Le massacre de Bossemptélé a lieu lors de la troisième guerre civile centrafricaine. Une centaine de civils musulmans sont massacrés par les anti-balaka lorsque ces derniers s'emparent de la ville après le repli des Seleka.
Déroulement Le , les forces de la Seleka quittent la ville de Bossemptélé et se replient vers le nord. Les forces internationales de maintien de la paix de la MISCA et de l'Opération Sangaris ne sont pas présentes à Bossemptélé, aussi le lendemain, la ville est attaquée par les Anti-balakaAmnesty International : NETTOYAGE ETHNIQUE ET TUERIES INTERCOMMUNAUTAIRES EN REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE, février 2014, p.11-13..
Des civils musulmans armés et quelques combattants Seleka restés en arrière tentent de résister à l'attaque, mais trop peu nombreux ils ne peuvent empêcher les Anti-balaka de prendre la ville. Aussitôt, les assaillants s'en prennent à la population musulmane, plusieurs civils sont assassinés à l'intérieur de la ville, puis les anti-balaka organisent des battues pour traquer les fuyards dans la brousse.
Certains musulmans parviennent cependant à s'enfuir, d'autres bénéficient de l'aide d'habitants chrétiens et parviennent à trouver refuge à la mission catholique située en bordure de la ville. Plusieurs centaines de personnes trouvent refuge dans cette mission, qui dispose également d'un hôpital. Cependant dans les jours qui suivent des anti-balaka entrent régulièrement à l'intérieur de la mission où ils commettent des vols et profèrent des menaces contre les musulmans, les prêtres, les religieuses et le personnel médical.
Un des prêtres de la mission catholique témoigne :
Témoignages Des témoignages de survivants sont recueillis par Amnesty International. Un des médecins qui a participé au ramassage des morts et des blessés déclare :
Un autre médecin déclare :
Imam Mahajir, un dirigeant religieux de 76 ans ayant perdu plusieurs membres de sa famille témoigne également :
Bilan humain Après le massacre, des prêtres locaux et des bénévoles chrétiens se chargent d'enterrer les morts et de soigner les blessés. Selon eux, presque toutes les victimes des violences sont des civils musulmans ; la plupart sont des hommes adultes, mais des vieillards, des femmes et des enfants figurent également parmi les morts. Deux anti-balaka sont également tués lors des affrontements, en revanche aucun civil chrétien n'est décédé lors de cette journée.
Selon Amnesty International, plus de 100 personnes sont tuées et des dizaines d'autres blessées le à Bossemptélé. Deux jours plus tard, quatre femmes peules qui se cachaient chez une famille chrétienne sont découvertes par des anti-balaka et massacrées.
Références
Catégorie:Massacre en République centrafricaine Catégorie:Janvier 2014 Catégorie:2014 en République centrafricaine