L'église Notre-Dame-de-Bon-Repos est une église située à Montfavet sur la commune d'Avignon dans le Vaucluse.
Elle dépend du diocèse d'Avignon et fait l’objet d’un classement au titre des Monuments historiques de France depuis le .
Historique Le cardinal Bertrand de Montfavès achète en 1341, au Clos des Rivans, une propriété du cardinal des Ursins qu’il baptise du nom de « Notre-Dame de Bon Repos ». Il l’accroît par l’achat de nouvelles terres et décide d’y fonder un monastère, où il souhaite être enterré. Le couvent doit, selon son vœu, accueillir un prieur et 24 chanoines réguliers de l’ordre de Saint-Augustin, ayant reçu la prêtrise. Le chantier, confié à Bertrand et Pierre Folcoaud, débute en 1343, peu de temps après la mort du cardinal, pour une période de quatre ans. Conduit à son terme par ses exécuteurs testamentaires, il est achevé en 1347article du Point du .
Le monastère lui-même prit le nom de son fondateur, mort en 1343 sans avoir pu voir l'ouvrage achevé par les maçons Bertrand et Pierre Folcoaud d'Avignon. Le cardinal sera inhumé sous une dalle, devant l'autel même, en 1343 et, si cette tombe a aujourd'hui disparu, il subsiste encore dans une chapelle voisine celle de Pierre de Cohorn, un noble suédois exilé et dont l'inscription funéraire (1486) raconte la peu banale odyssée.
Le couvent est formé à l’origine d’un parc clos occupant la superficie de l’actuelle place et d’un quadrilatère, circonscrit par le corps de logis conventuel et deux ailes en équerre reliées au niveau de la cour par un mur. Au cours du dernier quart du XIVe siècle, en raison du danger représenté par les incursions des « grandes compagnies » et des troubles engendrés par le grand schisme, le monastère est fortifié. Ce vaste ensemble est flanqué de bastions d’angle, flanqués de tours et est ceint de fossés.
L’établissement dépend de l’abbaye de Saint-Ruf, dont il suit les réformes en 1498, puis du monastère d’Aygueboune, de l'Œuvre du pont d'Avignon en 1452, pour finalement accueillir, en 1613, quelques religieux récollets. En 1759, ceux-ci furent remplacés par des capucinsGIRARD (Joseph), Évocation du Vieil Avignon, Paris, 1958, Les Éditions de Minuit, p. 359.. Fermé en 1794, le monastère devient bien national ; les religieux sont expulsés l'année suivante. L’église est ensuite successivement occupée par la chapellenie-annexe de Saint-Agricol (1807) jusqu’à la création de la paroisse de Montfavet, en 1840. L’édifice est classé Monument Historique le .
Construction et architecture
Extérieurs L'ensemble du monastère, disposait d'une église, encore visible et actuelle lieu de culte paroissial, ainsi que d'un jardin devenu place de l'église. Au monastère est accolée son église, Notre-Dame-de-Bon-Repos. Isolés en campagne, l'ensemble architectural a été fortifié et compris entre deux puissantes tours carrées, crénelées mais sans mâchicoulis.
L’église est épaulée par des contreforts ajourés, reliés à mi-hauteur par un mur continu. Cette clôture lui confère un aspect basilical que renforce la pose de la toiture de lauze directement sur les cantons des voûtes. Le chevet pentagonal, de dimensions plus réduites, est flanqué de contreforts saillants. Le clocher occupe le croisillon sud. Sa flèche détruite par son utilisation comme relais de télégraphe est refaite sous le Second Empire.
L’entrée formant un porche est aménagée au midi. À l’intérieur s’ouvre un portail dont l’embrasement est habillé de colonnettes aux chapiteaux agrémentés de feuillages. Le tympan est soutenu par un linteau supportant une statue de la Vierge. Sur la plate-bande un bas-relief représente deux groupes de douze moines autour du prieur.
Intérieurs Établies entre les contreforts, des chapelles ouvrent sur les six travées. L’ensemble est voûté d’ogives dont les nervures retombent, dans la nef, sur des culots agrémentés de figures ou de personnages (charité, luxure, orgueil, moine chantant…). Dans le sanctuaire et les chapelles latérales, les éléments de la structure sont prolongés par des pieds-droits ondulés.
Sur le mur occidental sont accrochés trois tableaux : Les Disciples d'Emmaüs, Bertrand de Montfavet présentant l’église à la Vierge et Saint Dominique recevant le rosaire. On y trouve également une série d’inscriptions murales retraçant l'histoire du monastère. En hauteur une baie, aujourd'hui murée, ouvrait sur l'infirmerie, permettant aux malades de suivre l'office.
La nef mesure 37 mètres de long, bordée de douze chapelles. On peut reconnaître encore, à l'intérieur des bâtiments, la salle capitulaire, le réfectoire, le chauffoir ainsi que l'emplacement des cuisines.
Chapelles Côté sud, l’autel tabulaire de pierre de la chapelle Sainte-Philomène renseigne sur les dispositions primitives des chapelles. Les vestiges de peintures murales attestent de l’existence d’un retable.
Œuvres d'art Plusieurs objets classés sont visibles dans l'église : Vierge à l'Enfant dite Notre-Dame du Bon Repos : statue du , en pierre, de 1,60 mètre de haut le Christ en croix : tableau sur toile. Le cadre, en bois, du , est surmonté d'un fronton la dalle funéraire de Pierre de Cohorn, mort en 1479 Le maître-autel, du , initialement installé à la collégiale Saint-Pierre d'Avignon
Protection L'église et ses tours annexes sont classées au titre des monuments historiques par arrêté du . L'ancienne livrée de Montfavet (le corps central, le corps de liaison entre la livrée et l'église, le sol de la cour primitive, les anciens murs de clôture de la cour primitive) est inscrite par arrêté du .
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Articles connexes Liste des monuments historiques d'Avignon Avignon
Liens externes
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Notre-Dame-de-Bon-Repos Catégorie:Monument historique classé en 1908 Catégorie:Monument historique inscrit en 2017 Avignon, Eglise de Montfavet Catégorie:Montfavet