(162173) Ryugu est un astéroïde Apollon de type C potentiellement dangereux découvert en 1999 par le projet LINEAR et provisoirement désigné . En 2018, on lui a découvert une activité cométaire..
Découverte, désignation et nom Ryugu a été découvert le par les astronomes grâce au Lincoln Near-Earth Asteroid Research, au Lincoln Laboratory's Experimental Test Site, près de Socorro, au Nouveau-Mexique (États-Unis) Données orbitales de Ryugu sur le site du Minor Planet Center.. Il a alors reçu la désignation provisoire .
L'astéroïde a été officiellement baptisé Ryugu par le Centre des planètes mineures le dans la Minor Planet Circulars "Name Selection of Asteroid 1999 JU3 Target of the Asteroid Explorer Hayabusa2", sur JAXA, 5 octobre 2015. Ce nom fait référence au Ryūgū-jō (le palais du dragon) qui, dans la mythologie japonaise, est le palais sous-marin de Ryūjin, le dieu dragon de la mer. Dans l'histoire, le pêcheur Urashima Tarō voyage jusqu'à ce palais sur le dos d'une tortue et, lors de son retour, rapporte avec lui une mystérieuse boîte, rappelant donc la mission Hayabusa 2 revenant avec les échantillons de l'astéroïde "Name Selection of Asteroid 1999 JU3 Target of the Asteroid Explorer Hayabusa2", JAXA, 5 octobre 2015.
Caractéristiques L'astéroïde est une sphère grossière d'un diamètre d'environ (à près), mais sa forme est plutôt celle d'une toupie voire d'un diamant..
Sa période de rotation est de . Son albédo est faible : 0,047..
Géographie et géologie Ryugu est couvert de nombreux rochers. Le plus gros d'entre eux est surnommé Otohime, d'après Otohime, princesse du palais Ryūgū-jō dans la légende japonaise de Urashima Tarō.
Le méridien origine est défini par le rocher Catafo Saxum.
Exploration
Choix du site d'atterrissage
Après une première sélection parmi 10 sites potentiels, le CNES et la DLR (agence spatiale allemande) déterminent un site d'atterrissage principal, nommé MA-9, dans l'hémisphère sud de l'astéroïde, ainsi que deux sites de secours.
Déroulement de l'exploration (162173) Ryugu est la destination de la sonde spatiale japonaise Hayabusa 2, qui doit en prélever des échantillons. Elle se met en orbite le ..
Le elle s'en approche à moins de . Les photographies révèlent une surface constellée de nombreux petits rochers, rendant difficile le choix d'un lieu d’atterrissage pour les robots d'exploration qui seront largués par la sonde en .
Le , les premières images haute résolution de la surface de l'astéroïde sont prises par la camera ONC-T (Optical Navigation Camera - Telescopic) à l'occasion de la descente d'Hayabusa 2 pour le largage de la sonde MINERVA-II-1 Images de la surface de Ryugu capturées par ONC-T (Optical Navigation Camera - Telescopic) d'Hayabusa 2, 27 septembre 2018.
Le , deux micro-robots japonais MINERVA-II-1 et 2 atterrissent sur Ryugu. C'est la première fois que des rovers se posent sur un astéroïde. Le robot franco-allemand Mascot (Mobile Asteroid Surface Scout) les rejoint le ...
Jeu concours À l'occasion de la mission Hayabusa 2, les agences spatiales organisent un jeu concours à l'intention des enfants en France, en Allemagne et au Japon. Ils doivent dessiner l'astéroïde dans l'une des trois catégories au choix : réalisme, humour et créativité. Les gagnants sont désignés pour la France le .
Résultats de la mission Hayabusa 2 Les premières observations optiques de Ryugu par la sonde spatiale Hayabusa 2 débutent en mais les premiers résultats scientifiques sont communiqués en . Ryugu a la forme d'une toupie avec un épais bourrelet au niveau de l'équateur. La circonférence en passant par l'équateur est de alors qu'elle n'est que de en passant par les pôles (dans les deux cas à 4 mètres près).
L'astéroïde est en rotation rétrograde avec une période de . L'axe de rotation est pratiquement perpendiculaire au plan orbital avec une inclinaison orbitale de . Son volume est de et sa densité est de 1,19. En partant de l'hypothèse qu'il est composé de chondrites carbonées , de densité minimale 2,42, sa porosité est de 50 %. C'est un des objets les plus sombres jamais observés dans le système solaire (albédo compris entre 1,4 et 1,8 %). La surface est recouverte de rochers (2 fois plus que Itokawa), dans des proportions qui ont étonné l'équipe scientifique. Le plus important, baptisé Otohime, fait 160 mètres dans sa plus grande longueur.
Aucun satellite n'a pu être observé. La forme très symétrique de Ryugu (vu du pôle il est presque parfaitement circulaire), pourrait être expliquée si l'astéroïde tournait plus rapidement dans le passé. Les cratères observables sur le bourrelet équatorial impliquent que cette formation est ancienne mais elle l'est moins que les zones situées aux latitudes intermédiaires. On dénombre à la surface de Ryugu une trentaine de dépressions circulaires de plus de 20 mètres de diamètre mais près de la moitié ne sont pas entourées d'un rebord et pourraient résulter de l'effondrement de la surface ou de l'éjection de celle-ci par les forces centrifuges.
Comme tous les astéroïdes de cette taille circulant sur une orbite de quasi collision avec la Terre, Ryugu n'est pas très âgé à l'échelle géologique. Ce type d’astéroïde est le fragment d'un astéroïde plus gros circulant dans la ceinture d'astéroïdes qui a éclaté à la suite d'une collision. L'orbite de Ryugu soumis à la fois à l'effet Yarkovsky et à l'effet YORP s'est progressivement rapprochée de celle des planètes internes. En étudiant les spectres des roches de Ryugu, les scientifiques japonais ont tenté de déterminer l'astéroïde parent. Les candidats les plus proches sont (142) Polana et (495) Eulalie mais les spectres sont légèrement différents. L'albédo particulièrement bas a surpris les scientifiques qui s'attendaient à une valeur comprise entre 3 et 4%. Aucune météorite identifiée sur Terre n'a un albédo aussi bas. La composition des roches à la surface de Ryugu semble très homogène. Tous les spectres montrent une petite quantité d'hydroxyde probablement présent dans un minéral argileux riche en magnésium. Cette composition indique que les matériaux présents ont interagi par le passé avec de l'eau. Cette composition et l'apparence (albédo) semblent indiquer que les roches qui forment Ryugu sont issues des couches internes d'un astéroïde de grande taille qui auraient subi une métamorphose thermique tout en étant infiltré par l'eau. Pour que ce processus se déclenche il fallait que cet astéroïde fasse quelques centaines de kilomètres de diamètre. Le réchauffement très important peut résulter soit de la décomposition radioactive de l'aluminium 26, soit d'un impact violent avec un autre astéroïde.
Au total, la sonde Hayabusa 2 a ramené sur Terre de poudre et de particules de roches de l'astéroïde Ryugu, dont ont été analysés en 2022 par une équipe internationale (concentration de 66 éléments chimiques et composition isotopique de l'oxygène, du chrome et du titane). Ces matériaux sont très voisins de ceux des chondrites carbonées de type Ivuna, qui font partie des météorites les plus primitives (et les plus rares) des collections mondiales. Ils sont constitués de minéraux secondaires formés par altération aqueuse des minéraux primaires à basses température et pression (, ) environ après la naissance du Système solaire. Ils n'ont par la suite jamais été chauffés à plus de ... Treize acides aminés et quatre amines aliphatiques ont été identifiés avec certitude (et leurs concentrations mesurées), et la présence de cinq autres acides aminés suspectée.(dont les 5 bases azotées du code génétique). Certains des grains ramenés par Hayabusa 2, sans doute d'origine interstellaire, contiennent de grandes molécules (au moins 50 atomes de carbone) d'hydrocarbures aromatiques polycycliques...
En 2025, une étude de la composition isotopique du lutécium et de l'hafnium dans les minéraux d'échantillons ramenés par , notamment l'apatite, éclaire l'histoire de l'eau dans Ryugu. Peu après la formation du Système solaire il y a d'années, le corps parent de Ryugu contenait de l'eau liquide. À cette époque, il se trouvait dans la région extérieure du Système solaire, où l'eau est gelée, mais pendant les sept premiers millions d'années de son existence les désintégrations radioactives ont fourni suffisamment de chaleur pour faire fondre la glace et produire de l'eau liquide. L'eau s'est ensuite congelée et est restée sous forme de glace pendant environ un milliard d'années. Ensuite un impact a fracturé l'astéroïde et provoqué la fonte de la glace, sa mobilisation vers la surface et son évasion dans l'espace. Aujourd'hui, Ryugu ne contient quasiment plus d'eau...
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Liste des planètes mineures (162001-163000)
Liens externes Bases de données astronomiques : • • • Images de la surface de Ryugu capturées par ONC-T (Optical Navigation Camera - Telescopic) d'Hayabuza2, JAXA 27 septembre 2018 ( traduction/adaptation française)
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