Louis-Marie Guichard, né vers 1770Non pas vers 1740 comme on le lit parfois. à Paris et mort dans la même ville le , est un sculpteur français.

Il travailla dix ans en Russie et devint le « sculpteur attitré de la famille impériale russe »Constantin de Grunwald, Alexandre : le tsar mystique, Paris, 1955, .André Ratchinski, Napoléon et Alexandre : la guerre des idées, Paris, 2002..

Il ne doit pas être confondu avec Joseph-Nicolas Guichard, ornemaniste de la seconde moitié du Qui sculptait des bouquets de fleurs et qui exposa en 1776 au Colisée et en 1779 au Salon de la Correspondance (cf. Émile Bellier de la Chavignerie, « Les artistes français du oubliés ou dédaignés », Revue universelle des arts, volume 20, 1865, ). C'est ce Guichard qui en 1791 fit hommage à l'Assemblée Constituante d'un bouquet de fleurs taillé dans un bloc d'albâtre : (Archives parlementaires de 1787 à 1860, tome I, ), et sollicite un emploi. L'Assemblée lui accorde un subside de ..

Biographie Élève d'Augustin Pajou et de François-André Vincent, Louis-Marie Guichard excellait dans les bustes taillés dans le marbre en grandeur naturelle, et d'après nature, dont le rendu était réputé pour sa ressemblance avec le modèle. Plusieurs de ses œuvres furent ensuite éditées en plâtre.

Courant 1803-1804, il se rend en Russie, à Saint-PétersbourgOù il fut connu sous le nom de « Луи-Мари Гишар ».. L'empereur Alexandre le choisit pour tailler son portrait, ainsi que les grands personnages de Russie. Il est reçu membre de l'Académie des Arts de Saint-Pétersbourg. Il revient en France en 1814.

En 1813, il fut reçu associé honoraire du Comité d'agriculture de la Société des arts de Genève« Guichard, sculpteur, à Paris » cité comme associé honoraire reçu en 1813 dans le Bulletin de la classe d'agriculture de la Société des Arts de Genève, , Genève, 1865, ; et dans l'Annuaire du département du Léman pour l'année 1814, Genève, Paschoud, et Paris, 1814, ..

Louis-Marie Guichard expose ses œuvres aux Salons de 1802, 1814 (obtention d'une médaille), 1817, 1819, 1822, 1830 et 1831.

Selon certaines sourcesCatalogue des objets composant le musée municipal de Nantes, , Nantes, Mellinet, 1876, , ., il résida à Nantes autour de l'année 1825, ce qui explique son absence aux Salons parisiens de 1824 et 1827.

Il exerça à Paris au 196, place du Museum en 1802-1804Almanach du Commerce publié le an XIII ()., au 8, cul-de-sac-Ferou (près de Saint-Sulpice) de 1814 à 1820, au 25, rue des Francs-Bourgeois en 1822 et au 20, rue Monsieur le Prince en 1830 jusqu'à sa mort en 1832.

Il meurt à Paris le . Son inventaire après-décès eut lieu le suivant, sur la requête de sa veuve Jeanne-Isoline JolyParis, Archives Nationales, Minutes d'Antoine Cousin, MC/RE/XXVII/15..

Carrière Louis-Marie Guichard fut très apprécié de ses contemporains, tant français que russes. Comme l'indique Irina Krasnikova, directrice du département des sculptures de la galerie Tretiakov de Moscou :

Une fois revenu en France, le talent de Guichard est suffisamment célèbre pour qu'il soit l'un des deux sculpteurs admis à approcher le Roi Louis XVIII pour en tailler le portrait dans le marbre (1814)Le Journal des Débats politiques et littéraires, : .

Œuvres L'œuvre de Louis-Marie Guichard est clairement établie pour la période russe (1804-1813). En revanche, l'œuvre de la période française (1813-1832) reste à découvrir en grande partie : par exemple, on n'identifie que onze bustes en marbre de Guichard durant la période française, alors que trente-trois bustes en plâtre (probablement moulés sur les marbres durant cette période) furent dénombrés lors de l'inventaire après décès.

Guichard est davantage connu en Russie qu'en France. L'exposition « Russie romantique » (Paris, musée de la Vie romantique, 2010-2011) fut l'occasion d'exposer en France deux des bustes impériaux conservés à Moscou.

Exposition de 1802 Buste en plâtre du citoyen BlondinJean Noël Blondin (1753-1832), ancien feuillant, et auteur de grammaires., professeur des langues française, anglaise, au Palais National des Sciences et Arts, de l'Exposition. Plusieurs bustes d'après nature : de l'Exposition.

Période russe (vers 1804-1814) Bustes de la famille impériale Buste d'Alexandre , empereur de Russie (1807), marbre, musée russe, Saint-Pétersbourg. Buste d'Alexandre , empereur de Russie (vers 1807), marbre, Académie des beaux-arts de Saint-PétersbourgDès 1807, on voyait dans une salle de l'Académie « sur un piédestal le buste aussi fidèle que beau de Sa Majesté l'Empereur par Mr. Guichard ». « De Guichard nous avons le buste aussi fidèle que beau de Sa Majesté l'Empereur, de même que ceux de la majeure partie de la famille impériale. Le buste très ressemblant de M. de Krusenstiern, que l'on voit à l'hermitage, est encore de lui. » (Henri de Reimers, L'académie impériale à Saint Pétersbourg, depuis son origine jusqu'au règne d'Alexandre en 1807, pages 130 et 147).. Buste d'Alexandre , empereur de Russie, marbre, Penza, sur les rives de Soura. Buste d'Alexandre , empereur de Russie (vers 1807), marbre. Envoyé durant l'été 1807 par Alexandre à Napoléon après la paix de Tilsit, avec un lot de fourrures précieusesDans une lettre à Savary, en mission à Saint-Pétersbourg, Napoléon écrit : « Remerciez l'empereur de ses belles pelisses et de son buste » (16 septembre 1807).. La manufacture de Sèvres en fit quelques tirages en biscuit (hauteur 24 cm)Journal de l'Empire, 15 septembre 1807. Un exemplaire de ce biscuit est passé en vente chez Christie's New York le 20 octobre 2006 (n° 728) ; un second à Enghien les Bains le 29 novembre 2009. Buste d'Alexandre , empereur de Russie (1807) , bronze de 1877 fondu par Félix Chopin, Moscou, galerie Tretiakov. Buste de Maria Feodorovna, femme de Paul et mère d'Alexandre, (1806), marbre, Saint-Pétersbourg, château des Ingénieurs. Buste d'Elisabeth Alexievna, femme d'Alexandre (1806), marbre (hauteur 60 cm, signé « Guichard fecit »), Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage. Buste de l'impératrice Elisabeth Petrovna, (vers 1806), marbre, non localisé. Buste de Catherine Pavlovna, fille de Paul et reine de Wurtemberg, (1806), marbre, non localisé. Buste du grand-duc Constantin Pavlovitch, frère d'Alexandre plâtre (1804) ; non localisé. marbre (1806), signé « Guichard fecit », Saint-Pétersbourg, musée de l'Académie des beaux-arts. fonte en bronze (1877) par Félix Chopin, Moscou, galerie Trétiakov.

Autres bustes Buste d'Alexandre Souvorov (1804), bronze, Saint-Pétersbourg, musée Souvorov. Exécuté d'après un moulage post-mortem, ce buste est, aux dires de l'historien Serguei KoslovSouvorow et ses portraits., la meilleure image de Souvorov. Buste de Johann Adam de Krusenstern (1806-1807), non localisé. Buste de Iouri Fedorovitch Lisianski (1806-1807), non localisé. Buste de Nicolas Roumiantseff, chancelier d'État, marbre, Saint-Pétersbourg, château des Ingénieurs. Exemplaire en bronze (1817) à Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage. Buste d'Alexis Moussine-Pouchkine (1811), marbre, Saint-Pétersbourg, château des Ingénieurs. Buste d'Alexandre Lvovitch Narychkine, marbre, Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage. Buste du prince Alexandre Mikhailovitch Belozerski (1804), marbre, Minneapolis Institute of Arts. Buste d'Alexandre Andreievitch Voronikhine, âgé d'un an (1806), fils de l'architecte de la cathédrale de Kasan à Saint Pétersbourg, marbre (hauteur 34 cm), Saint Pétersbourg. Buste du général-feldmarchal comte Ivan Vassilievitch Goudovitch (1810), non localiséUn moulage en bronze réalisé en 2002-2004 ..

Retour en France (1814-1832) Salon de 1814 Exposition au Louvre, le : Buste de Louis XVIII, roi de France, 1814, marbre, du catalogue, non localisé. Des plâtres furent proposés à la vente. Ce buste fut traduit en gravure par Jean Massard (1740-1822)Louis XVIII, Roi de France et de Navarre, gravé au burin, en manière de Camée, d’après le buste de Guichard, à Paris, chez Massard père, rue Grenetat, . ; Buste du duc de Berry, 1814, marbre, du catalogue, non localisé. Des plâtres furent proposés à la vente ; Buste d'Alexandre , empereur de Russie, 1814, marbre, du catalogue, non localisé. Des plâtres furent proposés à la vente ; Buste du comte de Saint Priest, marbre, du catalogue, non localiséCe buste, « de grandeur naturelle » est reproduit par Frémy dans ses Croquis de portraits des personnages remarquables… dessinés et gravés par J. M. N. Frémy d'après les tableaux exposés aux différens salons (Paris, l'Auteur, 1815). ; Un jeune berger jouant de la flûte est surpris par un serpent, 1814, marbre, du catalogue, non localiséDans un compte-rendu du Salon paru dans le Journal des arts, des sciences et de littérature (Paris, Porthmann, 1814, ), on lit au sujet de ce groupe : ..

1814 Buste d'Alexandre , empereur de Russie (1814), marbre (hauteur ). Donné par Alexandre à l'impératrice Joséphine, en mai 1814 lors de son séjour en France. Conservé dans une .

1816 François-André Vincent (1746-1816), portrait en médaillon, marbre, orne le tombeau du peintre dont Guichard fut l'élève, Paris, cimetière du Père-Lachaise.

Salon de 1817 Exposition au Musée royal des arts, le : Hippomène, vainqueur d'Atalante, du catalogue. Commande de l'État. Le plâtre original, de grandeur naturelle (), est aujourd'hui au musée d'Arts de NantesCatalogué sous le nom « Hippomène et Atalante", il fut donné en 1833 au musée par , de Nantes (Moÿse de Rostaing de Rivas). Listé dans le Catalogue des tableaux et statues du musée de la ville de Nantes, Troisième et nouvelle édition, Nantes, Mellinet, 1837, . Référencé dans le Catalogue des objets composant le musée municipal de Nantes, , Nantes, Mellinet, 1876, , . ; La Monnaie et les Médailles, du catalogue (Catalogue du Salon)., non localisé ; Buste de , curé de Saint-EustachePierre-Louis Bossu, chanoine de Paris, curé de Saint-Eustache, mort en 1830, du catalogue, non localisé ; Buste de Madame F…, du catalogue, non localisé.

Salon de 1819 Buste de Turgot, marbre, œuvre commandée par le ministre de l'IntérieurCette commande est référencée dans les archives de la Maison du Roi : , in: Revue de l'art français ancien et moderne, deuxième année, 1885, ., musée de l'Évêché de LimogesÀ la suite de l'Exposition de 1819, ce buste fut attribué à la Ville de Limoges par décision du ministre de l'Intérieur. En 1900, il fut donné par la municipalité de Limoges au musée national de la porcelaine Adrien Dubouché, puis déposé au musée de l'Évêché de Limoges. Sur le site du catalogue interministériel des dépôts d'œuvres d'art de l'État, ce buste est daté par erreur du , et son auteur n'est indiqué que par son patronyme « Guichard ».. Statue de Saint Jean [Baptiste], œuvre commandée par le préfet de la Seine : un plâtre de cette statue, (soit plus d'un mètre soixante), a été donné en 1822 par la Ville de Paris à l'église Saint-Louis-en-l'Île. Elle y était encore conservée sous la tribune de l'orgue en 1841Abbé Pascal, Notice sur l'Île Saint-Louis (Paris, 1841), . Ce plâtre avait coûté . ; un exemplaire, probablement en plâtre, se trouvait dès 1824C. Harmand, Manuel de l'amateur des arts dans Paris, pour 1824, . dans la chapelle des fonts baptismaux. de l'église Saint-Ambroise à Paris (détruite sitôt après la construction de la nouvelle église Saint-Ambroise)« Saint-Ambroise. Première succursale, rue Saint-Ambroise, . Cette petite église a été construite en 1659, pour les Annonciades. On y remarque une statue de Saint-Jean Baptiste, par Guichard […] », in : Le mentor de l'étranger à Paris, Paris, Marescq, 1832, . ; cette statue ; un autre exemplaire se trouvait en 1838 dans l'église Saint-Merry à Paris (Marchant, Le nouveau conducteur de l'étranger à Paris en 1838, , et ibidem en 1850, )..

Salon de 1822 Exposition au Musée royal des arts, le : Ulysse blessé à la chasse par un sanglier, du catalogue, non localisé ; Plusieurs bustes, du catalogue, non localisés.

1829