jusqu’aux , beaucoup de documents ayant été perdus lors du bombardement de .
Parmi les acquisitions les plus marquantes figurent le don de , antiquaire à Cosne, qui dote le musée d’une importante collection de lorgnettes et jumelles de théâtre des , ou l’achat d'un vase soliflore en 1907 auprès du céramiste nivernais Théo Perrot (1856-1942).
Durant cette période faste, le musée reçoit deux legs d'importance : le Legs Le Blanc de la Caudrie en 1912 : Marie-Joseph Serigny Le Blanc de la Caudrie (1833-1911), militaire d’origine cosnoise, décide, dès 1908, de léguer à la Ville de Cosne et à son musée ses riches collections constituées d’étains, de faïences et porcelaines, de tabatières et compotiers en argent du , d’armes diverses, de bronzes chinois, un petit bénitier d’intérieur, des majoliques italiennes ou la Tête de faune de Jean-Joseph Carriès.
le Legs Émile Fernand-Dubois.
Émile Fernand-Dubois (1869-1952) est nommé conservateur du musée à partir de 1921. Sculpteur formé par Jules Dalou, il fréquente régulièrement Auguste Rodin et l’atelier du fondeur Pierre Bingen. Très engagé en politique et fortement affecté par la Première Guerre mondiale, son œuvre est marqué par ses réalisations monumentales (le Monument aux morts de Cosne réalisé en 1922, entre autres), des représentations féminines nombreuses ou les commandes de bustes et portraits sculptés (écrivains, militaires, hommes politiques). Claude Goujat, maire de Cosne, l’invitera à s’installer dans la région où il acquerra une petite maison dans le hameau de Port-Aubry. Profondément marqué par la mort de son épouse Jane dans le bombardement du musée, il abandonne peu à peu ses fonctions au musée puis meurt en 1952. Il est ensuite inhumé à Cosne. Il lègue à la Ville de Cosne la totalité de son fonds d’atelier de sculpteur, aujourd’hui conservé au musée de la Loire : des sculptures en bronze, marbre, ainsi que des travaux préparatoires, des dessins et des photographies renseignant le processus créatif de l’artiste à l’exemple du Joueur de Harpe (épreuve de travail en plâtre et version définitive en bronze).
Ses acquisitions sont clairement orientées vers les beaux-arts, privilégiant la peinture et la sculpture .
Il obtient aussi des dons d’artistes qu’il connaît, soit par le biais de son métier de sculpteur, soit par le biais de la communauté artistique de Montparnasse et de La Horde, association de soutien aux artistes : la Lionne, aquarelle du peintre animalier Jean Camille Cipra (1893-1952) donnée en 1931 par , le Nu accroupi de Samuel Granowsky (1889-1942), un artiste que Fernand-Dubois a sans doute côtoyé à Montparnasse, et un buste en bronze de Victor Hugo réalisé par Auguste Rodin, mais le musée ne conserve plus aujourd’hui cette sculpture, probablement disparue pendant la Seconde Guerre mondiale.
Il obtient enfin des dépôts d’État (peintures et sculptures) : , dont certaines ont été détruites lors du bombardement du . Seules dix nous sont parvenues, comme la Nature morte au poêle de Jules Valadon, des œuvres de Tancrède Synave et de Paul Marie Vigoureux.
L'inventaire dressé par Fernand-Dubois le recense environ et objets et d’État. La collection jugée hétéroclite est centrée autour des thématiques beaux-arts, ethnologie, minéralogie, archéologie et arts décoratifs.
S'y trouve des œuvres du sculpteur Louis-Ernest Barrias (1841-1905), comme une esquisse de La Nature se dévoilant devant la science, dont la version définitive en marbre est conservée à Paris au musée d'Orsay, et du peintre Félix-Joseph Barrias (1822-1907) avec une esquisse pour Les Exilés de Tibère, dont la version définitive se trouve elle aussi au musée d'Orsay, ou des œuvres d’artistes locaux comme Albert Dardy, Fernand Chalandre, Claude Rameau
1940-1980 : la difficile renaissance après le désastre Alors que l’on procède à l’évacuation des œuvres du musée bombardé le , Émile Fernand-Dubois réalise un premier inventaire pour évaluer les dommages de guerre.
Les acquisitions se poursuivent à partir des années 1950, surtout orientées vers les sujets « Loire » qui agitent les débats de création d’un musée national sur cette thématique : outils de pêcheur, de menuisier, de tonnelier, de charpentier de marine ; matériels ou mobiliers de mariniers ; tableaux, photographies, faïences et objets d’art
Plusieurs dons affluent provenant notamment des familles Joly, Biry et Bellile (en 1956), Jost (en 1958), Carroué (en 1961 et 1972).
En 1952, un nouvel inventaire est dressé, de même en 1961 et en 1969. Les collections sauvées des décombres sont disséminées dans différents lieux de la Ville.
vignette|redresse|Jules-Émile Zingg, Portrait d'Émile Loiseau (1922). Le musée reçoit un nouveau legs exceptionnel, celui d’Émile Loiseau en 1970.
Installé avec son épouse Marthe à Cosne pour sa retraite, sans héritier, les époux Loiseau décident de léguer l’ensemble de leurs biens, plus de deux cents objets d’art et peintures modernes, à la Ville.
Outre une importante bibliothèque , on note la présence d'un ensemble de statues, statuettes et divers objets appartenant à une vaste sphère extrême-orientale dont une Tête de Bouddha khmer en grès beige, datable du , des céramiques de Meissen ou Sèvres (Bouillon couvert au décor « œil de perdrix », marque de Louis-Gabriel Chulot, vers 1780), des meubles et statues où se distingue une imposante armoire de sacristie, aux panneaux sculptés de « plis de serviette », et un Saint Antoine ermite en bois polychrome, sans doute témoin de l’école rhénane de sculpture à la fin du Moyen Âge.