L’économie de l'Espagne est la quatrième économie de l’Union européenne et la douzième plus grande économie mondiale par son PIB (en 2025, d'après le FMI). L’économie de ce pays a été marquée au cours des années 2000 par une croissance économique très forte, liée en partie à un boom de la construction dans l'immobilier, dont l'arrêt brutal en 2008 a ébranlé l'ensemble du pays (voir bulle immobilière espagnole). Madrid, la capitale est une des villes les plus importantes en Europe. Pendant de nombreuses années, la ville resta une ville administrative, centralisant les activités de l'État. L'industrialisation est arrivée de façon massive après la guerre civile. Elle a été concentrée dans les domaines de mécanique de précision, électronique, pharmaceutique, etc. Le centralisme étatique favorisa la croissance économique de la ville. De nombreuses entreprises y installèrent leur siège national pendant cette période.
En 2010, l'Espagne, comme la zone euro, est touchée de plein fouet par la crise financière qui a débuté en 2008 (hausse importante de la dette publique, hausse du chômage, crise de confiance des investisseurs). En 2022, 10 % de la population espagnole détiennent 54 % de la richesse du pays, tandis que les 50 % d'Espagnols les plus pauvres n'en détiennent que 7,8 %.
L'empire espagnol Les relations économiques entre l'Amérique espagnole et l'Europe entre le et le ont été primordiales pour l'économie espagnole.
L'Espagne au Pendant le République Espagnole
Pendant le régime du général Franco En 1939, à la fin de la guerre civile, l'Espagne était un pays ruiné, ses industries détruites par les franquistes et sa réserve d'or partie en direction de l'Union soviétique.
L'Espagne a hérité d'une économie corporatiste du régime du général Franco, caractérisée par un manque de liberté économique par rapport aux autres nations d'Europe, politique de relative autarcie.
À partir de la libéralisation économique de 1959, des pays occidentaux notamment grâce au tourisme.
En 1975, le PIB individuel moyen dépassait 77 % de la moyenne des pays du Marché Commun et l'Espagne était alors la neuvième puissance industrielle du monde.
1982-1996 (Gouvernement de Felipe González)
L'entrée de l'Espagne dans la Communauté économique européenne (CEE) - ancêtre de l'Union européenne actuelle - le a nécessité l'ouverture de l'économie du pays, la modernisation de son industrie, l'amélioration de son infrastructure et la révision de sa législation économique pour suivre les directives de l'UE. Grâce à ceci, l'Espagne a accéléré la croissance de son PIB, réduit la dette publique et le taux de chômage de 23 % à 15 % en trois ans ainsi que l'inflation sous les 3 %. Les défis les plus importants pour l'économie espagnole incluent la réduction du déficit public, une réduction plus importante du taux de chômage, la réforme du code du travail, la réduction de l'inflation et l'augmentation du PIB par habitant. Entre 1986 et 2006, l'Espagne est le premier bénéficiaire des pays membres du fond de cohésion de l'Union européenneMathieu de Taillac, « Les Espagnols restent europhiles malgré la crise sociale », Le Figaro, lundi 11 mai 2014, page 7..
Cependant, après le pic de croissance vers la fin des années 1980, l'économie espagnole est entrée en récession à partir de mi-1992. Le taux de chômage atteint 23,90 % en 1994.
De plus, à la fin de cette période, le gouvernement a essuyé plusieurs affaires de corruptions, touchant par exemple Rafael Vera ou Luis Roldán.
1996-2004 (Gouvernement de José María Aznar) Le ministre de l'économie est Rodrigo Rato.
L'économie espagnole a connu une reprise durant la première administration Aznar (1996-2000) grâce à un retour de la confiance des consommateurs et l'accroissement de la consommation privée, bien que la croissance ait ralenti en fin de mandat. Le taux de chômage reste un problème à 11,7 % (2003), mais ceci représente néanmoins une amélioration importante par rapport à ce qu'a connu l'Espagne sous le gouvernement de Felipe González. La dévaluation de la peseta durant les années 1990 a rendu les exportations espagnoles compétitives, mais la force de l'euro depuis son adoption en 1999 a élevé des critiques selon lesquelles les exportations espagnoles sont trop chères par rapport à la marge de manœuvre des acheteurs étrangers. Cependant, ceci a été masqué par la facilité accrue d'échange avec les autres pays de la zone euro.
Durant la période Aznar, l'exécutif a poursuivi la privatisation d'entreprises publiques et concentré son attention sur la réduction de la dette. Les investissements dans la recherche sont drastiquement réduits et de larges coupes sont également décidées dans les dépenses sociales. La construction de logements sociaux diminue de plus de 30 % et les ménages s'endettent en réaction à la forte augmentation du prix des terrains constructibles.
2004-2011 (Gouvernement de José Luis Rodríguez Zapatero)
La politique économique reste sensiblement la même que celle du gouvernement Aznar. L'économie est d'abord dans un bon moment avec une croissance économique de plus de 3,5 % (2005: + 3,6 %, 2006 : + 4,0 %, 2007 : + 3,6 %) et une dette qui respecte les limites de l'Union européenne, réduit jusqu'à 36,1 %) fin 2007.
Les années 2005-2007 ont été exceptionnelles pour l'Espagne en ce qui concerne le chômage : celui-ci est passé de 10,56 % fin 2004 à 8,7 % fin 2005, puis 7,9 % mi-2007. Il s'agit du plus bas taux de chômage depuis 1978. De plus, on note une forte disparité entre les régions, certaines ayant des taux de chômage inférieurs à 6 %, comme la Communauté autonome du Pays basque - Euskadi (3,4 %), la Catalogne (5,90 %), Madrid (5,92 %) ou la Navarre (5,95 %), alors que d'autres régions ont des taux supérieurs à 13 % (Estrémadure, 15,31 %, ou Andalousie, 13,83 %). Le marché du travail espagnol est caractérisé par la forte prévalence des contrats à durée déterminée (31 % des contrats).
L'inflation en 2006 est de 3,5 % et la croissance économique de 3,9 %. Rodríguez Zapatero déclare alors qu'à ce rythme, l'économie espagnole dépasserait des pays comme l'Allemagne ou l'Italie en PIB par habitant, en deux ou trois années (et en fait le PIB par habitant espagnol a dépassé celui de l'Italie en 2006 et 2007Données sur longue période tabulées, associées à l'article ). Bruxelles prévoit alors, une fois encore, que parmi les grandes économies européennes, la plus grande croissance économique sera pour 2007 en Espagne, dans un espace européen plus dynamique.
En 2008, l'Espagne est touchée par la crise mondiale. Le chômage augmente pour atteindre 18,9 % en selon Eurostat, puis 21,2 % en .
Le lundi , l'agence de notation Standard & Poor's a abaissé sa notation de la dette espagnole à long terme, de "AAA" à "AA+", puis "AA" le , puis "AA-" le . L'agence Fitch Ratings abaisse de même de "AAA" à "AA+" le Le Figaro : Dette : l'Espagne plus risquée que la France selon Fitch, puis de deux crans à "AA-" le Le Point : Fitch dégrade l'Espagne de deux crans à "AA-", perspective négative. Moody's abaisse la note de "Aaa" à "Aa1" le Moody's dégrade la note de la dette espagnole.
Depuis 2010, Amazon a investi plus de 17,5 milliards d'euros dans les opérations espagnoles à travers le pays.
Depuis 2011 (Gouvernement de Mariano Rajoy)
En 2017, l'Espagne compte deux fois plus de "supers riches" qu'avant la crise de 2008. Près de 50 % du PIB du pays est détenu par 0,4 % de la population..
La commission des Nations unies sur la pauvreté et les droits de l'homme indique dans son rapport consacré à l'Espagne que 26,1 % de la population (et même 29,5 % pour les enfants) vivent dans la pauvreté en 2019. Le rapport relève également la « quasi inexistence » de logements sociaux à bas prix, le manque de services publics pour les personnes vivant dans la pauvreté en milieu rural, et la précarité dans laquelle vivent des centaines de milliers de personnes disposant pourtant d'un emploiSpain abandoning the poor despite economic recovery, says UN envoy, The Guardian, 7 février 2020.
Philip Alston, le rapporteur spécial de la commission, a déclaré avoir vu des zones que « de nombreux Espagnols ne reconnaîtraient pas comme faisant partie de leur pays », tels qu'un bidonville aux « conditions bien pires qu'un camp de réfugiés », des quartiers pauvres « où les familles élèvent leurs enfants avec un manque de services publics, de cliniques, de centres d'emploi, de sécurité, de routes goudronnées et même d'électricité ». Selon lui, la reprise économique du pays a profité essentiellement aux plus riches et la persistance d'un tel niveau de pauvreté dans un pays développé semble être le résultat d'un choix politique.
Réduction de fonds de l'Union européenne Les apports de capital provenant de l'UE, qui ont grandement contribué à l'autonomisation économique espagnole depuis son adhésion à la CEE, a diminué considérablement au cours des dernières 20 années en raison de la normalisation économique par rapport à d'autres pays et les effets de l'élargissement de l'UE. D'une part, des fonds agricoles de la Politique agricole commune de l'Union européenne sont réparties sur plusieurs pays (les pays d'Europe orientale ont un secteur agricole important), d'autre part, les fonds structurels et de cohésion ont diminué inévitablement en raison du succès économique de l'Espagne (puisque leur revenu a fortement progressé en termes absolus), et due à l'intégration des pays moins développés, abaisse le revenu moyen par habitant (ou PIB par habitant), de sorte que les régions espagnoles relativement moins développés, sont venus à être dans la moyenne européenne ou même au-dessus.
Géographie économique
La communauté autonome du Pays basque est la communauté autonome la plus riche avec PIB par habitant devant de la communauté de Madrid, la Navarre, la Catalogne, l'Aragon, les Baléares, La Rioja et la Cantabrie. Elles bénéficient tout à la fois d'une relative proximité avec le cœur économique de l'Union Européenne, et d'un dynamisme structurel au niveau du tourisme. Ils sont au-dessus de la moyenne espagnole PIB par habitant.
La Castille et Leon, lds Asturies, Ceuta, Melilla, la communauté valencienne, les Îles Canaries, la Galice, la région de Murcie, l'Andalousie, la Castille-La Manche et l'Estrémadure, sont les régions les moins riches. L'Andalousie, destination très touristique, s'est considérablement enrichie ces dernières années, et jouit désormais d'un confort économique justifiant son statut d'autonomie. Ils sont au-dessous de la moyenne espagnole PIB par habitant.
thumb|300px|Distribution du PIB par habitant par communautés autonomes en 2008 en €. (moyenne d'Espagne 23.874)
Ranking Communauté Autonome Nominal (€)2008 Nominal (€)2006 Nominal (€)2004 PPA (€)2004 1 25px|Bandera del País Vasco Pays basque - Euskadi 31.952 28.346 24.509 26.975 2 25px|Bandera de la Comunidad de Madrid Communauté de Madrid 30.998 28.850 25.818 28.416 3 25px Navarre 30.402 27.861 24.761 27.252 4 25px|Bandera de Cataluña Catalogne 27.914 26.124 23.533 25.900 5 25px|Bandera de Aragón Aragon 26.107 23.786 20.984 23.095 6 25px Iles Baleares 25.838 24.456 22.332 24.579 7 25px La Rioja 25.621 23.495 21.370 23.520 8 25px|Bandera de Cantabria Cantabrie 24.466 21.897 19.156 21.084 9 25px Castille et Leon 23.183 21.244 18.533 20.398 10 25px|Bandera de Asturias Asturies 22.443 19.868 16.995 18.705 11 25px Ceuta 22.293 20.171 17.654 19.430 12 25px Melilla 21.570 19.929 17.178 18.906 13 25px Communauté valencienne 21.366 20.239 18.340 20.185 14 25px|Bandera de las Islas Canarias Canaries 20.994 19.924 18.126 19.950 15 25px|Bandera de Galicia Galice 20.572 18.335 15.284 17.416 16 25px|Bandera de la Región de Murcia Région de Murcie 19.541 18.400 16.481 18.140 17 25px Andalousie 18.359 17.251 15.154 16.679 18 25px Castille-La Manche 18.222 17.339 15.456 17.011 19 25px Estremadure 16.714 15.054 13.101 14.419 Moyenne d'Espagne 23.874 22.152
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