ou La Salle de danse au Québec est un film britannique réalisé par Ken Loach, sorti en 2014. Il s'inspire de faits réels. Le républicain James Gralton ouvre en Irlande dans les années 1920, puis dans les années 1930, une salle de danse de campagne qui est aussi un lieu d’enseignement, d’échange et de culture. Cette initiative lui attire les foudres de l’Église catholique et des conservateurs.
Cadre historique De 1919 à 1921, en parallèle à la guerre d'indépendance, le syndicalisme se développe fortement en Irlande. Les mobilisations se multiplient chez les ouvriers, mais aussi en milieu rural. On occupe des terres. Des comités prennent le nom de soviets — comme le soviet de Gowel, là où se déroule le film de Ken Loach. On compte, dans les années 1918-1920, plus de dans le paysSimon Kitson, « Kostick Conor, Revolution in Ireland, Popular Militancy (1917-1923) », sur persee.fr, Vingtième siècle : Revue d'histoire, , 1999, 177..
Le , le traité anglo-irlandais met fin à la guerre d’indépendance et donne naissance à l'État libre d'Irlande, dominion de l'Empire britannique. Ce traité divise les indépendantistes. Il est rejeté par ceux qui veulent poursuivre la lutte pour obtenir l'indépendance complète de l'île. L'État libre d'Irlande voit alors l'INA (l'armée des partisans du traité) affronter les républicains de la nouvelle IRA (l'armée des opposants au traité). C'est la guerre civile irlandaise (1922-1923).
Soutenus par les grands patrons, par les propriétaires terriens et par l'Église catholique, les partisans du traité gagnent la guerre civile et William T. Cosgrave gouverne le nouvel État pendant dix ans. Mais, en 1932, le Fianna Fáil d’Éamon de Valera, parti des opposants au traité, remporte les élections.
Synopsis En 1932, après dix ans passés aux États-Unis, l’activiste républicain Jimmy Gralton revient dans son Irlande natale pour aider sa mère à exploiter la ferme familiale. Dans ce petit coin du comté de Leitrim, les distractions sont rares. Le chômage et la misère règnent. Les grands propriétaires terriens en prennent toujours à leur aise avec les paysans sans terre. Mais les républicains d’Éamon de Valera viennent de remporter les élections. Le changement de gouvernement fait naître des espoirs de progrès social Cathal Brennan, « Film Review: Jimmy’s Hall », sur theirishstory.com, 28 mai 2014..
Jimmy veut oublier les luttes de jadis. Il dit aspirer à une vie paisible. Ce qui fait beaucoup rire ses amisDanièle Heymann, « Jimmy's Hall : un Ken Loach toujours sur la brèche », sur marianne.net, 6 juillet 2014.. Très vite, les jeunes du village lui demandent de rouvrir le Pearse-Connolly Hall qu’il avait fondé. C’était une salle de danse de campagne, mais aussi un lieu communautaire. Des tribunaux y ont même siégé pour régler les différends dans la répartition des terres. Jimmy hésite. Il craint de réveiller la violence : neuf ans après la guerre civile, le comté vit en paix, mais de vieilles rancœurs couvent entre les adversaires d’hier. Jimmy s’est engagé autrefois dans la réintégration de familles expulsées et dans l’attribution de terres, ce qui lui a valu la solide inimitié des conservateurs et des grands propriétaires terriens.
Malgré tout, il finit par se laisser convaincre et les voisins se mobilisent pour restaurer la salle. Celle-ci redevient un espace de discussion politique, de lecture. Il propose des cours de danse, de boxe, de chant, de dessin, de poésie. Jimmy a même rapporté d’Amérique des disques de jazz. Le succès de la salle est immédiat. Toutefois, l'influence grandissante de Jimmy et ses idées progressistes ne sont pas du goût de tous. Le curé, le père Sheridan, considère toute initiative sociale comme une atteinte à son pouvoir. En chaire, il dénonce la salle comme étant un repaire de païens et de communistes, où l’on écoute de la musique — et il va jusqu’à citer lors de l'office les noms des personnes qui le fréquentent.
Le bras-de-fer avec le père Sheridan est tendu, mais purement verbal et les interventions de Jimmy restent dans les limites de la paroisse. Cependant, sa renommée s’étend. L’IRA d’un comté voisin vient réclamer sa présence lors de la réinstallation d’une famille chassée de chez elle par un riche propriétaire terrien. Jimmy sent bien qu’en donnant une dimension plus importante à son action, il va agacer ses anciens ennemis. Mais il cède une nouvelle fois. Il accepte de se joindre à la manifestation et il prend la parole au moment où la famille va retrouver sa maison.
Les représailles ne tardent pas. Un soir, des coups de feu sont tirés sur la salle très fréquentée. Une nuit, la salle est entièrement détruite par un incendie.
Tandis qu’un congrès eucharistique se déroule à Dublin et met tout le pays en effervescence, le père Sheridan confère avec un grand propriétaire et un officier. Il brandit la menace communiste. Le gouvernement de Valera finit par céder à la pression de l’Église catholique. Jimmy est arrêté par les gardaí, puis expulsé de nouveau d’Irlande vers les États-Unis sans jugement puisqu'il a la nationalité américaine.
Fiche technique
Titre : Réalisation : Ken Loach Scénario : Paul Laverty, d’après la pièce Jimmy Gralton's Dancehall de Donal O'Kelly Consultant historique : Donal Ó Drisceoil« Secrets de tournage », sur allocine.fr. Photographie : Robbie Ryan Décors : Fergus Clegg Casting : Kahleen Crawford Costumes : Eimer Ni Mhaoldomhnaigh Montage : Jonathan Morris Direction artistique : Stephen Dely Musique : George Fenton Son : Ray Beckett Production : Rebecca O'Brien Sociétés de production : Sixteen Films, Element Pictures, Why Not Productions, Wild Bunch Sociétés de distribution : Entertainment One (Irlande, salles), Entertainment One (Royaume-Uni, salles), Le Pacte (France, salles), Pandora Film Verleih (Allemagne, salles), Sony Pictures Classics (États-Unis, salles), Filmcoopi Zürich (Suisse, tous médias), Mozinet (Hongrie, tous médias), Rialto Distribution (Australie, tous médias), Rialto Distribution (Nouvelle-Zélande, tous médias) Pays de production : Royaume-Uni, Irlande, France « Full Cast & Crew », sur imdb.com. Budget : 6,45 millions €« Jimmy’s Hall », sur taxshelter.be. Langue originale : anglais Doublage en français : Alter Ego« Fiche du doublage français du film », sur alterego75.fr. Consulté le 18 juillet 2014. Format : couleurs - 35 mm Genre : drame Durée : 109 minutes Date de sortie : France :
Distribution (V. F. : Jean-Christophe Dollé) : James Gralton (V. F. : Julie Sicard) : Oonagh Andrew Scott (V. F. : Julien Sibre) : père Seamus, le jeune vicaire Jim Norton (V. F. : André Penvern) : père Sheridan, le curé de la paroisse Brían F. O'Byrne (V. F. : Emmanuel Lemire) : O'Keefe Francis Magee (V. F. : Jérémie Covillault) : Mossy Karl Geary (V. F. : Arnaud Bedouët) : Sean Denise Gough : Tess Aisling Franciosi (V. F. : Barbara Probst) : Marie Aileen Henry (V. F. : Yvette Petit) : Alice Sorcha Fox : Molly Seamus Hughes : Ruairi Martin Lucey : Dezzie Mikel Murfi (V. F. : Emmanuel Quatra) : Tommy Shane O'Brien : Finn John O'Dowd : Higgins Seán T. Ó Meallaigh : le journaliste« Acteurs et actrices », sur allocine.fr. Donal O'Kelly : Cian, un activiste de l’IRA du Roscommon
Sources et légende : Version française selon le carton de doublage français.
Tournage Le film a été tourné en Irlande :
Monastère de Killanummery Emplacement de Killanummery Sligo
Accueil Jean-Baptiste Morain : Le film montre Pour Jean-Baptiste Morain, il ne s’agit pas du plus réussi des films de Ken Loach : , notamment dans les séquences où se donnent à entendre le jazz et la musique irlandaiseJean-Baptiste Morain, « Jimmy’s Hall, Ken Loach en préretraite », sur cannes2014.lesinrocks.com, 22 mai 2014.. Danièle Heymann : À voir à lire : Cécile Mury :
Déclarations de l'équipe du film Pour la productrice Rebecca O'Brien, le film vient compléter Le vent se lève (2006), qui traitait de la guerre d'indépendance et de la guerre civile : Son rôle, insiste Rebecca O'Brien, est de donner à comprendre en quelles mains se trouve le pouvoir, après dix années d’État libre d’IrlandeRecueilli par Suzie Bourquin, « Jimmy Gralton : un héros sur mesure pour Ken Loach », sur europe1.fr, juillet 2014..
Entre critiques anglais et spectateurs, Ken Loach note une différence de perception de ses films :
Distinctions Nominations et sélections Festival de Cannes 2014 : En compétition pour la Palme d'or
Notes et références
Voir aussi Articles connexes James Gralton
Liens externes
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