Adorée Villany, aussi appelée Ada Villany, Adorée Via Villany ou Erna Reich, peut-être née le en Hongrie ou le à Rouen, et morte après , est une danseuse et une théoricienne de la danse.
Biographie
Identité L'identité d'Adorée Villany est sujette à caution. On la dit tantôt française, tantôt hongroise, ou encore juive allemande, parfois née en 1891 à RouenNotice de la Bibliothèque nationale allemande., sans certitude aucune. Si certaines sources d'époque affirment que son nom de naissance est Ada Villany ou Via Villany, plusieurs journaux allemands indiquent en 1912 qu'elle se nomme Erna Reich.
À l'issue de son procès pour outrage public à la pudeur à Paris en 1913, le jugement du tribunal correctionnel de la Seine qui la condamne indique : Tribunal correctionnel de la Seine, registre des jugements du 2 au 6 mai 1913, Archives de Paris (cote D.1U 1202)
Sur les formulaires qu'elle remplit entre 1918 et 1920 pour obtenir des permis de séjour à Stockholm, elle indique s'appeler Adorée Villany et être née le à RouenDemandes de permis de séjour, Adorée Villany, 1918-1920, Stockholm, Archives municipales de Stockholm .
Carrière vignette|gauche Autodidacte, elle se fait remarquer pour la première fois en 1905 quand, en plus de la danse des sept voiles, elle récite le monologue final de Salomé. Elle poursuit ensuite ses expérimentations de « danses parlées », en affichant une prédilection pour l'orientalisme et l'histoire : La Danse assyrienne, La Danse d'Esther, Danse de la femme romaine, La Vieille Danse égyptienne, La Danse hébraïque de l'abeille« La danseuse presque... nue », L'Humanité, , La Vieille Danse perse, La Danse de Phryné, La Danse babylonienne, La Femme pré-raphaélite, La Mort et la Jeune Fille. À cela elle ajoute des « danses de silhouettes » et des danses plus abstraites : Danse de la colère, Danse visionnaire, La Séduction et Danse de l'aveugle. En 1909, elle interprète La Panthère, où une femme danse devant l'homme qu'elle aime avant de l'étrangler. Pour ses créations, elle s'inspire aussi de peintres comme Franz von Stuck ou Arnold Böcklin, tournant dans toute l'Europe Karl Toepfer, Empire of Ecstasy, Nudity and Movement in German Body Culture, 1910–1935, University of California Press, 1997.
Adorée Villany danse nue dans des domiciles privés ou des espaces qu'elle loue pour l'occasion pour un public averti. Cela ne l'empêche pas d'être accusée d'obscénité en 1911 à Munich. Elle est finalement acquittée, en 1912, au nom de l'intérêt supérieur de l'art« Dancer is acquitted », New York Times, , et publie dans la foulée un manifeste sur la danse, intitulé Tanz-Reform und Pseudo-Moral. Elle y écrit qu'il faut regarder le corps féminin avec le sérieux accordé à la contemplation et que réformer la danse revient à réformer la morale. Contrairement aux tribunaux allemands, en 1913, la du tribunal correctionnel de Paris la juge pour s'être montrée . Elle est condamnée à d'amende et aux dépens, pour outrage public à la pudeurGeorges Claretie, « La Danseuse nue », Le Figaro, . Elle fait appel de la décision.
Pour Adorée Villany, l'art de la danse ne pouvait être compris que si elle dansait nue et ôter sa chemise était montrer son âme, comme elle l'affirme à son procès. La même année, elle participe à la Revue en chemise des Folies BergèreLe Petit Parisien, , puis en 1914 se produit nue sur la scène de l'Eden à Strasbourg.
Après le déclenchement de la Première Guerre, Adorée Villany quitte la France pour la Scandinavie. À l'automne 1915, elle se produit à Stockholm et apparaît dans un court métrage danois, Slør-Danserinden (La Danseuse du voile) de Rino LupoAnnika Öhrner, « Delaunay and Stockholm », in Ana Vasconcelos e Melo (ed.), O Círculo Delaunay / The Delaunay Circle, Lissabon : Fundação Calouste Gulbenkian, 2015 (pp. 226-240) . On perd sa trace après , date de sa dernière demande de permis de séjour à StockholmDemande de permis de séjour, Adorée Villany, , Stockholm, Archives municipales de Stockholm .
Galerie
Publications Tanz-Reform und Pseudo-Moral, Paris, 1912 Phryné moderne devant l'Aréopage, Munich, F. Bruckmann, 1913
Filmographie : Tanz der Salome d'Oskar Messter (court métrage) : Slør-Danserinden de Rino Lupo(court métrage). Avec
Notes et références Notes
Références
Annexes Bibliographie Karl Toepfer, Empire of Ecstasy, Nudity and Movement in German Body Culture, 1910–1935, University of California Press, 1997 Ulrike Traub, Theater der Nacktheit: zum Bedeutungswandel entblößter Körper auf der Bühne seit 1900, transcript Verlag, 2010
Articles connexes Danse libre Anita Berber Olga Desmond Isadora Duncan Loïe Fuller François Malkovsky Margaret Morris Ruth Saint Denis
Liens externes
Biographie
Catégorie:Danseuse française du XXe siècle Catégorie:Danseuse hongroise du XXe siècle Catégorie:Danseuse allemande du XXe siècle Catégorie:Lieu de naissance inconnu Catégorie:Date de naissance incertaine (XIXe siècle) Catégorie:Date de décès incertaine (XXe siècle) Catégorie:Lieu de décès inconnu Catégorie:Nom de scène