Tremblay est une ancienne commune française située dans le département d'Ille-et-Vilaine en région Bretagne, peuplée de habitantsPopulation municipale , légale en .. Ses habitants se nomment les Tremblaisiens et les Tremblaisiennes.

Le , elle a fusionné avec Antrain, La Fontenelle et Saint-Ouen-la-Rouërie pour former la commune de Val-Couesnon..

Géographie Situation

Tremblay est situé dans le nord du département d'Ille-et-Vilaine, dans la communauté des communes de Couesnon Marches de Bretagne (anciennement dans le canton d'Antrain). Elle est traversée par le Couesnon à l'est, délimitant sa superficie () avec les communes voisines. Plusieurs axes routiers se rejoignent près du bourg, notamment la liaison entre Rennes - Mont Saint Michel et Fougères - Dol de Bretagne.

Relief Hydrographie Le Couesnon, un fleuve côtier, sert de limite côté ouest avec Bazouges-la-Pérouse ; son affluent de rive droite la Loisance, marque au nord la limite de Tremblay avec la commune de Saint-Ouen-la-Rouërie ; le Ruisseau Basse-Mare sépare la commune de Tremblay de celle d’Antrain.

Les autres modestes cours d'eau sont le Douétel, affluent de rive gauche de la Loisance, et les ruisseaux de Rinan, de la Croix Verte et de Bonne Fontaine, tous trois affluents de rive droite du Couesnon.

Paysages et habitat Tremblay a obtenu le label "Les Communes du Patrimoine Rural de Bretagne" en 2022..

Tremblay présente un paysage agraire traditionnel de bocage avec un habitat dispersé en de nombreux écarts ; parmi les villages, hameaux, écarts, lieux-dits : La Chattière, la Daie, Champ de l'Ours, les Ruisselées, les Fossés… Le remembrement, qui a eu lieu en 2007 et 2012, a modifié ce paysage rural de bocage, lui donnant un aspect de champs ouverts, notamment sur les plateaux du sud et de l'est de la commune.

Le bourg, qui occupe le versant adret du Ruisseau de la Croix Verte, a la forme d'un village-tas avec ses maisons groupées autour de l'église paroissiale ; des maisons sont toutefois aussi implantées de manière linéaire au nord-est du bourg le long de la D796 jusqu'au carrefour avec la D155. Ses nombreuses maison anciennes témoignent d’un passé florissant.

Transports Le bourg de Tremblay est situé au carrefour de deux axes routiers importants : Rennes – Le Mont-Saint-Michel (D 175, ancienne Route nationale 776) et Combourg -Tremblay (D 796, ancienne Route nationale 796). Par ailleurs la D 155 (route de Fougères à Saint-Malo, ancienne Route nationale 155 traverse la commune, passant à l'est du bourg.

Le tracé de l'ancienne voie ferrée de Vitré à Pontorson a été reconvertie en voie verte.

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Trembleit en 1057, Trembliaco au Jean-Yves Le Moing : Les noms de lieux bretons de Haute Bretagne. Coop-Breizh. 1990.Erwan Vallerie, Traité de toponymie historique de la Bretagne (3 volumes), Editions An Here, 1995..

Tremblay signifie « lieu planté de peupliers trembles »Hervé Abalain, Noms de lieux bretons, Editions Jean-paul Gisserot, ., du gallo-roman TREMULATU, basé sur TREMULU « tremble » et suffixe -ATU (devenu féminin en français moderne -aie), c'est-à-dire tremblaie.

En gallo, le nom de la commune est Tremblla, prononcé [trɑ̃bja].

La forme bretonne proposée par l'Office public de la langue bretonne est .

Histoire Moyen Âge

Alors que le futur bourg n'était encore constitué que d'une hôtellerie, saint Amand, qui évangélisait la région, y aurait passé une nuit ; nommé évêque de Rennes, il envoya son frère, prénommé Martin, poursuivre sa tâche ; celui-ci fit construire un oratoire qui aurait été brûlé par les Normands au .

Au l'église de Tremblay était possédée par trois seigneurs laïques : Hervé, Alfred et Raoul. En 1038, sous la pression de l'Église, Hervé céda la part qu'il détenait (moitié des dîmes et des revenus de l'autel) à l'abbaye Saint-Florent de Saumur, à la condition que ces revenus soient d'abord employés à la reconstruction de l'église et que les moines mettent deux d'entre eux pour y résider en permanence ; les deux autres seigneurs copropriétaires suivirent peu après l'exemple d'Hervé..

Une église dédiée à saint Martin fut construite vraisemblablement en 1058 par les Bénédictins de l'abbaye Saint-Florent de Saumur qui y établirent vers la fin du un prieuré ; les moines acquirent aussi des droits sur l'église d'Antrain et celle de Saint-Léger, les prieurs du Tremblay joignirent alors à leur titre celui de prieur d'Antrain et de Saint-Léger ; l'abbé de Saint-Florent reçut en 1138 le droit de présenter le recteur du Tremblay, la paroisse devenant donc un prieuré-cure ; le prieuré disposait du droit de haute justice.

Cette église fut agrandie vers la fin de la guerre de Cent Ans car elle était devenue trop petite en raison de l'afflux de familles normandes..

Au trois chapelles de Tremblay dépendaient aussi de l'abbaye Saint-Florent : Notre-Dame de la Chattière (reconstruite en 1692), Saint-Aubin-sur-Couasnon (chapelle voisine du château de Pontavice et située sur les bords du Couesnon) et probablement Notre-Dame de Bonne-Fontaine (située en fait en Antrain, mais à la limite de Tremblay). Dès le le prieuré de Tremblay fut en commende (par exemple les prieurs du furent des noblesJean-Baptiste de Lescure, fils d'un seigneur de Gévezé, entre 1688 et 1727 ; François de Lescure de Beauvais de 1727 à 1737 ; Luc-Sévère de Poulpiquet du Halgoüet de 1737 à 1762 et Jean-Baptiste de Bellegarde de 1762 à 1764.). Vers 1490 Louis du Bellay, abbé de Saint-Florent, visita ce prieuré. Amédée Guillotin de Corson a décrit en détail le prieuré ; vers 1500 le bâtiment prieural était en ruine et n'abritait plus de moines.

L'an 1190, Geoffroi de Cesson donna la moitié de sa terre de Tremblay à l'Abbaye de Savigny, située en Normandie ; cette terre lui avoir été donnée par Hervé de Cesson, son grand-père..

L'abbaye Notre-Dame du Tronchet y possédait le prieuré de la Chattière.

Le seigneur de Pontavice jouissait dans l'église des droits de supériorité, de fondation et prééminences. On voit encore dans l'église une pierre tombale provenant de l'enfeu de ces seigneurs. Cette seigneurie, dont le château était situé dans le bois de Pontavice, dépendait de la baronnie de Fougères et c'était aussi une juveigneurie, de la seigneurie de Saint-Brice dont il était une sergenterie féodée. C'était une châtellenie avec un droit de haute justice et un droit de quintaine. La seigneurie appartint successivement aux familles du Pontavice, de la Palluelle et du Hallay ; le château était en ruine dès 1540 en ruine.

Temps modernes Selon le livre des paroisses du diocèse de Rennes, en 1698, un prêtre, Julien Tinténial, tenait des petites écoles. et instruisait les enfants de Tremblay.

En 1764, le prieuré du Tremblay fut vendu et transformé en ferme.

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Tremblay en 1778 :

Les transports étaient très difficiles :le chemin venant de Normandie et allant à Rennes passait par Antrain et Tremblay.Il était en 1770 en si piteux état que les voyageurs évitaient ce tronçon en faisant le détour par Dol et Saint-Malo pour gagner Rennes..

Révolution française Anne-François Leray, présenté par l'abbé de Saint-Florent, fut pourvu de la cure de Tremblay en octobre 1779 et resta recteur de la paroisse jusqu'aux débuts de la Révolution française ; refusant dans un premier temps de prêter le serment de fidélité à la Constitution civile du clergéAnne-François Leray prêta par la suite le serment de fidélité le ., il devint donc prêtre réfractaire et fut remplacé par un prêtre habituéSous l'Ancien Régime, un prêtre habitué était un prêtre vivant dans une paroisse, mais n'y ayant aucune fonction officielle. de la paroisse, François-Jean Galles, prêtre constitutionnel, élu recteur le . Le 17 brumaire an IV () un bataillon de soldats républicains fut encerclé par des chouans commandés par Aimé Picquet du Boisguy ; ils s'enfermèrent dans l'église, à laquelle les Chouans mirent le feu afin de les faire sortir (14 républicains tués et 3 brûlés). L'église fut restaurée en 1801 : on y plaça un maître-autel provenant de l'abbaye de Rillé..

Le

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Tremblay en 1853 :

Grâce à un legs de Vincent Greslé, un hospice fut construit à Tremblay, sa première pierre étant posée le .

Le La Belle Époque Tremblay disposa de deux gares : une sur la ligne ferroviaire de Vitré à Pontorson, ouverte en 1872 pour le tronçon Fougères-Antrain (fermée en 1938 pour le trafic voyageurs et 1987 pour le trafic marchandises), et une gare de tramways sur la ligne des TIV Liffré-Antrain, ouverte en 1903 et fermée en 1937. Tremblay à la Belle Époque

Le fut inaugurée la nouvelle école publique de garçons..

Le moulin de Rochequibrut, sur la rivière Loisance, fut dévasté par un incendie dans la nuit du 4 au ..

La Première Guerre mondiale

Le monument aux morts du Tremblay porte les noms de 102 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale ; 23 d'entre eux sont morts entre août et décembre 1914 ; 428 soldats sont revenus vivant du front.. Parmi les victimes 10 au moins sont morts en Belgique (Jean Garnier, soldat du 70e régiment d'infanterie, tué à l'ennemi le à Fosses est le premier mort de la guerre de la commune) ; Henri Lebriquet est mort en captivité en 1915 en Allemagne ; Jean Fouasse est mort (de maladie) en 1917 à Salonique (Grèce) ; Jules Logeais est aussi mort en captivité en Allemagne (dans sa partie orientale, désormais polonaise) le , donc après l'armistice ; la plupart des autres sont morts sur le sol français, une incertitude existant toutefois pour 14 soldats pour lesquels les circonstances de leurs décès ne sont pas précisées..

En août 1918 « deux soldats en permission à Tremblay, Louis Rault, du 70e d'infanterie et Émile Decarpentry, du 140e d'infanterie, ont arrêté dans les champs près du moulin Briand quatre prisonniers boches évadés de Saint-Servan (..) ».

Le lieutenant-colonel Lyet, domicilié au Tremblay, qui commandait en 1918 le 219e régiment d'infanterie, fut l'objet de cinq citations dont deux à l'Ordre de la Division : une pour son action le « A entraîné ses hommes d'une façon remarquable à l'assaut des positions allemandes » et une autre pour celle du ..

L'Entre-deux-guerres

Le monument aux morts de Tremblay, situé près de l'église paroissiale, est constitué d'un pilier commémoratif ayant la forme d'un obélisque monté sur un socle, orné sur sa face avant d'une palme du martyre, d'une croix latine et d'une croix de guerre en bronze ; il est entouré de bornes reliées par des chaînes ; il porte l'inscription "HONNEUR AUX BRAVES 1914-1918 1939-1945 - AUX ENFANTS DE TREMBLAY". Des plaques portent les noms des morts des différentes guerres du ..

Une tannerie, construite en trois temps entre 1862 et l'Entre-deux-guerres (et ayant probablement succédé à une tannerie plus ancienne) fut implantée dans la vallée de la Loisance; en 1932 elle travaillait environ mille peaux de vache dans l'année (mais sa capacité de production était nettement supérieure); le cuir était vendu aux manufactures de chaussures de Fougères et aux cordonniers de la région ; elle ferma en 1969. Tremblay pendant l'Entre-deux-guerres

Des courses hippiques étaient organisées chaque année sur l'hippodrome des Bruyères, par exemple en mai 1921. ; elles étaient très fréquentées : par exemple pour celles du un train spécial des tramways à vapeur des TIV fut organisé au départ de Rennes pour permettre aux spectateurs de s'y rendre. ; de même par exemple pour celles de 1929..

Un cyclone ravagea la région de Tremblay le ; le journal L'Ouest-Éclair titre : « Les méfaits du cyclone en Ille-et-Vilaine. Au pays de Tremblay, ce ne sont que ruines. Partout des toitures enlevées, des arbres déracinés, des champs saccagés »; les hameaux de Rinan, Bois Briand, Croix Blanche, La Daie furent particulièrement dévastés ..