Augustin Planque, né le à Chemy et mort le , est un missionnaire français. Il a dirigé, pendant quarante-huit ans, la Société des missions africaines (SMA), à partir de 1859, à la mort de de Marion-Brésillac. En 1876, il fonde la congrégation des Sœurs missionnaires de Notre-Dame des Apôtres (NDA).
Biographie Formation Il naît dans un milieu rural. Après un an passé à Lille, Augustin Planque entre au petit séminaire de Cambrai. Il se noue d’amitié avec Amand-Joseph Fava (futur évêque de Grenoble) et Anselme Bruniaux (futur Père général des Chartreux). Vers la fin de son grand séminaire, il est nommé professeur au collège de Marcq-en-Barœul, puis directeur légal du collège de Bergues. Il est ordonné prêtre le . De Bergues, l'abbé Planque qui était devenu membre de la Société de Saint-Bertin, passe à Marcq, puis au séminaire d’Arras comme professeur de philosophie.
Entrée aux Missions africaines Le , il lit dans L'Univers un article signé d’un certain de Marion-Brésillac qui veut fonder une Société pour l’évangélisation des pays les plus abandonnés de l’Afrique. Après deux mois de réflexion, il propose ses services et reçoit, fin mai, cette réponse : « J’aurais besoin de quelques hommes comme vous… ». L'abbé Planque arrive à Lyon le et découvre un logement exigu, une caisse vide, quelques candidats et un évêque souvent absent. de Brésillac lui confie la direction du séminaire et le ils montent avec d’autres à Fourvière pour consacrer à Notre Dame l’Institut naissant. En 1858, les trois premiers missionnaires partent pour la Sierra Leone, suivis en 1859 par trois autres dont de Brésillac.
À la tête des Missions Africaines vignette|Statue d'Augustin Planque. En , c’est qui accable le P. Planque quand les lettres de Kobès et de M. Seignac de Lesseps lui annoncent la mort du fondateur et de ses compagnons à Freetown au Sierra Leone des suites d’une épidémie de fièvre jaune.
L’archevêque de Lyon et d’autres lui conseillent d’abandonner, mais il se souvient des paroles de de Marion-Brésillac : Il part pour Rome et présente au pape Pie IX son rapport sur la catastrophe, en ajoutant aussitôt : . –
Désormais responsable de la Société des Missions Africaines, le P. Planque renouvelle l’appel de de Marion-Brésillac et les candidats arrivent. En 1861, rue de la Guillotière, s’ouvre le nouveau séminaire, et la même année, au mois de janvier, partent les premiers missionnaires pour le Dahomey.
Pro-vicaire apostolique sans aucune expérience de l’Afrique noire et sans être évêque, il doit surmonter de nombreuses oppositions. Il se voit même traité . Il décide néanmoins de continuer la mission reçue du fondateur et approuvée par l’Église à travers Propaganda Fide.
Fondateur des Sœurs de Notre-Dame des Apôtres Dès le début, les premiers missionnaires demandent avec insistance des religieuses pour les aider. Après des essais difficiles avec diverses congrégations françaises, il décide de former lui-même des volontaires pour cette mission particulière. En , le noviciat ouvre ses portes aux premières Sœurs de Notre-Dame des ApôtresClaude-Marie Echallier, L'Audace et la foi d'un apôtre. Augustin Planque (1826-1907) Missionnaire pour l'Afrique, Paris, Karthala, 1995, 368 p., p. 173.. Outre les problèmes matériels, il faut organiser l’accueil, la formation, le suivi en Afrique… À ses filles, il va communiquer son idéal : .
Au milieu des oppositions Désormais le Père Planque doit mener de front le gouvernement de deux instituts à travers de nombreuses difficultés. C’est d’abord le souci quotidien des ressources pour les missionnaires en formation et ceux qui sont en Afrique. Toute sa vie, le P. Planque va tendre la main en s’imposant notamment d’épuisantes quêtes à travers la ville de Lyon. Mais il affronte bien d’autres soucis. En 1870, la France connaît une vague d’anticléricalisme, et une loi supprime toutes les congrégations. Le P. Planque sauve ses Instituts en soulignant le caractère civilisateur de l’œuvre missionnaire. En 1876, ce sont des confrères de NicePatrick Gantly, Histoire de la Société des Missions Africaines (SMA)1856-1907, Paris, Karthala, Tome 1, 2009, 545 p., p. 284. et du Cap (Afrique du Sud) qui montent une cabale contre lui, l’accusant d’incompétence. Même l’archevêque de Lyon en vient à douter de ses capacités. Le P. Planque en est profondément meurtri et il envisage de donner sa démission. Mais soutenu et encouragé par son ami Fava, évêque de Grenoble, il persiste.
Deux Instituts solidement constitués Le P. Planque doit aussi travailler à l’élaboration des constitutions qui demandent de longues discussions avec la Propaganda Fide. C’est seulement le qu’elles reçoivent le décret de louange et elles ne parviennent dans les missions qu’à l’été 1891. Elles suscitent un tollé : . On rend le P. Planque responsable du retard et on l’accuse d’avoir trahi l’esprit du fondateur. Les contestations se succèdent jusqu’à l’approbation finale, le . Les constitutions des Sœurs de Notre-Dame d'Afrique sont approuvées le .
Malgré tous les obstacles, la SMA grandit. En 1891, le Père Chausse est nommé vicaire apostolique du Bénin. Il est le premier évêque SMA après le fondateur. Le , la célébration du jubilé sacerdotal du P. Planque consacre la reconnaissance unanime de son travail. En , Pellet, successeur de Chausse, prend ses fonctions de vicaire général.
Il meurt le et il est inhumé à la colline de Fourvière. Ses restes sont transférés en 1927 au séminaire des Missions Africaines, cours Gambetta, à Lyon, où ils se trouvent toujours Biographie du P. Planque (SMA).
Notes et références
Annexes
Bibliographie Claude-Marie Echallier. L'Audace et la foi d'un apôtre. Augustin Planque (1826-1907) Missionnaire pour l'Afrique. Paris, Karthala, 1995, 368 p. Patrick Gantly. Histoire de la Société des Missions Africaines (SMA)1856-1907. Paris, Karthala, Tome 1, 2009, 545 p
Articles
Claude-Marie Echallier et Marta Pettenazzo observent le P. Planque : http://ndapotres.free.fr/article.php?id_article=81
Liens externes
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