Maurice de Broglie, duc de Broglie (se prononce , comme « de Breuil »), est un physicien français, né le dans le de Paris et mort le à Neuilly-sur-Seine.

Il a été un spécialiste des rayons X et des rayonnements issus des éléments radioactifs. Comme officier de marine, il a eu un rôle important dans la mise en place des communications radio dans la Marine nationale, en particulier avec les sous-marins.

Biographie Famille, jeunesse Louis César Victor Maurice de BroglieArchives de l’état civil de Paris en ligne, mairie du , année 1875, acte de naissance , avec mention marginale du décès est issu d'une longue lignée aux origines turinoises, devenue française au milieu du . Son père, Victor de Broglie, fut député de la Mayenne. Son grand-père, Albert de Broglie, député en 1872 puis président du Conseil en 1873, présida le gouvernement qui, avec une chambre monarchique, affermit la Troisième République. Par ailleurs, la grand-mère maternelle de son grand-père Albert de Broglie n'était autre que l'épistolière Madame de Staël, née Anne-Louise Germaine Necker, fille de Jacques Necker, ministre des Finances de . La mère de Maurice de Broglie, Pauline de la Forest d'Armaillé, était petite-fille du général Philippe-Paul de Ségur.

Maurice de Broglie prépare le concours d'entrée à l'École navale au collège Stanislas. Il échoue à la première tentative mais est admis en 1893 et embarque sur le Borda, navire école de la Marine nationale. Il sort major de sa promotion en 1895 avec le grade d'aspirant de classe. Après son stage d'application, il est affecté à l'escadre de Méditerranée sur le cuirassé Brennus avec le grade d'aspirant de première classe.

Mariage et descendance Le , Maurice de Broglie épouse à Marie Camille Françoise Charlotte Bernou de Rochetaillée (Paris , - Nice, ), fille de Antoine Jean-Baptiste, dit Camille Bernou de Rochetaillée, et de Marie Constance de Rochefort. Dont :

Laure de Broglie (Paris , - Paris , ).

Marine nationale En 1898, Maurice de Broglie prend une permission de six mois et exprime à sa famille son désir de démissionner de la Marine pour se consacrer à la science physique. Les découvertes récentes des rayons X par Röntgen et de l’existence de la radioactivité le fascinent. Il commence à installer un laboratoire dans la maison familiale. Il passe un certificat de physique générale à la faculté des sciences de Marseille. Cependant, il reprend son service en avec le grade d'enseigne de vaisseau et embarque sur divers navires de guerre en Méditerranée tout en continuant à étudier. Il obtient une licence de physique en 1900. En 1901, l'enseigne de vaisseau de Broglie embarque sur le cuirassé Saint-Louis. Un de ses anciens camarades de Stanislas, le décrit ainsi :

Spécialiste des communications radios C'est alors que l'Amirauté lui confie une mission à la hauteur de ses compétences : installer la TSF sur les navires de l'escadre, ce dont il s'acquitte à la satisfaction générale. En 1902, l'amiral Gervais exprime sa satisfaction des travaux accomplis sans faire appel à des brevets étrangers. Voici son jugement : Le commandement demande une dispense pour le maintenir dans son affectation au-delà des deux ans réglementaires. Il reste donc encore un an sur le Saint-Louis. En 1904, il demande un congé sans solde d'un an qu'il renouvelle jusqu'en 1908, date à laquelle il démissionne de la Marine.

Laboratoire des rayons X Maurice de Broglie entreprend de compléter sa formation scientifique, d'abord à l'Observatoire de Meudon pour apprendre la spectroscopie, puis dans le laboratoire de Paul Langevin au Collège de France où il prépare sa thèse sur l'ionisation des gaz. Il soutient sa thèse en 1908 devant un jury où siègent Jean Perrin et Georges Urbain. Il complète l'installation de son laboratoire privé.

Maurice de Broglie est le secrétaire du premier Congrès Solvay en 1911.

Communication avec, et détection des sous-marins Au déclenchement de la première guerre mondiale, il est mobilisé comme Lieutenant de vaisseau (il a été promu dans la réserve en 1912) et affecté dans un premier temps à la station de TSF des Saintes-Maries-de-la-Mer, puis, dans un second temps à Bordeaux. Il reprend ses recherches pour perfectionner les communications. En 1915, Paul Langevin le fait venir au Bureau des inventions à Paris et le charge d'assurer la liaison avec le département correspondant de l'Amirauté britannique. C'est alors que Maurice de Broglie s'intéresse aux moyens de communiquer avec les sous-marins. Il découvre que les ondes hertziennes de grandes longueurs d'onde pénètrent et peuvent être captées sous l'eau. Il est possible de cette façon de communiquer avec des sous-marins en plongée naviguant à plus de de la Métropole. Maurice de Broglie participe aussi aux recherches de Paul Langevin sur la détection des sous-marins avec des ondes ultrasonores, système qui aboutira au sonar. Ces recherches appliquées à la défense valent à Maurice de Broglie d'être nommé, le , au grade de chevalier de la Légion d'honneur (p. 637). La motivation du décret de nomination est ainsi rédigée : « Détails des services exceptionnels rendus par le candidat au cours de la guerre : inventeur du procédé qui porte son nom et qui, pour la première fois, a permis à nos sous-marins de recevoir en plongée des communications par TSF. Par ailleurs, pendant toute la guerre, Monsieur de Broglie n'a cessé d'apporter à la Marine un concours aussi dévoué que silencieux et dont le prix se mesure à la valeur scientifique de l'auteur et aux importants résultats obtenus. »

Retour au laboratoire

thumb|upright=1.5|alt=|Congrès Solvay 1921 Maurice de Broglie se trouve tout à droite Après la guerre, il retrouve son laboratoire et reprend ses études sur l'action des rayons X. Il obtient les premiers spectres de la fluorescence provoquée par le bombardement de la matière avec des rayons X. Il met au point les méthodes pour obtenir le spectre d'énergie des électrons arrachés à la matière par les rayons X. Il présente ses résultats au Congrès Solvay de 1921. À partir de 1923, le laboratoire connu comme Le laboratoire français des rayons X est installé exclusivement dans la maison de la rue Lord Byron. C'est dans ce laboratoire qu'il initie le jeune Louis Leprince-Ringuet à la physique nucléaire.

Lors de l'occupation allemande, son maître, Paul Langevin, est arrêté puis assigné à résidence à Troyes. Le Collège de France demande à Maurice de Broglie de lui succéder. Ce dernier, dans un premier temps, refuse, puis, dans un second temps, accepte après s'être assuré que les droits de Paul Langevin sont préservés. Il consacre sa leçon inaugurale à un hommage vibrant à son prédécesseur. Maurice de Broglie donne les cours de physique générale et expérimentale au Collège de France du au .

À la retraite, Maurice de Broglie siège au Conseil scientifique du Commissariat à l'énergie atomique, au Conseil scientifique de la Société française de physique, à la présidence du Comité de perfectionnement de l'Institut océanographique. En 1954, il est élu président de l'Académie des sciences.

Maurice de Broglie meurt le à l'hôpital américain de Neuilly. Il reçoit des obsèques nationales et est inhumé dans le cimetière de Broglie en présence d'un détachement de fusiliers marins qui lui rendent les honneurs. Son frère, le prince Louis de Broglie, lui succède comme duc de Broglie.

À l'Institut Maurice de Broglie est élu à l’Académie des sciences le dans la section des membres libres au fauteuil de Charles de Freycinet. Il en sera élu président en 1954. Il est élu en 1924 à l'Académie de marine.

Après une première candidature en 1930, il est élu en 1934, au de l’Académie française, où il succède à Pierre de La Gorce. Il y est reçu le par Maurice Paléologue, qui lut un discours écrit par Louis Barthou, décédé entretemps.

Il est membre du Conseil de la de l'École pratique des hautes études de 1926 à 1942.

Publications La liste des publications de Maurice de Broglie figure dans la notice historique de Pierre Lépine (p. 646-656).

Distinctions et honneurs 1921, docteur honoris causa de l'Université d'Oxford 1922, prix Félix-Robin de la Société française de physique 1924, membre libre de l'Académie des sciences de Paris 1924, membre de l'Académie de Marine 1934, membre de l'Académie française 1928, médaille Hughes de la Royal Society 1940, membre étranger de la Royal Society 1954, Membre des Académies royales des sciences de Belgique, des Pays-Bas, de Suède... Membre de l'Académie pontificale des sciences Docteur honoris causa de l'université d'Oxford Le collège de Broglie porte son nom.

Ascendance

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Maison de Broglie

Liens externes

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